CAUTÉRISATION
La cautérisation est une action chirurgicale qui a pour but de détruire l'organisation et la vie dans les tissus. Cette propriété s'effectue par deux sortes d'agents : 1° les caustiques proprement dits, nommés dans l’ancienne chirurgie, cautères potentiels; 2° le calorique et les corps qui en sont pénétrés, ou cautères actuels. Le premier résultat de leur emploi est la formation d’une escharre : c’est ainsi que l’on nomme la portion de tissus que les caustiques ont privée de la vie.
Indications. On emploie la cautérisation pour satisfaire à plusieurs indications : 1° Déterminer à la surface cutanée des altérations artificielles ou fonticules; 2° détruire des tissus fongueux et cancéreux, et borner les progrès des caries des os ; 3° arrêter une hémorrhagie lorsque la ligature, le tamponnement et les autres moyens hémostatiques sont impraticables ou insuffisants; 4° ranimer les fonctions vitales dans les parties où elles languissent, et par exemple les tissus fibreux articu-
T. VI
laires chez des sujets scrofuleux ou affaiblis par de longues maladies ; 5° décomposer, dans la profondeur d’une plaie, les
venins ou les virus déposés par la morsure d'animaux venimeux ou hydrophobes.
Soins et précautions communs aux deux modes de cautérisation.
Toute cautérisation exige, avant et après, certaines conditions qui en assurent le succès. 1° Mettre la partie sur laquelle on opére en situation convenable pour faciliter l'application du caustique dans le lieu même, et faire contenir l’opéré par des aides ; 2° nettoyer et absterger avec soin la surface de la plaie, les divers fluides, le sang, la sérosité, le pus, dont l’humidité neutraliserait la substance caustique ou absorberait inutilement le calorique; 3° préserver de l’action chimique les parties voisines par des substances absorbantes, telles que le linge, la charpie, pour les caustiques proprement dits, ou par des corps humides ou non conducteurs, tels que canules, éponges ou linges mouillés, pour les cautères actuels ; 4° éponger exactement et mettre à sec la plaie pendant le cours de l'opération pour absorber les fluides qui suintent, au fur et à mesure, par le fait de la vive iritation et du renouvellement des surfaces sous l’action des caustiques ; 5° l’opération effectuée, enlever, dans la cautérisation actuelle, les parties carbonisées non adhérentes, dont la présence irriterait mécaniquement sans utilité; mais laisser à demeure les parties adhérentes qui se détacheront en escharre, et se contenter de les recouvrir de charpie molle ou râpée qui en empêche la mobilité. Après la cautérisation potentielle, enlever avec soin, par abstersion où même au besoin par des lotions, toute la portion de caustique non éteinte. Dans les cas néanmoins où il est important de détruire le plus profondément possible, il
est préférable de laisser le caustique se décomposer entièrement.