CONNEXIONS
Les nombreux rapports des muscles sont surtout importans à connaître sous le point de vue chirurgical.
1° Avec la peau. Il n’y a que les muscles peauciers qui aient des adhérences directes avec la peau ; les autres muscles en sont isolés par une couche adipeuse et par des enveloppes aponévrotiques. Les plus superficiels se dessinent au-dehors par la saillie de leurs ventres ou de leurs tendons, et la dépression des intervalles celluleux qui les séparent. Ces lignes extérieures, combinées avec les saillies osseuses, sont d’un grand intérêt pour le tracé des régions chirurgicales dans lesquelles s'inscrivent les opérations.
2° Avec les aponévroses et les gaînes fibro-celluleuses. Ces rapports sont de quatre sortes (a). Presque tous les muscles sont environnés à la superficie par les aponévroses générales d'enveloppe (6). De la circonférence au centre, un grand nombre d'entre eux sont réunis en groupes dans des polyèdres irréguliers, par des cloisons fibreuses perpendiculaires, qui, de l’aponévrose extérieure, se portent sur les lignes rugueuses des os (c). Quelques muscles superficiels ont leurs gaînes aponévrotiques Spéciales qui les isolent dans leurs mouvemens, et dont la densité est proportionnée à leur tendance au déplacement. Ces trois espèces d'enveloppes, formées d’un tissu fibreux compacte, donnent généralement insertion aux fibres musculaires (d). Enfin les muscles qui n'ont pas d’aponévrose spéciale sont environnés d’une gaine fibro-celluleuse dont la densité diminue des plus superficiels aux plus profonds; cette gaîne, formée d’un tissu cellulaire condensé, plus ou moins chargé de graisse dans les intervalles des muscles, leur sert à-la-fois de moyen d'isolement et d'union.
3° Avec les os. Les muscles radiés s’implantent sur les os dans presque toute l'étendue de leur corps. La plupait des muscles larges recouvrent seulement les os sans autre adhésion que celle du tissu cellulaire avec le périoste, jusqu’au point de leur insertion. Pareille disposition s'observe aux membres pour les muscles profonds. Les plus superficiels correspondent, par leur corps, au cylindre aminci de l'os. Ils n’ont de rapports qu'avec les extrémités articulaires élargies autour desquelles se contournent leurs tendons. Généralement ces tendons franchissent les articulations qu'ils protégent, pour s'implanter à l'os situé audessous de la fraction du membre dont le muscle lui-même fait partie.
4° Avec les vaisseaux et les nerfs. Les muscles, formant des coussinets souples, sont à l'égard des vaisseaux des conducteurs et des organes de protection. Les principaux troncs vasculaires, enveloppés par des gaînes fibro-celluleuses, rampent dans les sillons musculaires, à la partie interne du bras et de la cuisse, ou dans les plans profonds de l’avant-bras et de la jambe, abrités par les os et les muscles, et garantis de l'atteinte des corps extérieurs. Quand une attache musculaire se trouve sur leur trajet, elle s'ouvre pour leur livrer passage en formant une arcade aponévrotique qui s'oppose à ce que le cours des liquides
soit interrompu dans les contractions musculaires. Ces contractions elles-mêmes, inoffensives pour la circulation des artères, favorise celle des veines.
5° Rapports des muscles entre eux. Ce sont à-la-fois les plus nombreux et les plus importans, puisque c’est d'eux que dérivent tous les autres. En considérant que chaque muscle en lui-même se distingue par sa forme, sa situation , sa direction, ses dimensions, sa Structure, appropriées à sa destination spéciale, on admire que, de tant de combinaisons partielles, il puisse résulter, entre eux et avec les autres parties, une forme générale et une harmonie de rapports coïncidant de la manière la plus heureuse avec la synergie d'action. Cependant les muscles superposés par couches, juxta-posés par leurs faces, longent les membres, circonscrivent les cavités, s'ajustent aux divers mécanismes , et s'adaptent parfaitement les uns aux autres, en conservant la liberté de leurs mouvemens , sans laisser d’autres vides que ceux nécessaires pour le passage des vaisseaux, et dans les lieux les plus convenables pour que ces derniers se trouvent efficacement protégés. La connaissance des rapportsdes muscles constitue presque toute l'anatomie, et offre le plus grand intérêt sousles deux points de vue physiologique et pathologique. C'est un des sujets sur lesquels nous nous efforcerons le plus de fixer l'attention.