‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 12 sur 461 · NOMENCLATURES · texte numérisé non relu

NOMENCLATURES

La myologie est, de toutes les parties de l'anatomie, celle où il règne le plus de confusion dans le langage. Les premiers anatomistes ne désignaient, par des noms particuliers, qu'un certain nombre de muscles ; les autres n'étaient connus que par des noms numériques , tirés, soit de leur position relative, comme à la même époque on indiquait aussi la plupart des os de la face, soit de leurs usages vrais ou supposés. Sylvius, le premier, commença d'imposer des noms particuliers à tous les muscles, et ce travail fut presque complété par Riolan. Plus tard , on alla peutêtre trop loin en multipliant sans nécessité les subdivisions, et appelant de noms différens les faisceaux d’un même muscle , comme on peut le voir dans Duverney et Winslow. Les anatomistes les plus modernes, Sabatier, Bichat, Boyer, MM. Hippolyte et Jules Cloquet , ont plutôt retranché qu'ajouté , quant au nombre ; mais les dénominations ne sont pas tellement arrêtées , qu'il n'y ait encore aujourd'hui des muscles dont le nom présente des variantes entre les divers auteurs.

Dans cette bizarre nomenclature, les noms des muscles ont été empruntés de leurs divers accidens.

1° De la situation relative. Ex. : Muscles antérieurs > postérieurs, internes, externes.

2° De la configuration. Ex.: Les carrés , triangulaires, orbiculaires, pyramidaux, etc.

3° De la direction. Ex. : Muscles droits, obliques, transverses.

4° Des dimensions. Ex. : Muscles grands, petits, longs.

5° Des usages. Ex.: Fléchisseurs, extenseurs, adducteurs, abducteurs, constricteurs , masseter, sphincters , diaphragme.

6° Des divisions ou complications. Ex. : Digastiques, complexus, jumeaux, biceps, triceps, dentelés.

7° Desos avec lesquels ils sonten rapport. Ex. : Temporal, radiaux, péroniers.

8° De la région dont ils font partie. Ex.: Fessiers, anconé, poplité.

9° Des insertions. Ex.: Occipito-frontal, sterno-hyoïdien, génioglosse.

Mais comme de toutes les qualités des muscles il n’en est aucune, à part les insertions , qui suffise toujours pour les caractériser, il a fallu composer les noms de plusieurs de ces qualités réunies. Ex. : Grand et petit obliques de l'abdomen , et grand et petit obliques postérieurs de la tête ; carré pronateur et carré crural ; transverse de l'abdomen et transverse du périnée ; longs fléchisseurs ou extenseurs des doigts et des orteils ; grand fessier et petit fessier ; biceps brachial et biceps fémoral , etc.

L'avantage qu'offrent les insertions de pouvoir désigner les muscles isolément, en faisait la meilieure base d’une nomenclature univoque et régulière. C'est sur cette donnée qu'est fondée l'excellente nomenclature de Chaussier, dont celle de Dumas n’est qu’une variante moins heureuse, par la nécessité où s'est cru l’auteur de renfermer dans les dénominations toutes les attaches , ce qui change un simple nom en une phrase bizarre et compliquée. Nous aurons soin de donner, comme synonymie, la nomenclature de Chaussier; mais, comme l'habitude et la nécessité de s'entendre ont fait prévaloir les anciennes dénominatious, nous continuerons de nous en servir.

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