TOME If
en bas et de dedans en dehors, qui s'insère de la malléole du tibia à celle du péroné et à la gaîne des tendons péroniers latéraux (voyez planche 141); en dedans, une bandelette inférieure, qui rejoint l’aponévrose plantaire, maintient isolément les tendons de l'extenseur propre du pouce et du jambier antérieur (voyez planche 138). Cette handelette médiane se continue supérieurement avec l'aponévrose jambière, et lui est unie en dehors par un faisceau divergent né de la malléole externe (voyez planche 155). Par son bord inférieur, elle se continue avec l’aponévrose dorsale du pied ; elle contient dans des gaînes les tendons du jambier antérieur, des deux extenseurs, des péroniers, et les vaisseaux tibiaux antérieurs.
Les deux portions latérales font suite à la précédente: l'interne naît de la malléole tibiale, et se fixe, en bas, à la crête interne du calcanéum. Dans son trajet, elle maintient et renforce les gaines de glissement des tendons du jambier postérieur et des deux longs fléchisseurs des orteils ; elle protége également la gaine des vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs, auxquels elle fournit un canal, et présente des arcades de passage pour les ramuscules vasculaires des os. La portion externe concourt en commun, avecl'anse médiane à former la gaine, des tendons péroniers ; elle s'insère en bas et en arrière sur la crête externe du calcanéum.
1 y en a deux principales, dorsale et plantaire, auxquelles se rapportent les divisions secondaires de l'une et l’autre face du pied.
Aponévrose dorsale (1).
Elle fait suite au bord antérieur du ligament annulaire du tarse, et s'étend sur la voûte du pied, où elle sert à contenir les tendons des extenseurs. Formée de fibres courbes transversales, elle enveloppe le pied de l'un à l’autre bord, confondue vers la face plantaire avec les feuillets de ladducteur du gros orteil et de l'abducteur du petit orteil, en adhérant de chaque côté à la portion sous-cutanée des os métatarsiens. En avant, elle se continue avec les gaînes synoviales des tendons sur les articulations métatarso-phalangiennes. Sous l'aponévrose dorsale se trouvent la gaîne fibro-celluleuse propre du muscle pédieux et les petites aponévroses interosseuses dorsales qui ferment en haut les espaces des os métatarsiens.
Aponévroses plantaires (2).
Au nombre de trois, l’une moyenne et deux latérales, elles offrent dans leur distribution la plus grande analogie avec celles de la main.
Aponévrose plantaire moyenne. Tendineuse, épaisse, et la plus forte des aponévroses d'insertion et de contention, elle s'implante en arrière à la crête médiane inférieure du calcanéum , au-dessous de l’attache du court fléchisseur commun des orteils, qu’elle embrasse, et aux fibres duquel elle sert d'implantation par sa face supérieure. Dirigée d’arrière en avant suivant la ligne moyenne du pied, elle se rétrécit d’abord à un pouce de son origine, puis s'élargit de nouveau, et se divise en cinq bandelettes digitales , distinctes quoique unies par leurs bords, qui gagnent, en divergeant, les articulations métatarso-phalangiennes des orteils.
(1) Planches 155 et 156.
(2) Planche 157.
Au niveau de ces articulations, la structure de l'aponévrose plantaire moyenne, assez complexe, offre à considérer : 1° Un feuiilet à fibres courbes transversales, recouvert lui-même par un tissu aréolaire adipeux, étendu de l'un à l'autre bord du pied : il constitue un fascia superficialis, espèce de coussinet sous-méta tarso-phalangien. Dans ce fascia viennent se rendre des lamelles superficielles, dégagées du bord interne des bandeleites digitales, qui forment en avant les attaches de l'aponévrose plantaire dans le corps de la peau où elles se terminent. 2° Sous le fascia superficialis se présente un ligament transverse cutané, sousmélatarso-phalangien, étendu, comme son analogue à la main, de l’un à l'autre bord, confondu sous la gaîne synoviale des orteils par un entre-croisement en X, et adhérant par son bord postérieur libre aux bandelettes digitales de l'aponévrose. 3° Ces bandelettes elles-mêmes s'isolent les unes des autres, au milieu de la région métatarsienne, réunies seulement dans leurs intervalles par des prolongemens du fascia sous-cutané ; chacune d'elles se divise en deux lamelles, l'une interne et superficielle , que nous avons déjà vue rejoindre le fascia superficialis pour se jeter dans le corps de la peau , et l'autre externe profonde , qui contourne les articulations métatarso-phalangiennes en dehors, où elle s'implante sur les ligamens latéral externe et glénoïdien.
L'aponévrose médiane plantaire contient avec énergie le groupe des muscles et des tendons fléchisseurs des orteils. Sur ses bords, elle est unie dans toute la longueur avec les aponévroses latérales par une suture commune, que renforcent trois rangs de bandelettes transversales, un postérieur au-devant du calcanéum, un moyen sous les articulations tarso-métatarsiennes, et en dedans, sous l'adducteur du pouce, une forte lame aponévrotique qui maintient ce muscle, et se fixe sur la face interne du premier os métatarsien.
L'aponévrose plantaire interne, également très épaisse , forme l'enveloppe de ladducteur du pouce, dont les fibres s'insèrent à sa face profonde. Née du calcanéum et du ligament annulaire du tarse, elle se continue en haut avec l'aponévrose dorsale du pied ; en bas, elle est unie avec l'aponévrose médiane plantaire , et se confond avec la bandelette de renforcement détachée de cette dernière; en avant, elle se perd au pourtour de l'articulation métatarso-phalangienne.
L'aponévrose plantaire externe naît aussi, en arrière, du calcanéum et du ligament annulaire du tarse. Très épaisse en dehors, elle adhère au tubercule du cinquième os métatarsien, et se divise au-delà en deux bandelettes, dont l’externe, qui en forme la continuation, vient se fixer sur le bord correspondant de l'articulation phalangienne du cinquième orteil, tandis que l'interne rejoint l'aponévrose moyenne, avec laquelle elle se confond. |
Les trois aponévroses plantaires servent à-la-fois d'enveloppes et de surfaces d'insertion aux groupes musculaires correspondans de la voûte du pied. Dans leur ensemble, elles constituent un fort épanouissement fibreux triangulaire, implanté sur toutes les saillies superficielles des os, que l'on peut considérer comme
un vaste ligament sous-musculaire, qui contribue puissamment à maintenir dans ses rapports la grande voûte tarso-métatarsienne, portion immobile de la charpente osseuse du pied.
Les aponévroses plantaires partielles sont en assez grand nombre: 1° deux cloisons latérales, externe et interne, nées de l'aponévrose médiane , qui séparent le court fléchisseur de l'adducteur du gros orteil et de l’abducteur du petit orteil, en servant à leurs attaches communes ; 2° un feuillet de séparation du court fléchisseur, avec l'accessoire et le tendon du long fléchisseur; 3° des feuillets partiels en nombre pareil à celui des petits muscles du premier et du cinquième orteil; 4° une aponévrose commune interosseuse plantaire, d'où partent des cloisons qui rejoignent l'aponévrose interosseuse dorsale, en séparant les deux muscles d'une même paire. Ces diverses lames fibreuses, analogues de celles de la main, ne méritent pas une description étendue.
Gaines synoviales des tendons du pied (1).
Face dorsale. Le jambier antérieur et l'extenseur propre du gros orteil ont chacun une synoviale qui accompagne le tendon dans toute son étendue. Le tendon de l’extenseur commun présente une disposition différente. Une synoviale s'étend depuis l'origine des tendons jusqu’à sa division quadrifide sur la face dorsale du tarse. En ce point existe un adossement ou repli transversal , au-dessous duquel existent, pour les quatre tendons destinés aux orteils, autant de synoviales qui nous ont paru se perdre sur les articulations métatarso-phalangiennes.
Face plantaire. Le tendon du court péronier latéral n’a qu’une synoviale. Il en existe deux pour celui du long péronier latéral, adossées dans l'angle de réflexion sur le cuboïde, l’une verticale ou jambière, et l’autre transversale ou sous-métatarsienne. Le tendon du long fléchisseur propre du gros orteil est également pourvu de deux synoviales, l'une tarso-métatarsienne, et l’autre digitale. Enfin, il en existe, comme à la main, de trois sortes pour les tendons fléchisseurs communs : 1° Une synoviale tibio-tarsienne pour le tendon long fléchisseur, jusqu'au point de son entre-croisement avec le fléchisseur du pouce. En ce point existe un vaste repli qui facilite le glissement des deux tendons et se trouve fortifié par une bride fibreuse transversale, étendue entre le calcanéum et l'articulation cunéoscaphoïdienne. 2° Au-dessous de ce point commence une synoviale métatarsienne , qui se divise, avec le tendon, en quatre embranchemens , dans lesquels s’insinuent les tendons du court fléchisseur commun. Ces quatre synoviales se terminent sous les articulations métatarso-phalangiennes, pour s’adosser avec celles des orteils, suivant une disposition en tout semblable à celle des doigts.
(1) Planche 159.
COUP D'OEIL GÉNÉRAL