DU PETIT OBLIQUE
OBLIQUE INTERNE ; ILIO-ABDOMINAL (CHAUSS.); OBLIQUUS INTERNUS ABDOMINIS (SOEMM.). S. ADSCENDENS.
Situation, configuration. Large, membraneux, également de forme trapézoïdale comme le précédent, mais beaucoup plus petit, intermédiaire entre lui et le transverse, le petit oblique dirigé en bas et en arrière, et placé entre la crête iliaque et le rebord cartilagineux des côtes, constitue pour l'abdomen l’analogue des intercostaux internes au thorax.
Divisions, insertions , direction , fasciculation. Ce muscle, composé de fascicules rubanés parallèles ou divergens, procède de trois insertions fixes : 1° en arrière, sur son bord postérieur, d’un feuillet aponévrotique qui lui est commun avec le petit dentelé inférieur, et qui adhère fortement à celui du grand dorsal; 2° en bas et en dehors des trois quarts antérieurs de l'interstice de la crête de l'os coxal ; 3° inférieurement et en avant, du tiers externe et supérieur de la gouttière du ligament de Poupart. La première insertion forme un bord très mince; les fibres qui en naissent, d'abord presque verticales, s'inclinent progressivement de bas en haut et d’arrière en avant, et s'insèrent au bord inférieur de la moitié libre de la douzième côte et de son cartilage. L'implantation iliaque, fort épaisse, se compose de filamens tendineux très serrés : les fibres de sa moitié postérieure, graduellement plus obliques et plus longues, gagnent le bord inférieur des cartilages des onzième, dixième et neuvième côtes : dans les intervalles des côtes flottantes, elles sont unies avec celles des intercostaux internes, dont la direction est la même. Les fibres de la moitié antérieure iliaque s'attachent, en décroissant de lon-
mm mme rer tre tres
(1) Planches 64, 65, 68, 69, 71, 74, 75.
gueur et d'obliquité, sur le feuillet moyen de l’aponévrose antérieure, suivant une ligne verticale, qui s'étend du cartilage de la neuvième côte au niveau de l'épine iliaque inférieure, à six lignes en dehors du muscle droit. En regard de l'épine, elles sont courtes et horizontales. Celles qui naissent du ligament de Poupart s'alongent et s'inclinent progressivement en bas et en avant. Inférieurement elles affectent une disposition particulière, et dont la connaissance est d’un grand intérêt pour la théorie des hernies inguinales. A partir de la limite de leur implantation, ces fibres pâles et minces dans la gouttière aponévrotique forment une arcade surbaissée qui, dans l'homme, passe au-devant et au-dessus du cordon des vaisseaux spermatiques, se dirige en bas et en dedans, en s'incurvant vers l'épine du pubis, sur laquelle ses fibres, développées en membrane, s'attachent avec leur aponévrose dans l'étendue d’un pouce, derrière le ligament inguinal interne et au-devant de l'insertion analogue du transverse. Comme l'ont fait observer Bichat et Scarpa , la position de ce double épanouissement, derrière l'orifice de l'anneau inguinal, oppose un puissant obstacle à la formation des hernies directes, ou inguinales internes. A cette remarque nous en ajouterons une autre: vers l'angle supérieur, en regard du passage du cordon spermatique, l'arcade recouvre aussi , par son point le plus résistant, la moitié supérieure de l'orifice interne du canal inguinal (PL. 69, 70, 71),et forme une bride contractile qui s'oppose également à la sortie des viscères dans la hernie inguinale externe. C'est encore de cet angle que procède le muscle crémaster, comme nous le verrons plus bas.
Connexions. La surface externe est recouverte dans presque toute son étendue par le muscle grand oblique; mais, comme elle dépasse un peu ce muscle à ses extrémités, elle est en rapport avec son aponévrose en avant et avec le grand dorsal en arrière. La surface interne recouvre le transverse dans toute son étendue, excepté à sa partie supérieure, où elle ne le revêt que par son aponévrose.
Action. Les insertions opposées de ce muscle étant semblables à celles du grand oblique, le résultat des contractions est analogue , mais se trouve modifié par la direction différente dans laquelle s’opèrent les mouvements. Ainsi le petit oblique , outre sa fonction de fléchisseur latéral du tronc, resserre l'abdomen , mais en attirant Les viscères en bas; comme le fait observer Sababatier, il entraine surtout plus directement la circonférence inférieure de la poitrine en bas et en arrière, et sa partie interne en dehors , d'où résulte l'écartement des côtes, et par conséquent l'ampliation des diamètres vertical et transverse de la poitrine. Ce muscle, suivant qu'il transporte ses points d'appui à la poitrine ou au bassin , nous paraît devoir, comme le grand oblique, concourir à-la-fois à l'inspiration et à l'expiration. Ses fibres inférieures contiennent plus particulièrement les viscères en bas. Nous avons déjà dit quels sont plus particulièrement leurs usages par rapport au canal inguinal.
DU CRÉMASTER. ()
Situation , configuration. Ce petit muscle , propre à l'homme, est situé dans la duplicature de l'aponévrose du grand oblique et du fascia transversalis, au-dessous du petit oblique, dont il forme la continuation. Dans sa configuration générale , il représente un sac musculaire, dont l'orifice est ouvert en infundi-
(1) De xesudo, je suspends. — Planches 69, 82.
bulum de dehors en dedans à sa partie supérieure, et qui se rétrécit et se prolonge beaucoup inférieurément pour former une enveloppe au cordon spermatique et au testicule.
Divisions , insertions. Le,crémaster offre de nombreuses variétés, qui justifient les manières différentes dont il a été décrit et figuré. I procède, 1° des dernières fibres du petit oblique, en arrière de son bord inférieur, dans la gouttière aponévrotique du ligament de Poupart ; 2° d'une attache spéciale, bien isolée dans les sujets vigoureux, qui continue l'insertion dans la gouttière fibreuse jusque derrière le pilier externe ; 3° du pubis,ou mieux du ligament inguinal interne qui le recouvre. Toutes ces fibres sont minces, pâles et fasciculées , et descendent obliquement en forme de membrane musculeuse au-devant du cordon spermatique jusqu’au voisinage de l'anneau. Dans ce point , quelques fibres passent, les unes devant , les autres derrière le cordon , et vont se fixer au pubis; le plus grand nombre franchissent l'anneau et accompagnent le cordon sous forme de deux colonnes charnues d’une texture très lâche. La colonne externe, la plus forte, nait de la gouttière crurale; l'interne descend du pubis. A partir de l'anneau , elles s'envoient réciproquement sur les deux faces des fibres légères , plus fortes en avant qu'en arrière, qui se joignent en arcades où à angles aigus. Cette disposition cesse d'être évidente inférieurement. Autour du testicule les deux colonnes charnues s'épanouissent en une membrane rouseâtre que l’on distingue parmi les enveloppes de cet organe, sous le nom de tunique érythroïide. On s'accorde généralement à considérer le crémaster comme n'étant formé que par les fibres les plus inférieures du petit oblique , dont le testicule s'enveloppe , dans le fœtus, à sa sortie de l'abdomen , et qu'il pousse devant lui à mesure qu'il descend dans le scrotum. M. J. Cloquet en particulier, qui , pour mieux comprendre ce muscle, l'a disséqué à tous les âges , a rendu cette opinion très probable ; toutefois elle ne s'accorde pas avec le fait d'un faisceau spécial, et encore moins avec un cas vu également par M. Cloquet, et dans lequel un faisceau accidentel procédait du fascia transversalis. Le même auteur considère le crémaster dans son ensemble comme se ren. dant directement de l'arcade crurale au pubis, et il explique ainsi les anses qui ne seraient que le produit de l'allongement des fibres , et se continueraient sans interruption jusque sous le testicule, en devenant de plus en plus rares et déliées.
Action. Le crémaster soulèvele testicule, qu'il applique contre l'anneau inguinal. Dans ce mouvement, il entraine mécaniquement, par les adhérences cellulaires, le dartos et le scrotur ; mais il est étranger à la contraction vermiculaire propre à ce repli cutané , et qui en produit le froncement sous l'influence de certaines excitations, et en particulier celles du froid et de l’orgasme vénérien.
DU TRANSVERSE. (1) LOMBO-ABDOMINAL (CHAUSS.) ; M. ABDOMINIS TRANSVERSUS (SOEMM.) S. INTIMUS.
Situation , configuration. Le transverse, situé, comme les deux obliques , entre les bords opposés de la poitrine et du bassin, forme la troisième couche musculaire des parois latérales de l'abdomen ; mais il diffère beaucoup des deux muscles précédens par sa forme sinueuse de haut en bas,et par la direction horizontale de ses fibres, d'où il a emprunté son nom.
Divisions, insertions, direction, fasciculation. Ses fibres nais-
(1) Planches 65, 66, 70, 71, 73, 75.
sent de quatre origines : 1° de l'appendice xiphoïde et de la face interne des cartilages des sept dernières côtes ; 2° de l'aponévrose postérieure ; 3° des trois quarts antérieurs de la lèvre interne de la crête iliaque; 4° du tiers externe et supérieur de la gouttière du ligament de Poupart, conjointement avec le petit oblique, Toutes les fibres de ce muscle sont disposées en fascicules plats et rubanés peu adhérens entre eux. Les fibres supérieures, vers le cartilage de la sixième côte, se confondent avec celles du faisceau inférieur du triangulaire du sternum. D'abord très courtes entre l’appendice xiphoïde et le cartilage de la septième côte, elles augmentent graduellement de longueur de haut en bas, et se rendent sur le feuillet profond de l’aponévrose antérieure. Elles sont transversales du septième au dixième cartilage, et forment, avec les languettes du diaphragme, quatredigitations très distinctes. Au-dessous elles sont obliques en bas et en avant; par leur extrémité postérieure, elles pénètrent en triangle dans les deux intervalles que sépare le onzième cartilage, et s'attachent sur le cartilage et l'extrémité osseuse des trois dernières côtes, en formant de nouveau , avec les faisceaux correspondans du diaphragme, de minces digitations avec entrecroisement des fibres aponévrotiques qui établissent la continuité entre les deux muscles.
Les fibres qui procèdent de l'aponévrose postérieure sont les plus longues de toutes. Correspondant au pli de flexion du tronc , elles sont transversales, intermédiaires entre les derniers fascicules costaux descendans , etles premiers fascicules iliaques ascendans : la ligne qu’elles tracent sur l'aponévrose antérieure décrit une courbe rentrante en arrière. Les dernières attaches à la crête iliaque et dans la gouttière du lisament de Poupart se font par des filamens aponévrotiques épais et courts ; les fibres qui en naissent, d'abord ascendantes , puis transversales, s'inclinent et s'alongent graduellementen bas et en dedans. A partir du point où cesse leur implantation, elles forment au-dessus du cordon spermatique une arcade semblable à celle du petit oblique, mais un peu plus haute que cette dernière, et conséquemment recouverte par elle. Parvenues au pubis, elles s'y épanouissent au-devant du tendon du muscle droit. Quelques-unes , rares et minces, situées plus en arrière et en dehors, forment un deuxième plan qui tapisse la partie interne de l'espace fibrocelluleux placé entre le même tendon et l’orifice supérieur du canal inguinal , et forment avec le feuillet du fascia transversalis, qu'elles revêtent, le seul obstacle à la production de la hernie inguinale interne.
Connexions. Ce muscle, par sa surface externe , est entièrement recouvert par le petit oblique. Sa surface interne est en rapport avec le fäscia transversalis , qui la sépare du péritoine.
Action. Le transverse resserre directement l'abdomen d'avant en arrière, et tend à appliquer sa paroi antérieure contre le rachis. Ce mode de mouvement, dû à la direction de ses fibres, représente la résultante des forces des deux muscles obliques , et complète leur action. Par rapport à la respiration, il est surtout expiraieur.