RÉGIONS DU POIGNET
Le poignet est formé par le squelette du carpe, revêtu de son appareil ligamenteux et parcouru sur ses deux faces, outre les vaisseaux, par les divers tendons des muscles de lavantbras fléchisseurs ou extenseurs. Par la surface de sa première rangée, le scaphoiïde, le pyramidal et le semi-lunaire, le carpe forme, avec l'extrémité des os de l’avant-bras, l'articulation radio-carpienne, directe pour la surface du radius, complétée par l’interposition du ligament triangulaire pour celle du cubitus, et maintenue dans son ensemble par les ligaments radio-carpiens antérieur et postérieur, et les ligaments latéraux externe et interne.
La région radio-carpienne antérieure (PI, T, n° 45), dans le sujet complet, présente un rétrécissement transversal avec un double pli de flexion à la peau, et s’élargit vers la main par la naissance des éminences thénar et hypothénar. Par la pression du doigt au travers des chairs, on y sent de chaque côté deux tubercules osseux formés en dehors par le scaphoïde et le trapèze, en dedans par le pisiforme et l’apophyse de l'os crochu; sur les côtés de l'articulation se prononcent sous la peau les saillies des apophyses styloides du radius et du cubitus qui dirigent l'opérateur dans la désarticulation radio-carpienne. De la superficie vers la profondeur les parties compo-
1 Planche 1, n° 44; et planche 9.
3 Planche 1, n° 45 et 46; et planche 9,
santes sont : 1° La peau, lisse dans la portion anti-brachiale, épaisse et ridée sur les éminences et fortement adhérente en ce point avec l’aponévrose sous-jacente ; 2° l'aponévrose superficielle formée à la portion anti-brachiale, par le ligament annulaire antérieur du carpe; à la main, par l’aponévrose et le ligament palmaires ; au milieu, sur les côtés, sont les insertions carpiennes des deux masses charnues latérales; 3° sur le ligament palmaire l'artère cubitale, entre ses deux veines, côtoyée en dedans par le nerf du même nom; 4° dans la gouttière ostéo-fibreuse de la face antérieure du carpe complétée en ellipse par les tubercules latéraux et le ligament palmaire, la masse des tendons des trois fléchisseurs et le nerf médian; en dehors, en contournant d’arrière en avant la face externe, les tendons des abducteurs et extenseurs du pouce sous lesquels glissent en sens inverse les vaisseaux radiaux qui se portent sur la face dorsale du carpe.
La‘révion radio-carpienne postérieure (PL. T, n° 46) est moins compliquée dans sa structure. La peau est lisse dans toute son étendue. et présente seulement quelques rides transversales très-légères, produites par le mouvement de l'extension forcée, très-limité comparativement à celui de la flexion. L'aponérrose sous-cutanée constitue le ligament annulaire postérieur du carpe continu inférieurement avec l'aponévrose dorsale de la main. Sous le plan sous-aponévrotique passent les nerfs radial et cubital et les veines dorsales dont la principale est la céphalique du pouce. Au dessous règnent, dans leurs gaines spéciales, les zendons extenseurs appliqués sur la face postérieure du carpe. Les vaisseaux profonds sont les artères et veines sus-carpiennes, branches des radiales -dorsales.
Le poignet est le siége de luxations générales ou partielles, de fractures de l'extrémité du radius ou du cubitus, et rarement des os du carpe, à moins qu’elles ne soient produites par écrasement. La carie est commune pour ces divers os et la nécrose seulement pour ceux de l’avant-bras. On pratique au poignet la désarticultation radio-carpienne et des résections partielles des surfaces de la même articulation : enfin, la gaine synoviale des tendons des fléchisseurs est le siége de ces singuliers kystes à double poche, palmaire et anti-brachiale, remplis de petits corpsblancs,supposés hydatiques par MM.Bosc et Duméril, et dont l’évacuation est presque toujours funeste.