‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 215 sur 461 · PUISSANCES MUSCULAIRES DANS LA STATION · texte numérisé non relu

PUISSANCES MUSCULAIRES DANS LA STATION

La station verticale de l’homme est un phénomène complexe, qui a pour effet d'établir la succession des os du squelette dans une contiguïté rectiligne. La superposition des leviers qui

se transmettent le poids de haut en bas, est bien la première cause de la rectitude du corps; mais, vu la forme arrondie, le peu de contact et le poli des surfaces de glissement, les articulations tendraient aussitôt à se fléchir, si elles n'étaient incessamment maintenues dans leurs rapports par un effort musculaire énergique et soutenu. Dans toute la hauteur du corps, les muscles qui agissent principalement dans la station sont les extenseurs. A l'exception du membre thoracique, étranger au support, ces muscles sont, dans toutes les régions, les plus forts et les plus volumineux, l'extension étant par le fait le mouvement essentiel, qui enlève le poids du corps, ou, en d'autres termes, qui neutralise la force de gravitation, tandis que la demi-flexion tend à se produire d'elle-même, par un simple effet de pesanteur, dans l'état d'inertie des muscles, comme on l'observe accidentellement dans le sommeil , la syncope, l'ivresse, ou d’une manière permanente chez les individus faibles , le jeune enfant et le vieillard.

Station verticale sur les deux membres abdominaux. Les pieds sont fixés par les muscles du mollet, les jambes par les triceps fémoraux , et les cuisses par les fessiers. Toutefois les fléchisseurs ne sont pas absolument inactifs. Les fléchisseurs du pied maintiennent le tibia; ceux de la jambe tirent sur la grosse tubérosité sciatique, pour empêcher le bassin de faire bascule sous l'effort des triceps, et le psoas iliaque et le pectiné résistent à la traction du fémur en arrière, opérée par les puissans muscles fessiers.

Le bassin étant fixé sur les membres inférieurs, la rectitude du tronc est opérée par les masses sacro-spinales, et l'extension de la tête par les muscles de la nuque. Dans cette position , sans cesser d'être maintenu par ses extenseurs , le tronc obéissant à l'action isolée des colonnes charnues des gouttières vertébrales, ou à celles de ses nombreux fléchisseurs, est susceptible de mouvemens variés, soit de torsion sur la colonne lombaire, soit d'inclinaisons ou de flexions en divers sens qui facilitent l'indépendance de mobilité partielle de la tête et du membre thoracique auxquels il sert d'appui.

La station sur un seul pied ne diffère qu'en ce que le centre de gravité se trouve porté sur une seule articulation coxo-fémorale, le tronc, pour répartir le poids, se trouvant fortement incliné du côté soutenu : elle a pour conséquence l'élévation du bassin, coïncidant avec l'inclinaison latérale du rachis et l'abaissement de l'épaule du même côté. Dans cette attitude, le pied qui porte, se trouvant placé sous le centre de gravité, le membre abdominal est incliné obliquement , la hanche faisant saillie en dehors. A l'action des puissances musculaires citées précédemment, s'ajoute celle des muscles externes, les péroniers, qui maintiennent fortement le bord interne du pied sur le sol, et les fessiers , qui fixent le bassin et l'empêchent de basculer vers le côté non soutenu.

Dans la station sur la pointe des pieds ou sur les articulations métatarso-phalangiennes , le pied étant étendu, l'effort encore plus considérable, déterminé par le mollet, est soutenu par les divers muscles tarsiens, le jambier postérieur etles péroniers ; les fléchisseurs des orteils, et en général les trois groupes plantaires, maintiennent avec énergie les orteils fixés sur le sol; les fléchisseurs du pied ne font que réagir. L'étroitesse de la base de sustentation, qui porte principalement sur l'articulation métatarsophalangienne du gros orteil, rend cette attitude si fatigante, qu'elle ne saurait être long-temps supportée.

Le pas résulte d’une série de flexions et d'extensions consécutives, par lesquels les membres abdominaux, portés alternativement l’un au-devant de l'autre, se transmettent le poids du

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