NOMBRE
Chaussier compte trois cent soixante-quatorze muscles, nombre beaucoup plus considérable que celui des os. Peu d'auteurs se sont attachés à fixer le chiffre total des muscles par l’impossibilité, dans un sujet aussi arbitraire, d'offrir un résultat non con. testable, les mêmes faisceaux, plus ou moins confondus par l'une de leurs attaches, étant considérés par les uns comme un seul muscle, et par d’autres comme autant de muscles différens. Ainsi l’occipito-frontal est décrit tour-à-tour comme un seul ou comme deux muscles ; Duverney en fait trois des attaches supérieures des constricteurs du pharynx; Winslow multiplie beaucoup les épineux du dos; M. Meckel distingue trois scalènes et en admet trois autres surnuméraires. Les petits muscles, plus ou moins accidentels, augmentent encore la confusion : tels sont l'hyo-thyroïdien de Duverney, les longs faisceaux souscostaux et ceux des capsules ilio-fémorale et fémoro-tibiale. Au reste, comme une évaluation rigoureuse, si elle était possible, n'ajouterait rien à l'intérêt, celle de Chaussier, établie d’après les bases les plus généralement admises, suffit du moins pour donner une idée de la masse du système musculaire.
Les muscles ayant pour objet le mouvement sont prodigués dans les parties les plus actives et où des forces opposées sont nécessaires ; aux membres, ils sont multipliés dans de petits espaces, tandis que quelques-uns, très étendus, suffisent pour
les vastes parois du tronc. Leur nombre aussi n'est pas en rapport avec celui des os; un seul muscle recouvre le crâne où se trouvent huit os, et par opposition l'avant-bras, pour deux os, compte vingt muscles; un seul os, le fémur , fournit des attaches à vingt-deux de ces organes.
Par rapport aux deux moitiés du corps, les muscles sont en nombre pair. Il n'y à d'impairs que les muscles situés sur le
plan moyen ; encore sont-ils formés de deux moitiés symé-
triques : tels sont les sphincters, l'occipito-frontal, les releveurs de l'anus, et même, jusqu'à un certain point, le diaphragme.