‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 14 sur 138 · DE LA MOELLE ALLONGEE OU BULBE RACHIDIEN, REGION · texte numérisé non relu

DE LA MOELLE ALLONGEE OU BULBE RACHIDIEN, REGION

BULBOÏDE DE l’aNE NERVEUX.

Située dans la partie la plus élevée du canal vertébral , la moelle allongée fait suite immédiate à la moelle épinière, dont

elle est la continuation évidente. Ses limites inférieures , faciles à fixer sur la ligne médiane , se trouvent en avant , au haut de l’ entre-croisement précédemment décrit en arrière , à l’endroit où le sillon médian-postérieur de la moelle épinière , cessant d’être linéaire , s’ouvre en formant un angle comparé à la pointe d’une plume à écrire. Sur les côtés , une légère augmentation de volume signale le passage de la moelle épinière à la moelle allongée ; mais rien n’indique avec précision où finit l’une , où l’autre commence. Par en haut , elle se trouve en avant séparée de la protubérance qui lui succède, par un étranglement transversal très-marqué; en dehors , el’e finit à la rencontre du cervelet ; enfin, par derrière, aucune borne exacte ne lui peut être assignée. En effet , la surface anguleuse située en arrière de la moelle allongée se confond tellement avec le plancher de la cavité du cervelet, dont elle est simplement la partie la plus déclive, qu’il n’y a pas moyen de trouver une limite naturelle dans cette région. Pour cette raison, je me bornerai à indiquer ici cette partie postérieure de la moelle allongée. Sa description sera jointe à celle du plancher venir "cul aire avec lequel elle se confond.

Plus développée de droite à gauche que d’avant en arrière, la moelle allongée représente un tronçon de pyramide long à peu près comme la phalange onguéale du pouce; son sommet, tronqué , n’a pas tout à fait la moitié de cette dimension d’un côté à l’autre ; le diamètre transversal de sa base est presque égal à la longueur totale de cette région de l’axe nerveux. D’avant en arrière , le sommet , ainsi que la base , ont sensiblement moins d’étendue que de droite à gauche.

La surface de la moelle allongée, généralement blanche comme celle de la moelle épinière, sinon dans l’aire du calamus , offre divers renflements qui rappellent , par leurs formes , des segments de pyramides , d’olives ou de cônes. Le grand diamètre de ces renflements est toujours à peu près longitudinal , tandis qu’un grand nombre de fibres obliques et transversales forment en dehors de ces différents faisceaux une sorte de réseau fort délicat.

En avant et en arrière, sur la ligne médiane , un sillon trèsprononcé , surtout en haut , sépare l’une de l’autre chacune des moitiés de la moelle allongée. L’antérieur, qui continue le sillon antérieur de la moelle, un instant interrompu par l’entre-croisement décrit au contact de la moelle épinière proprement dite avec le bulbe rachidien , présente dans son fond une faible commissure d’autant plus profonde qu’on la regarde plus haut. En dehors de ce sillon , on voit se renfler successivement d’avant en arrière la pyramide située au contact de la ligne médiane , puis l'olive juxta-posée à la pyramide. En dehors de l’olive , on trouve un espace enfoncé, étroit, grisâtre, finement perforé, séparé par un petit traetus blanc d'un espace en losange très-allongé , légèrement renflé dans son milieu , qui termine en haut la ligne d’origine des racines postérieures des nerfs spinaux. En arrière de ce losange se montre un renflement considérable composé de plusieurs cordons distincts , compris ordinairement sous le nom de corps restiforme. Enfin , en dedans de ce corps se dessine la pyramide postérieure située sur la limite latérale du calamus, auquel nous devons nous arrêter ici.

La pyramide antérieure est une éminence peu saillante, large de cinq à six millimètres, étendue de l’ entre-croisement, auquel elle aboutit par en bas et auquel elle donne son nom , jusqu’au bord inférieur de la protubérance sous laquelle elle pénètre. Son sommet, tronqué, se perd dans l’entre-croisement ; sa base, rétrécie à l’approche de la protubérance , s’insère dans cette partie par une sorte de collet étranglé tout à fait visible dans les trois quarts de sa circonférence. Limitée en dedans par le bord du sillon médian , chaque pyramide finit en dehors le long d’une ligne légèrement enfoncée de l’autre côté de laquelle se prononce l’olive. On est dans l’usage de considérer la pyramide comme une dépendance des régions antérieures de la moelle , et , cependant , un examen attentif de cette éminence la montre plutôt comme une partie nouvelle insérée dans l’ écartement des faces antérieures de la moelle, qui paraissent elles-mêmes se bifurquer en arrivant à la moelle allongée et laisser sortir à travers cette

bifurcation l’éminence que nous allons actuellement décrire sous le nom d’olive.

De toutes les parties qu’on distingue à la surface de la moelle allongée, l’olive est celle dont le relief est le plus marqué. Voisine de la pyramide , moins prolongée qu’elle , surtout par en bas , elle n’atteint pas en haut le bord de la protubérance dont la sépare un enfoncement profond, qui se prolonge en descendant en dehors de l’olive, et la détache fortement du corps de la moelle' allongée ; et , tandis que la pyramide a une direction oblique qui la rapproche en bas de la ligne médiane , l’axe de l’olive , qui s’éloigne à la fois de la direction du rendement pyramidal et de l’axe de chaque moitié de la moelle allongée , se rapproche d’une ligne parallèle à l’axe central de la moelle.

La surface de l’olive, légèrement bosselée, blanche et polie, regarde en avant et en dehors ; la situation de l’olive à la surface de la moelle allongée est justement la même que celle de l’éminence décrite à l’angle externe antérieur du renflement lombaire, et, sans aucun doute aussi, les caractères si particuliers delà figure de l’olive se retrouvent dans l’éminence correspondante du renflement lombaire. Entre l’olive et la pyramide, on voit un petit tractus blanc qui semble la branche antérieure de la bifurcation de la région antérieure de la moelle épinière dans l’intervalle de laquelle l’olive fait saillie. On trouve , en dehors de l’olive , un autre enfoncement peu profond vers l’extrémité inférieure de l’olive , et qui le devient davantage du côté de la protubérance. Chez tous les sujets , la surface de cet enfoncement est percée d’un nombre considérable de pertuis pratiqués à la surface de la branche externe de la bifurcation dont il vient d’être question. Cette surface perforée est comprise entre deux lignes parallèles , l’une antérieure en contact avec l’olive , et l’autre postérieure, marquée par un petit cordon blanc à léger relief, très-sensible chez les nouveau-nés , et qui longe la partie antérieure d’un renflement que nous décrirons bientôt. Par en bas , cette surface enfoncée s’élargit à mesure que l’olive se resserre. Par en haut, elle s’élargit et s’enfonce entre l’olive et la

DE LA MOELLE \LLOI\UEE.

protubérance arrivant jusqu’au contact de la base cle la pyramide.

En arrière de cette région enfoncée, voisine de l’olive, se dessine l’espèce de losange très allongé qui termine en haut la ligne d’insertion des raéines postérieures des nerfs spinaux. La surface de ce petit losange , plus bombée dans son milieu , est obliquement traversée vers son angle supérieur par quelques fibres superficielles. Cet angle supérieur se perd dans la partie du pédoncule cérébelleux à laquelle se rend également le corps restiforme. Ce corps resti forme se prononce en arrière du petit losange que je viens de décrire. D’un volume considérable , le corps restiforme semble le prolongement ascendant élargi de la * face postérieure de la moelle adjacente à la ligne d’insertion des racines postérieures.

Du point où il commence en bas, par une extrémité effilée qui émane de la face postérieure de la moelle, il monte obliquement en dehors, et présente, avant d’entrer dans la partie postérieure supérieure du pédoncule cérébelleux, son plus grand volume. Il semble alors qu’il s’amincit à la manière du losange précédent, pour se perdre dans la partie correspondante du pédoncule cérébelleux, qu’on confond souvent avec le corps restiforme lui-même. En dedans du corps restiforme se prononce un petit renflement nommé la pyramide postérieure. Naissant par une pointe effilée de la colonnette interne de la face postérieure de la moelle, cette pyramide postérieure se prononce en un rendement très-sensible au niveau de la pointe du calamus , puis s’amincit en montant sur les bords de ce calamus dans la partie correspondante du pédoncule cérébelleux ; de sorte que le losange terminal de la ligne d’insertion des racines postérieures, le corps restiforme proprement dit , la pyramide postérieure , me semblent devoir être signalés comme possédant ce caractère commun , d’émaner par une extrémité effilée de la face postérieure de la moelle , de se renfler tous au bout d’un court trajet et à la même hauteur, ce qui produit la plus grande saillie des faces latérales postérieures de la moelle allongée , et , enfin , de s’effiler de nouveau en se

réunissant dans la partie postérieure supérieure du pédoncule cérébelleux, qu’on est dans l’habitude d’appeler corps restiforme. Celte appellation fautive empêche de comprendre la formation de cette région des racines du cervelet.

Entre le bord interne du prolongement ascendant de la pyramide postérieure et le bord correspondant du calamus se projette une lamelle grisâtre connue sous le nom de valvule de Tarin, et qui se porte en haut à la rencontre du cervelet', formant de chaque côté une concavité interne. La réunion de ces deux concavités représente une sorte de porte cintrée qui conduit dans l’intérieur du ventricule cérébelleux.

Dans l’étude que nous venons de faire de la moelle allongée , nous nous sommes bornés à décrire les parties antérieures et latérales de cette moelle, nous contentant d’indiquer la surface .anguleuse de la face postérieure. Cette surface appartient évidemment à la cavité cérébelleuse , et doit être réunie à celle-ci dans sa description si l’on veut éviter de scinder à chaque instant en divisions arbitraires des parties si importantes à bien connaître dans leurs connexions.

Plusieurs nerfs naissent de la moelle allongée : les uns, dans le prolongement des racines antérieures et postérieures de la moelle épinière; les autres, dans l’intervalle de ces deux lignes. L’étude attentive de chacune de ces origines nerveuses sera présentée dans l’étude générale des origines des nerfs.

Page 1