TOME Il
DU BASSIN. 65
jets où la constriction n’est pas assez vive, et surtout lorsqu'il existe à l'anus un peu de gonflement de la membrane muqueuse, hémorrhoïdal ou autre, l’orifice n'étant pas exactement fermé , il se fait entre les plis un léger suintement de mucus stercoral.
3° Action des muscles de la sous-région génitale. Elle est très prononcée chez l’homme, et a pour objet l'évacuation de l'urine et du sperme. L'ischio-caverneux tire en bas et en arrière le corps caverneux , le comprime et y refoule le sang d’arrière en avant, en imprimant au pénis une secousse qui fait relever son extrémité libre. Sous ces divers rapports , ilest plus spécialement le muscle érecteur. Le bulbo-caverneux, qui environne en bas et sur les côtés le bulbe de l’urèthre , le comprime contre la cannelure fibreuse supérieure de l'enveloppe des corps caverneux , et conséquemment il applique l’une contre l'autre les deux moitiés du canal de l’urèthre, et tend à en exprimer l'urine et le sperme. Les deux constricteurs de la portion membraneuse de l'urèthre paraissent bien avoir, dans ce lieu , le même usage que le bulbocaverneux dans le sien. Leur action même s'exerçant cireulairement, sur des tissus mous, par des bandelettes obliques en divers sens, est plus directe. Leur vaste entre-croisement latéral paraît surtout devoir agir très efficacement pour vider l'intérieur du canal des fluides qu’il contient. Enfin la contraction de ces muscles, surtout dans l’éjaculation , s'opère brusquement par une sorte de spasme nerveux, qui non-seulement fait parcourir aux fluides toute l'étendue du canal, mais les projette à une distance plus ou moins considérable au-dehors. La puissance de ces divers muscles est augmentée par celle du transverse, du releveur et du sphincter de l'anus, avec lesquels ils sont liés, et qui entrent dans le même temps en action. L'exquise susceptibilité des muscles de l’urèthre, qui les fait se contracter au moindre contact, est l’une des causes qui nous semblent apporter le plus d’obstacle au cathéterisme de ce canal. Les constricteurs de la portion membraneuse,en particulier, doivent s'opposer avec énergie à l'introduction des sondes. C’est peutêtre à la tension de ces muscles , qui se feraient traverser euxmêmes, qu'il fautattribuer les fausses routes si communes dans ce point. Cette considération donnerait lieu à des observations thérapeutiques sur le choix des procédés de cathétérisme, sur lesquelles nous aurons occasion de revenir dans la partie chirurgicale.
Dans la femme, l'action des muscles génitaux est bien moins sensible. Les ischio-caverneux et ischio-clitoridien facilitent l'érection du clitoris. Le constricteur du vagin n’a d'action bien efficace que chez les filles vierges, ou chez la jeune femme dans les premiers temps du coït; encore est-il souvent peu développé chez beaucoup d’entre elles. Par la fréquence de la cohabitation , les effets de l'accouchement et les progrès de l’âge , le constricteur vaginal se relâche au point que son action devient tout-à-fait nulle. Il en est de même du transverse, qui, dans la femme, semble n'être que l’antagoniste ou le dilatateur du muscle précédent.