‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 175 sur 461 · DU LONG FLECHISSEUR COMMUN DES ORTEILS · texte numérisé non relu

DU LONG FLECHISSEUR COMMUN DES ORTEILS

TIBIO-PHALANGETTIEN COMMUN (CHAUSS., DU M.); PERO-DACTYLEUS (Æ/0L.); PERFORANS (SP/IG, COWPFR); FLEXOR PROFUNDUS (DOUGLAS); FLEXOR ” LONGUS DIGITORUM PEDIS (A4LB.).

Situation, configuration. Long, aplati, penniforme, situé longitudinalement le long de l'angle interne et postérieur du tibia qu'il enveloppe , composé d’un faisceau jambier vertical et d’un tendon plantaire horizontal, réfléchi, quadrifide antérieurement, pour se distribuer aux quatre derniers orteils.

Insertions, trajet. Il procède : 1° par un sommet effilé, de l’extrémité interne et inférieure de la ligne oblique du tibia, au-dessous de l'attache du poplité et du soléaire ; 2° des trois cinquièmes moyens de la face postérieure du tibia, deson angle interne et postérieur, et un peu de la partie voisine de la face sous-cutanée du même os; 3° en dehors et en arrière, de la cloison aponévrotique

el SN PT (1) Planches 142, 144, 140, 159.

qui le sépare du jambier postérieur et du soléaire. Les fibres charnues , qui font suite à ces insertions , descendent, en convergeant, vers un tendon mitoyen ; les supérieures médianes, directement de haut en bas; celles des deux côtés, obliquement de dehors en dedans ou de dedans en dehors, en affectant une disposition penniforme, Le tendon lui-même, qui commence très haut, sous forme d’une cloison fibreuse, médiane, s'élarpit, et devient plus épais vers le tiers inférieur de la jambe, où il se détache du tibia, et passe derrière celui du jambier antérieur, qu'il croise très obliquement. Les fibres cessent en ce point sur son bord interne, et celles du bord externe l'accompagnent jusqu'auprès de la malléole. Arrivé à la hauteur de cette apophyse, il s'infléchit à angle obtus , derrière et au-dessous d'elle, et glisse dans une coulisse fibreuse qui lui est propre, entre le tendon du jambier postérieur, qui lui est interne et supérieur, et celui du long fléchisseur propre du gros orteil, qui lui est externe et inférieur, séparé de chacun d’eux par une forte cloison fibreuse; au-delà , devenu horizontal, il s'infléchit obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors, pour gagner le milieu de la plante du pied. Dans ce trajet, il passe sous la petite tubérosité du calcanéum; puis sous le tendon du long fléchisseur propre du gros orteil, qu'il croise très obliquement, s'élargit et donne implantation , par son bord externe, à son muscle accessoire. Enfin, parvenu au milieu de la face plantaire du pied, il se divise en quatre tendons grêles et arrondis qui servent d'attache aux lombricaux, et vont se distribuer aux quatre derniers orteils. Le tendon du second orteil est droit; les autres sont de plus en plus inclinés en dehors ; le dernier forme une inflexion latérale pour entrer dans la gaîne du petit orteil. La disposition de ces tendons est la même pour tous; chacun d'eux | pénètre en arrière des articulations métatarso-phalangiennes , dans une gaîne fibreuse et synoviale, qui lui est commune avec le tendon correspondant du court fléchisseur; traverse l'écartement de ce dernier dans la gouttière de la première phalange, et glisse directement pour s'implanter, par une extrémité bifurquée, sur le tubercule plantaire de la phalange unguéale. On voit que cette disposition est en tout semblable à celle des fléchisseurs des doigts. De même qu'à la paume de la main, il existe également à la plante du pied trois sortes de synoviales: ainsi, indépendamment des synoviales digitales communes au long et au court fléchisseur, on rencontre de plus une synoviale métatarsienne et une tarsienne, qui appartiennent seulement au long fléchisseur; leurs replis s’adossent un peu au-dessus de l'entre-croisement de ce tendon avec celui du fléchisseur propre du pouce, point où ils sont enveloppés en commun par un vaste repli de même nature, que double une lamelle fibreuse transversale, assez molle et lâche pour se prêter à leur glissement mutuel.

Connexions. 1° A la jambe, ce muscle est en rapport, en avant, avec le tibia, et inférieurement avec le jambier postérieur; en arrière , avec l'aponévrose qui le sépare du soléaire et des vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs; 2° au pied, son tendon passe au-dessus de l’adducteur du gros orteil et du court fléchisseur commun, au-dessous du tendon du long fléchisseur propre du gros orteil, de son abducteur oblique, des interosseux et du transverse des orteils.

Action. Ge muscle a un double usage par rapport aux orteils : les articulations métatarso-phalangiennes, faisant office de poulies, il fléchit spécialement la troisième phalange, puis, conjointement avec le court fléchisseur, la seconde phalange sur la

première, et l'orteil dans son entier sur le métatarse. L'objet de ce mouvement, qui est d'assurer la station en saisissant les inégalités du sol, est presque annulé par nos chaussures. Par rapport au pied, ce muscle est extenseur de cet organe sur la jambe, et par conséquent accessoire du triceps sural et du jambier postérieur, situés sur le même plan de la jambe.

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