OSTÉOLOGIE
(a) Un travail original sur la structure des os, où il nous paraît prouvé que ces organes, tant dans leur tissu spongieux et réticulaire que dans leur tissu compacte, ont une architecture propre à chacun d'eux, et qui est dans un rapport rigoureux avec leurs usages pour chaque point déterminé ; de telle sorte que, d’après la simple inspection anatomique, on peut également sur l’homme ou sur l'animal calculer le mécanisme des os, le degré de leur résistance, et prévoir assez exactement jusqu’à la nature, au siège et à la fréquence de leurs diverses maladies.
(b) Des recherches sur l’état de l’ossification dans le fœtus à terme suivies dans tous les os. Nous croyons y avoir démontré que l’ossification des épiphyses ne s'effectue pas régulièrement d’un centre unique à une périphérie, mais par la succession à divers temps d’un grand nombre d'îlots calcaires épars, formant, autour du noyau primitif, autant de centres d'irradiation, jusqu'à solidification complète.
SYNDESMOLOGIE.
Un nombre considérable de ligamens appartenant au rachis, au bassin. à la main, au pied, à diverses articulations, et, de plus, une foule de détails de structure et d'insertion encore inédits.
MYOLOGIE.
(a) Quatre muscles nouveaux découverts par nous :
1° Le dilatateur de l'aile du nez ;
2° Le rétracteur de la lèvre supérieure, séparé du myrtiforme ou abaisseur de l’aile du nez;
3° Le pubio-prostatique, constricteur latéral de la portion membraneuse de l’urèthre, distinct du muscle de Wilson, mais synergique avec ce dernier ;
4 L'ischio-clitoridien, existant dans la femme, indépendamment de l'ischio-caverneux.
(b) Quatre muscles découverts par d'anciens auteurs, retrouvés et dessinés par nous :
1° L’Ayo-thyroïdien, de Duverney ;
2° Le dépresseur de la lèvre inférieure, dessiné par Albinus ;
3° Le mylo-glosse, rétracteur latéral de la langue ;
4° Le sphéno-salpingo-pharyngien, élévateur latéral du pharynx.
Ces deux derniers décrits par Duverney et Winslow.
(c) Muscles, complétés :
1° Le diaphragme avec son aponévrose, dont la structure admirable, et cependant jusqu’à ce jour à peine entrevue, et si bien appropriée aux résistances qu'il doit subir, qu’elle peut Jeter un nouveau jour sur ses nombreuses fonctions ;
2° Les muscles nombreux de l'appareil hyo-glosso-pharyngien, que nous avons trouvés confondus à leurs attaches par quelques pinceaux de fibres, de manière à former un système synergique propre à plusieurs
usages, mais ne pouvant exécuter qu'une seule fonction à-la-fois; et parmi eux :
3° Le stylo-glosse, auquel nous avons reconnu deux nouveaux faisceaux élévateurs: l’un qui se confond dans la base de la langue avec le génio-glosse; l’autre isolé, qui s'attache à la petite corne de l’hyoïde ;
4° Le stylo-pharyngien, qui, par la multiplicité de ses faisceaux non décrits, et leurs attaches distinctes au contour supérieur de la cage du larynx, serait mieux nommé stylo-laryngien ;
5” Le plan sous-muqueux des élévateurs du pharynx, dont l'intrication et les usages, soigneusement analysés, nous semblent modifier la théorie de la déglutition, et donnent l’explication du mécanisme de cette fonction de bas en haut, en montrant le bol alimentaire toujours soumis à l'action des puissances musculaires ;
6° Le constricteur de l'œsophage, connu des anciens auteurs, et naguère reproduit dans la science par M. Meckel.
(d) Quelques études spéciales :
1° Du canal inguinal de l’homme et de la femme ;
2° Des anneaux ombilical et crural.
(e) Des classifications et des recherches propres à éclairer l'anatomie et la physiologie de différens groupes musculaires, mais surtout des peauciers de la face, des muscles des gouttières vertébrales, et de ceux de la ré-
gion ano-génitale.
APONÉVROLOGIE.
Outre la systématisation générale, nous avons à signaler comme le produit de nos observations:
1° L'aponévrose pharyngienne postérieure, enveloppe spéciale de l’appareil hyo-glosso-pharyngien ;
2° La cloison cervico-thoracique, qui forme en haut de la poitrine un petit diaphragme fibreux ;
3° Le fascia superfcialis du périnée et celui de l’aisselle ;
4° La structure particulière observée dans toutes les grandes aponevroses de contention ; d'où il résulte qu’elles sont toujours en rapport avec les résistances, et renforcées suivant la résultante des tractions qu'elles ont à subir.
5° Les petites aponévroses d'insertion intermusculaires du pharynx et du périnée, et celles des muscles superficiels des membres ;
6° Des recherches nombreuses sur les garnes et les bourses synoviales :
(a) En général, les gaînes synoviales tendineuses, mais principalement celles de la main et du pied, divisées en trois parties comme le squelette.
(b) Les bourses sous-cutanées.
(c) Les feuillets musculaires propres que nous avons suivis partout, et que nous croyons pouvoir être assimilés, dans leurs usages, aux synoviales tendineuses qui leur font suite.
De l'examen de ces organes, et de leur rapprochement avec les synovialesarticulaires, les membranes séreuses des viscères et le tissu cellulaire séreux sous-cutané des parties où la peau est très mobile, il nous semble que l’on peut déduire cet énoncé général, que la diversité des appareils empêche de trouver sa place nulle part, savoir: qu'il n’y a pas, dans l'organisme, de mouvemens ou de déplacemens habituels et nécessaires, sans une enveloppe spéciale de glissement appropriée à la structure des parties mobiles,