STRUCTURE ,. INSERTIONS
La plupart des muscles se composent de deux parties : l'une, moyenne, la chair proprement dite, leur est essentielle et les constitue; l’autre, tendineuse ou aponévrotique , placée à leurs extrémités, n’est qu'accessoire et sert à leurs attaches.
La portion charnue est formée de fibres parallèles ou convergentes vers le point mobile. Dans les muscles épais et larges, les grand fessier, grand pectoral, deltoïde, les fibres s'agglomèrent en fascicules et ceux-ci en faisceaux, dont le muscle lui-même est composé. Dans les muscles allongés, les faisceaux ne sont distincts qu'autant qu'ils forment autant d'attaches différentes, ex. les splénius, complexus, angulaire, etc.
La forme funiculaire où membraneuse des muscles décide de celle des tissus fibreux qui servent à leurs implantations. Les muscles longs se terminent par des tendons, et les muscles larges par des aponévroses; les premiers se fixent sur les os par leurs extrémités et les seconds par leurs bords.
L'insertion des fibres musculaires sur le tissu fibreux se fait directement ou sous des angles variés, mais qui n'excèdent pas 45 degrés. Ainsi, dans les muscles larges de l'abdomen et dans quelques muscles longs , le couturier, le fascia-lata, etc.; la fibre aponévrotique ou tendineuse, placée sur la même ligne, semble être la continuation de la fibre charnue.
L'insertion oblique des fibres musculaires donne lieu à diverses combinaisons : tantôt un tendon mitoyen reçoit des fibres obliques des deux côtés où un tendon latéral en reçoit d’un seul côté; dans le premier cas le muscle est dit penniforme (ex. crural antérieur, long fléchisseur propre du gros orteil); et dans le second , semi-penniforme (ex. extenseurs des doigts et des orteils) ; tantôt les fibres entrecoupées d’aponévroses convergent d'une circonférence vers le tendon commun: ce sont les muscles rayonnés (ex. temporal, petit fessier). Les aponévroses d'enveloppe contribuent aux implantations des muscles superficiels, comme on l'observe à l'avant-bras et à la jambe. Quelques-unes ne sont que des épanouissemens fibreux prolongés sur les muscles, pour offrir des insertions à des fibres courtes et obliques qui, par leur autre extrémité, se portent sur les tendons : tel est le cas du demi-tendineux. Le soléaire, en particulier, offre des exemples de tous les cas cités de fibres directes ou obliques implantées entre une aponévrose et un tendon.
Pour qu'un muscle soit distinct, il suffit qu’une de ses attaches, celle surtout qui sert au point mobile, soit isolée. Beaucoup d'entre eux, libres dans toute leur étendue, ont leurs attaches isolées sur les os. D’autres, par l'une de leurs extrémités, ont une insertion commune avec d’autres muscles sur leurs tendons ou leurs aponévroses.
On ne considère généralement, comme attaches d'un muscle, que les extrémités opposées qui font suite à ses fibres; toutefois l’une des extrémités peut être élargie en une portion plus ou
moins considérable de circonférence, et l'autre rétrécie en un simple tendon: ex. les muscles radiés. L'union des bords et des angles d’un muscle avec les parties voisines, ne constitue que des adhérences celluleuses ou aponévrotiques. Des deux attaches, on appelle fixe celle qui sert de point d'appui au musele, et mobile celle qu’il entraîne dans ses contractions. La première est souvent commune avec d'autres muscles; l'autre est plus ordinairement isolée. Les attaches ne sont réellement fixes qu'autant qu'elles ont lieu sur des os incapables de déplacement: telles sont celles du crotaphite, dans la fosse temporale, des psoas sur les vertèbres lombaires, du jambier antérieur et de l'extenseur des orteils sur le tibia. Quand un muscle s'insère à deux parties mobiles, on réserve le nom d'attache fixe à celle qui se meut le moins et vers laquelle s'effectue le plus habituellement la traction: ex. insertion coracoïdienne du petit pectoral. Enfin, dans quelques muscles, les deux attaches deviennent alternativement, l'une par rapport à l’autre, point fixe et point mobile: c’est le cas des inter-costaux.
Les muscles réunissent la triple fonction de mouvoir le squelette ou l'enveloppe cutanée, et de tendre les aponévroses ; leurs insertions, avec ou sans intermédiaire d'aponévroses et de tendons, présentent six variétés.
1° D'un os à un autre os, c’est le cas le plus ordinaire.
2° D'un os à une aponévrose. Ex. : Fascia-lata, palmaire grêle.
3° D'un os à d'autres muscles, par la fusion de leurs fibres. Ex. : Muscles du périnée.
4° D'un os à d'autres muscles et à la peau. Ex.: Peaucier, et la plupart des muscles de la face.
5° D'une aponévrose à la peau. Ex. : Palmaire cutané.
6° Entre les extrémités d’autres muscles, par le mélange de leurs fibres. Ex.: Orbiculaires ou sphincters des lèvres et de Janus.