‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 419 sur 470 · RÉSECTION DE LA MACHOIRE EN TOTALITÉ · texte numérisé non relu

RÉSECTION DE LA MACHOIRE EN TOTALITÉ

Cette opération hardie, qui déjà compte un succès, est soumise aujourd’hui à des préceptes réguliers. Une seule incision est pratiquée partant, au-dessous du lobule de l'oreille, du bord postérieur de la branche de la mâchoire d’un côté (a), descendant sur cette branche, parcourant tout le contour de la base de l'os (b, c), et remontant sur le bord postérieur de la branche de l’autre côté jusqu’à hauteur pareille à celle du point de départ ; puis, de bas en haut, on relève, en disséquant à la surface externe de l'os, le vaste lambeau dermo-musculaire (d), d’abord dans sa portion médiane, puis de chaque côté, en coupant les attaches des masseter (e). Le lambeau étant relevé en entier sur la face, de manière que la partie moyenne de son bord libre est formée par la lèvre inférieure retournée {f), on isole et détache la mâchoire en dessous par sa face interne, en coupant dans les museles peaucier (b, c) et mylohyoïdiens (g); puis, avant de couper les attaches de la langue, on passe dans leur épaisseur le fil d'argent recuit, ressortant par la bouche et maintenu en haut par un aide (h), ce qui permet de couper impunément les attaches des muscles de la langue (i). Le corps de la mâchoire étant isolé, il est scié à sa partie moyenne {k) pour faciliter la désarticulation de chaque branche. Sur la figure, la moitié gauche de l’os a déjà été enlevée, et la moitié droite, étant déjetée en dehors, laisse voir toute la gangue ou gouttière qu’occupait la mâchoire inférieure (1) et au-dessus la surface muqueuse sous-linguale (m), les côtés de la langue (n) compris entre les arcades dentaires supérieures, et à gauche les plans de section des ptérygoïdiens (0). Entre ces muscles, on a pu lier le tronc de l’artère maxillaire interne, qui empèche l’hémorrhagie de toutes celles des branches qu’elle fournit, dentaire inférieure, massétérine profonde, ptérygoïdiennes, qui ont été coupées dans la section. Tant que l’opération n’est pas achevée, à partir du moment où le lambeau est relevé, on peut maîtriser l’hémorrhagie par les deux mains (p, q) d’un aide, qui, en même temps qu'elles tiennent le lambeau, compriment les deux troncs temporo-maxillaires. Enfin, au dernier moment représenté sur la figure, l'apophyse coronoïde étant isolée, le chirurgien, qui tient de sa main gauche (r) la moitié droite de la màchoire, est occupé à faire avec le bistouri (s), tenu de sa main droite, la section de l’attache condylienne du ptérygoïdien externe, qui s’opposait encore à la désarticulation de l'os.

sature par NH, Jacob

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