CONNEXIONS
Les aponévroses situées à tous les plans ont des rapports avec tous les organes.
1° Avec les muscles. Les aponévroses leur fournissent des enveloppes, polyèdres irréguliers dont la forme est déterminée par celles de ces organes eux-mêmes. Ces cavités sont remplies par les muscles, mais avec interposition, dans les sillons celluleux, de graisse, dont l'accumulation gêne les mouvemens. De la face interne des cloisons naissent des prolongemens qui séparent les faisceaux et les fascicules.
Presque toutes les aponévroses sont tendues dans les mouvemens; le fait est évident pour les aponévroses d'insertion. Parmi celles de contention, les unes ont leur tenseur propre (Ex. les aponévroses fémorale, palmaire, épicrânienne, et la ligne blanche abdominale, sur lesquelles tirent le fascia-lata, le petit radial, les muscles frontal et occipital, et le pyramidal du bas-ventre); d'autres sont tendues par des muscles différens de ceux qu'elles enveloppent. Dans tous les cas, la tension a pour effet de faciliter la contraction des muscles, en s’opposant à leur gonflement immodéré ou à leur déplacement. Pour les membres, elle s'opère successivement du tronc vers l'extrémité terminale, les muscles, par l'intermédiaire des bandelettes fibreuses spéciales, sollicitant de haut en bas la contraction les uns des autres pour des mouvemens analogues. Au membre thoracique, le deltoïde tend l'aponévrose du bras, et le biceps celle de l’a-
vant-bras; l'aponévrose palmaire a, comme nous l'avons vu, son muscle tenseur propre. Une disposition à-peu-près analogue s'observe en arrière, quoique moins évidente. Au membre abdominal, outre le muscle fascia-lata, tenseur propre de laponévrose fémorale, en arrière, le grand fessier remplit le même objet, et au jarret, des bandelettes aponévrotiques établissent la continuation des fléchisseurs de la jambe avec les jumeaux ct le soléaire pour solliciter l'extension du pied.
2° Avec les os ou avec d'autres aponévroses. Les enveloppes communes sont cylindroïdes, et décrivent toute la circonférence des membres à la cuisse et au bras. Dans les autres fractions des membres, elles s'implantent sur les faces ou les angles plans sous-cutanés des os. Les grandes cloisons forment des plans en rayons, qui se fixent de l'aponévrose d’enveloppe sur l'os central, où elles se confondent avec le périoste.
3° Avec la peau. Partout où existe le fascia superficialis, c'est par son intermédiaire que les aponévroses d’enveloppe adhèrent à la peau. A la région dorsale, où manque ce fascia, s'interpose le pannicule adipeux sous-cutané; dans quelques points où le tissu est très serré, la peau est fortement unie à l'aponévrose sous-jacente, soit avec l'interposition d’un tissu adipeux assez abondant qui adoucit les pressions (Ex. paume de la main, plante du pied); soit directement, lorsque ce tissu est inutile ou nuisible par son volume (Ex. cuir chevelu). Enfin, lorsque la peau doit rester mobile en regard d'un organe variable de volume, ou dont elle forme le bouclier protecteur, le fascia superficiel est uni à tous les deux par un tissu cellulaire lâche et dépourvu de graisse (Ex. paupières, pénis).
4° Avec les vaisseaux et les nerfs. Les troncs principaux, vasculaires et nerveux, circulent dans les polyèdres celluleux formés par l’adossement des loges aponévrotiques, où ils sont enveloppés par des gaines fibro-celluleuses spéciales ; c'est ce que l'on observe principalement pour les membres. Les divisions des vaisseaux, pour établir la communication entre les loges aponévrotiques, les traversent, et celles-ci leur fournissent ou des canaux de protection (Ex. canaux cruraux, sous- pubiens, aortique du diaphragme), ou des arcades circulaires ou ellipsoïdes (Ex. foramen de la veine cave au diaphragme, trous des adducteurs de la cuisse, et des ligamens interosseux de la jambe et de l'avant-bras). Ceux de ces orifices qui sont soumis aux tractions musculaires sont disposés de telle sorte, que, dans les mouvemens, aucun d'eux ne paraît être rétréci pour la totalité de l'aire qu'il inscrit. Quelques-uns perdent en largeur, mais c'est qu'alors ils gagnent en longueur (Ex. arcades perforantes des adducteurs de la cuisse). D'autres acquièrent en longueur sans rien perdre en largeur (Ex. canal aortique du diaphragme, arcades fémoropoplitée, sous-pubienne, et celles du fléchisseur sublime et du soléaire). Le trou de la veine cave au diaphragme est au contraire élargi suivant ces deux diamètres; enfin, les arcades interosseuses de lavant-bras et de la jambe, n'étant soumises à aucune traction musculaire, restent fixes. Dans tous les cas, et quelle que soit la forme des orifices vasculaires, ils adhèrent circulairement aux gaines fibro-celluleuses des vaisseaux par des prolongemens qui les renforcent, et, en leur servant d'appui, à de courtes distances, leur fournissent de nouveaux points de départ pour leurs divers embranchemens. Au reste, et malgré les précautions prises par la nature pour empêcher la circulation d'être gènée par les orifices vasculaires de passage, il paraît bien cependant que cette gène a lieu dans ces certaines circonstances, comme le témoignent les anévrysmes, plus fréquens au voisinage de ces arcades inextensibles.