‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 13 sur 461 · ORDRE DE DESCRIPTION · texte numérisé non relu

ORDRE DE DESCRIPTION

Il existe, pour décrire les muscles , deux méthodes de classification : l’une, où ces organes sont considérés par ordre de superposition ou par régions; et l'autre, où ils sont groupés d'après leurs usages. La première , léguée par Galien, puis longtemps oubliée, reproduite par Albinus, adoptée et plus ou moins modifiée par Sabatier, Vicq-d’Azyr et Bichat, a continué de régner dans nos écoles et dans tous nos traités d'anatomie , chaque jour de plus en plus étendue et subdivisée. La seconde , créée par Vésale , avait été suivie par Winslow, et négligée depuis. La classification par régions, image du cadavre,est plus anatomique , et en même temps, comme elle donne les rapports, elle est chirurgicale, ce qui explique surtout le succès qu’elle a obtenu dans ces derniers temps. La classification d'après les usages offre des inconvéniens , le même muscle remplissant parfois des usages très différens; mais, d'un autre côté, elle présente de grands avantages : elle est physiologique, et, sous ce point de vue, elle entre mieux dans l'esprit du sujet, l'étude des muscles en eux-mêmes. Aussi ne sommes-nous pas surpris qu'elle ait été reproduite tout récemment par M. Cruveilhier, dans son Cours d'études anatomiques, ouvrage excellent, plein de rapprochemens ingénieux , d'aperçus utiles et de faits bien observés, certainement celui de tous auquel nous avons le plus emprunté , et que nous ne citons seulement par intervalles, que parce qu'on ne saurait toujours citer.

Pour ce qui nous concerne en particulier, la classification par régions, qui sacrifie l'ensemble aux détails de localités , ne nous convenait que médiocrement ; et, du reste, comme elle doit se représenter plus tard dans notre Anatomie chirurgicale ,il valait mieux envisager le sujet sous un aspect différent. Il semble donc que nous n'avions plus qu'à suivre l’ordre physiologique. Toutefois il se présentait ici une nouvelle difficulté qui tient à la nature de notre ouvrage, par la nécessité de faire concorder le texte avec les planches. Pour les membres où les muscles , situés dans un même plan, ont généralement des usages analogues, rien de plus facile que de les figurer et de les décrire dans un ordre commun ; mais il n’en est pas de même du tronc, où se trouvent juxta-posés des muscles, dont les uns meuvent ses pièces osseuses , et les autres ses appendices. Comment , sur des figures , séparer du tronc le trapèze, le grand dorsal, le grand

DES MUSCLES EN GÉNÉRAL. à

pectoral , les psoas? Comment dessiner ces muscles avec ceux de l'épaule , du bras et de la cuisse auxquels ils appartiennent dans l'ordre physiologique? Forcés de nous créer une méthode proprement iconographique , c'est-à-dire en harmonie avec l'aspect du cadavre dont nos planches d'ensemble sont l'image, nous nous sommes rapprochés de M. Boyer en décrivant des parois et des plans , sauf, dans la succession des muscles, à rapprocher,

autant qu’il nous sera possible , ceux qui ont des fonctions analogues. Ainsi ce n’est point une classification que nous présentons, mais seulement un ordre spécialement adapté à la forme même de notre travail. Toutefois, comme nous désirons être complets ,après chaque section , en traitant du mécanisme d'une partie , nous replacerons dans l’ordre physiologique les muscles qui y concourent.

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