‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 21 sur 138 · QUADRILATÈRE PERFORE · texte numérisé non relu

QUADRILATÈRE PERFORE

à grand diamètre antéro-postérieur (1). Cette remarque, dont j’ai reconnu l’exactitude, et dont nous aurons occasion plus tard de donner la raison, m’a été communiquée par M. F. Bion, l’auteur du plus grand nombre des figures de l’Atlas annexé à cet ouvrage.

Telle est la surface du quadrilatère perforé. Non moins remarquable par son aspect qu’on ne retrouve dans aucune autre partie de la surface du cerveau, que par ses connexions avec les racines des nerfs olfactif et optique. Les bords de la partie inférieure de la scissure de Sylvius, au fond de laquelle existe ce quadrilatère, n’ont rien de bien remarquable. L’antérieur est formé par la marge en pente douce de la circonvolution avec laquelle se combinent les racines de l’olfactif. Le bord postérieur est une projection de la masse cérébrale logée dans la fosse temporale. Ce bord postérieur, dans la situation naturelle du cerveau, répond au-dessous du quadrilatère perforé, et s'avance au delà du niveau de la marge antérieure de ce quadrilatère, formant un biseau presque parallèle à celui du bord antérieur. Arrondie en demi-cercle de droite à gauche, cette lèvre postérieure de la région basilaire de la scissure de Sylvius s’unit en dehors à la lèvre inférieure de la région externe, en dedans au bord de la fente de Bichat, que nous avons considérée comme un prolongement interne de la même scissure.

(1) On voit quelquefois ce quadrilatère traversé diagonalement de son angle postérieur interne à son angle antérieur externe par un filet blanc qui , se rendant au chiasma des nerfs optiques, semble être une racine de ces nerfs. Cette disposition existait sur un cerveau que j’ai disséqué avec le professeur Blandin. Ce savant anatomiste a pensé comme moi, que ce filet diagonal était une petite racine des nerfs optiques. Vicq-d’Azvr a rencontré ce même filet, et l’a trouvé digne d’assez d’attention pour le faire figurer dans la fig. 3 de sa pl. xxv. Vicq-d’Azyr a soin de dire, à propos de cette figure, que ce filet diagonal marqué par la lettre x n’appartient pas à la première paire et croisait la direction des racines de celles-ci près de la substance perforée. Au reste, les variétés qu'on trouve à cet égard sont très-nombreuses et méritent beaucoup d’attention. Nous aurons occasion d’y revenir en parlant de la structure

DES CIRCONVOLUTIONS

DES CIRCONVOLUTIONS

Des excroissances nombreuses, en forme de replis épais, juxtaposés les uns aux autres, se renflent de toutes parts à la périphérie du cerveau. Plus ou moins sinueux dans leur cours, ces replis sont tellement disposés , que , par un de leurs bords , ils adhèrent à la masse de l’organe , tandis que le bord opposé, parfaitement libre , décrit de nombreux méandres dont les contours rappellent au premier abord l’aspect des intestins grêles. Cette raison les a fait nommer circonvolutions intestiniformes du cerveau, par les anciens anatomistes, puis le mot circonvolutions, employé seul , a prévalu.

Le bord adhérent des circonvolutions est appelé leur base; on nomme sommet leur bord libre. Les surfaces comprises dans l’intervalle de leurs bords n’ont pas reçu de nom propre , et seraient convenablement désignées par celui de flancs des circonvolutions. La distance de la base au sommet donne leur hauteur.

Les enfoncements qui séparent, les circonvolutions sont connus sous le nom d’anfractuosités.

Les lignes menées perpendiculairement du milieu du sommet des circonvolutions au milieu de leur base et qu’on peut appeler axes des circonvolutions, sont en général dirigées vers les parties centrales de l’hémisphère.

La hauteur des circonvolutions est tellement mesurée , que le plus grand nombre de leurs bords libres arrive au contact des surfaces planes, convexes ou concaves, auxquelles correspondent les differentes faces de l’hémisphère. Ainsi, dans la face interne les bords libres des circonvolutions sont tangents au plan vertical médian , que représente la grande faux de la dure-mère : ils sont tangents à la concavité de la face interne de la voûte crânienne , dans toute l’étendue des régions convexes extérieures du cerveau. Enfin , dans les régions basilaires de l’organe, ils forment dans leur ensemble des surfaces alternativement concaves et convexes

DES CIRCONVOLUTIONS

qui s’accommodent a ux surfaces alternativement convexes et concaves des parois sur lesquelles elles reposent.

Les flancs des circonvolutions en sont de beaucoup les parties les plus étendues, les sommets viennent ensuite. Cette supériorité d’étendue des sommets des circonvolutions sur leurs bases est une conséquence de la direction convergente des axes des circonvolutions vers les parties centrales de l’hémisphère et des sinuosités que décrivent leurs bords libres.

Si l’on rase les circonvolutions d’un hémisphère jusqu’au voisinage du fond des anfractuosités, la périphérie de cet hémisphère rasé, et très-rapetissé par cette opération , donne 'a somme des surfaces formées par la base des circonvolutions moins l’étendue du fond des anfractuosités qui les sépare; et comme les anfractuosités ne sont pas plus larges à leur ouverture qu’à leur fond , il est évident que la somme des bases des circonvolutions est inférieure de beaucoup à celle de leurs sommets qui constituent la surface extérieure des hémisphères. Cette différence d’étendue entre les bases et les sommets des circonvolutions , ne tient pas à ce que les circonvolutions deviennent plus épaisses à mesure qu’elles s’éloignent de leurs bases; on en peut trouver accidentellement quelques-unes dans ce cas, mais ce n’est pas la règle. Au contraire , dans un grand nombre de replis circonvoîutionnaires , il existe , entre le bord adhérent et le bord libre, une différence d’étendue analogue à celle qu’offrent les deux bords opposés du mésentère. L’un , presque droit et d’une médiocre longueur , adhère aux parois osseuses et muscuhaires de l’abdomen; l’autre bord, au contraire, auquel se trouve attaché l’intestin , offre les mêmes sinuosités que cet intestin lui- même, et acquiert ainsi des dimensions très -supérieures à celles du bord adhérent.

La circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius présente le plus bel exemple de l’analogie que je signale (voy . pl. 7, fig . 1, E E EK E" A’”). Les bords adhérents de cette circonvolution circonscrivent l’insula par une sorte d’anse à peine égale à celle que figurent le pouce et l’index rapprochés par leurs extrémités, tandis que les bords libres de la même circonvolution , décrivant

DES CIRCONVOLUTIONS

des festons multipliés, surpassent de cinq à six fois cette grandeur.

Ce sont donc surtout les sinuosités des bords libres ou sommets des circonvolutions qui produisent le surcroît d’étendue de ces bords comparés aux bords adhérents ou aux bases. Les sinuosités des bords libres des circonvolutions varient d’un sujet à un autre. Les cerveaux qui paraissent , au premier abord , offrir les circonvolutions les plus nombreuses, sont simplement, dans le plus grand nombre de cas, ceux dans lesquels les bords libres des circonvolutions présentent le plus de sinuosités. Il s’en faut beaucoup que les bords libres ou sommets des circonvolutions forment une convexité régulière entre les deux flancs qu’ils unissent ; ils’ représentent en général, d’un côté à l’autre, une courbe surbaissée, et offrent d’ailleurs, en plusieurs endroits, des enfoncements , des saillies partielles , qui n’ont rien de régulier et de constant.

Il n’est pas rare qu’une circonvolution , simple par sa base , tende à se dédoubler par son sommet. Cette tendance, marquée quelquefois par un simple sillon médian et parallèle au bord libre de la circonvolution, l’est, dans d’autres circonstances , par une anfractuosité borgne, dont la profondeur peut approcher de celle des circonvolutions ordinaires. Il existe, d’ailleurs, dans tous ces accidents d’innombrables variétés qu’il serait peu profitable d’entreprendre de décrire. Le seul exemple constant d’une anfractuosité borgne, d’une assez grande étendue, symétrique sur les deux hémisphères, se trouve dans l’intervalle des circonvolutions qui répondent aux nerfs olfactifs. Dans tout leur trajet intra-crânien, ces nerfs, qui représentent un prisme triangulaire, ont l’arête supérieure de ce prisme en rapport avec l’anfractuosité borgne que je signale.

Les anfractuosités ne sont pas continues les unes aux autres dans toutes leurs parties, comme le sont les bords libres des circonvolutions. En effet, les intersections des replis circonvolutionnaires les uns avec les autres n’interrompent pas la continuité de leurs bords libres; seulement elles multiplient les embranchements de ces bords, mais elles interrompent à chaque instant,

DES CIRCONVOLUTIONS

au contraire , les anfractuosités. Celles-ci représentent donc des bassins séparés, toujours étroits, plus ou moins profonds et sinueux. quelquefois d’une étendue assez considérable, d autres fois très-petite , dont les flancs des circonvolutions constituent les parois. Leurs fonds, sensiblement moins étendus que leurs ouvertures, par la même raison que les sommets des circonvolutions surpassent de beaucoup leur base, représentent toujours un demicercle ou un sommet d’ogive à très-faible diamètre, par le moyen duquel s’opère la jonction des flancs des circonvolutions voisines.

Les anfractuosités de la face interne de l’hémisphère ne communiquent jamais avec celles de la face externe; et dans chacune de ces faces , les anfractuosités des régions antérieures ne communiquent jamais avec celles des régions postérieures. On peut dire la même chose de celles des régions inférieures du cerveau. Celles de l’intérieur de la scissure de Sylvius lui sont propres aussi, et ne communiquent pas avec celles des régions qui l’environnent. Enfin, dans chacune des subdivions des grandes régions que forment les faces principales de l’hémisphère , les communications des anfractuosités les unes avec les autres sont toujours assez rares.

Toutes les circonvolutions , toutes les anfractuosités ne sont pas visibles à la surface des hémisphères. On découvre des divisions secondaires sur les parois de plusieurs anfractuosités. Nous avons indiqué déjà, sous le nom d’insula, une masse particulière de circonvolutions cachée dans le fond de la région externe de la scissure de Sylvius (voy. pl. 7, fig . ], CCC). On trouve aussi constamment sur les parois de la scissure postérieure de la face interne du cerveau , des replis circonvolutionnaires qui ne sont pas visibles avant l’ouverture de cette scissure.

La saillie des circonvolutions en dehors de la masse centrale des hémisphères augmente considérablement l’étendue de la surface cérébrale. Et Desmoulins a savamment prouvé ce fait, que, par suite du grand nombre de ses circonvolutions et de la profondeur de ses anfractuosités, la surface du cerveau de l’homme sur-*

DES CIRCONVOLUTIONS. 189

passe en étendue celle des cerveaux de tous les animaux (1). On peut ajouter que le volume des circonvolutions, la profondeur de leurs intervalles n’ont pas de rapports uniformes avec le volume total du cerveau.

D’où il résulte que l’étendue de la surface cérébrale peut varier d’un individu à un autre, dans des rapports inverses à ceux de la masse des hémisphères.

Différentes de volume , de forme , d’étendue , la plupart des circonvolutions qui se correspondent par leur siège sur l’un et sur l’autre hémisphère, ne sont pas parfaitement symétriques chez l’homme. En général , les plus grosses circonvolutions, les anfractuosités les plus profondes se remarquent sur la partie moyenne et postérieure de la face convexe des hémisphères. Elles sont plus petites à l’extrémité postérieure qu’à l’extrémité antérieure. Les plus petites de toutes se trouvent à la surface de l’insula.

A la manière dont on parle des circonvolutions dans quelques écrits, il semblerait qu’il en existe un très-grand nombre de distinctes les unes des autres. On a été jusqu’à les délimiter, les nombrer, les nommer et en tracer à la surface du crâne une sorte de carte. L’anatomie sérieuse repousse de semblables prétentions. Elle fait voir de longues lignes de replis circonvolutionnaires non interrompues à la surface du cerveau, des groupes distincts d’autres groupes; mais ces lignes et ces groupes se confondent dans un grand nombre de points avec les parties voisines par des anastomoses directes qui occupent toute la hauteur des circonvolutions. Dans les cas où ces sortes d'anastomoses manquent , il y a toujours passage , au fond des anfractuosités , de la couche corticale d’une circonvolution dans la circonvolution voisine. On ne peut donc, en regardant sévèrement les choses, concevoir rien de plus, qu’une certaine indépendance de quelques lignes circonvolutionnaires d’avec d’autres lignes , de quelques grandes régions d’avec d’autres grandes régions , de quelques groupes d’avec d’autres

(1) Surtout en tenant cotnptc des rapports du volume du corps à celui du cerveau.

DES CIRCONVOLUTIONS

groupes; et, encore, est-on forcé de reconnaître que les régions circonvolutionnaires les plus indépendantes en apparence , sont au moins aussi directement continues les unes aux autres par la couche corticale qui leur est commune, que le sont les différentes parties d’une membrane séreuse , malgré les replis nombreux qu’elle peut subir en revêtant successivement , par exemple , toute la longueur du canal intestinal , le foie , la rate, la vessie , l’utérus , etc.

On se ferait moins aisément illusion sur les circonvolutions cérébrales, on serait beaucoup moins enclin à y voir ce qui n’existe nulle part dans le corps humain , où toujours un assemblage considérable de parties diverses se trouve associé , pour constituer un seul organe , loin qu’une seule partie serve jamais à constituer un nombre considérable d’organes différents-; si l’on voulait se rappeler que les circonvolutions cérébrales sont de simples replis de la couche corticale du cerveau ; que cette couche est unique , continue partout à elle-même , dans les diverses régions qu’elle occupe. Que dans beaucoup d’espèces d’animaux, la couche corticale du cerveau n’offre aucun de ces replis que nous appelons circonvolutions , et que chez ceux qui présentent les circonvolutions les plus achevées, une hydropisie ventriculaire peut en effacer un nombre plus ou moins grand et les ramener à l’aspect uni que présentent naturellement beaucoup d’encéphales , sans abolir pour cela les facultés du malade hydrocéphale.

Quand on se borne à regarder dans leur ensemble les replis circonvolutionnaires de la surface du cerveau de l’homme, à considérer curieusement les caprices infinis de leurs contours , on a peine à reconnaître une loi à laquelle soient soumises leurs dispositions si variables en apparence. Cette loi existe pourtant, un examen approfondi la démontre. Nous allons nous efforcer de la faire comprendre.

DIVERS ORDRES DE CIRCONVOLUTIONS

DIVERS ORDRES DE CIRCONVOLUTIONS

Il existe clans le cerveau de l’homme des circonvolutions de quatre ordres différents.

Une seule constitue le premier ordre, elle a pour caractères distinctifs d’émaner des bords du quadrilatère perforé ( voy . pl. 8, BD , B' D' , b b b , et pl. 6, B , D C) et de constituer la circonférence entière de la lisière de la couche corticale. Dans son trajet circulaire elle confine successivement au corps calleux, au tronçon pédonculaire, et enfin à l’ouverture des ventricules connue sous le nom de fente de Bichat.

Le second ordre de circonvolutions comprend deux grandes lignes ayant pour caractère commun de former des anses d’une étendue considérable, attachées parleurs extrémités, sur cette partie de la circonvolution du premier ordre qui forme la marge antérieure et externe du quadrilatère perforé (voy. pl. 7, fig. 1), ces deux lignes de profil. Supposant qu’elles naissent sur la marge antérieure de ce quadrilatère (voy. pl. 6, D , B), nous les voyons s’avancer, l’une sur le bord interne du triangle orbitaire en dedans de l’anfractuosité de l’olfactif (voy. pl. 6, Z)’), puis s’élever sur le bord interne de la convexité de l’hémisphère, qu’elle contourne suivant sa plus grande circonférence (voy. pl. 7, fig. 1, A D D D D D D D D) jusqu’à son extrémité postérieure, d’où elle revient longeant la zone cérébello-temporale, se terminer en dehors de la tubérosité terminale de la circonvolution de premier ordre sur la marge postérieure du quadrilatère perforé (voy. pl. 9, Z),), à la marge antérieure interne duquel nous avons pris son origine. L’autre, naissant, comme la première, sur la marge antérieure du quadrilatère perforé, mais à l’extrémité externe de cette marge antérieure (voy. pl. 6, E , et pl. 7, E')} se porte d’abord en avant et en dehors, et forme dans cette première partie de son trajet le côté externe du triangle orbitaire (voy. pl. 6, E, E ’), lèvre antérieure de la scissure de Sylvius (voy. pl. 7, fig. 1, E ’ Y); elle constitue successivement la lèvre supérieure et la lèvre posté-

DIVERS ORDRES DE CIRCONVOLUTIONS

rieure inférieure de la même scissure (voy. pl. 7, E E E E"' E"), et se termine à l’extrémité de cette dernière dans le sommet du lobe temporal, au contact de la marge externe du quadrilatère perforé (voy . pl. 7, E" , et pl. 9, de E' en D).

D’après ce qui vient d’être dit, on voit que la circonvolution unique du premier ordre, et les deux circonvolutions du second ordre, sont toutes de grandes lignes irrégulièrement circulaires, situées dans un plan antéro-postérieur à peu près vertical , et soudées sur les limites du quadrilatère perforé.

Les circonvolutions du troisième ordre ont pour caractères de servir de moyens d’union entre celle du premier ordre et les deux du second. Les unes occupant la face interne de l’hémisphère (voy. pl. 8, C, C, C, C, E E , F, G , Y Y); les autres, la profondeur de la scissure de Sylvius (voy. pl. 7, fig. 1, C, C, C , et même planche, fig. 2, C , C, C , C, C, C,). Elles sont comme les circonvolutions des deux ordres précédents, dans un plan antéropostérieur à peu près vertical ; mais au lieu de former de grandes anses antéro-postérieures, elles rayonnent dans le plan qu’elles occupent, de la circonvolution du premier ordre qui forme un arc de cercle plus petit, ou mieux une anse plus courte, aux deux circonvolutions du second ordre, dont les cercles ou les anses offrent un diamètre plus considérable. Les replis circonvolutionnaires de ce troisième ordre sont très-nombreux $ les uns forment des lignes simples, les autres sont ramifiés en s’éloignant de la circonvolution du premier ordre, de laquelle ils émanent. Dans aucun cas ils n’approchent de l’étendue des circonvolutions du premier et du second ordre.

Enfin les circonvolutions du quatrième ordre sont celles de la convexité de l’hémisphère , destinées à remplir l’intervalle que laissent entre elles les deux circonvolutions du second ordre, cet intervalle est vide dans la fig. 1 de la pl. 7, elles vont plus ou moins directement de l’une à l’autre de ces lignes (voy. pl. 10, H, K , T , N , P, P, P, O, O). Les circonvolutions du quatrième ordre sont les seules, dans tout l’encéphale, qui n’aient aucune connexion dihcte avec le quadrilatère perforé, ni avec la circon-

volution du premier ordre. Elles sont les plus volumineuses de toutes celles qui composent la surface cérébrale. C’est dans leur intervalle qu’on rencontre les anfractuosités les plus profondes et les plus uniformes, d’un de leurs flancs à l’autre. Eu aucun cas, elles ne forment de lignes d’une longueur comparable à celles que parcourent les circonvolutions du premier ordre et celles du second. Elles ne sont pas circulaires comme celles des deux premiers ordres • elles ne sont pas rayonnantes à la manière de celles du troisième ordre , quoique leurs lignes principales aient encore à un certain degré, le caractère de rayons divergeant de la plus petite à la plus grande ligne du second ordre. Leur disposition générale est celle d’un réseau dont la plupart des lignes anastomosées les unes avec les autres serpentent dans l'intervalle des deux circonvolutions du second ordre auxquelles elles finissent toujours par se rattacher. Les circonvolutions du quatrième ordre sont les replis de la couche corticale les plus achevés , les plus parfaits. Les autres lignes tirent leurs caractères principaux de leur direction, de leurs connexions. L’on pourrait dire que le caractère par excellence de ces dernières est la richesse , la beauté de leurs formes. Ce sont elles qui laissent dans l’esprit de l’anatomiste le type par excellence de la circonvolution cérébrale. Elles sont en même temps les plus irrégulières de toutes dans l’encéphale humain.

Nous ne pousserons pas plus loin ces considérations 'générales. Nous allons passer à l’examen de chacun des ordres de circonvolutions que nous venons d’établir; et quand nous aurons terminé cette étude, nous ferons ressortir dans un résumé général les caractères et les analogies des replis qui appartiennent à ces quatre divisions.

La circonvolution unique du premier ordre, que nous appelons circonvolution de l’ourlet (voy. pl. 8, fig. 1, B, B' bbbb , et pJ. 6, CD ), a pour caractère principal de former un cercle complet

sur la limite marginale , la lisière de la couche corticale de l’hémisphère. Arrondie et serrée autour du corps calleux , du tronçon pédonculaire et du quadrilatère perforé, elle enferme étroitement toutes ces parties dans sa circonférence. Considérée dans son ensemble, cette circonvolution peut être comparée à la coulisse d’un serre-tête et à la petite échancrure de ce serre-tête par laquelle sortent les deux extrémités du ruban qui parcourt la coulisse.

Toute la partie de cette circonvolution qui représente la coulisse du serre-tête, est située dans un plan vertical , et se trouve serrée autour du corps calleux et du tronçon pédonculaire ; les endroits où sortiraient les deux cordons se trouvent, l’un à la partie interne du bord antérieur du quadrilatère perforé, l’autre à la partie externe de son bord postérieur ( voy. pl. 6, B B' ). On pourrait même , en poussant plus loin la comparaison vulgaire , mais exacte que j’invoque, représenter l’un des deux cordons du serre-tête par le nerf optique , l’autre par l’olfactif (voy. pl. 6 , %. /, L).

Quant à l’échancrure par laquelle entrent ou sortent ces deux cordons, elle est représentée fidèlement par la marge de matière grise élevée sur les bords externe et antérieur du quadrilatère perforé. Ces bords forment un Y dont les deux extrémités se combinent avec les extrémités de la coulisse circulaire dans laquelle est serré le corps calleux et le tronçon pédonculaire.

Il y a donc deux parties distinctes dans notre circonvolution du premier ordre ; une première très-étendue, située dans un plan vertical et serrée circulairement autour du corps calleux et du tronçon pédonculaire (voy. pl. 8, B B' b b b) ; une seconde, trèspetite , située dans un plan horizontal et formant la marge du bord antérieur et du bord externe du quadrilatère perforé , et se combinant par ses extrémités avec les extrémités correspondantes de la grande partie verticale de la circonvolution de l’ourlet ( voy. pl. 6, CD).

Cette circonvolution, remarquable par sa situation sur la marge de la couche corticale de l’hémisphère, représente assez bien par

cela seul une sorte de lisière ou d’ourlet terminal de la couche corticale. Nous verrons plus tard qu’elle a pour base fibreuse un ruban de substance blanche qui la double d’une manière analogue au repli de nos linges que nous nommons ourlets (voy. pl. 14, fig. 1, D B B B). Ce nom d’ourlet convenant très- bien au ruban fibreux sous-jacent à la circonvolution qui nous occupe, nous avons désigné par le nom de circonvolution de l’ourlet , le repli cortical qui recouvre l’ourlet représenté par ce ruban fibreux. Régnant sans interruption sur toute la lisière de la couche corticale du cerveau, arrondie autour du corps calleux et du tronçon pédonculaire , régnant également sans interruption sur la lisière de la couche corticale qui cerne le quadrilatère perforé , la circonvolution de l’ourlet forme autour du corps calleux et du tronçon pédonculaire une grande anse presque complètement circulaire élevée dans un plan vertical (voy. pl. 8, B B' b b b). Elle forme une autre anse fort petite et située dans un plan horizontal sur les bords antérieur et externe du quadrilatère perforé (voy. pl. 6, C, D). Les deux extrémités de la partie circulaire verticale et-celles de la partie horizontale se réunissent dans l’enceinte du quadrilatère perforé (voy. pl. 6, C C\ D B).

Pour étudier convenablement la disposition de cette circonvolution remarquable, nous considérerons séparément les deux anses inégales dont elle se compose : nous ferons commencer la première à l’extrémité visible de la racine interne du nerf olfactif, à la partie interne et antérieure du quadrilatère perforé, au con- ' tact de la partie inférieure la plus reculée du corps calleux (voy. pl. 6, B , pl. 8, fig. 1 , B nous la suivrons clans son trajet circulaire autour de ce corps et au delà , jusqu’à ce que nous l’ayons ramenée au bord postérieur du quadrilatère perforé sur lequel elle se termine par une tubérosité remarquable, à la base de laquelle semble finir la racine externe du nerf olfactif (voy. pl. 8, fig. 1, D'\ etpl. 6, C' ).

Comme on le voit , cette première partie verticale de la circonvolution est appuyée par ses deux extrémités sur les extrémités de la racine interne et de la racine externe du tronc olfactif,

L’autre partie , petite partie , partie horizontale de la circonvolution de l’ourlet, située dans un plan horizontal , sur les limites externe et antérieure du quadrilatère perforé (voy. pl. 6, CD ) , supporte dans toute leur longueur les racines externe et interne du tronc olfactif. Les connexions de la partie verticale de la circonvolution de l’ourlet avec les extrémités des racines nerveuses que supporte dans toute leur étendue la partie horizontale de la même circonvolution , indiquent le point de concours des extrémités des deux anses de la circonvolution de l’ourlet, sur la marge du quadrilatère perforé.

Page 1