MAIN
On divise la main en deux régions : palmaire et dorsale. Cette définition semble circonscrire chaque région à la portion métacarpienne de la main. Toutefois il est utile d’y joindre, pour l’une et l’autre, sa portion digitale.
La main, en anatomie chirurgicale, se sépare en deux frac-
tions : en dedans la charpente commune et immobile des qua-
tre os métacarpiens auxquels font suite les quatre derniers doigts; et en dedans une portion externe mobile ou faisant opposition sur la première, et composée du pouce avec son métacarpien. |
RÉGION PALMAIREST.
Portion métacarpienne. Elle se compose de la partie médiane ou creux palmaire, flanquée sur les côtés par les deux masses musculaires des éminences thénar en dehors et hypothénar en dedans. Creux palmaire. La Peau épaisse et rude sur cette face
Planche 1, n° 47; et planche 9.
qui correspond aux mouvements de préhension, est parsemée de nombreuses rides de flexion dont trois principales en travers et divergeant en dehors : l’une qui contourne la base de l’'éminence hypothénar; la seconde indiquant le pli de flexion des trois derniers doigts; la troisième, intermédiaire aux deux autres, et correspondant à la flexion médiane de la main dans son ensemble. La couche sous-cutanée est garnie d’un coussin adipeux développé dans un tissu cellulaire très-serré, qui fait adhérer très-intimement la peau à l’aponévrose palmaire. Au dessous la couche aponévrotique se compose pour le creux palmaire de l’aponévrose triangulaire du même nom qui revêt et contient les tendons sous-jacents. En troisième plan viennent les branches digitales des nerfs médian et cubital, V'arcade palmaire de l'artère et des veines cubitales, contournant l’éminence hypothénar et les branches digitales de ces vaisseaux. En quatrième plan, les doubles tendons fléchisseurs dans leur gaine et les muscles lombricaux; et derrière eux, seulement en dedans, le muscle adducteur du pouce. Enfin en cinquième plan sur la surface métacarpienne, en haut, l’arcade profonde de l'artère et des veines radicales et leurs branches inter-osseuses appliquées sur la face profonde formée par les muscles inter-osseux et les crêtes des os métacarpiens, Masses latérales. En dehors l’éminence thénar est constituée par les muscles court abducteur, court fléchisseur et opposant du pouce, renfermés dans leur gaine. En dedans l’éminence hypothénar se compose de l’abducteur, du court fléchisseur et de l’opposant du petit doigt.
Portion digitale. Elle offre des considérations communes à tous les doigts et qu’il suffit d'indiquer pour l’un d’entre eux. La peau du doigt sur la face palmaire, également épaisse et rugueuse, est coupée de rides transversales en regard de chacun des plis de flexion des articulations métacarpo-phalangiennes et inter-phalangiennes. Elle adhère aux gaînes tendineuses par un tissu cellulaire fibreux et adipeux de texture très-dense. La gaine tendineuse elle-même forme un canal ostéo-fibreux dans lequel les doubles tendons fléchisseurs sont solidement contenus; sur les côtés du doigt, dans des canaux fibreux, sont logés les vaisseaux et les nerfs collatéraux, disposition qui explique les douleurs atroces du panaris. L’anastomose des uns et des autres dans le tissu pulpeux terminal constitue l'organe du toucher.
RÉGION DORSALE
Beaucoup moins compliquée que la précédente, elle se divise également en deux portions.
Portion métacarpienne. Va peau lisse, douce et assez mince,
est remarquable par le nombre immense de petites rides losan--
giques auxquelles elle doit son extensibilité. Elle adhère en dessous à l’aponévrose par un tissu cellulaire läche, dépourvu de graisse. L'aponévrose dorsale elle-même est très-mince. Entre elle et la peau rampent les nerfs et les veines dorsales ; au-dessous d'elle sont les £endons extenseurs et les vaisseaux profonds. Ces vaisseaux sont : 1° l'artère et les veines radiales qui descendent dans le premier espace inter-osseux ; 2° leurs branches transversales sus métacarpiennes; et 3° les branches inter-osseuses postérieures provenant des perforantes.
PorTion Dicirarr. La peau du doigt, très-dense quoique
1 Planche 1, n° 48; et planche 9,
lisse, forme des rides transversales en regard des articulations. En avant elle se termine par la matrice de l’ongle qui revêt luimême l'extrémité du doigt en ce sens, La couche sous-cutanée dépourvue de graisse, est formée par une mince aponévrose recouvrant le tendon extenseur appliqué lui-même sur les
phalanges.
La mäin, en raison de ses nombreux usages, est sujette aux lésions traumatiques les plus variées. Les maladies auxquelles elle est exposée motivent un grand nombre d'opérations que sa structure permet d'étendre à sa totalité ou de restreindre dans chacune de ses fractions. C’est ainsi que l’amputation qui est totale à l'articulation du poignet se pratique également dans la ligne des articulations métacarpo-phalangiennes ou se limite à un doigt ou à une phalange, et que les résections se bornent également soit à la totalité soit à une extrémité d’une phalange ou d’un os métacarpien.
MEMBRE ABDOMINAL