‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 7 sur 461 · TOME Ii · texte numérisé non relu

TOME Ii

ils font partie: tels sont, à la cuisse, les couturier , droit antérieur, biceps; au bras, les biceps, triceps, et, en général, tous les longs extenseurs et fléchisseurs. Les autres muscles s’attachent, par le décroissement de couches superposées, sur l'os du membre lui-même, en remontant du point mobile vers le point fixe, et deviennent d'autant plus courts qu'ils sont plus profonds.

Les muscles larges ou plats forment les parois mobiles des cavités : tels sont les obliques et transverses abdominaux, grand dentelé, releveur de l'anus; l’un d'eux, le diaphragme, établit une cloison de séparation entre la poitrine et l'abdomen. Les muscles courts, qui s'insèrent sur des points rapprochés, occupent toujours le voisinage des articulations : de ce nombre sont les rotateurs de la tête, du fémur, les petits faisceaux extenseurs et fléchisseurs du rachis, etc. Au reste, cette division des muscles ne peut fournir que des aperçus très généraux, et, parmi ces organes, il en est un grand nombre dont la forme mixte n'appartient exclusivement à aucune des dénominations indiquées.

La forme des muscles est très variée; en général ils sont aplatis et présentent des faces Juxta-posées et des bords adjacens. Les muscles longs sont ou rubanés (couturier, droit interne, pectiné) ou cylindriques et fusiformes (biceps brachial et fémoral, demitendineux). Quelques-uns sont triangulaires (adducteurs de la cuisse, psoas). Les muscles larges sont quadrilatères, trapézoides ou triangulaires. Ces dernières formes sont aussi les plus communes parmi les muscles courts; quelques-uns cependant, tels que les grands obliques postérieurs de la tête, les faisceaux du transversaire épineux , etc., sont fusiformes et peuvent être considérés comme des muscles longs d’une petite proportion.

Le volume des muscles s'exerce dans les limites les plus étendues, depuis les fibrilles microscopiques du marteau et de l'é-

trier jusqu'aux vastes faisceaux du grand fessier et du troisième adducteur de la cuisse , et aux longues fibres du grand dorsal et du couturier. Les différences entre les muscles sont telles qu'il n'en existe pas deux qui forment la même masse. Le volume, qui dépend de la quantité de fibres, est généralement un indice de la force proportionnelle des muscles dans un même sujet: ainsi les muscles longs, dont une dimension l'emporte de beaucoup sur les deux autres, sont relativement les plus faibles; les muscles courts, dont les trois dimensions se rapprochent, sont au contraire les plus forts.

La couleur est un des caractères essentiels des muscles, et présente des nuances remarquables, pour tout l'ensemble du système, entre des individus différens, et pour les muscles entre eux, dans un même sujet. Sous le premier point de vue, en général, l'intensité de coloration du système musculaire est proportionnée à celle des systèmes tégumentaire et pileux. Les muscles sont d'un rouge-violacé chez les sujets bruns, qui passe au rouge-sanguin dans les individus châtains, et au rougejaunâtre chez les blonds fades. Dans un même sujet, les muscles à fibres courtes, fines et serrées, sont plus colorés que ceux dont les fibres sont larges et moins adhérentes entre elles. Ainsi la coloration, très foncée dans les muscles courts, l’est moins dans les muscles longs et diminue encore dans les plus larges. Quant aux sections du corps, les muscles des membres sont plus colorés que ceux du tronc; les muscles de la face sont les plus pâles ; enfin, pour le tronc en particulier , les muscles des parois antérieures et latérales sont d’une nuance rouge-sanguin, ceux de la couche superficielle du dos, rouge-jaunâtre; les faisceaux de gouttières vertébrales et les petits muscles de l'appareil hyoïdien au contraire sont d’un rouge-violacé.

La consistance, d'autant plus grande que les fibres sont plus étroitement unies, coïncide ordinairement avec la coloration. Les muscles peauciers, à la face, au cou et à la main, dont, en raison de leur adhérence cutanée, la texture est très serrée, sont les seuls qui allient une grande consistance à une faible coloration.

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