‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 15 sur 461 · TOME Il · texte numérisé non relu

TOME Il

(a) pour les fibres superficielles, dans toute la hauteur de la partie moyenne du sternum par de courtes fibres aponévrotiques entre-croisées en nattes avec celles du côtéopposé; (b) pour les fibres profondes , sur les cartilages des côtes de la seconde à la cinquième, et sur l'aponévrose antérieure des intercostaux par d'autres fibres confondues avec cette dernière aponévrose et avec les petits ligamens radiés antérieurs chondro-sternaux (PL 50, fig. 5, chiff. 9, 11,21).

3° La portion chondro-aponévrotique Sinsère par ses fibres profondes sur le cartilage de la sixième côte, et par ses fibres superficielles sur l'aponévrose du grand oblique abdominal audevant du muscle droit.

4° Le dernier faisceau isolé s'insère sur l'extrémité osseuse de la sixième côte.

Les faisceaux du grand pectoral se composent , comme en général les muscles horizontaux , de fibres rubanées , larges et plates ; les plus profondes sont les plus fines. Toutes ces fibres se dirigent, en convergeant de dedans en dehors, des attaches fixes vers l’attache mobile, les faisceaux supérieurs, de haut en bas, les moyens, horizontalement , les inférieurs, de bas en haut. Parvenu au tendon huméral , le faisceau claviculaire est celui qui descend le plus bas en passant au-devant de tous les autres. Les premiers fascicules sternaux s'insèrent un peu plus haut sur un épanouissement fibreux qui fait partie du tendon ; ceux qui viennent ensuite se contournent successivement les uns au-dessous des autres en remontant en arrière des faisceaux supérieurs, et s'attachent sur le tendon, d'autant plus haut qu'ils sont partis de plus bas, en sorte que, pour les faisceaux extrèmes, la position relative des insertions est inverse. Le premier faisceau , supérieur par son attache claviculaire , est inférieur par son attache humérale , et le dernier, inférieur par son extrémité costale, est supérieur sur le tendon commun.

De tout ce qui précède, il résulte que le tendon huméral est formé de deux lames aponévrotiques paralièles, séparées en haut, formant souttière par le bas, dont l'antérieure, su perficielle,

reçoit les faisceaux supérieurs , et la profonde les faisceaux inférieurs. Le tendon membraneux , formé par ces deux feuillets intimement unis en dehors , s'insère sur toute la lèvre antérieure de la coulisse bicipitale de l'humérus, continue en haut, avec l’insertion du sus-épineux , et en bas avec le tendon du deltoïde; par son épanouissement il renforce la lame fibreuse qui tapisse la coulisse du biceps et fournit inférieurement une expansion membraneuse qui concourt à la formation de l'aponévrose brachiale.

Connexions. Le plan antérieur, convexe, est séparé de la peau et du tissu adipeux sous-cutané, en haut par le peaucier, dans le reste de son étendue par une lame celluleuse qui tient lieu d'aponévrose.

Le plan postérieur recouvre le petit pectoral , le sous-clavier, la moitié du sternum, l'extrémité antérieure des six premières côtes avec leurs cartilages, une partie des intercostaux externes, du grand dentelé ; de l'oblique externe et du grand droit de l'abdomen , les vaisseaux thoraciques et la partie supérieure du biceps et du coraco-brachial.

Le bord externe longe dans ses trois quarts inférieurs le bord adjacent du deltoïde ; supérieurement il s'en écarte en formant un large triangle celluleux dans lequel s'enfonce la veine céphalique, et d’où sort une artériole. |

Le bord supérieur constitue Pattache claviculaire, et le bord interne , l'attache sternale ; inférieurement ce dernier se continue avec la ligne blanche sur laquelle s’implantent ses dernières fibres aponévrotiques.

Le bord inférieur se divise en deux parties: l'interne forme la double attache sur l'aponévrose du grand oblique et sur la sixième côte ; l'externe libre, mince en bas et en dedans, épais en haut et en dehors , contourné dans toute son étendue par la torsion des faisceaux inférieurs, forme le rebord antérieur saillant du creux axillaire. Enfin les rapports médiats du grand pectoral avec les vaisseaux axillaires sont des plus importans. Il protége ces vaisseaux par la saillie qu'il forme en avant, et par ses bords, sert de guide pour la ligature de l'artère par plusieurs procédés.

Anomalies. Xl existe parfois un faisceau supérieur qui, au lieu de rejoindre le tendon huméral , s'attache , soit à l'aponévrose brachiale , soit au tendon de la courte portion du biceps, ou à celui du grand dorsal. Il n'est pas rare de trouver le tendon huméral, divisé au-delà de son insertion habituelle, embrasser entre les deux feuillets le tendon de la longue portion du biceps brachial (Cruv.). M. Meckel signale un muscle accidentel, vu aussi par Sandifort, qui s'étend du sterno-cléido-mastoïdien au sterno-pubien, ou grand droit abdominal, partagé, comme ce dernier, par des intersections aponévrotiques. Ce muscle, dont l'étendue est souvent moins considérable, varie pour les attaches, mais en conservant toujours la même direction. Il semble plutôt une continuation anomale du sterno-pubien , et ne saurait appartenir au grand pectoral, avec lequel il n’a de commun que le voisinage.

Action. Le grand pectoral agit sur l’humérus, ou sur le sternum et les côtes. Dans le cas le plus ordinaire , le point mobile est à l'humérus , le muscle, alors dans son ensemble, est adducteur du bras. Si la tête de l'humérus est écartée en arrière, il devient rotateur du bras en dedans. Quant aux contractions partielles, les faisceaux supérieurs sont élévateurs en avant et en

dedans du bras abaissé, les faisceaux inférieurs sont abaisseurs , dans les mêmes sens, du bras qui est élevé; les faisceaux intermédiaires représentent la résultante moyenne des fibres opposées. Quand la respiration est difficile ou accélérée, l'épaule étant préalablement maintenue par ses muscles postérieurs , le tendon huméral de point mobile, se change en point fixe, le sternum et les côtes sont élevés, et le grand pectoral devient alors un muscle inspirateur.

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