‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 71 sur 461 · DE L'OCCIPITO - FRONTAL · texte numérisé non relu

DE L'OCCIPITO - FRONTAL

Situation, configuration. Ce muscle membraneux , d'une éten due considérable, est situé à la partie supérieure du crâne, qu'il enveloppe comme une coiffe depuis les arcades sourcilières jusqu'aux deux lignes courbes supérieures de l'occipital. Il se compose de deux portions distinctes, l'une frontale , l’autre occipitale, que Bichat et M. Cloquet considèrent comme des muscles différens. Ces deux portions sont formées chacune de deux faisceaux symétriques, placés de l’un et l’autre côté du plan moyen. La vaste aponévrose épicrânienne, comme une trame commune, unit à-la-fois les deux muscles opposés, ainsi que les faisceaux de chacun d'eux. De la portion frontale procède une languette d'insertion , le muscle pyramidal du nez.

3° MUSCLE FRONTAL. M. frontis ( Fallop.). Occupant la région du front , irrégulièrement quadrilatère , de deux pouces et demi de hauteur, ses fibres procèdent de l'aponévrose épicränienne par un bord supérieur convexe en haut , et descendent parallèlement vers le sourcil, où elles s'entremélent avec celles de l’orbiculaire, et se continuent en dedans avec le pyramidal. Les faisceaux , entre leurs bords internes, sont séparés par un espace triangulaire , dans lequel pénètre l'aponévrose, et qui, d'abord très large en haut, se termine par un sommet aigu à la jonction des pyramidaux. Recouvert en avant par la peau, ce muscle recouvre en arrière l'os frontal et le bord du temporal. Dans son épaisseur rampent les vaisseaux frontaux.

2° MuscLE occipiraL. M. occipitalis ( Douglas) ; supercilium trahens(Colomb.). Situés à l'occiput, les deux faisceaux analogues aux précédens, moins élevés et plus régulièrement quadrilatères , sont également formés de fibres verticales parallèles, qui naissent en haut de l'aponévrose épicrânienne , et s'insèrent en bas par de courtes fibres aponévrotiques sur les deux tiers externes de la ligne ‘courbe supérieure de l'occipital, au-dessus des attaches du splénius et du sterno-cléido-mastoïdien. Appliqué sur la portion supérieure de l'occipital, et un peu sur le pariétal et le temporal, des nerfs et des vaisseaux le recouvrent. Comme à l'extrémité frontale, l'aponévrose sépare les faisceaux sur le plan moyen.

3° Aponévrose épicränienne. Cette vaste enveloppe fibreuse recouvre toute la partie supérieure de la tête, et forme le lien commun de ses petits faisceaux musculaires peauciers qu’elle isole dans leurs mouvemens partiels, et dont elle communique et rassemble l'action pour un mouvement commun. Etendue de l'un à l’autre des muscles frontal et occipital , elle s’insinue au milieu entre leurs faisceaux , et latéralement revêt les muscles temporaux , et sert d'attache aux auriculaires. Ses fibres, d'un aspect resplendissant, sont parallèles entre elles, et dirigées d’avant en arrière sur le sinciput. Sur les tempes, la direction la plus évidente est celle de fibres verticales traversées par des courbes horizontales. A la surface externe de cette aponévrose rampent les nombreux rameaux des artères et des veines frontales, temporales et occipitales , et les filamens des nerfs qui les accompagnent.

Les trois portions de l'occipito-frontal, unies seulement au péricrâne par un tissu cellulaire lâche, adhèrent, au contraire, fortement au cuir chevelu , au point qu'il est souvent

(1) Planches 93, 95.

très difficile d'isoler les faisceaux musculaires d'avec la peau.

Action. L'occipito-frontal se contracte d'avant en arrière, ou d'arrière en avant , de l’une vers l’autre de ses portions musculaires ou de leurs attaches. L’alternative de ces deux contractions , d'un effet assez énergique chez certains sujets, imprime au cuir chevelu des mouvemens antéro-postérieurs très prononcés. Dans la plupart des cas ,le muscle occipital, fixé sur sa ligne d'implantation , n’agit que comme tenseur de l'aponévrose épicrânienne, et celle-ci devient le point d'appui du muscle frontal, dont le jeu est l'un des plus importans pour l'expression de la physionomie. 1° Dans la contraction d'avant en arrière , le muscle occipital est seul en action : il tend l’aponévrose, le muscle frontal, et, par ce dernier, le demi-orbiculaire supérieur ; par conséquent, le front est épanoui, et l'œil largement ouvert. En général, ce mouvement coïncide avec le rire et toutes les affections gaies. 2° Dans la contraction d'arrière en avant, c'est le frontal qui agit ; le froncement de ce muscle, en rapprochant ses attaches, imprime à la peau des rides transversales. Si cet état coïncide avec le relâchement de l'orbiculaire , qui se trouve entrainé en haut , il concourt à exprimer l’hilarité, l'étonnement ou la méditation ; mais si l’orbiculaire est lui-même contracté, l'expression est celle des affections tristes. Considéré dans son ensemble, l'occipito-frontal est, par rapport à l'ouverture et à locclusion de l'œil, congénere de l'élévateur de la paupière supérieure, et antagoniste de l'orbiculaire et du sourcilier. Comme muscle cutané, non-seulement il meut la peau , mais il la soutient, tant par ses fibres que par son aponévrose, et il l'isole du périoste. Les effets de cet isolement sont même très sensibles en pathologie; car il est rare que certaines maladies du cuir chevelu , la teigne, les dartres, pénètrent plus profondément, et par opposition , l’on sait que, dans les maladies du périoste ou des os, et dans l'érysipèle flegmoneux, il arrive souvent que le désordre est déjà très grave, avant que la peau ait manifesté d’altération bien évidente.

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