DU BISTOURI
Le bistouri est une espèce de couteau formé d’une lame de trois pouces environ de longueur, qui est reçue dans une châsse. La forme de la lame détermine le nom qu'il porte. Les principales variétés sont : le bistouri droit simple, le droit boutonné, le convexe et le concave.
1° Dans le béstouri droit, le dos et le tranchant, à partir du talon, se réunissent à l’extrémité de la lame en une pointe aiguë, après avoir décrit une légère courbure; les dimensions les plus avantageuses de la lame sont deux pouces quatre lignes de longueur sur quatre lignes à quatre lignes un quart dans sa plus grande largeur. Pour que cet instrument soit bien fait, son tranchant posé sur un plan horizontal, la partie élargie ou le ventre doit porter, tandis que la pointe se relève d’environ deux lignes, et la portion de la lame qui touche le talon, du tiers environ de cette quantité; la pointe sera très-aigué et la lame parfaitement évidée. Le bistouri droit est d’un usage continuel dans toutes sortes d'opérations; il est presque le seul dont on se serve pour les ponctions, les ouvertures d’abcès, les ligatures d’artères, les excisions, etc. On doit toujours en avoir plusieurs à sa disposition. Percy reproche à cet instrument de ne pouvoir servir pour les incisions, en ce que la pointe, mal évidée, ne coupe pas aussi bien que le reste du tranchant; mais, à l’usage, on corrige suffisamment cette imperfection en couchant l'instrument : et, du reste, le bistouri droit est très-supérieur aux autres pour attaquer les tissus et faire des incisions d’une égale profondeur dans,tous les points.
2° Le béstourt convexe sur son tranchant a les mêmes dimensions que le bistouri droit; seulement, la largeur de la lame se continue jusqu'aux trois quarts environ de son étendue. Dans ce point, le tranchant s’arrondit pour former une pointe avec le dos, qui est resté droit; en sorte que la convexité commence à neuf lignes de l'extrémité, et décrit toute la largeur de l'instrument. Il est inutile que cet instrument ait plus de deux pouces de tranchant, le reste étant occupé par le talon, ce qui le rend plus maniable. On emploie le bistouri convexe dans l’extirpation de tumeurs volumineuses et pour inciser en dédolant; il peut, en outre, remplacer le bistouri droit dans toutes les circonstances où la première incision ne doit pas être commencée en piquant.
3° La lame du béstourt droit boutonné n’a que deux lignes et
1 Voyez, pour la forme, le mécanisme et le mode de fixation des bistouris (pl. 17).
demie de largeur vers le talon, et cinq quarts de ligne vers l’autre extrémité, qui se termine par un bouton. Cet instrument est indispensable toutes les fois qu'il s’agit d'opérer des débridements dans des cavités profondes, où la pointe du bistouri droit ordinaire pourrait léser des vaisseaux ou des parties qu'il importe de ménager, comme dans les hernies.
4° Nous ne ferons qu’énumérer les divers bistouris inventés pour un usage spécial, nous proposant d’en parler à propos des opérations ; tels sont : (a) le Léstouri concave, propre à enlever des végétations cylindriques, mais difficile à manier par l’inconvénient qu'il a de circonscrire trop de parties à la fois ; (b) les bistouris boutonnés, à lame ou à tranchant concave ou convexe, affectés aux débridements dans les hernies étranglées ; (c) enfin le brstouri ailé de Chaumas, destiné, dans les mêmes cas, à écarter les viscères ; le béstouri cannelé, pour la fistule lacrymale ; le béstouri royal, pour la fistule stercorale ; et le bistourti à chape, pour le paraphymosis : tous quatre inusités, même dans le cas spécial pour lequel chacun d’eux avait été imaginé.