TOME IL
une coulisse ostéo-fibreuse, en commun avec celui du court péronier, qui lui est supérieur, et dont il n’est séparé que par une duplicature synoviale. Réfléchi de haut en bas et d’arrière en avant, il longe le côté externe du calcanéum, séparé du tendon du court péronier par une petite apophyse qui leur fournit à chacun une gaîne propre. Parvenu sur le côté externe du cuboïde, il s'infléchit de nouveau de dehors en dedans, et un peu d'arrière en avant, en glissant sur la facette cartilagineuse du cuboïde, point où il s'élargit et présente un os sésamoïde. Enfin, il traverse le canal ostéo-fibreux, formé en haut par la gouttière du cuboïde, en bas par le grand ligament calcanéocuboïdien et métatarsien (voyez PI. 58); passe sous les articulations tarso-métatarsiennes, et s'insère au tubercule plantaire externe et à l'extrémité postérieure du premier os métatarsien , en formant sous la face inférieure de l'os un vaste épanouissement rayonné qui s'entremêle avec celui du tendon du jambier antérieur. Dans son trajet, ce tendon subit une triple réflexion sous la malléole, le calcanéum et le cuboïde, à chacune desquelles correspond une gaîne fibreuse et une synoviale propres.
Connexions. Le long péronier latéral est en rapport, en dehors, avec l'aponévrose jambière; en arrière, avec le péroné et le court péronier latéral. Il est séparé par des cloisons aponévrotiques, en avant, de l’extenseur commun des orteils; en arrière, du jambier postérieur, du long fléchisseur propre du gros orteil et du soléaire. Son tendon, sous-cutané à la jambe et sur le calcanéum, est situé profondément, en contact avec les os du tarse, sous la voûte plantaire.
Action. En suivant la double inflexion de ce muscle, il est facile de se rendre compte de ses usages. Si l'on tire le tendon en haut par l'angle qu'il forme derrière la malléole, le pied est d'abord étendu sur la jambe ; puis immédiatement, la réflexion à angle droit sous le cuboïde a pour effet l'abaissement du bord interne du pied, et, comme conséquence de la rotation en dedans de l’astragale, l'élévation du bord externe. Nous insistons sur ce fait primitif de l'abaissement du bord interne, qui donne à ce muscle une grande importance dans la station, où il devient accessoire des fléchisseurs des orteils. Ainsi le long péronier latéral est à-la-fois extenseur et abducteur, ou rotateur du pied, dont il tourne la face plantaire en dehors. C'est d’après ce mécanisme que ce muscle tend, dans les chutes, à luxer en dedans l'astragale, et, dans la fracture du tiers inférieur du péroné, à produire le déplacement, en soulevant le fragment inférieur.
DU COURT PERONIER LATERAL. (1)
GRAND PÉRONÉO-SUS-MÉTATARSIEN (CHAUSS., DUM.); PETIT PÉRONIER (WINSL.); PERONEUS ANTICUS (RZOL.); S. SECUNDUS, S. SEMI-FIBULÆUS (SPIGEL.); S. BREVIS (4LB.).
Configuration, insertions. Plus court que le précédent, en dedans duquel il est situé, aplati, penniforme en haut, semi-penniforme en bas, réfléchi, par son tendon, sous la malléoleexterne, ce muscle procède: 1° des deux tiers inférieurs de la faceexterne du péroné, où il commence en haut par un sommet effilé; 2° des bords antérieur et postérieur du même os et des cloisons aponévrotiques qui s'y insèrent. Les fibres directes ou conver-
| RME (1) Planches 141, 142.
gentes descendent sur la face interne ou sur les bords d’un tendon aponévrotique moyen, situé sur la face externe du muscle ; celles du bord postérieur se prolongent jusqu'au bas de la jambe. Le tendon lui-même, accolé d’abord en dedans de celui du long péronier latéral, passe en avant et au-dessus de lui dans leur gaine commune de glissement , derrière la malléole, en formant un angle de cent vingt degrés; puis il accompagne parallèlement le même tendon, passe au-dessus de la petite apophyse du calcanéum, qui leur fournit une gaîne fibreuse, longe obliquement d'arrière en avant et de haut en bas, la face externe du cuboïde, laissant en dedans le tendon du long péronier latéral, et se fixe en s'épanouissant sur le tubercule externe du cinquième os métatarsien.
Connexions. Ce muscle est en rapport, par sa face externe, avec le long péronier et les aponévroses de la jambe et du pied; par sa face interne, avec le péroné, le calcanéum et le cuboïde.
Action. Le tendon du court péronier latéral, n'ayant qu'une inflexion, agit directement sur l'os métatarsien. Il a pour usage plus spécial l'extension du bord externe du pied, à laquelle se joint une légère rotation de haut en bas et de dehors en dedans de l'articulation tibio-tarsienne, et par conséquent l'élévation du bord externe du pied, dont la face plantaire est faiblement tournée en dehors. Sous ces divers rapports, ilest congénère du long péronier latéral, dont il diffère, en ce que celui-ci est plus fortement rotateur.
FLÉCHISSEUR DU PIED.
DU JAMBIER ANTERIEUR. (1)
TIBIO-SUS-TARSIEN {CHAUSS.); TIBIO-SUS-MÉTATARSIEN (DUDI.); TIBIAL ANTÉRIEUR ; TIBIUS ANTICUS (RIOL.); TIBIÆUS ANTICUS (SPIC.).
Situation, configuration. Le plus puissant des muscles de la face antérieure et externe de la jambe, superficiel, alongé, épais, mipartie charnu et tendineux, en forme de prisme triangulaire sur sa coupe transversale, le jambier antérieur occupe le large sillon
vertical placé entre le tibia, les extenseurs et le ligament inter-
osseux.
Insertions. I est fixé supérieurement : 1° au tubercule et à la crête inférieure de la tubérosité externe du tibia, en descendant vers son tubercule antérieur: 2° aux deux tiers supérieurs de la face externe de cet os, incurvée en ce point par une excavation pour recevoir le muscle; 3° au tiers supérieur du ligament interosseux, en dedans des vaisseaux et nerfs tibiaux antérieurs; 4°à la face postérieure d’une aponévrose spéciale très mince, qui occupe la moitié supérieure du ventre charnu; 5° à la cloison fibreuse externe et antérieure qui le sépare des extenseurs. Nées des parois ostéo-fibreuses de la pyramide quadrangulaire qui les renferme, les fibres du jambier antérieur descendent verticalement; les plus profondes se rendent presque parallèlement sur une lame fibreuse médiane ; les superficielles convergent en bas vers un tendon, d'abord largement épanoui, qui commence sur le bord antérieur du muscle, à la hauteur des deux cinquièmes inférieurs de la jambe. Ce tendon, large, aplati d'avant en arrière, glisse obliquement de haut en bas, etun peu de dehors en dedans, sur l'angle antérieur et externe arrondi que présente inférieurement le tibia; s'engage dans une coulisse spéciale, sous le liga-
(1) Planches 138, 140, 143.
ment annulaire du tarse; traverse en diagonale la face dorsale du tarse, sur la tête de l’astragale et le scaphoïde, autour desquels il s'infléchiten bas et en dedans, et vient s'implanter au tubercule du premier os cunéiforme, en formant un épanouissement qui se prolonge sur le premier os métatarsien.
Connexions. Recouvert par les aponévroses jambière et dorsale du pied, il est en rapport, en arrière, avec le ligament interosseux, la coulisse de glissement du tibia, et la face dorsale du tarse; en dedans et en haut, avec la face externe du tibia ; en dehors, avec les extenseurs, commun des orteils et propre du gros orteil, dont il est séparé par les vaisseaux et nerfs tibiaux antérieurs.
Action. Le jambier antérieur est d’abord fléchisseur du pied sur la jambe; et comme son tendon s’enroule de haut en bas sur la face interne du tarse, il relève avec énergie le bord interne du pied, en tournant sa plante en dedans. Sous ce dernier rapport, il est synergique avec le jambier postérieur, et, dans tous les cas, antagoniste des péroniers.