PARTIES SITUÉES AU-DESSUS ET AU-DEVANT DE LA MOELLE ALLONGEE
Protubérance annulaire ou pont de Parole . — Région cérébelleuse
de b axe nerveux.
Au-dessus et au-devant de la moelle allongée, au niveau de la gouttière basilaire de l’occipital, se renfle la protubérance annulaire ou pont deVarole. Convexe de haut en bas et de
droite à gauche , elle représente à. peu près , vue de face , la voûte d’une tête dont la chevelure , partagée suivant la ligne médiane , serait lissée de manière à converger de chaque côté en un gros faisceau arrondi.
La saillie qu’elle forme au-devant et en dehors de la moelle allongée égale à peu près l’épaisseur du pouce; son étendue de haut en bas est celle du fragment onguéal du même doigt; son étendue transversale est presque du double.
Dans sa forme irrégulière et parfaitement symétrique en même temps , la protubérance annulaire est circonscrite par quatre bords . le supérieur est le plus long , l’inférieur est un peu moindre , les deux latéraux sont de beaucoup les plus courts.
Un enfoncement longitudinal peu profond , médian , marque la division de la protubérance en deux moitiés symétriques.
On attribue généralement ce sillon à la pression de l’artère basilaire: cette explication n’est pas fondée. Il suffit de remarquer en effet qu’il se prolonge sur les bords supérieur et inférieur de la protubérance que ne contourne pas cette artère , qu’il est toujours plus étroit en bas qu’en haut sans que le vaisseau correspondant présente la même différence de volume dans sa marche, pour sentir qu’il s’agit là d’autre chose que d’une simple empreinte vasculaire. Supposons provisoirement que la protubérance annulaire est un organe double et que son enfoncement médian répond à la commissure des deux moitiés qui la composent.
En dehors de l’enfoncement médian on voit se dessiner de chaque côté de la surface de la protubérance un renflement modéré , et ce renflement , comme l’enfoncement médian lui-même, s'élargit de bas en haut. Il suit en quelque sorte les progrès de volume et d’écartement que doivent éprouver les faisceaux qui réunissent les pyramides aux pédoncules cérébraux : et c’est précisément, parce que la protubérance s’arrondit comme un pont cintré sur ces faisceaux conoïdes, que Yarole lui a donné le nom de pont, qu’elle a conservé jusqu’à nos jours.
Rétrécie sur ses côtés , la protubérance , parvenue au contact du cervelet , perd son nom de protubérance en entrant dans les pédoncules cérébelleux , qu’elle concourt puissamment à former.
Toute la surface de la protubérance présente des stries , dont la direction est assez bien représentée par la comparaison que nous avons faite d'une chevelure dont les deux moitiés sont rassemblées à droite et à gauche en un gros faisceau , c’est-à-dire qu’elles convergent des côtés de l’enfoncement médian vers les bords latéraux.
Il faut ajouter seulement que l’enfoncement médian présente également des stries , souvent même plus prononcées que celles des côtés , et qu’aux approches des pédoncules cérébelleux on remarque toujours une couche dont la direction croise celle des stries transversales. Cette couche à direction particulière commence en avant , à une petite distance du bord supérieur de la protubérance , un peu en dedans et en arrière du point de séparation d’un nerf important dit de la cinquième paire , et se porte de là en arrière , vers le point de séparation d’autres nerfs non moins importants: l’auditif, qui se détache de Taxe nerveux à la limite externe du bord inférieur de la protubérance , et la portion dure de la septième paire , accolée à l’auditif.
Les bords supérieur et inférieur de la protubérance ont la forme d’un arc. Le milieu de ces bords offre une concavité rentrante qui fait suite au sillon médian de la face antérieure. La ligne formée de deux courbes inverses, qui de chaque côté succède à cette concavité médiane , remonte en dehors et en arrière de manière que les extrémités de l’arc sont postérieures et supérieures à son milieu. Dans le bord supérieur les courbures sont plus fortement prononcées que dans l’inférieur. La concavité médiane , suite du sillon médian de la face antérieure , regarde en haut et en avant ; les deux courbes qui partent de ce milieu s’arrondissent au-devant des pédoncules cérébraux , contre lesquels elles se collent ; enfin les extrémités, fortement recourbées, comme celles d’un arc bandé , se rapprochent en dehors des extrémités de l’arc inférieur et disparaissent avec elles dans l’é- T. I. 10
paisseur du cervelet. Quelques lobules de cet organe empiètent de chaque côté sur la surface intermédiaire à ces deux bords et en cachent une partie.
La portion rétrécie de la protubérance comprise entre les extrémités opposées de ces deux bords est la face externe des pédoncules cérébelleux et figure en même temps le bord externe de la protubérance. Ce bord , mal défini , ne mérite pas de description spéciale.
La face postérieure de la protubérance ne peut être connue par la simple étude de surfaces à laquelle nous nous livrons : en effet , si l’on regarde quelles parties se remarquent en arrière , à la hauteur qu’occupe la protubérance en avant , on trouve le plancher du ventricule du cervelet, différant par son aspect , sa direction , sa couleur , de la protubérance dont les pédoncules cérébelleux le séparent.
Pédoncule cérébelleux .
On appelle pédoncule du cervelet le gros cordon de substance fibreuse par le moyen duquel le cervelet tient à la protubérance , à la moelle allongée et au tronc pédonculaire du cerveau. Considéré dans sa totalité , ce pédoncule se compose de parties antérieures et de parties postérieures. Les parties antérieures , très* considérables chez l’homme , sont formées de chaque côté par la moitié correspondante de la protubérance annulaire. Chaque moitié de la protubérance , fort large au contact de la ligne médiane , l’est très-peu en dehors ; non que la masse diminue , mais seulement parce qu’elle prend une autre forme. Au lieu d’être étalée en couche épaisse comme dans son milieu , elle se trouve d’abord arrondie , légèrement tordue , puis reprend la disposition d’une couche fibreuse, mais avec une direction inverse à celle de la protubérance proprement dite.
Le corps rond , bientôt épanoui en couche fibreuse qui forme le pédoncule du cervelet , se trouve en arrière fortifié par l’accession des parties postérieures du pédoncule , composées , du
côté de la moelle , par la réunion de la pyramide postérieure du corps restiforme et d’un autre petit faisceau dont la saillie se prononce à la surface du losange terminal de la ligne d’origine des racines postérieures. Du côté du cerveau, ces parties postérieures du pédoncule cérébelleux sont formées par le faisceau nommé processus cerebelli ad testes. Enfin , dans l’intervalle de ce processus ad testes et du processus ad meduïlam ou à medulla , précédement décrit , s’élèvent des parties situées sous le plancher du quatrième ventricule , d’autres processus fibreux de la moelle au cervelet.
Ainsi constitué de parties antérieures et de parties postérieures qui ont ce caractère commun d’occuper sur la moelle une étendue considérable et de se resserrer en convergeant vers le cervelet , son pédoncule , considéré dans sa totalité , plus étendu de dedans en dehors que de haut en bas , présente un bord externe , un interne ; et deux faces , l’une supérieure, l’autre inférieure.
Le bord interne se voit de chaque côté du quatrième ventricule ; l’externe , qui n’est autre que la surface d’une moitié de la protubérance , correspond à la gouttière basilaire et à la face postérieure du rocher. Sur les faces supérieure et inférieure du pédoncule cérébelleux se trouvent appliqués des lobes feuilletés appartenant aux régions correspondantes des masses latérales du cervelet. Les extrémités externes de ces lobes finissent à la rencontre du bord externe du pédondule cérébelleux , qu’ils débordent un peu. En les écartant légèrement on voit ce bord. La terminaison en arrière correspond à la terminaison externe de la portion courbe de la scissure horizontale du cervelet.
Un peu en dessous delà jonction du bord externe du pédoncule cérébelleux avec la protubérance, se voit l’origine du nerf de la cinquième paire.
Plancher du ventricule cérébelleux .
Pour bien voir cette région , il faut , par une incision verticale , diviser le cervelet dans toute son épaisseur sur la ligne médiane
et écarter de chaque côté les deux moitiés de l’organe ainsi partagées.
On découvre alors, derrière et au-dessus de la moelle allongée, une surface dont la circonscription est celle d’un losange , sur les deux côtés supérieurs duquel s’élèvent deux parois blanches de substance nerveuse. Ces parois constituent la face interne des pédoncules du cervelet , surmontés par la masse du cervelet , et réunis en avant par une toile nerveuse mince, connue sous le nom de valvule de Yieussens. Cette toile recouvre l’angle supérieur du losange , où se trouve l’ouverture d’un canal nommé aqueduc de Sylvius. Les deux côtés inférieurs donnent naissance , dans leurs quatre cinquièmes supérieurs , à deux lamelles nerveuses , l’une droite, l’autre gauche, qui montent vers les lobules du cervelet. Ces lamelles, indiquées précédemment sous le nom de valvules de Tarin , laissent , dans leur écartement postérieur, une ouverture d’un médiocre diamètre. Des quatre angles du losange , les deux latéraux émoussés correspondent à la partie interne de la base des pédoncules cérébelleux ; des deux autres , le supérieur est l’origine d’un conduit dirigé de bas en haut, et connu sous le nom d’aqueduc de Sylvius ; l’inférieur, qui est la pointe du calamus scriptorius , correspond au principe du sillon médian postérieur de la moelle , et présente à son sommet bouverture enfoncée d’un ventricule étroit qui pénètre dans cet organe. Les bords du calamus scriptorius, continus à ceux du sillon postérieur de la moelle, inspirent, par leur écartement, la pensée qu’au passage de la moelle épinière proprement dite à la moelle allongée , les faisceaux postérieurs de la moelle épinière se renversent en dehors au niveau de la pointe du calamus, et mettent à découvert le prolongement des parties profondément cachées dans ce sillon et sa commissure.
La surface de ce losange, qui comprend le calamus et le plancher du ventricule cérébelleux , offre , dans son ensemble , une couleur grisâtre sous laquelle on voit , par transparence , des faisceaux blancs monter directement en haut de chaque côté de la ligne médiane. De cette ligne , partent , tout à fait superfi-
DU CERVELET
ciels , plusieurs faisceaux blancs qui se portent obliquement en dehors, les supérieurs vers le pédoncule du cervelet et les racines du nerf auditif, les inférieurs vers le corps restiforme.
Ainsi , tandis que la protubérance située au-devant et au-dessus de la moelle allongée semble une partie ajoutée devant les prolongements ascendants de cette moelle, dont elle croise la direction, la surface, située en arrière , au même étage que la protubérance en avant , semble la continuation modifiée des parties visibles en arrière de la moelle allongée, lesquelles semblent elles-mêmes procéder du fond du sillon médian ouvert et terminé à l’angle inférieur de cette surface.