ACTION DES MUSCLES DE LA RÉGION ANO-GÉNITALE
Les muscles de la cloison inférieure du bassin étant plus ou moins confondus par leurs corps ou rattachés les uns aux autres par des bandelettes de liaison, forment, de mème que les dépendances de l'hyoïde, un appareil synergique également susceptible de se contracter d'ensemble pour une action commune, ou par fraction distincte pour chaque fonction spéciale. Toutefois, en raison même des connexions réciproques des diverses parties de l'appareil , qui font qu'elles se prêtent un appui commun, les fonctions propres ne sont jamais complétement isolées, et l'ensemble y concourt, dans tous les cas, pour une part plus ou moins considérable. Il y a donc à considérer, d'abord le mécanisme Bihan de la région ano-génitale, puis les mécanismes partiels des deux sous-régions anale et génitale.
1° Action commune. La cloison musculaire périnéale exécute, dans sa totalité, des mouvemens d’élévation et d'ahaissement. L'élévation est le seul mouvement véritablement actif. Son organe essentiel est, comme déjà nous l'avons énoncé, le plancher formé par le releveur de l'anus et l'ischio-coccygien ; mais ce dernier, dont la structure est trop fibreuse, n’y aide que faiblement, et représente un plan de support élastique et mobile, plutôt qu'un agent contractile. Le releveur de l'anus, dans sa contraction, prend son point d'appui sur ses attaches supérieures au pubis et à la bandelette ischio-pubienne; il tire par conséquent, de chaque côté, sur le raphé médian qu'il soulève, en tendant à devenir rectiligne. L'effet de ce mouvement est de comprimer de bas en haut les viscères pelviens, le rectum, la vessie et l'utérus chez la femme. Situé au fond de l'excavation pelvienne, il réagit avec avantage contre les efforts du diaphragme et des muscles abdominaux, dont l'excès de force s’est perdu sur
(1) Planche 105.
(2) Planche 105.
MUSCLES
les parois osseuses déclives de l'infundibulum du bassin. Le résultat de cette contraction simultanée des muscles antagonistes, est de comprimer de toutes parts les corps étrangers contenus dans l'abdomen , et par conséquent de participer de concert à l'expulsion des matières fécales, des urines et du fœtus dans l'accouchement. Les connexions du releveur de l'anus nous semblent particulièrement adaptées à cet usage. On se rappelle que, par son bord interne et inférieur, qui est son insertion mobile, il s’attache au pourtour du sphincter de l'anus, dans les deux sexes, du col de la vessie, de la prostate et de la naissance de l’urèthre dans l'homme, et du constricteur du vagin dans la femme. Or, par sa contraction, en tirant perpendiculairement sur les sphineters, il tend à les dilater, et conséquemment à ouvrir leurs orifices. Cette disposition est le complément du mécanisme ingénieux par lequel ce muscle, en comprimant de bas en haut et d'avant en arrière, contribue cependant à expulser les corps étrangers de haut en bas et d’arrière en avant. Enfin, par ses rapportsavec le bulbo-caverneux et les constricteurs de l'urèthre, le releveur de l'anus stimule l'action de ces muscles, et y ajoute une force nouvelle pour l’éjaculation du sperme.
L'abaissement de la cloison périnéale est purement passif et résulte du relâchement des puissances musculaires. Il augmente beaucoup par la pression du diaphragme et des muscles abdominaux dans une forte inspiration, une toux violente, l'éternument, etc.; enfin , dans l'accouchement, il se change en une forte distension, qui , elle-même, portée au-delà de l'énergie des muscles et de la résistance des tissus, amène parfois la rupture du périnée.
2° Action des muscles de la sous-région anale. V/usage du sphincter est de maintenir fermé l'orifice de l'anus, pour permettre l'accumulation , dans le rectum, des matières fécales, qui, sans cette disposition, s'écouleraient continuellement au-dehors. La portion capsuliforme est parfaitement organisée , pour former le fond du sac de l'intestin : elle s'arrondit sur les matières qu'elle supporte et refoule de bas en haut. La portion elliptique, par le rapprochement de ses deux moitiés , est plus essentiellement le muscle d'occlusion. Le sphincter a pour antagonistes le transverse du périnée dans homme, et dans les deux sexes, les fibres d'insertion du releveur de l'anus, mais surtout, comme l’observe judicieusement Bichat , les fibres circulaires et longitadinales du rectum , qui pressent sur les matières contenues dans l'intestin , et le diaphragme avec les grands muscles abdominaux. L'excès d'énergie de l’une des puissances antagonistes sur l'autre est au nombre des causes qui influent sur le plus ou moins de fréquence habituelle de l'acte de la défécation. Le sphincter se dilate de lui-même quand le besoin de rendre les matières fécales se fait sentir. Sous ce rapport, comme le remarque encore Bichat, il se rapproche des muscles de la vie organique, et il est lié avec ceux du rectum par une sympathie qui a pour eftet de neutraliser son action. La paralysie de ce muscle entraîne l'incontinence des matières fécales. Chez quelques su-