RÉGION ANO-PÉRINÉALE CHEZ LA FEMME
Composée de parties analogues plutôt qu'identiques avec celles du périnée de l’homme, cette région, modifiée chez la femme par la présence des organes génitaux externes, offre des différences assez notables pour exiger une énumération spéciale,
L’aire périnéale, dans le sexe féminin, se présente dans son plus grand développement, c’est-à-dire à quatre pouces et demi d’écartement pour les deux diamètres transversal ou inter-sciatique et antéro-postérieur ou pubio-coccygien. Le plan moyen est occupé par les deux grands orifices, del’anus en arrière et du vagin en avant. Tous deux sont pourvus circulairement de leurs sphincters, vaginal et anal, qui déterminent la forme ovalaire des orifices eux-mêmes, et se confondent, par entrecroisement de leurs fibres, dans l’espace intermédiaire, de huit à dix lignes de largeur, qui constitue à lui seul la portion médiane cutanée
du périnée dans la femme. Le sphincter anal, plus faible, ovalaire, rejeté en arrière, a beaucoup moins d’étendue que dans l'homme; cette disposition anatomique, jointe à l’écartement plus considérable entre les tubérosités sciatiques et le coccyx, fait que la ligne horizontale inter-sciatique qui, dans l’homme, passe au milieu de l’orifice anal, coupe, dans la femme, l’intersection des sphincters au milieu de la cloison périnéale. 1] résulte de ces différences que, dans l'homme, une portion plus considérable de l’aire périnéale plus étroite est occupée par le sphincter anal, les racines de l’urèthre étant situées dans l’espace rétréci intermédiaire aux branches des ischions ; tandis que dans la femme, où l’anus est rejeté en arrière entre la naissance des bords des grands fessiers, presque toute l’étendue de l’aire périnéale , déjà très-élargie dans le squelette, est occupée par l'épanouissement des parties génitales externes, disposition coordonnée par la nature en vue de l’accouchement et facilitée par la singulière extensibilité des parties molles, qui reculent les bornes de la dilatation possible jusqu'a la ceinture osseuse elle-même.
PARTIES CONSTITUANTES ANALOGUES. Elles se composent de toute la portion postérieure ou des annexes de l’anus : la peau, le fascia superficialis, l’aponévrose périnéale, et le plan musculaire comprenant le double sphincter ano-rectal plus étroit et le releveur de l’anus plus large au contraire que dans l’homme, vu l’augmentation du diamètre transversal.
La portion antérieure ou génitale comprend la vulve et ses annexes, les deux grandes lèvres, le clitoris, le méat-urinaire et lorifice du vagin. Dans la texture des grandes lèvres se trouvent : la peau continuée en dedans par la membrane muqueuse, un fascia sous-cutané très-vasculaire et garni de nombreux follicules sébacés; puis le sphincter vaginal confondu en arrière avec celui de l’anus, prolongé en avant par ses appendices dans les nymphes. De chaque côté se rencontrent, sous le pli cutané de flexion fémoral : d’abord l’aponévrose périnéale continue avec celle de la moitié postérieure ; au-dessus les muscles correspondant à ceux de l’homme, le transverse du périnée épanoui chez la femme dans le sphincter vaginal ; puis les muscles ischio-caverneux et ischio-clitoridien.
Les vaisseaux et les nerfs, analogues dans leur disposition, sont fournis par les branches qui leur correspondent dans l’homme ; seulement, au périnée de la femme, ils sont surtout remarquables par la distribution palmée des rameaux, disposés pour se prêter à une énorme dilatation.
PLI INGUINAL.
Säuation, configuration, délimitation. Ve pli ingumal, ou l’aine, est cette ligne oblique à concavité supérieure, étendue de l’épine iliaque antérieure à celle du pubis. Cette ligne intermédiaire entre l'abdomen et la cuisse et qui trace leurs délimitations communes en indiquant la flexion de l’une sur l’autre, offre par sa situation, des rapports de la plus haute importance en chirurgie.
PARTIES COMPOSANTES. La peau mince, fine, de couleur brune,
entrecoupée de petites rides de flexion, garnie de poils rares, est, surtout chez les hommes trés-bruns, le siége d’une exsudation produite par des follicules sébacés dont le nombre augmente en approchant du pli fémoro-périnéal. La couche cellulo-adipeuse sous-cutanée est formée par le fascia superficialis déjà connu qui se présente ici dans sa plus grande épaisseur et renferme dans ses mailles agrandies en petites loges spéciales,
1 Planche 1, n° 31; et planches 7 et 8.