‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 209 sur 461 · APONÉVROSES DES MUSCLES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

APONÉVROSES DES MUSCLES DE LA HANCHE

Aponévrose du moyen fessier (x).

Epaisse, très forte, elle est située sur le moyen fessier, à la partie postérieure et externe du bassin, où elle forme en ce point un appendice ou attache supérieure de laponévrose fémorale, dans sa bandelette fascia-lata. Elle nait, en haut, de la lèvre externe de la crête iliaque, depuis l'épine antérieure et su périeure jusqu'à l'attache du grand fessier. Elle descend sur la face externe du moyen fessier, aux fibres superficielles duquel elle donne attache dans la moitié supérieure de sa face interne; au-delà, elle continue de descendre jusque sur le grand trochanter, où elle se continue avec la bandelette du fascia-lata. En ce point existe une capsule synoviale qui facilite le glissement de l'aponévrose sur le tendon d'épanouissement du moyen fessier et du vaste externe. Ses fibres verticales, parallèles, sont épaisses et fasciculées. Sur ses bords, l'aponévrose se bifurque, en avant, pour donner naissance aux feuillets de la gaine fibreuse du fascialata; en arrière, pour former les feuillets du moyen et du grand fessier, le bord supérieur de ce dernier se trouvant compris dans une duplicature à laquelle elle s'insère.

Feuillet fibro-celluleux du grand fessier. Mince, demi-transparent, plutôt celluleux que fibreux, en tout semblable à ceux du grand pectoral et du deltoïde , il revêt toute la surface postérieure du muscle grand fessier. Il se compose manifestement de deux plans de fibres : les plus légères, parallèles à celles du muscle ; les plus fortes, perpendiculaires à la direction de ces dernières , et formant des couches concentriques à concavité interne, nées en haut et en dehors de l'aponévrose du moyen fessier et de la bandelette du fascia-lata , et venant se confondre sur le bord inférieur de l'aponévrose fémorale, en formant, pour le muscle, une sorte de capsule de contention.

Feuiliet fibro-celluleux profond du moyen fessier. I fait suite à

(1) Planche 153.

la forte aponévrose d'insertion et de contention, et constitue l'un des deux feuillets amincis de sa duplicature sur le bord supérieur du grand fessier. Il tapisse le faisceau profond du moyen fessier jusqu’à son bord interne et postérieur, où il se termine sur la cloison qui sépare ce muscle du pyramidal.

Feuillet du petit fessier. Encore plus mince que le précédent, il sépare l’un de l’autre les deux muscles, et s'étend du feuillet postérieur du fascialata à la cloison du pyramidal.

Feuillet des muscles rotateurs du fémur. Il fait suite à celui du moyen fessier , tapisse la face postérieure du pyramidal et des jumeaux, et s'insère en dedans sur l'os coxal, au pourtour de la grande échancrure sciatique, et en bas sur le grand ligament sacro-sciatique et sur la cloison de séparation du jumeau inférieur avec le carré crural. Ce feuillet est remarquable par les arcades vasculaires, ellipsoïdes, qu'il forme pour le passage des vaisseaux et nerfs fessiers, honteux et ischiatiques.

APONÉVROSEF ÉMORALE (1).

Cette aponévrose conoïde forme l'enveloppe commune souscutanée de la cuisse; c'est la plus forte et la plus épaisse de toutes les enveloppes de ce genre. Continue avec elle-même suivant sa coupe transversale dans toute la circonférence de la cuisse, elle se divise néanmoins de haut en bas en trois plans distincts pour la forme et la structure, et correspondant à un pareil nombre de régions, l'une externe, l'autre antérieure, et la troisième interne et postérieure.

Kégion externe. Elle est formée par une vaste bandelette, dite fascia-lata, la plus épaisse et la plus forte parmi les aponévroses de contention. Cette bandelette, qui enveloppe à l'extérieur le vaste externe, fait suite en haut sur le grand trochanter : 1° au milieu , à l'aponévrose du moyen fessier, que nous avons considérée comme son attache supérieure; 2° latéralement, à deux muscles qui en sont les tenseurs, en arrière, le grand fessier, dont l'attache aponévrotique forme l'origine postérieure et su périeure de la bandelette fascia-lata ; en avant, les deux feuillets de la gaine du muscle du même nom : en sorte que cette gaîne ellemême, fixée à l'épine iliaque antérieure et supérieure, n’est autre que l’attache, en ce point, de la bandelette fascia-lata , renfermant dans une duplicature son muscle tenseur propre. Des deux feuillets de la gaîne du fascia-lata, considérés comme appendices ou attaches de la bandelette principale, le superficiel, né de l'épine par un tendon membraneux, donne attache, par ses faces interne et antérieure, aux fibres du muscle. Le feuillet profond sépare le muscle fascia-lata des bords antérieurs des moyen et petit fessiers. Les deux gouttières latérales de la gaine forment des cloisons de séparation ; l'externe et postérieure se confond avec la forte aponévrose du moyen fessier: l'interne et antérieure sépare le fascia-lata, aux fibres courbes duquel elle donne attache, de l'extrémité supérieure du couturier et du droit antérieur de la cuisse. Enfin, la base du muscle fascia-lata s'insère dans la gouttière de jonction des deux feuillets, à laquelle fait suite l'aponévrose dont il est le tenseur.

Née supérieurement de ces diverses origines, l'aponévrose fascia-lata descend sur le muscle vaste externe jusqu'auprès de l'articulation du genou. En avant , elle s’unit à la portion antérieure

(1; Planche 152.

de l'aponévrose fémorale sur le sillon du droit antérieur, et s’attache inférieurement, par des fibres courbes à concavité interne, sur le bord adjacent du tendon du muscle, où elle se confond avec l'aponévrose superficielle du genou. En arrière, la bandelette fascia-lata se continue avec l'aponévrose fémorale postérieure, en adhérant fortement par sa face interne à la forte cloison qui sépare le vaste externe de la longue portion du biceps. Enfin, à sa partie inférieure, l'aponévrose fascia-lata se concentre en un tendon membraneux très épais, qui descend obliquement d’arrière en avant sur la face externe de l'articulation fémorotibiale, recoit le ligament latéral externe de la rotule qui vient se confondre dans son épaisseur, s'implante avec lui sur les tubérosités du fémur et du tibia, et se termine sur le bord externe de la rotule et du tendon commun des extenseurs de la cuisse.

La bandelette fascia-lata supporte dans l'état de repos le poids du muscle vaste externe, le contient dans ses mouvemens, et diminue, par sa résistance, l'effort par lequel il tend à luxer la rotule en dehors. Le tendon inférieur, très apparent sous la peau dans les contractions, fait eu outre, pour l'articulation, l'office d'un ligament latéral externe et antérieur.

Région antérieure. Elle comprend tout l'espace qui s'étend de haut en bas depuis le pli de l’aine jusqu'au genou, et transversalement, du sillon externe du grand droit au sillon antérieur du droit interne. Sa texture varie dans chaque point, suivant les muscles qu'elle recouvre. En haut, dans le milieu du triangle compris entre l'arcade crurale, le couturier et le premier adducteur, se trouve le trou du passage de la veine saphène interne, qui s'enfonce pour se jeter dans la veine fémorale. Le contour de l'orifice offre une disposition particulière. L'aponévrose, à partir du pubis, forme de grandes anses à concavité supérieure, qui remontent en dehors pour se fixer à l'arcade crurale, en inscrivant un ovale dont la petite extrémité, à bord épais, est tournée en bas. Le fond de l’anse est un repli falciforme, sur lequel s’infléchit la veine saphène pour traverser le plan aponévrotique. L’aire de l'ovale est formée par une lame fibreuse rayonnée, détachée du bord externe, et qui va se fixer à l'arcade crurale en ne laissant d'ouvertque le trou inférieur. C'est cette lame, qui porte le nom de feuillet superficiel, et qui est sensée former la paroi antérieure du canal crural, canal qui n'existe pas en réalité, vu l'adhérence du feuillet avec sa face postérieure. Ce feuillet, du reste, assez mince, est percé d’un nombre considérable de petits trous vasculaires (voyez PL. 69), d'où le nom de fascia cribriformis qui lui a été donné. F'aponévrose fémorale est formée de fibres courbes à concavité supérieure, au milieu et en dedans de la cuisse, sur les muscles adducteur, couturier et droit antérieur. Elle présente inférieurement, sur ce dernier muscle et sur le triceps, d’autres fibres à concavité inférieure. Une bandelette verticale, détachée du vaste interne, vient se rendre sur le bord interne du tendon du couturier, en établissant la liaison des aponévroses fémorale et jambière. Enfin, de l'enveloppe inférieure des deux vastes, se dégage une bandelette à anses concentriques, tournées en haut, qui enveloppe la rotule et son ligament : cette bandelette, fixée infériceurement sur le tibia, forme l’aponévrose superficielle du genou qu’elle supporte en avant.

Mais c'est principalement à la partie supérieure de cette région que l'aponévrose fémorale offre une particularité remarquable. Du sommet de l'épine iliaque antérieure et supérieure, au-devant de l’attache du couturier, procède un épais faisceau aponévrotique rayonné. L’embranchement principal, qui fait suite

au tendon commun, s'isole en irradiant sur le droit antérieur, jusqu'au tiers inférieur de la cuisse, et latéralement il s'épanouit en dehors sur la bandelette fascia-lata. Supérieurement, du tendon commun, naissent des épanouissemens qui se distribuent, en dedans, sur la gaîne du couturier et des adducteurs; en dehors, sur le feuillet superficiel du fascia-lata. Ce vaste faisceau rayonné, qui attache l'aponévrose fémorale à l'épine iiaque, et supporte, par cette dernière, le poids des masses charnues, n’a pas, à proprement parler, de tenseur spécial, probablement en raison des usages variés des muscles qu'il recouvre.

Région interne et postérieure. L'aponévrose y est plus mince que partout ailleurs, et de texture très simple. Elle se compose de fibres courbes transversales, qui, nées en arrière de la bandelette fascia-lata et de la cloison intermusculaire externe, forment l'enveloppe des muscles fléchisseurs et adducteurs, et viennent rejoindre l’aponévrose antérieure sur le sillon du couturier. Vers le creux du jarret, l'aponévrose postérieure contracte des adhérences avec les gaînes des tendons, et envoie, sur l'enveloppe des jumeaux, deux bandelettes verticales qui établissent la liaison commune. Enfin, dans le creux du jarret, entre les tendons du biceps, du demi-tendineux et des Jumeaux, cette aponévrose forme une toile transversale percée par l’arcade de passage de la veine saphène externe.

Circonférence supérieure de l'aponévrose fémorale. 1° A la région antérieure, elle s'attache sur l’adossement de l'aponévrose du grand oblique, dit le ligament de Poupart, et, par l'intermédiaire de ce dernier, les muscles abdominaux deviennent les véritables tenseurs de l'aponévrose fémorale en avant. Au-dessous de l’arcade crurale, c'est le feuillet superficiel qui est l'enveloppe extérieure, le feuillet profond, comme nous le savons déjà, étant formé par le prolongement de laponévrose lombo -iliaque. 2° En dedans, l'aponévrose fémorale nait du corps et de la branche descendante du pubis; 3° en arrière, elle est fixée sur la tubérosité sciatique et le grand ligament sacro-sciatique ; 4° en dehors, nous avons vu qu'elle faisait suite latéralement à ses deux tenseurs, et qu'au milieu elle s'implantait sur la crête iliaque par l’aponévrose du moyen fessier.

Circonférence inférieure. Celle-ci nous est déjà connue, en arrière, par sa continuation avec l'aponévrose jambière; en avant, par la formation de l’aponévrose superficielle du genou ; et sur les côtés, par l'insertion du tendon du fascia-lata en dehors, et en dedans, par l’union de l'aponévrose fémorale avec le tendon du couturier.

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