DU LONG EXTENSEUR COMMUN DES ORTEILS ET DU PERONIER ANTERIEUR
1° LONG EXTENSEUR.
PÉRONÉO-SUS-PHALANGETTIEN (CHAUSS.); PÉRONÉO-TIBI-SUS-PHALANGETTIEN COMMUN (DUM.); CNEMODACTYLEUS (RZOL.;; EXTENSOR LONGUS DIGITORUM PEDIS (.1L8.).
Situation, configuration. Alongé, aplati d'avant en arrière, charnu, et rectangulaire sur sa coupe à la partie supérieure, formé inférieurement par un tendon, réfléchi, à quatre divisions, ce muscle est situé presque verticalement à la face antérieure et externe de la jambe sur la face dorsale du pied.
Insertions, trajet. I nait: 1° de la tubérosité du tibia en dehors du jambier antérieur ; 2° de toute la partie de la face interne du péroné, située au-devant du ligament interosseux, etde la partie voisine de ce ligament ; 3° en dehors, d’une aponévrose superficielle semblable à celles du jambier antérieur et du long péronier latéral, et qui entre-croise ses fibres avec celles de ces dernières, de manière à former en commun, pour l'attache supérieure des muscles externes, une membrane fibreuse d’insertion, dont le long extenseur est le centre, et qui s'appuie profondément sur les cloisons intermusculaires; 4° de ces cloisons elles-mêmes qui séparent le long extenseur des deux muscles voisins. Nées de ces diverses origines, les fibres charnues descendent, les supérieures médianes, verticalement , les fibres latérales, avec une légère obliquité. Toutes se rendent sur le sommet et les bords d’un tendon aplati, qui commence sur le bord interne du muscle en regard de la partie moyenne de la jambe. Ce tendon descend parallèlement à celui du long extenseur propre du gros orteil jusque sous le ligament annulaire du tarse, où il se réfléchit. Dans ce trajet, il continue à recevoir sur son bord externe les fibres obliques qui se confondent plus
(1) Planches 138, 141, 143.
ou moins avec celles du péronier antérieur. Sous le ligament annulaire, le tendon passe dans une coulisse spéciale, en dehors de la tête de l'astragale , retenu par une forte bandelette dégagée de la face externe du calcanéum. Dans cette coulisse, il s'élargit en Samincissant, et s'infléchit à angle d'environ cent degrés, en changeant sa direction verticale à la jambe pour une autre presque horizontale sur le coude-pied. A la sortie, il se divise en quatre tendons plats, qui descendent d’arrière en avant sur la face dorsale du pied, en croisant obliquement la direction du pédieux, et vont gagner, en divergeant, la face dorsale des quatre derniers orteils. Le cordon du troisième orteil continue la direction du tendon commun ; celui du second est légèrement oblique en dedans; les deux derniers sont graduellement plus obliques en dehors. Parfois, de celui du cinquième orteil se dégage une bandelette qui va se confondre avec le tendon du péronier antérieur, ou se fixe au-devant de lui sur le cinquième os du métatarse. Ces quatre cordons fibreux sont unis, entre leurs bords , par des lamelles transversales adhérentes à l'aponévrose dorsale du pied. Parvenus sur l’une des articulations métatarso-phalangiennes, chacun des tendons glisse sous le ligament métatarsien transverse, en dedans de celui du pédieux, longe la face dorsale de la première phalange, où il reçoit, par ses bords, les petits ligamens triangulaires et les épanouissemens des tendons lombricaux et interosseux ; puis il se divise en trois bandelettes , une médiane plus large, qui revêt, en haut, la première articulation phalangienne , et s’insère au tubercule de la seconde phalange; deux latérales, plus étroites, qui contournent la première articulation, se réunissent en V vers l'extrémité antérieure de la seconde phalange, tapissent, en haut, la seconde articulation,et s'implantent surle tubercule dorsal de la troisième phalange.
2° PÉRONIER ANTÉRIEUR.
PETIT PÉRONÉO-SUS-MÉTATARSIEN (CHAUSS., DUM.); PERONEUS TERTIUS (ALB.); PARS EXTENSORIS LONGI (COWPER); QUINTUS TENDO EXTENSORIS LONGI (MORGAG.).
Situé à la partie externe et inférieure de la jambe, alongé, plat, semi-penniforme, réfléchi inférieurement, ce muscle a été considéré alternativement par les auteurs, tantôt comme un faisceau distinct, tantôt comme n'étant que la portion externe et inférieure du long extenseur, dont il est rare qu'il s'isole complétement. 11 naît: 1° du tiers inférieur de la face antérieure du péroné; 2° de la partie voisine du ligament interosseux ; 3° de l'aponévrose externe qui le sépare du court péronier latéral; 4° des fibres externes du long extenseur. Il constitue un faisceau charnu , mince, dont les fibres, obliques en bas et en dedans, se rendent jusqu'auprès du ligament annulaire du tarse, sur un tendon interne qui accompagne en dehors celui du long extenseur, se réfléchit avec ce dernier dans sa coulisse de glissement , puis s'en dégage en dehors, en croisant en diagonale la face dorsale du pédieux , et vient s'implanter, en s'épanouissant, sur la face externe de l'extrémité postérieure du cinquième os métatarsien , au-devant et au-dessus de l'attache du court péronier latéral.
Connexions. Ce muscle est en rapport, par sa face libre, avec les aponévroses de la jambe et du pied; profondément, avec le péroné et le ligament interosseux; par sa face interne et antérieure , avec le long extenseur propre du gros orteil et l'aponévrose qui le sépare du jambier antérieur ; par la face opposée,
avec la cloison qui l'isole du court péronier latéral. Au pied, le tendon sous-aponévrotique croise l'articulation tibio-tarsienne et le muscle pédieux.
Action. Ce double muscle, réfléchi sous le ligament annulaire du tarse et sur les articulations des orteils, est à-la-fois extenseur des orteils et fléchisseur du pied. Malgré le nom spécial qui lui a été donné, la flexion du pied nous paraît être le mouvement le plus essentiel, dont l’autre ne serait que le complément par la prolongation des tendons. En effet, si l'on fait agir le muscle seul et avec lenteur, on sent que le premier mouvement produit est la flexion du pied, et le second, l'extension des orteils; que si l'on veut exécuter l’un de ces mouvemens isolément,la flexion du pied est produite sans l'extension des orteils ; mais l'extension des orteils ne peut s'opérer sans la flexion du pied, qu'autant que l'on réagit vers la face plantaire, en donnant un point fixe aux orteils, par la contraction de leurs courts fléchisseurs. On conçoit, au reste, qu'il en devait être ainsi, l'extension des orteils n'étant qu'un mouvement secondaire; car on peut très bien marcher, lors même que les orteils ne peuvent plus s'étendre par suite de maladie, ou par la pression d'une chaussure trop serrée; tandis que le membre devient presque inutile, si une ankylose empêche l'articulation tibio-tarsienne dese fléchir, lors même que l'extension des orteils serait demeurée libre. Le long extenseur est donc, en réalité, un fléchisseur externe et médian du pied,aidé, dans la flexion directe, par le long extenseur du gros orteil et le jambier antérieur, fléchisseurs internes, car de luimême il tend, avec le péronier antérieur, à relever le bord externe. Quant à l'extension des orteils, c'est également à tort qu'on l'a fait procéder, à priori, de l'extrémité libre vers la base, comme si les orteils étaient droits. Ces organes, dans leur position normale, formant une courbe autour du bourrelet adipeux et cutané sous-métatarso-phalangien, sont, à l'état de repos, dans une demi-flexion qui fait de leurs articulations des poulies de renvoi. Le premier mouvement produit s'exerce donc de proche en proche, de la base vers l'extrémité libre, et a pour premier effet le redressement de l'orteil; ce n’est qu'alors que commence, en sens inverse, l'extension de la troisième phalange sur la seconde, puis de celle-ci sur la première, et ensuite de l'orteil dans son entier sur le métatarse. Enfin le long extenseur est si bien fléchisseur du pied, qu'il le devient, de la jambe sur cet organe, quand celui-ci est fixé sur le sol.