COORDINATION DES MOUVEMENS
En considérant l'action musculaire dans son intention la plus générale, on voit qu'elle a pour objet deux sortes de mouvemens.
1° Du centre à la circonférence, ou l'écartement, l'expansion, pour se transporter, chercher, atteindre, ou repousser (extension à laquelle se rapportent l'abduction et la supination).
2° De la circonférence au centre, ou le rapprochement, la concentration, pour se reposer, embrasser , saisir, s'approprier, ou
* se garantir (flexion, sous laquelle se rangent l'adduction et la pronation).
Chacun de ces mouvemens établit plus particulièrement les
rapports de l’homme: le premier avec la nature, le second avec lui-même; mais ce n’est que de leur coordination que résulte l'harmonie des deux sortes de rapports.
Comparés entre eux, ils sont alternativement dans l’un des deux états ou de succession ou d'opposition. Ainsi, l'individu supposé d’abord inactif, au repos, toute action nouvelle exige préalablement l'extension, puis la flexion. Dans la marche, elles se succèdent ; dans la station, elles s'opposent.
Ajoutons à cet énoncé général une courte analyse à posteriori.
Tronc.
L'objet spécial de cette partie étant de renfermer les viscères de la vie organique, elle n'a de mouvemens nécessaires que ceux, absolument partiels, qui se rapportent à la respiration et aux divers actes digestifs. Ses mouvemens généraux, au contraire, sont peu essentiels au tronc en lui-même, et semblent plutôt disposés pour faciliter la mobilité distincte et si importante de la tête et des membres thoraciques.
En effet, le rachis présente la flexion et l'extension directes et latérales et une demi-torsion du cou et des lombes. Dans ces divers mouvemens, il est évident qu'il agit comme un levier auxiliare qui agrandit la portée d'action de la tête et du membre thoracique.
Téte.
La flexion, l'extension directes et latérales, et une rotation ho-
rizontale, composent ses mouvemens, dans lesquels elle est aidée par la colonne cervicale du rachis, qui en forme la base ou le pivot mobile. L'étendue considérable des mouvemens de la tête a surtout pour objet de faciliter l'usage des organes des sens.
Membre thoracique.
Organe de préhension, il forme un arc brisé, dont les diverses fractions se replient vers la bouche ou au-devant du plastron thoraco-abdominal. Comme conséquence, tous les mouvemens qui se rapportent à un même plan sont analogues entre eux, et auxiliaires les uns des autres: en avant, les flexions; en arrière, les extensions.
La flexion de l'épaule n'est qu'une adduction en avant; celles du bras et de l'avant-bras, de la main et des doigts, sont des élévations en dedans ; la flexion de la main en particulier s'accompagne d'une pronation interne.
L'extension de l'épaule est une abduction en arrière: celles du bras, de l’avant-bras, de la main et des doigts, se résument dans un abaissement en arrière. A l'extension de la main s'adjoint une supination externe, qui complète son mouvement de circumduction.
Membre abdominal.
Organe de progression, les mouvemens des diverses fractions sont opposés dans leur succession sur un même plan: en avant, flexion de la cuisse, extension de la jambe, flexion du pied, extension des orteils; en arrière, extension de la cuisse, flexion de la jambe, extension du pied, flexion des orteils. Dans la plupart des mouvemens, à la flexion se joint l'adduction, à l'extension, l’abduction.
En résumé, l'extension, moyen de transport, d'attaque et d'appréhension, tend à écarter du plan moyen: c'est le mouvement essentiel pour tout le corps, mais secondaire pour le membre thoracique, où elle ne fait que disposer à une flexion nouvelle. La flexion, au contraire, rapproche du plan moyen : essentielle pour le membre thoracique, elle n'est pour le reste du corps, au point de vue de locomotion, que secondaire où propre à amener le retour de l'extension. C'est, par rapport au monde extérieur, la disposition à saisir et s'approprier les objets, et, par rapport à l'individu, la tendance à s'enrouler sur lui-même pour se préserver de toute atteinte, en ployant, l'un vers l’autre, les deux cônes du tronc, et rappelant les extrémités vers le centre épigastrique ou vers le plexus soléaire et ses dépendances, mal protégés en avant, tandis qu'au dehors se présentent l'occiput et la carapace (rachis, sacrum, omoplate, côtes), la surface la mieux garantie dans le squelette, et dont aussi les masses musculaires et les tégumens sont les plus épais.