USAGES
Les usages des aponévroses d'insertion et de contention sont entièrement fondés sur leur force de cohésion et leur inextensibilité. C'est d’après ces propriétés que les unes sont des tendons membraneux sur lesquels tirent les muscles, et que les autres, en limitant ces organes, les brident , les contiennent et s'opposent à leurs déplacemens. Leur résistance, dans les inflammations, est la cause de ces étranglemens si ordinaires dans les parties où elles abondent, et nécessite parfois des débridemens très étendus. L'obstacle qu’elles présentent à l'issue du
pus ou des divers fluides détermine les foyers et les fistules dont l'évacuation oblige souvent à de nombreuses contre-ouvertures. Tendues brusquement avec violence, elles peuvent se rompre comme les tendons; distendues graduellement et avec lenteur pendant un temps considérable, elles cèdent, s'éraillent, et laissent les organes sous-jacens former des hernies au travers de leurs écartemens. Une fois en cet état, comme elles
DES APONÉVROSES
APONEVROSES SOUS-CUTANÉES.
La surface profonde de la peau n'est pas immédiatement unie avec les parties sous-jacentes, soit les muscles ou leur aponévrose d'enveloppe ; un tissu fibreux intermédiaire les isole et facilite pour la peau une mobilité partielle qui lui permet également, ou d'accompagner dans leurs mouvemens les parties qu'elle recouvre, ou même de se déplacer en sens inverse, ou dans les directions les plus variées par l'effet des pressions ou des chocs extérieurs. Cette membrane sous-cutanée est composée de lamelles et de filamens fibreux, confondus à courtes distances par de nombreux entre-croisemens en forme de réseau ou de filet, interceptant des mailles ou aréoles en grand nombre, disposées par lignes, ou parallèles ou concentriques, dont la succession, ou la superposition, détermine une direction commune en rapport avec l'espèce de mouvement le plus ordinaire pour chaque lieu déterminé. Dans ces mailles ou aréoles de forme plus ou moins circulaire ou ellipsoide, sont déposés la graisse dans l’état de santé, la sérosité ou les divers fluides dans les infiltrations. C'est dans leur épaisseur que rampent en si grand nombre les vaisseaux et les nerfs sous-cutanés, et que sont logés les ganglions lymphatiques. C'est à leur surface extérieure que se développe le muscle peaucier dans les animaux. Telle est, dans son ensemble, la membrane décrite dans ces derniers temps, sous le nom de fascia superficialis.
Reconnue à toute époque par les anatomistes, Clisson l'avait envisagée comme une enveloppe musculaire générale; mais aucun auteur n'en avait donné une description spéciale. Considérée d'abord comme enveloppe des hernies dans la région inguinale, où son épaisseur est assez considérable, elle a été décrite en premier lieu par Camper, puis successivement et avec des développemens d'applications chirurgicales, par un grand nombre de chirurgiens modernes, et plus particulièrement par Hesselbach , Scarpa et Astley Cowper. Sous un point de vue plus général, Godman l’a étendue à toute la surface du corps, et a été suivi dans cette recherche par M. Paillard, qui en a complété la description générale.
Le fascia superficialis, plus où moins rare ou abondant, peut être démontré anatomiquement dans presque toutes les parties du corps, et constitue par le fait une enveloppe commune interrompue seulement dans quelques points où les muscles et les aponévroses adhèrent à la peau , formant partout ailleurs une doublure pour cette membrane, au tissu de laquelle il fait suite par sa face externe, tandis qu'il se confond avec les aponévroses ou le périoste des os par sa face interne. Dans son point de vue général, ses usages sont des plus importans : sa texture fibreuse aréolaire était le seul moyen de permettre les inouvemens de la peau, qui, sans cette disposition, aurait été fixée aux parties
sont absolument dépourvues d'élasticité, elles ne reviennent jamais que très imparfaitement sur elles-mêmes; l’histoire des éventrations abdominales, suite de grossesses ou d’ascite, en offre fréquemment des exemples.
Les feuillets celluleux des muscles, si nous ne sommes pas dans l'erreur, doivent être distingués des aponévroses et rangés parmi les organes de glissement.