CERVICAL DESCENDANT
M. CERVICALIS DESCENDENS (DI£EMERBROEK); S. ACCESSORIUS SACRO- LUMBALIS (STEN.); TRANSVERSAIRE GRÈLE DU COU (WINSL.).
Ce petit muscle n’est véritablement, comme l'indique le nom qui lui a été donné par Stenon, que l'accessoire, et, pour ainsi dire, que le complément du sacro-lombaire ; aussi beaucoup d'auteurs n'en ont-ils fait qu'une description commune. Il se com pose de quatre petits faisceaux réunis par leurs ventres, entre eux , et inférieurement avec le sacro-lombaire ; mais la séparation des faisceaux adjacens de ces deux muscles est sensible dans une plus grande étendue que celle des autres. Ces faisceaux, comme ceux du transversaire, se terminent, à chaque extrémité, par un tendon cervical et un dorsal, et se renferment les uns les autres, de sorte que l’interne est le plus court, et l'externe le plus long. Cette disposition de fascicules, visibles dans toute leur longueur et terminés par deux tendons , est le caractère essentiel qui nous paraît distinguer le cervical descendant du reste du sacro-lombaire. Les tendons inférieurs ou dorsaux, déhiés et bien séparés, s'implantent sur l'angle des côtes de la deuxième ou troisième à la cinquième ou sixième. Ce sont eux qui commencent les tendons descendans du sacro-lombaire. Les tendons supérieurs ou cervicaux sont réunis par des fibres musculaires ; ils contournent la saillie du transversaire et des complexus, et font suite aux tendons ascendans du sacro -lombaire ; par conséquent , le treizième de ces tendons se fixant à la septième vertèbre cervicale , ceux du cervical descendant s’implantent successivement sur le tubercule postérieur des apophyses transverses des sixième , cinquième , quatrième et troisième vertèbres de la même région.
CONNEXIONS DU SACRO-SPINAL. 1° Portion lombo-sacrée. Va masse commune est recouverte en arrière par l’'aponévrose du grand dorsal , unie au feuillet postérieur du transverse et du dentelé inférieur. La face antérieure recouvre une partie du sacrum,
(1) Planche 884.
la portion sacrée du transversaire épineux, le feuillet moyen de l'aponévrose du transverse, et les muscles inter-transversaires des lombes. En avant et en dedans, elle est en rapport avec la portion lombaire du transversaire épineux et les apophyses épineuses correspondantes. En dehors elle est embrassée dans la gouttière de duplicature des deux feuillets postérieurs de l'aponévrose du transverse. 2° Portion dorso-cervicale. Les muscles sacro-lombaire et long dorsal, logés dans les gouttières costovertébrales, sont revêtus en arrière par les dentelés postérieurs et leur aponévrose d'union, qui changent en une gaine ostéofibreuse et musculaire l’espace dans lequel ils sont contenus. A leur extrémité supérieure, ils sont recouverts par l'extrémité inférieure du splénius, et en ce qui concerne le transversaire et le cervical descendant, par l’angulaire. Leur face antérieure s’applique sur les côtes, l'extrémité postérieure des intercostaux externes, les surcostaux, le demi-épineux du dos, la portion dorsale du transversaire épineux, et pour les prolongemens cervicaux, les deux complexus. Le sacro-lombaire lui-même est en partie recouvert en dedans par le ventre charnu du grand dorsal. Le sillon qui les sépare donne passage aux nerfs et aux vaisseaux qui gagnent les couches superficielles du dos. Dans l'écartement triangulaire que forment en haut les colonnes épineuse et transversaire de ce dernier muscle, est reçue l'extrémité inférieure des deux complexus et du demi-épineux du cou.
ACTION DU SACRO-SPINAL. En se portant au point de vue de la structure générale de ce muscle, on le trouve formé d’un ventre charnu inférieur d’une force considérable, qui s'appuie sur le sacrum et l'os coxal, et se divise en quatre colonnes ascendantes verticales, partagées en autant de faisceaux qu'il y a d'os à mouvoir, ces faisceaux s'implantant successivement de bas en haut sur chacune des zones vertébro-costales qui échelonnent le squelette dans toute la hauteur du tronc. Le fait le plus général de la contraction de chacune de ces colonnes multifides est de tirer les vertèbres et l'arc postérieur des côtes, leurs insertions mobiles, vers le bassin, leur insertion fixe. Mais comme, en raison de la convexité postérieure du thorax, qui forme pour la série des faisceaux une longue courbe de réflexion analogue à celle des extrémités articulaires des os des membres, elles s'enroulent autour de cette cavité, en même temps qu'elles abaissent les vertèbres et les côtes, elles les tirent en arrière, d’où résulte le redressement ou l'extension du tronc. L'importance de ce mouvement explique le volume considérable de la masse lombosacrée dans l'homme, en vue de la station bipède. Mais à cet effet, le seul qui ait frappé les physiologistes, nous pensons qu'il s'en joint nécessairement un autre sur la respiration. Pour comprendre ce double mécanisme, l'action si compliquée du sacrospinal demande à être étudiée séparément : 1° dans la colonne spinale du long dorsal; 2° dans ses deux colonnes transversaire et costale ; 3° dans le sacro-lombaire.
1° Colonne spinale du long dorsal. Dans la portion inférieure (énter-épineux dorso-lombaires), les faisceaux appuyés sur l'aponévrose du long dorsal produisent, en se contractant, des courbes, renfermées les unes dans les autres, qui déterminent l'inflexion latérale en arc de cercle de la portion dorsale du rachis, en faisant saillir et inclinant le corps des vertèbres du côté opposé. Les tendons cervicaux produisent le renversement de la nuque en arrière du même côté. Si les deux colonnes spinales se contractent simultanément, l'extension de la colonne épinière est directe.
2° Colonne transversaire du long dorsal. Son action générale, répartie sur toutes les apophyses transverses lombaires et dorsales, produit également l'érection du tronc avec ou sans inclinaison latérale, suivant qu'un seul ou les deux côtés agissent à-la-fois. Le renversement du tronc en arrière a pour conséquence nécessaire une ampliation des parois antérieures et latérales du thorax, qui déjà facilite les mouvemens de la respiration. Nous allons voir les autres colonnes musculaires y concourir d’une manière plus efficace.
3° Colonne costale du long dorsal. Les sept ou huit faisceaux qui s'insèrent au col des côtes tirent en bas et en arrière sur leur arc postérieur ; ils ont pour double effet l'extension du tronc et l'augmentation du diamètre vertical de la poitrine.
4° Sacro-lombaire. Te mécanisme de ses deux rangs opposés de faisceaux est certainement le plus obscur et le plus compliqué. Que la série de faisceaux externes, ou la colonne ascendante, tire de haut en bas, le fait est clair, puisque tous les faisceaux et leurs tendons font suite à la masse lombo-sacrée. Mais en est-il de même des faisceaux internes formant la colonne que nous nommons ascendante? Il est évident qu’elle n’a rien de commun avec la masse lombo-sacrée, n'étant constituée que par les faisceaux qui s'insèrent aux côtes. Mais les côtes sont-elles ici l'origine ou la terminaison des faisceaux, ou mieux, sont-elles le point d'appui, l'insertion fixe des faisceaux, ou leur insertion mobile, distinction d’après laquelle leur contraction se ferait de haut en bas, dans le premier cas, et de bas en haut, dans le second. Supposons que la force agissante tire vers le bas: les deux colonnes du sacro-lombaire, dans ce cas, étant synergiques, rien de plus simple que l'action de la colonne externe; mais l'interne ne pourra entrer en contraction qu'après que les côtes auront été fixées par la première; et encore sur quoi tireraitelle, puisqu'il n'y a plus d’autres tendons au-dessus? Évidemment ce ne pourrait être que sur la masse charnue médiane résultant de la fusion commune des deux colonnes de faisceaux ; pour que ce mouvement pût avoir une utilité, il faudrait qu'il ne s’exécutât que progressivement de bas en haut, par étages, et alors chacune des côtes se trouvant d'abord fixée par son faisceau externe propre, servirait de point d'appui à son faisceau interne, qui lui-même augmenterait d'autant l’action des faisceaux externes situés au-dessus, et ainsi de suite, des côtes inférieures aux supérieures. Telle est au moins l’idée que l'on peut se faire de ce mouvement ; mais il est lent et saccadé. Toutefois, il est possible qu'il s'opère ainsi pour l'extension du tronc, dans la station verticale; mais il ne doit pas être le seul, car alors on ne concevrait pas pourquoi tous les faisceaux internes ne tireraient pas, comme tous les autres, leur origine de la masse lombosacrée, ce qui, pour une action commune, sem lerait devoir produire un résultat à-la-fois plus énergique et plus prompt.
Que si maintenant nous supposons que la force agissante tire vers le haut, l'induction physiologique se trouvera bien mieux d'accord avec la structure anatomique. Le point d'appui de la colonne de faisceaux internes sera pris sur les vertèbres cervicales par le prolongement supérieur, qui alors va justifier le nom de cervical descendant qui lui aurait été donné si heureusement par Diemerbroek. Tous les faisceaux qui font suite seront également descendans, comme l'indique leur direction. Ils tireront alors sur les côtes, devenues insertions mobiles, leur point d'appui, d’abord assez faible en haut, se trouvant sucessivement renforcé par un plus grand nombre de faisceaux à me-
sure qu'étant plus inférieurs ils deviennent plus volumineux.
Le sacro-lombaire étant ainsi analysé, son action paraîtra beaucoup moins équivoque. 1° Sous le rapport de la station. La colonne des faisceaux externes abaisse les côtes en les tirant, d'après la courbe du thorax, d'autant plus en arrière que leur position relative dans l'échelle commune est plus élevée, et par conséquent elle redresse le tronc, ou concourt à son extension. Elle est, sous ce rapport, l’auxiliaire des colonnes du long dorsal, et comme elles, élargit sur les côtes les mouvemens que cellesci exécutent sur les vertèbres. Elle contribue pour une plus grande part aux inclinaisons latérales dans les contractions partielles d’un seul côté. 2° Sous le rapport de la respiration. Le sacrolombaire, comme le long dorsal, contribue déjà à la respiration par cela seul qu'il facilite l'ampliation de la poitrine; mais chacune de ses rangées nous paraît produire ici une action spéciale. Si l'on se rappelle que les tendons ascendans s’insèrent de bas en haut, du bord inférieur au bord supérieur des côtes, et que les tendons descendans s'implantent de haut en bas sur le bord opposé, de sorte qu’ils s'enroulent sur les côtes extrêmes en sens inverse, il résulte de cette double disposition que les uns abaissant les côtes, les autres les élèvent; et que, dans les deux cas, les côtes, par le déroulement des tendons, subissent un léger mouvement de torsion sur leur axe de haut en bas et d'avant en arrière, ou de bas en haut et d’arrière en avant. Or, le point d'insertion de la puissance étant très rapproché du point d'appui articulaire, tandis que le levier de la résistance est très long, le plus faible mouvement de torsion de l'arc postérieur détermine un déplacement considérable à l'extrémité de l'arc antérieur. Comme conséquence de cette torsion, la colonne ascendante, abaïissant les côtes en arrière, les élève en avant, et concourt à l'inspiration , renforcée dans ce mouvement par les autres colonnes d'extension du long dorsal; et la colonne descendante, élevant les côtes en arrière, les abaisse en avant, et concourt à l'expiration. Les colonnes antagonistes ne peuvent plus se contracter qu'’alternativement. Telle est au moins l’idée qu'il nous semble que l'on peut se faire des usages du sacrolombaire. Elle n’a à la vérité qu’une valeur d'opinion fondée sur l'examen de la structure : mais il en est de même de la plupart des muscles, car il en est bien peu dont les contractions aient été vues directement.
DU SPLÉNIUS. (1)
MASTOIDIEN POSTÉRIEUR (WINSL.); MUSCULI SPLENII.
Situation, configuration. Ce muscle plat, membraneux, mais assez épais, est situé obliquement à la partie postérieure du cou, et s'étend un peu sur l'extrémité interne et supérieure du dos. En forme de triangle alongé, contourné suivant sa largeur, on ne sait pourquoi son nom se trouve emprunté de celui de la rate (orkw), à laquelle il ne ressemble nullement.
Division , insertions. Le splénius se compose de deux portions, dont les attaches supérieures sont différentes, et qui ne s’unissent qu'inférieurement ; d'où la distinction rationnelle établie par les anciens anatomistes, et encore admise par M. Meckel, du splénius en deux muscles, le splénius de la téte, splenius capitis (cervico-mastoïdien , Chauss.); et le splénius du cou, splenius cervicis (dorso-trachélien, Chauss.).
{1) Planches 85, 87.
Ce muscle procède, 1° des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, à commencer de la sixième ou huitième en remontant jusqu’à la septième cervicale, et des ligamens inter-épineux qui les unissent; 2° du ligament cervical postérieur jusqu’au niveau de la troisième vertèbre cervicale. Cette insertion se fait par une succession de fibres aponévrotiques, qui augmentent progressivement de longueur de haut en bas, et composent inférieurement une membrane triangulaire, à sommet aigu, comme pour le trapèze. Les fibres musculaires qui en naissent montent parallèlement de bas en haut et de dedans en dehors, d'autant plus longues et plus verticales qu’elles sont plus inférieures. Le muscle en se développant contourne la saillie latérale des complexus, et devient graduellement plus épais en se rapprochant de ses attaches supérieures. A deux pouces de l'insertion spinale commence la séparation des deux splénius. Celui du cou, qui fait suite aux trois vertèbres inférieures, se partage en autant de faisceaux, d'où naissent de forts tendons qui s'implantent sur le tubercule postérieur des apophyses transverses des trois premières vertèbres cervicales; le faisceau qui se rend à l’atlas est le plus volumineux. Le splénius de la tête, d'abord très large inférieurement, se rétrécit à la partie supérieure, et s'insère, par de courtes fibres aponévrotiques, sur la moitié externe de l'empreinte rugueuse située au-dessous de la ligne courbe supérieure de l'occipital , sur la portion mastoïdienne du temporal et sur le bord postérieur de l'apophyse mastoïde, sous et derrière l'attache du sterno-cléido-mastoïdien.
Connexions. Le splénius est le plus superficiel des muscles propres de la nuque. Sa face postérieure est recouverte par le trapèze, le petit dentelé postérieur supérieur , et le rhomboïde; près de son attache supérieure, elle est sous-cutanée. Sa face antérieure est appliquée sur les deux complexus, et en partie sur le transversaire et l'extrémité supérieure du long dorsal. Son bord interne, écarté en dehors à partir de la troisième vertèbre cervicale, laisse entre lui et son congénère un espace triangulaire, dans lequel l'extrémité supérieure des grands complexus est en contact avec les trapèzes. Son bord externe est en rapport en haut avec l’attache supérieure du sterno-cléido-mastoïdien, au milieu, avec l'angulaire, qui le contourne pour revêtir une partie de la face postérieure.
Action. Le splénius agit à-la-fois par ses deux portions, et d'une manière uniforme, sur la tête et les premières vertèbres du cou. L'effet de la contraction du splénius droit, par exemple, est de faire tourner la face du même côté, tandis que l'occiput est renversé en arrière et à gauche. Si les deux splénius agissent simultanément, la tête est renversée directement en arrière, mouvement qui constitue l'extension du cou.