‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 151 sur 461 · DU GRAND FESSIER · texte numérisé non relu

DU GRAND FESSIER

SACRO-FÉMORAL (CHAUSS.); ILIO-SACRO-FÉMORAL (DUM.); GLUTÆUS MAXIMUS (AIOL., DOUGLAS),

Situation, configuration. Vaste muscle rhomboïdal, très épais, situé superficiellement à la partie postérieure du bassin; le plus considérable des muscles du corps humain, et, par sa masse, en rapport avec la station bipède dont il est le principal agent.

Insertions, direction, fasciculation. Le grand fessier procède, par son bord postérieur et supérieur : 1° de l’aponévrose du grand dorsal et de la courbe postérieure de la lèvre externe de la crête iliaque, à partir de son sommet, en descendant jusqu’à l'épine postérieure et inférieure; 2° de la surface rugueuse qui termine l'os des îles en ce point; 3° par de très forts filamens aponévrotiques , de la série des tubercules externes du sacrum et du ligament sacro-iliaque postérieur; 4° des tubercules adjacens du sacrum et du coccyx, et du ligament sacro-coccygien postérieur, eu formant une arcade aponévrotique qui donne passage aux derniers nerfs sacrés postérieurs; 5° de la face postérieure des deux ligamens sacro-sciatiques, par un prolongement bifurqué, qui s'étend sur le grand ligament sacro-sciatique, et dont l'angle inférieur se termine en un tendon triangulaire; 6° enfin dans le plus grand nombre des cas, de la forte aponévrose postérieure du moyen fessier et de la surface triangulaire de la fosse iliaque externe, située entre ce dernier muscle et le pyramidal. Toutefois chez beaucoup de sujets cette dernière insertion n'a pas lieu, et le grand fessier, en ce point, est séparé de la surface osseuse par du tissu cellulaire séreux. Nées de ces diverses origines, les fibres se rassemblent en larges fascicules rubanés. Ces fascicules sont nettement séparés dans toute leur longueur par des sillons celluleux, entre lesquels pénètrent des cloisons qui se dégagent de l'enveloppe fibro-celluleuse superficielle. Parailèles entre eux, ils descendent obliquement en bas et en dehors, de l'insertion sacro-iliaque vers l'implantation fémorale, et, par leur disposition réou- AL 5 TT OR A RU RE RAT

(4) Planches 124, 198.

lière, impriment au grand fessier un aspect qui le distingue de tous les autres muscles. Les fascicules composent deux faisceaux distincts dans leur forme, surtout par leur implantation fémorale. Le supérieur, d'une étendue considérable, forme à lui seul les deux tiers de la masse musculaire. Les divers fascicules qui le composent viennent se terminer dans une duplicature de l'aponévrose fascia-lata, et se réunissent en convergeant autour de la saillie formée par le grand trochanter, de manière à l'environner d’un demi-cercle musculaire inscrit par la terminaison de leurs fibres. Cette première insertion constitue l'implantation membraneuse du grand fessier. L'aponévrose, très épaisse en ce point, glisse, par l'intermédiaire d’une synoviale, sur le grand trochanter, ou plutôt sur les tendons du moyen fessier et du vaste externe, qui le recouvrent, et se prolonge en dehors et en avant, où elle donne attache au muscle fascia-lata. Inférieurement le mode d'insertion des fibres devient assez compliqué; l'aponévrose continue à recevoir les fibres du grand fessier, mais seulement les plus superficielles, qui s'y implantent directement sur un feuillet unique. Les fibres profondes, qui composent presque toute la masse du faisceau inférieur, très épais, et les derniers fascicules du faisceau supérieur, se contournent d’arrière en avant pour se fixer sur un fort tendon, qui, lui-même, s'insinue entre le vaste externe et le biceps, et vient s'implanter dans une longueur de trois pouces sur une saillie rugueuse verticale, de la face postérieure du fémur, depuis la limite d’insertion du carré crural jusqu'à la naissance de la ligne âpre, dont elle forme supérieurement la bifurcation externe; en sorte que l'attache inférieure du grand fessier se compose de deux élémens : 1° une insertion aponévrotique qui reçoit la presque totalité du faisceau supérieur et les fibres superficielles du faisceau inférieur; 2° une insertion tendineuse qui reçoit presque en entier les fibres du faisceau inférieur et les dernières fibres profondes du faisceau supérieur.

Connexions. Le grand fessier présente une surface postérieure, convexe dans ses deux diamètres, recouverte par un feuillet fibro-celluleux , et médiatement par un tissu adipeux très abondant et par la peau. Sa face antérieure, plane, recouvre : 1° les muscles moyen fessier, pyramidal, deux jumeaux, carré crural, les tendons des obturateurs, la grande échancrure sciatique, les ligamens sacro-sciatiques, l'attache supérieure des biceps, demi-membraneux, grand abducteur et vaste externe; 2° les vaisseaux et nerfs fessiers, ischiatiques et honteux internes, et les nerfs sciatiques, grand et petit. Son bord inférieur, libre, est indiqué à l'extérieur par une ligne courbe, saillante, à concavité supérieure; il trace en arrière la délimitation de la cuisse, et sert de guide dans les opérations.

Action. Le grand fessier ayant son point fixe à son insertion sacro-iliaque postérieure, tire à-la-fois sur l'extrémité supérieure du fémur par son tendon, et sur la face externe du genou par le tendon de l'aponévrose fascia-lata, qui elle-même fait, pour le mouvement, l'office d'une forte bandelette de communication ; ainsi le grand fessier n’agit pas seulement sur l'extrémité supérieure du levier formé par le membre abdominal, mais il agit également sur la partie moyenne du même levier à sa face externe. Comme conséquence de sa direction, son usage principal est de tirer en arrière ou d'étendre la cuisse qui a été fléchie. Mais en outre il est légèrement rotateur en dehors du grand trochanter et de l'articulation du genou ; et abducteur ou adducteur du membre en entier, suivant qu'il aété porté préalablement

en dedans ou en dehors. Par la bandelette fascia-lata , il est tenseur très énergique de l'aponévrose fémorale, et contient, dans leurs contractions , les muscles de la cuisse, principalement le vaste externe. Enfin , quand le fémur est fixé, dans la station , il renverse le bassin en arrière de son côté, et imprime au tronc un léger mouvement de rotation en sens opposé.

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