‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 82 sur 470 · DIFFÉRENCE DES INCISIONS · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DES INCISIONS

1° Étendue. Elle doit être proportionnée à la nature du cas qui la requiert. Les plus petites se rapprochent des piqüres : l'ouverture pour la saignée et celle des petits abcès sont de ce nombre. Les grandes incisions conviennent pour les larges débridements, l’extirpation de tumeurs volumineuses ; elles entrent, en outre, dans le manuel d’un grand nombre d’opérations.

2° Profondeur. Elle varie suivant l’objet qu’on se propose ; les incisions les plus superficielles n'intéressent que l’épiderme et le corps muqueux : telles sont les scarifications pour les ventouses. Les incisions très-profondes se nomment taillades. Les abcès sous-aponévrotiques, l’extirpation de kystes, l’extraction d’esquilles, de séquestres, de projectiles, etc., sont les cas qui en réclament le plus fréquemment l'emploi. Nous verrons, en parlant du siége, quelles sont les précautions que réclament les incisions profondes, suivant la nature des tissus que l’on doit rencontrer.

3° Direction. Considérée par rapport aux surfaces incisées, la direction doit être calculée de manière à ce que les liquides que doit sécréter la plaie puissent s’écouler facilement; en outre, en coupant à travers les tissus, il faut causer le moins de désordre possible. 11 vaut mieux, par exemple, écarter les muscles que de les diviser ; et, si leur section est indispensable, on doit préférer l’incision parallèle aux fibres à celle qui les couperait plus ou moins obliquement, mais surtout en travers. La direction dans le sens de la profondeur n’est pas moins importante à considérer que celle qui est parallèle aux surfaces. Lorsqu'il ne s’agit que d'atteindre profondément, et que l'introduction de l'air n’offre pas de grands dangers, l’incision doit suivre le chemin le plus court, c’est-à-dire être perpendiculaire aux surfaces. Si, au contraire, on veut empêcher un foyer de communiquer au dehors après qu’il aura été évacué, comme dans la ponction des abcès par congestion et celle de l’'empyème, l’incision doit être dirigée très-obliquement, afin de pouvoir, après l'opération pratiquée, détruire le parallélisme entre les divers plans intéressés.

4° Siége. Autant que possible, il faut éloigner les incisions des lieux abondamment pourvus de vaisseaux et de nerfs,

comme l’aisselle, l’aine, la marge de l'anus, etc., ou situés au-devant d'organes importants, tels que les parois abdominales et thoraciques. Lorsqu'il est inévitable d'opérer dans ces points, il vaut mieux, comme sur les tumeurs herniaires, pratiquer l’incision à plusieurs reprises, en découvrant successivement les divers plans, que de risquer, en pénétrant tout d’un coup profondément, de donner lieu à des lésions graves. Une autre considération qui appartient au siége, moins importante, à la vérité, mais dont l’application se rencontre fréquemment, c’est celle qui a rapport aux difformités qui résultent des cicatrices sur les parties exposées à l'air. Si l’on doit opérer à la face, par exemple, outre qu'il ne faut donner à l'incision que l’étendue strictement nécessaire, autant que possible on choisira pour la pratiquer le point le moins apparent, et, en particulier, le fond d’une ride, qui, plus tard, cachera la cicatrice.

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