‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 8 sur 470 · LOGES ET CAVITÉS DU TRONC · texte numérisé non relu

LOGES ET CAVITÉS DU TRONC

Les cavités et enveloppes de la tête se distinguent en celles du crâne et de la face.

Crdne. La grande cavité encéphalique est formée par la couche osseuse, étalée en membrane, et circonscrivant une cavité sphéroïde irrégulière. La surface interne est doublée par la dure-mère qui, par des replis incomplets, la faux céré- “brale et la tente cérébelleuse, subdivise la grande cavité crànienne en quatre compartiments qui logent les hémisphères du cerveau et du cervelet. Inférieurement, la cavité encéphalique se continue dans le rachis par un prolongement cylindrique qui renferme la moelle épinière, protégée par les anneaux osseux des vertèbres, ces derniers formant un long

levier brisé plus solide, nonobstant sa mobilité, que ne l’aurait été un levier continu. Extérieurement, le crâne, outre son périoste, est doublé par la mince couche musculaire de l’occipito-frontal, la couche cellulo-vasculaire sous-cutanée et la peau.

Face. La face, comme charpente osseuse, est formée principalement par la jonction des os maxillaires supérieurs et jugaux avec ceux de la boîte du crâne. Le squelette de la màchoire supérieure est complété par une série de petits os intercalaires dont le plus grand nombre, destinés au prolongement des fosses nasales, ont une structure papyracée. Les os de la face renferment les cavités des organes des sens qu'ils circonscrivent comme moyen de protection.

1° En haut, les deux orbites, en forme de pyramides quadrangulaires, à base extérieure et à sommet interne convergent, encastrées profondément entre les os du crâne et de la face. De chaque côté, la cavité osseuse orbitaire, admirablement disposée pour la protection, est surmontée en haut par l’arcade sourcillière et ses muscles, garantie en dehors par l’arcade orbitaire externe et le muscle temporal, en bas par la saillie de l’os jugal et ses muscles, eten dedans par la racine du nez. Au devant elle est protégée par la couche musculaire et cutanée des paupières et de leurs cils. L’œil, déjà renfermé dans l'orbite, est préservé du contact des os par ses muscles et ses coussinets graisseux. Composé lui-même, dans ses parties essentielles, d'une expansion nerveuse, molle et pulpeuse, audevant de laquelle doivent se présenter des milieux fluides ou semi-fluides réfringents, il est environné d’une coque fibreuse sphérique, très-dense, la sclérotique, qui détermine sa forme et protége les parties délicates qu'il renferme. Dans son intérieur, des membranes tracent de nouveaux compartiments : en avant, où la sclérotique est interrompue, s’encastre un verre convexe et transparent, la cornée, doublée par la conjonctive et protégée par les paupières.

2° Au milieu de la face, entre les os maxillaires, se trouvent renfermées les fosses nasales, protégées latéralement par les os eux-mêmes et les couches musculaires et dermiques ; elles sont isolées par des planchers osseux en haut des orbites, et en bas de la cavité buccale, et partagées en deux par une cloison osseuse médiane. Chacune des fosses nasales, tapissée par une membrane muqueuse, continuation de la peau, offre des prolongements, ou sinus, dans l'épaisseur de l'os maxillaire et dans l'os frontal, par l’intermédiaire des cellules papyacées dont se compose l’ethmoïde. Elles communiquent à l'extérieur par les narines et à l’intérieur dans le pharynx.

3° Au-dessous des fosses nasales est la cavité buccale. Formée dans sa charpente osseuse, en haut par la voûte des os maxillaires supérieurs et palatins, en bas par l'arc osseux du maxillaire inférieur, elle est fermée latéralement par la couche dermomusculaire des joues, et communique au-dehors par l’ouverture de la bouche, et avec les voies digestives par l’isthme du gosier, que ferme à volonté la soupape membraneuse du voile du palais et la langue, organe musculaire épais et très-mobile contenu dans la cavité de la bouche qu'il remplit dans l’état de vacuité, et dont il forme la paroi inférieure. La langue et le voile du palais interrompent à volonté la communication de la cavité buccale avec celles du pharynx et des fosses nasales.

4° Latéralement, au-dessous du crâne, est située de chaque côté la cavité de l'organe de l’ouie, composée de trois frac-

tions isolées entre elles. Les deux plus essentielles sont renfermées dans la profondeur du rocher de l'os temporal. La partie la plus profonde, ou le labyrinthe, qui loge l'expansion du nerf acoustique, ne s'ouvre que dans la cavité du crâne pour le passage des nerfs. Dans l’état physiologique, elle n’a de rapport avec l'oreille moyenne ou la caisse du tympan que par deux orifices, les trous rond et ovale, fermés chacun par une membrane. La caisse elle-même forme une cavité à part, isolée du labyrinthe, comme nous venons de l'indiquer, et fermée en dehors par la membrane du tympan intermédiaire entre elle et l'oreille externe. La seule communication extérieure de la caisse a lieu par un long canal ostéo-cartilagineux, la trompe d’Eustache, qui vient s'ouvrir sur la membrane muqueuse naso-pharyngée. L’oreille externe, à partir de la caisse du tympan, forme un canal ostéo-cartilagineux, qui vient s'ouvrir au dehors dans la cavité de la conque, protégée par le pavillon de l'oreille,

A l'extérieur, l’appareil musculaire de la tête se divise en deux séries ; les muscles propres ou peauciers de la face destinés à ouvrir les orifices de ses cavités, et dont l’adhérence intime avec le corps de la peau fait qu’ils ne présentent aucune loge spéciale. Les autres muscles sont les masticateurs, qui forment autant de loges ostéo-fibreuses, temporales, massétérines et ptérygoidiennes.

2 COUr.

Le cou forme un rétrécissement cylindrique intermédiaire entre le tronc et la tête. Dans sa charpente osseuse, il est formé par la tige médiane de la portion cervicale du rachis, composée de sept vertèbres superposées, dont la premiére, l'atlas, formant un coussinet mobile, supporte la tête par les condyles de l’occipital.

Les limites du cou sont tracées à l'extérieur par la peau, enveloppe commune ; au-dessous de la peau s'étend le peaucier qui ne forme que la moitié antérieure de la circonférence, doublée par l’aponévrose cervicale antérieure; le tissu adipeux est rare dans toute cette surface. En arrière, la peau, trèsépaisse, est doublée par l’aponévrose cervicale postérieure; en haut, la limite du cou est formée par la base du crâne et la partie inférieure de la face; en bas, le cou est séparé du thorax, entre le rachis et le sternum, par l’aponévrose cervicothoracique. Sur les parties latérales et postérieures, il se confond avec la naissance des épaules, par la continuité des muscles qui leur sont communs.

Dans son diamètre antéro-postérieur, le cou se compose de deux fractions bien distinctes, séparées par l’aponévrose prévertébrale, figurant un plan transversal qui passe verticalement au-devant de la tige osseuse. La portion antérieure comprend au milieu, le pharynx et son canal de prolongement, l'œsophage, et, au devant, le larynx avec son canal de prolongement, la trachée artère. Ces deux systèmes, le larynx, le pharynx et l'œsophage, sont enveloppés par l’aponévrose commune pharyngienne postérieure, qui sépare les deux grands canaux aérien et alimentaire et leurs annexes, des deux régions latérales antérieures.

Le groupe antérieur moyen, circonscrit par l’aponévrose pharyngienne postérieure, renferme, d’avant en arrière, 1° Dans la région sus-hyoïdienne, au-devant du pharynx, les muscles abaisseurs de la mâchoire, ceux de la base de la langue et les élévateurs de l’os hyoïde, isolés seulement entre eux par des feuillets cellulo-séreux. 2° Les aponévroses, à la

1 Planche 2, fig. 1, 2, et planche 10, fig. 4.

fois d'insertion et de contention, sont au nombre de cinq de chaque côté, sus-hyoïdiennes, moyenne et latérale, cératoglosse, ptérigo-myloïdienne et céphalo-pharyngienne. Au-dessous de l’os hyoïde se présentent, par trois couches superposées, les loges des muscles abaisseurs de l’hyoïde; au delà sont situés la glande thyroïde et la cage du larynx avec la trachée artère, puis l’œsophage et les muscles constricteurs du pharynx, enveloppés par l’aponévrose pharyngienne postérieure. Chacune des parties latérales antérieures forme un nouveau groupe renfermant les gros vaisseaux, et, à la partie inférieure du cou, les lobes thyroïdes : ces régions sont bornées de chaque côté par la loge du muscle sterno-mastoidien.

La moitié cervicale postérieure est séparée de la précédente par l’aponévrose prévertébrale ; elle est formée par la superposition des loges des muscles extenseurs de la tête, renfermés de chaque côté, dans le segment compris entre l’enveloppe extérieure et l’angle rentrant des masses apophysaires des vertèbres.

Ainsi, dans sa structure générale, le cou renferme une tige osseuse centrale, creusée par le prolongement rachidien; environnée, latéralement et en arrière, par les couches musculaires qui s’insérent à ses tubercules apophysaires, et supportant, au-devant d'elle, les deux grands canaux aérien et alimentaire, qui ouvrent en commun, par l’orifice du pharynx, dans les cavités buccale et nasale.

3°, THORARS,

Le thorax constitue une grande cavité conique, dont l’enceinte est formée par une cage ostéo-fibreuse. Le squelette du thorax se compose en arrière de la tige de support, portion dorsale du rachis, et latéralement des côtes et de leurs cartilages, unis en avant par l'intermédiaire du sternum. De haut en bas, les limites du thorax sont déterminées, supérieurement par l’aponévrose cervico-thoracique, inférieurement par le diaphragme : la première isolant la poitrine du cou, et l’autre la séparant de l'abdomen. Les plèvres, dans leur trajet, séparent la cavité de la poitrine en trois compartiments : deux poches séreuses latérales renfermant les poumons, et un intervalle médian qui loge le cœur et ses enveloppes, et laisse en avant et en arrière l’espace des médiastins. Dans son contour, la poitrine est fermée dans les intervalles des côtes, par les aponévroses et les muscles intercostaux.

Les parois de la poitrine appartiennent à l’ensemble de l’appareil locomoteur. Elles ne renferment qu’un petit nombre de muscles très-larges. Quant aux enveloppes organiques, elle offre à considérer : 1° à l'extérieur, la peau mince en avant et dans les creux axillaires, épaisse sur les épaules et à la région dorsale ; 2° la couche vasculaire et adipeuse sous-cutanée, ou le fascia superficialis, imprégné d’une grande quantité de graisse chez les sujets obèses, et composé, dans les creux axillaires, d’un tissu aponévrotique à longues mailles, dans lequel sont logés les veines superficielles, les vaisseaux 1ymphatiques et leurs ganglions ; 3° les loges musculaires : en général elles ne constituent que des feuillets fibro-celluleux ; de ce nombre sont les loges des deux muscles pectoraux, en avant, du dentelé sur le côté, du trapèze, du grand dorsal et du rhomboïde en arrière ; la masse du sacro-spinal et de ses annexes formant une gaine verticale commune dans toute la hauteur du tronc. Le sous-clavier, isolé de tous les autres, s’en distingue par l'épaisseur de son enveloppe, l’aponévrose coraco-claviculaire.

‘ Planche 6,

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