MUSCLES DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE
D'après ce que nous savons déjà du mécanismede la mâchoire inférieure, elle doit posséder des muscles qui exécutent l'élévation, l’abaissement et la diduction, soit transversale, soit antéropostérieure. Les élévateurs sont le masseter, le temporal et le ptérygoïdien interne. On trouve pour diducteurs le ptérygoïdien externe , et encore, pour une faible part , le ptérygoïdien interne. Ces divers muscles , qui opèrent les mouvemens énergiques de la mastication, sont épais et très forts, entremélés qu'ils sont, dans leur texture, de fibres courtes et d'aponévroses qui leur donnent une grande résistance : leur développement devient énorme dans les animaux carnassiers. Les muscles abaïisseurs, au contraire, sont relativement très faibles, la force légère dont ils ont besoin, déjà favorisée par la pesanteur même de la mâchoire, n'ayant pour objet que de disposer à une nouvelle contraction de leurs antagonistes. Les abaisseurs sont de deux ordres: les uns, qui ne vont qu'à l'hyoïde, sont en même temps les élévateurs de cet os: ce sont les mylo-hyoïdien, génio-hyoidien, mais plus spécialement le digastrique ; les autres , situés audessous de l'hyoïde , l'abaissent directement, et, par son intermédiaire , tendent à communiquer le même mouvement à la mâchoire: tels sont les sterno-hyoïidien , scapulo-lyoïdien, et, comme représentant un seul muscle par leur continuation , les sterno-thyroïdien et thyro-hyoïdien. Tous ces muscles , excepté le digastrique, appartenant plus particulièrement à l'hyoïde, seront décrits avec le groupe dont il est le centre.
ÉLÉVATEURS
DU MASSETER. 4)
ZYGOMATO-MAXILLAIRE (DUM., CHAUSS.); M. MANSORIUS (COLUME.); MASSETER (F#ALLOP.).
Situation , configuration. Muscle rectangulaire, épais, très fort, situé presque verticalement en bas et en arrière des parties latérales de la face, où il est appliqué sur le plan externe des branches de l'os maxillaire inférieur.
Insertions, fasciculation. Le masseter se compose de deux plans, et, pour ainsi dire, de deux muscles superposés, dont le plus profond n’a que la moitié de la longueur de l'autre. 1° Le muscle superficiel naît d'une aponévrose large et très épaisse , qui s'attache aux deux tiers antérieurs du bord inférieur de l'arcade zygomatique , et contourne le bord libre du muscle en avant. Cette aponévrose quadrilatère, composée de fibres parallèles, descend un peu obliquement en arrière jusqu'à la partie moyenne du muscle , où elle semble se terminer à la superficie par huit ou dix lambeaux dentelés, qui dessinent des digitations avec l'extrémité , de même forme, des languettes charnues de continuation. Toutefois les dentelures aponévrotiques se prolongent par des cloisons entre les petits faisceaux nombreux et très forts dont le muscle se compose , en fournissant des insertions à leurs fibres. Les unes et les autres viennent s'implanter sur les rugosités de l'angle et du bord postérieur de la mäâchoire. Dans son épaisseur, l'aponévrose comprend plusieurs
(1) De uacäouor, je mange. — Planches 93, 94, 95, 97.