RÉSULTATS DES AMPUTATIONS
ADULTE, GRANDEUR NATURELLE
DISPOSITION GÉNÉRALE. — Dans cette planche, nous avons pour objet de montrer quels sont les résultats, peu connus, des amputations, c’est-à-dire quel est le mode général de cicatrisation des divers tissus, divisés perpendiculairement et interrompus dans leur continuité par une section commune. Des recherches que nous avons poursuivies dans cette direction, il ressort un fait général suffisamment exprimé par la figure 1. Ce fait, dont nous donnerons les études microscopiques dans l’histologie, résume les phénomènes des cicatrices, et en donne, en quelque sorte, la loi, énoncée par cette formule : Les tissus divisés ne se réunissent que par l'intermédiaire de leur ganque ou de l'élément commun à tous, le tissu cellulaire fibreux. Aïnsi, un nerf, une artère, un muscle, un os, etc., pour faire partie d’une cicatrice, commencent par se dépouiller des molécules propres à chacun d’eux, qui constituent leurs tissus spéciaux, jusqu’à ce que, se trouvant les uns et les autres ramenés à un tissu cellulaire presque homogène, et qui sert de trame à des petits vaisseaux, ils se convertissent en une masse fibreuse, intermédiaire aux extrémités des divers tissus, et qui forme leur adhérence ou leur cicatrice commune.
FiGure 1. MOIGNON DE JAMBE AMPUTÉE.
Nous devons ce cas à l’obligeance de M. Pasquier, chirurgien en chef des Invalides. Le sujet, âgé de quarante ans, est mort accidentellement d’une affection aiguë, après quatre mois de parfaite guérison. L’amputation datait de six mois.
Le moignon a été disséqué sur sa face poplitée ; les jumeaux sont enlevés entre leurs attaches condyliennes et la surface poplitée, pour laisser voir les vaisseaux et les nerfs.