EFFET DES OPÉRATIONS
L'opération en elle-même est toujours un fait grave. Moralement, quelque légère qu’elle soit, elle effraye et inquiète le malade; physiquement, par les lésions qu’elle imprime aux
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parties, elle est nécessairement douloureuse, change ou modifie plus ou moins les conditions d'équilibre local, et, dans la plupart des cas, est accompagnée ou suivie de pertes de sang plus ou moins considérables. Consécutivement, par ses effets généraux sur l'organisme, elle peut donner lieu à une foule d’accidents nerveux et de complications, et réveiller ou provoquer des congestions funestes. En un mot, la situation du malade soumis à l’action chirurgicale est un état violent et contre nature, qui doit faire considérer en quelque sorte l'opération à toutes ses phases, avant, pendant et après son exécution , comme une autre maladie artificielle appliquée à celle que l'on veut guérir, maladie dont la gravité diffère chez les divers sujets par une foule de circonstances, mais qui est toujours menaçante dans ses effets, même avec la réunion des conditions physiques et morales les plus propres à inspirer au chirurgien une complète sécurité. Avec tant de risques à courir, ce n’est donc jamais que contraint par une impérieuse nécessité que l'on doit se résoudre à l’entreprendre.