PREMIÈRE PARTIE
Des idées générales très-justes sur les propriétés principales du système nerveux ont été le partage de l’antiquité savante.
Démocrite disséquait le cerveau pour y chercher le siège de la folie. Plusieurs passages d’Hippocrate et d’Aristote contiennent l’expression formelle que l’encéphale est le siège de l’intelligence. Arétée invoquait l’ entre-croisement des nerfs dans la moelle épinière pour expliquer l’influence croisée du cerveau sur les mouvements volontaires , et Galien distinguait les nerfs en ceux du mouvement et ceux de la sensibilité.
A côté de ces vues , que les travaux des siècles n’ont fait que confirmer, se trouvent beaucoup d’hypothèses qui n’ont pas eu le même sort.
Ainsi , le cerveau a été pris pour une glande , parce qu’on lui attribuait la sécrétion de certaines humeurs.
On l’a comparé à la moelle des os , parce qu’il est comme elle contenu dans une enveloppe osseuse.
Cependant , les nerfs considérés comme une production du cerveau furent long-temps confondus sous le même nom commun vsvpov avec les tendons et les ligaments.
Praxagoras et Plistonicus distinguèrent les nerfs des autres organes blancs; ils les supposèrent continus aux artères.
De plus, observant dans les animaux inférieurs la petitesse du cerveau relativement à la moelle spinale, ils avancèrent, contrairement à l’opinion généralement admise de leur temps, que le cerveau est un appendice de la moelle rachidienne. Galien combattit cette opinion , et , rangeant le cerveau parmi les viscères , il continua à le regarder comme le principe de la moelle épinière et des nerfs. Du reste, il avait sur ses usages, par rapport à l’intelligence, des idées très-arrêtées. On voit, en effet, dans plusieurs passages de ses ouvrages, que nonseulement il regardait le cerveau comme l’organe de la pensée , mais qu’il allait même jusqu’à décrire les formes de tête les plus favorables aux opérations de l’esprit et celles qui Tétaient le moins.
Il connut et décrivit mieux que ses prédécesseurs les différentes parties du système nerveux , distingua les nerfs en ceux du mouvement volontaire et ceux du sentiment , et crut trouver dans la fermeté des uns et dans la mollesse des autres la raison de la différence de leurs fonctions.
Quant au cerveau lui-même , Galien le disséquait par des coupes dont le but principal était de montrer les ventricules. Ce grand homme attachait aux cavités de l’organe plus d’importance qu’à l’organe lui-même.
La science du système nerveux , telle que l’avait laissée Galien , ne subit pas d’importants changements pendant plusieurs siècles. On retrouve dans les docteurs scolastiques ses idées en anatomie et en physiologie. Albert le grand , au liv. 3 De anima, traité 1er, chap. 4, tom. m , édit, de Lyon, 1651 , dit positivement que l’organe de l’imagination est le cerveau et indique aussi les formes de crâne qu’il croit les plus favorables aux diverses facultés de l’esprit.
Après l’époque dite de la renaissance , Gaspar Bartholin, un des premiers, se fit remarquer par des vues indépendantes de l’autorité de Galien, mais qui pourtant se trouvaient déjà consignées dans ses ouvrages. Il remarque, par exemple, à propos des rapports du cerveau et de la moelle épinière : « Que si quel- » qu’un pensait qu’il faut commencer par le cerveau à cause » qu’on dit qu’il est l’origine de la moelle de l’épine, nous lui » répondrions que notre opinion est que la moelle , en tant » qu’elle est dans le crâne et dans l’épine, doit être plutôt ap- » pelée le principe du cerveau , et que le cerveau même , divisé » en deux parties, est comme une double apophyse ou produc - » tion de la moelle. Ce qui se remarque plus clairement en l’a- » natomie des poissons qui ont la tête et la queue de la moelle » bien plus grosses , et la production de la moelle ou le cerveau »» fort petit. »
Du reste, sa manière de disséquer l’organe n’eut rien de progressif.
Jusqu’à Yarole, on avait toujours coupé par tranches horizontales, de haut en bas, le cerveau laissé sur la base du crâne; cet anatomiste, considérant aussi le cerveau comme un appendice de la moelle et concevant l’importance de montrer la prolongation de celle-ci dans la masse cérébrale, imagina d’extraire complètement l’encéphale de la boîte osseuse, de le renverser et d'en commencer l’examen par en bas.
Il trouvait , à ce procédé , l’avantage de faire voir toutes les parties basilaires du cerveau et ses connexions avec le reste du système nerveux.
Ainsi, poursuivant les libres de la moelle allongée au-dessous de cet anneau de fibres transversales qu’on a nommé depuis pont de Yarole, il montrait leur continuité avec celles des pédoncules cérébraux et du cerveau lui- même. Plus tard , Sylvius proposa de disséquer un hémisphère de haut en bas suivant l’habitude ancienne, et l’autre de bas en haut à la manière de Yarole : il décrivit d’ailleurs avec assez de soin la scissure qui sépare en bas le lobe antérieur du lobe moyen, pour mériter qu’on don-
nât son nom à cette fente nommée depuis scissure de Sylvius.
Ces modifications heureuses furent bientôt suivies de travaux d’une telle valeur, qu’on doit encore de nos jours les mettre au rang des meilleurs ouvrages qu’ait fait naître l’étude du système nerveux. Ces travaux sont ceux de Willis et ceux de Malpighi.
Willis, dont le nom reste attaché à une classification trèsconnue des nerfs , a certainement donné dans ses différents écrits sur le cerveau les preuves les plus remarquables de son rare mérite comme anatomiste. Non content de répéter les pratiques généralement usitées de son temps , il imagina une méthode entièrement nouvelle de disséquer l’encéphale; voici comment il s’exprime à cet égard :
« Pour pratiquer convenablement l’anatomie du cerveau on » ne doit pas se livrer aux coupes vulgaires, mais après avoir '»> placé l’organe de manière que son limbe postérieur soit tourné » du côté de l’anatomiste, il faut débarrasser, autant que posv sible, en arrachant ou disséquant les membranes, ce limbe de » ses connexions avec le cervelet et la moelle allongée. Alors on » verra que 1a. substance du cerveau n’est en aucune manière » unie à ces corps, mais en est tout à fait libre et indépendante ’» par elle-même, et se trouve seulement fixée avec elles, d’une “« manière superficielle, par les membranes. De plus, si l’on in- » eline en avant cette poupe du cerveau ainsi dégagée des par- '» ties voisines, les jambes de la moelle allongée seront tout à ’»> fait à découvert et complètement séparées du cerveau et du >> cervelet (si ce n’est à leur extrémité où ces deux corps lui sont >> attachés); en élevant ainsi le limbe postérieur du cerveau, on « voit ce qu’on appelle les trois ventricules confondus en un » même espace ou simple vide résultant de la disposition corn- » pliquée de l’organe.
» Suivant Willis, le cerveau n’est uni qu'en avant à la moelle » allongée par les corps striés qui sont comme les sommets de » cette moelle. La partie nommée voûte n’est qu’une espèce de » corde ou ligament qui , née antérieurement à l’endroit où le
» cerveau est attaché à la moelle , se porte de là au limbe pos- » térieur auquel elle est unie par deux prolongements en ma- » nièrg de bras étendus , retenant ainsi toute la masse cérébrale » dans sa forme arrondie , et s’opposant à son développement » suivant une surface plane (1). »
Willis passe ensuite à la description particulière de chaque région. Pour mieux voir celles qui sont renfermées dans l’intérieur de l’organe, il conseille, après avoir mis le cerveau dans la position indiquée, de pratiquer d’arrière en avant une section horizontale en dehors des épiphyses ou prolongements de la moelle (les couches optiques et les corps striés) , de diviser les racines postérieures de la voûte , et alors le limbe postérieur peut être tout à fait élevé, puis renversé en avant, de manière que l’assemblage arrondi de l’organe se trouve développé et étendu suivant une surface plane.
Une autre préparation , imaginée par le même auteur, dans la même intention , c’est-à-dire pour montrer les parties qui forment les surfaces des ventricules , consiste à diviser en long sur la ligne médiane le corps calleux et la voûte, et à écarter ensuite l’un de l’autre les deux hémisphères qu’on renverse en dehors. Mais tout en décrivant soigneusement les ventricules, Willis combat par une critique judicieuse les théories qui donnaient une importance imaginaire à ces réceptacles de fluide aqueux , et fait les réflexions les plus propres à ramener l’attention des anatomistes sur la substance cérébrale elle-même à laquelle il rattache toutes les actions nerveuses.
Ne s’arrêtant pas à l’examen des formes de chaque partie , Willis s’applique à en pénétrer la structure intime. Il distingue, dans plusieurs endroits , des tractus médullaires , espèce de nerfs intrinsèques destinés au trajet des esprits animaux.
Les corps striés sont, à ses yeux, les sommets de la moelle allongée. Le cerveau fixé à ces corps , en avant , se recourbe de là en haut , puis en arrière et en bas , et se trouve maintenu dans
( i ) Wiliis opéra. Lug., x 68 1 , tom. i , p. 9,54.
cette position recourbée par la voûte à laquelle il donne les fonctions d’un ligament. Il regarde le corps calleux comme formé du rapprochement sur la ligne médiane de tout les tractus médullaires des anfractuosités du cerveau. Les corps striés renferment des stries médullaires ascendantes et descendantes, lesquelles sont des canaux ou conduits destinés à la transmission des esprits animaux, du corps calleux dans la moelle, et de celle-ci dans le corps calleux.
Il décrit ensuite les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux; il considère ces derniers comme formant une région particulière distincte du cerveau , du cervelet et de la moelle allongée. Il observe seulement des tractus de communication destinés à unir l’action de ces différentes parties.
Cet auteur considérait la substance corticale comme destinée à séparer du sang les esprits animaux. La substance médullaire dont il cherche à suivre partout les tractus , les stries , les fibres , recevait les esprits animaux récemment séparés, les élaborait et les transmettait par le moyen de la moelle spinale aux différentes parties suivant leurs besoins.
D’ailleurs le cerveau, proprement dit, siège de la raison, lui paraissait diriger les mouvements volontaires; le cervelet, au contraire , présider aux mouvements involontaires des organes contenus dans le thorax, l’abdomen.
Telles sont les idées principales contenues dans les écrits de Willis. Et plusieurs de ces idées, pour être bien entendues, même avec le secours des figures fort bonnes destinées à les faire connaître, demandent une certaine force d’étude et beaucoup d’habitude de l’encéphale. Il est remarquable, en effet, que plusieurs auteurs qui ont traité du cerveau depuis Willis ont pu , même en reproduisant ses figures , les critiquer comme tout à fait imaginaires, alors seulement qu’ils n’étaient pas en état de les comprendre et de constater leur parfaite concordance avec la nature.
Le travail de Willis , qui joignait à une conception ingénieuse de la disposition du cerveau, des vues d’ensemble d’un grand mé-
rite , fut bientôt suivi d’un des meilleurs traités qui ait jamais paru sur la composition intime des masses nerveuses encéphaliques. La conquête du microscope était faite, Maîpighi sut le premier l’appliquer avec un véritable succès à l’étude du cerveau. Mais il ne se borna pas à des observations microscopiques.
Adoptant à peu près les opinions de Willis, par rapport à la conformation générale de l’encéphale , il s’en éloigna sur d’autres points.
Dans son premier écrit, il reproche, à la plupart des anatomistes, de s’être trop arrêtés à la surface cérébrale, d’en avoir décrit avec un soin minutieux les plus petites particularités, et d’avoir négligé d’en pénétrer la structure et la composition intimes. Il remarque que Piccolomini s’occupa le premier de recherches sur ce point, et découvrit une différence , une véritable séparation dans les parties qui composent la masse encéphalique; qu’il réserva le nom de cerveau proprement dit à la substance corticale extérieure, laissant celui de moelle à la substance intérieure, blanche et plus solide. Piccolomini parvint même, suivant Maîpighi, à séparer avec une dextérité admirable sur des cerveaux frais ces parties différentes de consistance et de couleur.
Partant donc de cette idée , que le cerveau forme à l’extérieur de la masse encéphalique une sorte d’écorce grisâtre renfermant une substance médullaire, Maîpighi expose ses propres recherches et les résultats de ses observations microscopiques.
Il remarque que la substance corticale n’occupe pas seulement l’extérieur du cerveau , mais se trouve aussi dans son intérieur rassemblée en masses particulières; qu’on la rencontre à l’intérieur de la moelle , dans laquelle il admet l’existence d’un sinus.
Considérée à l’extérieur du cerveau , la substance grise représente par sa disposition des circonvolutions intestinales ; voici la raison qu’en donne Maîpighi.
La substance médullaire renflée en dehors des ventricules , pour constituer la masse des hémisphères, produit des appendices
extérieurs d’une disposition analogue à celle du mésentère dépouillé des intestins. La substance grise, enveloppant uniformément les contours sinueux de ces appendices, imite la forme des circonvolutions intestinales. Dans le cervelet , les productions médullaires affectent la disposition de lames superposées concentriques ; la substance grise qui enveloppe ces lames représente des arcs de cercle.
Dans son premier écrit , Malpighi dit peu de choses de cette substance corticale; constatant seulement ses différences avec la blanche , il pense que s’il fallait chercher dans le cerveau une partie parenchymateuse qui soutînt les vaisseaux propagés dans l’organe, la chair de l’écorce, corticis caro, réunirait les conditions désirables.
Quant à la substance blanche , il regarde comme constant , qu’elle est entièrement formée de fibrilles arrondies, légèrement déprimées , semblables aux filaments dont est composée la masse des testicules. Ces fibres sont tellement évidentes dans les ventricules cérébraux des poissons , que, regardées contre le jour, elles représentent un peigne d’ivoire ou l’assemblage des tuyaux parallèles qui forment les orgues d’église.
La même structure se remarque dans les animaux des classes supérieures , qu’on ait fait cuire ou non leur cerveau ; elle est surtout évidente en arrière de la moelle allongée. Sur les côtés de cette même région de la moelle, on voit les fibres blanches prolongées au milieu d’une substance grise abondante. Le corps calleux présente la même structure , car les corps fibreux , qui forment par leur trame le couvercle des ventricules, se terminent enfin par des extrémités comme découpées ou des prolongements onduleux plongés et implantés , comme le chevelu des racines d’une plante, dans la substance corticale qui semble leur tenir lieu de sol nourricier : « Nam fibrosa corpora, quibus ventriculo - » mm testudo conlexitur , tandem desinunt veluti laciniatis jim- » briis , s eu production! bu s in gyrum duciis , quæ immer guntur » et implant antur , non secus ac copiosœ plant arum radices in cor - *» tice , quæ soli se.u terræ vie cm gerere videtur. »
La progression des parties fibreuses qui constituent la masse des hémisphères n’est pas facile à découvrir ; les cavités tortueuses des ventricules , les amas de substance grise qu’ils contiennent , sont des raisons qui , jointes au grand nombre et à la fragilité des fibres, rendent cet examen très-difficile. Voici pourtant leur marche la plus probable, d’après ce qu’on peut voir dans les animaux.
« Du tronc de la moelle spinale encore contenue dans le crâne »» (c’est-à-dire de la moelle allongée) semblent provenir, comme » d’un faisceau principal, toutes les fibres dispersées dans le cer- » veau et le cervelet. En effet, s’éloignant de la moelle par quatre » troncs principaux, ces fibres se portent dans diverses directions, » jusqu’à ce que, par leurs terminaisons rameuses, elles arrivent » à l’écorce.
» La structure fibreuse existe dans toutes les parties du » cerveau , même dans le septum lucidum et les hippocam- » pes , » etc.
Malpighi partage l’opinion des anciens , rappelée et soutenue par Gaspar Bartholin, que le cerveau est un appendice de la moelle, ou du moins, que le tronc nerveux de cette moelle, propage par des trajets sinueux ses racines jusque dans la substance corticale du cerveau ; tandis que, d’un autre côté, elle étend ses branches, c’est-à-dire les nerfs, dans toutes les parties du corps. Telles sont les opinions principales contenues dans le premier écrit de Malpighi adressé à Charles Fracassati. Celui-ci, dans sa réponse, entre dans de longs détails sur les idées de Vil lis, qu’il essaie de réfuter, principalement celles qui ont rapport aux fonctions du cervelet : il démontre que cet organe naît de la moelle épinière tout aussi bien que le cerveau lui-même. L’origine du cervelet a lieu, suivant lui, par un processus assez fort, situé à la partie postérieure de l’organe, le troisième processus de Willis. Il regarde les deux autres processus médullaires, celui de la protubérance, et celui qui se dirige vers les testes, comme des prolongations réfléchies du premier.
Fracassati partage d’ailleurs tout à fait la manière de voir de
Malpighi sur les rapports réciproques du cerveau et de la moelle spinale. Voici comment il s’exprime à cet égard :
« On peut comparer la moelle spinale à une jeune branche qui, » séparée du tronc qui lui a donné naissance, et légèrement fendue » par son extrémité, serait plantée en terre : bientôt elle produira » des racines et s’élèvera en arbre. C’est de la même manière que » se développent à l’extrémité crânienne de la moelle, le cerveau ?» et le cervelet : leur substance corticale représente un terrain ?» fertile dans lequel se propagent les faisceaux fibreux semblables » à des racines abondantes.
»» Cette opinion que la moelle doit être placée avant le cerveau >» et le cervelet trouve encore dans cette observation un argument ?» puissant : l’embryon du poulet, encore peu avancé, manifeste »» des contractions s’il est irrité avec une pointe d’aiguille, quoi- ?» qu’à cette époque la place du cerveau soit remplie par une ?» lymphe, non encore fixée en matière nerveuse (1). >»
Dans la suite de sa lettre, Fracassati rassemble une multitude de raisons pour prouver que le cerveau est un instrument pneumatique. Ses spéculations à cet égard, devenant étrangères à l’anatomie, ne doivent pas nous occuper.
Malpighi paraît de nouveau sur la scène : il n’avait avancé , dans son premier écrit , que des conjectures sur la nature de la substance corticale ; il se trouve conduit par ses observations microscopiques à n’y voir qu’un amas de petits corps glanduleux, arrondis, enveloppés à l’extérieur par la pie-mère et les vaisseaux sanguins; ces glandules produisent chacune à l’intérieur une fibre blanche nerveuse ; l’assemblage de ces fibres multipliées constitue la substance blanche. Il considère d’ailleurs ces fibres blanches comme les vaisseaux excréteurs des glandules de la substance grise, et compare cette dernière à un champ ou à un pot a fleurs dans lesquels les arbres et les plantes poussent des racines et desquels ils tirent leur nourriture.
Malpighi ne considère pas seulement la moelle épinière comme
( 1) Bibliothèque de Manget.