‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 212 sur 461 · DU SYSTÈME LOCOMOTEUR · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME LOCOMOTEUR

Dans l'appréciation des divers mécanismes, on abrége et on simplifie singulièrement l'étude , en partant de ce point de vue de causalité , que , tout organisme étant disposé par une sagesse et une prévision infaillibles de la manière la plus heureuse pour le but qu'il doit remplir, les appareils qui en dépendent , et les systèmes qui composent ces appareils, sont nécessairement liés entre eux par une harmonie commune en rapport avec l’intention générale de l'organisme, de telle sorte que la connaissance de l’un de ces systèmes, dans ces détails, doit faire préjuger les principales particularités des autres. Cette méthode, à laquelle nous aurons fréquemment recours dans notre Anatomie philosophique, n'est peut-être qu’un artifice susceptible d'être combattu, dans les détails, pour les organes rudimentaires ou de transition dans l'échelle animale; mais au moins elle est féconde et vraie dans l'appréciation des appareils.

Toutefois, si l'imperfection de nos connaissances rend unc semblable appréciation très difficile, ou même impossible, pour les appareils complexes, il n’en est pas de même du système locomoteur, si simple dans sa structure et dans ses fonctions. Il suffit , en effet, de considérer attentivement le squelette syndesmologique, pour y reconnaître, dans leur coordination relative, les mouvemens possibles, qui sont aussi, par rapport à l'organisme, les mouvemens nécessaires; et une fois cette connaissance acquise, pour en déduire l'existence, et même la situation, la forme et la plupart des qualités des muscles qui y concourent, dans des limites et avec des détails dont la certitude serait en raison directe de l'étude plus ou moins approfondie du squelette lui-même et de la portée de notre esprit.

De cet examen il ressort deux faits généraux :

1° Tous les mouvemens du corps humain sont subordonnés à la station verticale sur les membres abdominaux, les membres thoraciques, étrangers au support et suspendus librement à l'extérieur, n'étant que des organes de préhension; d'où il résulte que l’homme est essentiellement bipède et bimane.

2° Les mouvemens partiels sont coordonnés en un ensemble harmonique et se résument en deux mouvemens généraux , l'extension et la flexion , toujours opposés l’un à l’autre, et dont chacun a pour objet plus spécial d'établir les rapports, soit de l'homme avec lui-même, soit de l'organisme avec le monde extérieur.

Nous ne ferons que tracer, dans un apercu rapide, l'indication de ces deux conditions fondamentales de l'appareil locomoteur.

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