‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 9 sur 470 · ABDOMEN · texte numérisé non relu

ABDOMEN

La grande cavité abdomino-pelvienne occupe les trois cinquièmes inférieurs du tronc. Dans l’état de plénitude, sa forme est irrégulièrement celle d’un cylindre aplati d’arrière en avant. Quant au squelette, la cavité abdominale ne se compose en fait que de la colonne lombaire du rachis, point d'appui commun des parties molles. Toutefois, et par extension, il faut considérer comme faisant office de squelette les grandes aponévroses d’insertions musculaires qui, à partir des vertèbres et de leurs masses apophysaires, se rejoignent en avant par la suture entre-croisée de la ligne blanche, tendue entre l’appendice sternal et le pubis, et, dans le contour de l'abdomen, s’implantent aux deux ceintures de la cage thoracique et du bassin. Les limites de la cavité abdominale, outre l'enceinte formée par les parties molles, sont déterminées en haut par le diaphragme qui sépare l'abdomen de la poitrine, revêtu sur chaque face par la membrane séreuse de chacune de ces cavités. En bas, ces limites sont formées par la surface du bassin revêtu de ses parties molles; de chaque côté les fosses iliaques, et en bas la cavité du petit bassin, fermée par le diaphragme fibro-musculaire, que constitue le périnée, et communiquant seulement à l'extérieur par les orifices cutanés des voies digestives et génito-urinaires.

Intérieurement, la cavité abdomino-pelvienne est partagée par sa membrane séreuse, le péritoine, en un très-grand nombre de compartiments, qui enveloppent ou entourent les viscères, suivant un trajet complexe et variable pour chacun d'eux.

Les parois de l'abdomen, de même que celles du thorax, appartiennent à l’appareil locomoteur; elles présentent un nombre de loges musculaires plus considérable, et dont les enveloppes sont aussi plus solides, au point que les aponévroses d'insertion jouent en même temps le rôle d’enveloppes de contention. Au point de vue des enveloppes, la paroi abdominale se compose des parties suivantes : 1° La peau, mince en avant, épaisse en arrière sur les lombes. 2° Le fascia superficialis, assez dense en arrière, lâche et abondant à la région antérieure et Sur les flancs, où il se charge fréquemment d’une énorme quantité de graisse ; à la région inguinale, la couche cellulo-vasculaire sous-cutanée est remarquable par Îe nombre de larges mailles superposées qu’elle renferme, et dans lesquelles sont logés, au milieu, de nombreux flocons graisseux, les vaisseaux sanguins sous-cutanés, les lymphatiques et leurs ganglions. 3° La couche musculaire est formée, dans la circonférence de l'abdomen, par les trois grands muscles membraneux, les deux obliques et le transverse. Ce sont eux, dont les aponévroses d'insertion, qui prennent le nom d’abdominales antérieure et postérieure, sont les membranes de contention qui supportent le poids des viscères. En arrière, l’aponévrose postérieure du transverse, prolongement flexible des masses apophysaires des vertèbres, constitue par son triple feuillet les gaines du carré des lombes et de la masse du sacro-spinal, Elle est fortifiée par deux autres aponévroses superposées à son feuillet postérieur, en arrière celle du grand dorsal, en avant la forte lame fibreuse lombo:liaque. L’aponévrose abdominale antérieure se conduit d’une maniére analogue : composée de quatre feuillets, elle s’écarte des deux côtés, le long de la ligne blanche, pour former e verticale de réception des muscles sterno-pubiens. Ai par leurs membranes d’insertions, les muscles abdominaux constituent des loges résistantes pour les muscles verticaux, extenseurs et

! Planches 5, 7 et 8.

fléchisseurs; pour eux-mêmes, dans leur portion musculaire, ils ne sont isolés que par un simple feuillet d’enveloppe fibrocelluleux.

A l’intérieur de l'abdomen, le psoas iliaque, fléchisseur de la cuisse, se présente enveloppé dans une gaïîne fibreuse très dense à double compartiment, comme le muscle lui-même ; le sillon aponévrotique intermédiaire entre les deux faisceaux, et qui prend le nom de gouttière lombaire, joue un grand rôle dans les abcès par congestion et les épanchements extrapéritonéaux.

La cavité du petit bassin, point déclive de la grande cavité abdominale, est revétue par une aponévrose qui la convertit en un sac aponévrotique, isolant la cavité viscérale proprement dite, de la surface des muscles. Outre l'enveloppe fibreuse générale, cette paroi renferme de chaque côté deux loges aponévrotiques spéciales, celles des muscles pyramidal et obturateur interne.

Page 1