RAPPORTS DU NOYAU CEREBRAL AVEC LES PARTIES DEJA CONNUES DU CERVEAU
Nous connaissons les particularités que présentent la surface extérieure et la surface intérieure de l’hémisphère ; nous avons
décrit les ventricules , et , à propos des parties latérales de ces cavités , nous avons distingué l’espèce de colline centrale formée par les renflements circa-pédoncul aires, des parois blanches qui se déploient autour de ces renflements.
Nuus pouvons actuellement établir d’une manière rigoureuse les rapports de ces diverses parties avec les diverses régions de la surface extérieure du noyau cérébral.
Le lobule de l’insula recouvre exactement toute la surface de la saillie centrale des faces latérales du noyau cérébral. Les sommets des petites circonvolutions pyramidales de l’insula se réunissent vers le point de la saillie conchylioïde , vers lequel concourent aussi les fibres que nous avons vues rayonner à la surface de cette saillie. D’un autre côté , nous avons vu , dans notre étude des ventricules ( voy. pl. 12 , fig. 1 et fig. 2) , que l’insula correspond à la base du segment de cône pédonculaire. C’est donc un premier fait bien facile à démontrer que l’éminence sous-jacente à l’insula et située vers le milieu des faces latérales du noyau cérébral, répond à la base des épiphyses circapédonculaires , limite cette base.
On peut reconnaître en outre , en comparant la mollesse des circonvolutions de l’insula à la fermeté de l’éminence qui les supporte , que la forme bombée que présente le lobule de l’insula n’est que la traduction de la saillie qui le supporte. Si l’on considère d’ailleurs la couche mince de substance grise intermédiaire à la doublure fibreuse des circonvolutions de l’insula et à la face fibreuse de l’éminence qu’elles revêtent , on sera convaincu que les rapports du lobule de l’insula avec la surface de l’éminence qu’il recouvre, sont surtout des rapports de juxta-position, d’accolement, sinon sur leurs limites excentriques.
Si nous passons maintenant à l’étude des rapports des autres parties du noyau cérébral avec la substance des hémisphères , nous voyons de chaque côté , en contact avec la partie transversale du corps calleux, le ruban fibreux de l’ourlet, et au-dessus de ce ruban la circonvolution du même nom et ses branches, qui rayonnent à la face interne de l’hémisphère. Dans toute l’étendue
de la face supérieure du noyau cérébral , dans toute l’étendue de sa courbure antérieure et de la partie inférieure qui succède à eette courbure , c’est toujours le ruban fibreux de l’curlet et la circonvolution de l’ourlet qui recouvrent la partie transversale du corps calleux. L’ourlet et sa circonvolution vont jusqu’à l’arête qui forme la limite latérale du corps calleux , tant dans sa partie supérieure que dans les parties antérieure et inférieure. C’est encore l’ourlet qui constitue la partie la plus médiane du noyau cérébral le long de la fente de Bichat. C’est de cette région de l’ourlet que rayonnent les branches circonvolutionnaires développées dans les parties postérieures de la face interne de l’hémisphère.
Au contraire , sur les faces latérales du noyau , en dehors de sa saillie centrale , c’est la couche fibreuse ravonnante de la face interne de l’hémisphère qu’on rencontre , et il est facile de poursuivre cette couche fibreuse rayonnante jusqu’au contact du bord libre de la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius d’une part , et , d’une autre part , jusqu’au bord libre de la grande ligne circonvolutionnaire de second ordre , qui parcourt , dans le sens vertical médian , le plus grand contour de l’hémisphère.
Dans l’intervalle des deux lignes circonvolutionnaires de second ordre se renflent les circonvolutions de quatrième ordre , qui forment toute l’étendue de la face convexe de l’hémisphère. Ces circonvolutions de quatrième ordre avec les deux de second ordre correspondent donc aux grandes couches fibreuses rayonnantes de la face interne de l’hémisphère , aux grandes couches fibreuses rayonnantes de la face externe du noyau ( voy . pl. 13 , pl. 15 et pl. 19, fig. 1 et fig. 2).
Ainsi l’insula , avec la couche fibreuse qui la double , répond à la base du segment de cône pédonculaire , qui se dessine en une saillie centrale aux faces latérales du noyau.
Les circonvolutions de la face interne de l’hémisphère répondent au ruban fibreux de l’ourlet , appliqué sur les prolongements externes de la région transversale du corps calleux.
Les circonvolutions de la convexité de l’hémisphère répondent
aux grandes couches rayonnantes de la face interne de l’hémisphère , appliquées contre les couches rayonnantes excentriques des faces latérales du noyau.
Tels sont les rapports distincts de toutes les grandes régions de la face externe de l’hémisphère avec les grandes régions de sa face interne et les parties correspondantes du noyau cérébral.
Il nous reste maintenant à établir des rapports d’un autre genre.
Le noyau cérébral supportant toute la partie solide des masses latérales des hémisphères , étant étroitement accolé à ces masses, il est évident que c’est dans son intérieur que sont creusées les cavités ventriculaires, et il n’est pas sans intérêt de chercher à déterminer les rapports de ses diverses parties avec les diverses parties des ventricules.
La partie supérieure, formée par le corps calleux , correspond, comme nous le savons déjà , au plafond des ventricules ; sa double tubérosité antérieure , au double cul-de-sac antérieur des mêmes cavités ; ses pointes conoïdes postérieures , aux pointes postérieures des ventricules ; enfin la grosse tubérosité de la circonvolution de l’ourlet correspond au cul-de-sac terminal de la région temporale du ventricule latéral. Tout cela n’a besoin que d’être dit pour frapper par son évidence. Les rapports des faces latérales du noyau cérébral avec les parties latérales des ventricules ne sont pas moins intéressants.
* On peut se rappeler que , à l’occasion de la description de la cavité du ventricule latéral , il a été dit qu’il était assez bien figuré par l index et le pouce dirigés en avant , très-légèrement courbés et un peu écartés l’un de l’autre. Dans cette position des doigts , l’index représente la partie antérieure ou frontale ou l’étage supérieur du ventricule ; le pouce , sa partie temporale ; l’intervalle anguleux des deux os métacarpiens , correspondant au pouce et à l’index , figure la cavité postérieure du ventricule , terminée en pointe. L’intervalle de ces deux doigts est occupé dans le ventricule par les saillies que forment la couche optique et le corps strié. Or , quand on regarde les faces latérales du
noyau cérébral ( voy . pl. 7, fig. 2 , et pl. 16 , fig. 2) , on retrouve dans leur aspect quelque chose de très-analogue. Si Ion place entre Tindex et le pouce portés en avant et très-légèrement courbés , comme nous le disions tout à l’heure , une coquille de moule dont la convexité soit du côté de l’observateur et la charnière en bas vers le bout de la pulpe du pouce , on a une figure qui ressemble beaucoup à celle des faces latérales du noyau cérébral. Maintenant , si l'on divise longitudinalement ces faces dans leurs parties que représentent l’index , le pouce et l’intervalle des deux os correspondants du métacarpe , on voit que la saillie renflée que représente l’index , et qui est formée par le retour latéral des fibres du corps calleux , correspond dans toute sa longueur à l’étage supérieur du ventricule ; que la saillie que représente le pouce correspond de même à la région temporale du ventricule, et que la pointe postérieure représentée par l’intervalle des os métacarpiens correspond à la pointe postérieure ou occipitale de la cavité ventriculaire (voy. pl. 16, fig. 1 et 2).
Quant à la coquille de moule que je suppose comprise entre l’index et le pouce , elle représente la saillie centrale des faces latérales. On voit , après avoir ouvert les différentes régions des ventricules , qu’elle correspond en dehors aux saillies que le corps strié et la couche optique forment à l’intérieur de ces cavités (voy. pl. 12, fig. 1, et pl. 18, fig. 2), et on sent de la manière la plus claire que ces saillies internes et l’éminence qui leur correspond à l’intérieur forment par leur masse une épaisse cloison interposée à la région frontale et à la région temporale du ventricule.
Il résulte de ces remarques que l’éminence centrale des faces latérales du noyau cérébral est la seule partie vraiment solide de ce noyau. Toutes les surfaces fibreuses qui rayonnent en dehors de sa circonférence sont les surfaces extérieures des parois ventriculaires développées en dehors des éminences grises qu’on voit dans ces cavités. Il n’est plus étonnant dès lors que ce soit seulement autour de l’éminence centrale que s’opère le passage des parties fibreuses de l’hémisphère.
Nous voyons par le simple aperçu qui précède que , dès que ces parties fibreuses ont traversé les limites de l’éminence centrale des faces latérales du noyau , elles sont , dans les masses circapédonculaires , le corps strié et la couche optique , développées elles-mêmes sur le pédoncule cérébral , qui lie le cerveau aux parties périphériques du système nerveux.
Il nous reste actuellement à suivre ces communications. Nous devons pour cela commencer l’étude de la structure intrinsèque de la couche optique et du corps strié , et , par suite , du corps calleux , des masses latérales de l’hémisphère. C’est un grand travail hérissé de difficultés. L’ordre à suivre dans cette étude n’est pas indifférent. Il suffit de savoir que le pédoncule cérébral est le rendez-vous commun, ou le point de départ, du plus grand nombre des parties que nous avons à suivre dans la couche optique , le corps strié , les ventricules , le corps calleux , l’ourlet , les masses latérales des hémisphères , pour comprendre qu’en partant du pédoncule , où toutes ces parties concourent , on part de leur centre, en quelque sorte, pour les suivre pas à pas dans toutes leurs propagations excentriques et leurs combinaisons ultérieures.
La décomposition de la masse totale du cerveau en un noyau central sur lequel reposent les masses latérales des hémisphères , la distinction dans ce noyau central d’une masse pleine et de parties pariétales qui enveloppent des cavités circulaire ment creusées autour de la masse solide , la détermination dans les masses latérales des hémisphères , des lieux où s’opère le passage de la substance qui les unit au noyau central , tout cela est loin de suffire pour l’intelligence du mécanisme de la structure du cerveau.
Ces travaux préliminaires nous donnent simplement les divers fragments dont la texture intime doit tour à tour nous occuper. Tel de ces fragments , la masse solide du noyau central , antérieurement étudié sous le nom de segment de cône pédonculaire , offre à lui seul une extrême importance. C’est dans ce fragment que le tronçon pédonculaire , dans lequel nous avons distingué le
prolongement des trois faisceaux de la moelle , se combine avec les nerfs optique et olfactif et avec toutes les parties qui entrent dans la composition de l’hémisphère.
C’est en lui que se trouve le nœud par lequel tout le système nerveux du corps se trouve rattaché à tous les systèmes nerveux du cerveau. Cette région remarquable est donc véritablement le centre de chaque moitié du système nerveux cérébro-spinal , puisqu’elle reçoit d’un côté les troncs nerveux , dont les ramifications rayonnent de toutes parts dans le corps, et que de l’autre elle est également le point de concours de toutes les couches , de tous les cordons de matière fibreuse développés dans toutes les parties du cerveau. Il y a plus : un cordon nerveux dont on n’a jamais compris l’importance , parce que jamais on n’en a bien fait l’anatomie , la commissure antérieure, rattachant en un seul faisceau toutes les parties de ce véritable centre de chaque moitié du système nerveux cérébro-spinal , fait communiquer celui de droite avec celui de gauche, et constitue, de ces deux centres de chaque moitié, un seul tout, en se combinant de droite à gauche sur la ligne médiane.
Voici donc où nous espérons arriver par l’étude approfondie de la structure intrinsèque du segment de cône pédonculaire ;
Démontrer que ce fragment du système nerveux , intermédiaire aux cordons de la moelle et aux nerfs intrinsèques du cerveau , est le centre commun de ces deux arbres nerveux opposés base à base , et dont l’un rayonne dans le corps tandis que F autre rayonne dans l’hémisphère; démontrer que chacun de ces centres de chaque moitié latérale du système nerveux cérébro-spinal se trouve rattaché à son congénère par le moyen de la commissure antérieure , dont les rayonnements , admirables à contempler , sont disposés de manière à correspondre à toutes les parties distinctes de chacun des centres qu’elle est destinée à réunir.
Si nous ne nous exagérons pas l’importance de la région que nous avons maintenant à scruter, on comprendra quels efforts nous devons faire pour connaître toutes les particularités de sa
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Est-il un organe des sens , qu’il s’agisse de l’œil ou de l’oreille interne , dont le mécanisme doive solliciter au meme degré notre patience que cette région de l’encéphale par laquelle toutes les parties actives des organes de sensation , toutes les parties actives des organes de la volonté , se combinent avec les deux ordres de conducteurs correspondants de l’organe de l’intelligence.
Et , si , comme on n’en saurait douter, l’unité du moi, l’essence du principe qui nous anime , doivent toujours rester un mystère impénétrable , n’est-ce pas , du moins pour le médecin , pour le philosophe , une détermination bien importante que celle d’un centre unique dans lequel concourent tous les conducteurs des influences par lesquelles le monde extérieur agit sur l’homme et l’homme sur le monde extérieur.
structure de la partie fondamentale du noyau
CÉRÉBRAL
Nous appelons partie fondamentale du noyau cérébral cette masse solide en forme de segment de cône dont la base , sousjacente à l’insula , fait relief à la partie centrale des faces latérales du noyau cérébral , et dont le sommet tronqué se confond avec le tronçon pédonculaire du cerveau. Sa périphérie est divisée en deux régions bien distinctes : l’une , plus grande , ressort à l’intérieur des ventricules latéraux sous forme d’une colline centrale que contourne la cavité ventriculaire ; l’autre , plus petite , se montre à l’extérieur des ventricules , à la base du cerveau , dans le quadrilatère perforé, transversalement allongé du sommet du cône à sa base.
Pour analyser convenablement la partie fondamentale du noyau cérébral , il faut d’abord séparer l’une de l’autre sur la ligne médiane ses deux moitiés congénères , en conservant avec chacune d’elles la moitié correspondante du tronçon pédonculaire ; exciser ensuite,' sur la circonférence de la saillie elliptique, sous-ja-
cente à l’insula , toutes les couches fibreuses qui rayonnent dans le corps calleux et dans l’hémisphère ; exciser en outre la cloison transparente , les piliers antérieurs de la voûte ainsi que le corps frangé.
On possède alors, isolée, la masse solide du noyau dont il s’agit de connaître la structure.
Dans le sommet du segment de cône que ce noyau représente se prolongent tous les faisceaux du tronçon pédonculaire.
De sa base émanent toutes les couches de l’hémisphère.
Les cotylédons ventriculaires et extra - ventriculaires de la couche optique et du corps strié forment la plus grande partie de son volume.
Et dans le sein de toutes ces parties agglomérées se développe un élément nouveau , la commissure antérieure disposée de manière à rattacher à un centre unique toutes ces parties distinctes des deux côtés de l’encéphale.
Ce n’est pas avec des coupes , même les plus ingénieuses , qu’on saurait parvenir à démêler la structure d’une masse aussi compliquée que la partie fondamentale du noyau cérébral. Les coupes les plus heureuses au moyen desquelles on l’a attaquée jusqu’à présent n’ont inspiré que des erreurs (1).
Ici , comme dans toute l’étendue des organes encéphalo-rachidiens , il faut , autant que possible , séparer les parties sans les
(1) Gall , qui s’est élevé avec tant de force contre la pratique des coupes dans l’anatomie du cerveau, rappelle souvent avec complaisance celle qu’il a proposée pour l’élude de ces régions.
Faisant reposer le cerveau sur sa voûte, il divisait d’un seul coup de scalpel la pyramide antérieure, la protubérance , le pédoncule, les couches optiques, le corps strié , l’hémisphère cérébral. Il montrait le faisceau fibreux de la pyramide graduellement accru dans son passage à travers la protubérance, le pédoncule, les couches optiques , les corps striés , aboutissant enfin à la substance blanche de l’hémisphère et se prolongeant avec elle jusqu’à la couche grise des circonvolutions.
Mais cette coupe élégante , qui trouvait grâce devant Gall, ne présentait pourtant que des apparences illusoires.
Sans doute , en divisant d’un trait la pyramide , le pédoncule et l’hémisphère , on peut montrer une couche blanche non interrompue depuis la pyramide jusqu’à la matière blanche du cerveau; mais a-t-on suivi la marche des fibres avec le tranchant de l’instrument , et cette couche de matière nerveuse blanche lie s’accroît-elle ,
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rompre. De nombreuses pièces , les unes fraîches , les autres endurcies clans l’alcool , sont nécessaires pour ce travail.
Essayons d’abord de nous faire une idée juste du mouvement d’ensemble qu’ont subi tous les éléments du tronçon pédoneulaire en passant dans le segment de cône qui lui succède et auquel se trouve attaché le cerveau.
Chaque moitié du tronçon pédoneulaire chemine directement d’arrière en avant , de la protubérance à la base de l’hémisphère. Le segment de cône qui succède au tronçon pédoneulaire est , au contraire , obliquement détourné en dehors. Son sommet , confondu avec le tronçon pédoneulaire, reste en bas et en arrière ; mais sa base , sur la circonférence de laquelle s’enroule l’hémisphère de bas en haut , d’avant en arrière , puis d’arrière en avant et en bas , s’élève et regarde en dehors.
D’après ce détour en dehors qu’a dû subir le segment de cône qui succède au tronçon pédoneulaire pour s’accommoder à sa destination vis-à-vis de l’hémisphère , nous ne serons pas surpris de voir plusieurs des faisceaux dirigés d’arrière en avant dans le pédoncule se réfléchir brusquement en dehors dans le noyau cérébral. On observe ce changement de direction dans la région de l’espace perforé , dont la surface présente dans son milieu des stries dirigées de dedans en dehors avec une légère convexité antérieure. Une grande partie de cette surface médiane de l’espace perforé , composée de couches fibreuses dirigées de dedans
comme le voulait Gall , qu’en vertu de l’accession de fibres nouvelles engendrées par la matière grise qu’elle traverse?
llien de tout cela ne résulte d’une dissection entreprise par la séparation patiente des éléments constitutifs des parties.
Nous avons fait voir déjà , dans l’analyse du tronçon pédoneulaire , l’entre-croisemont sur la ligne médiane des faisceaux qui composent la région lasciculée du pédoncule , et nous avons démontré qu’après l’entre-croisemenl ces faisceaux passent dans le cordon moyen de cette région. Nous avons conclu de ces remarques que la forme particulière de la pyramide, son exiguïté relativement au volume de la région faseiculée du pédoncule résultaient précisément de la désertion graduelle, d’un côté à l’autre, et du cordon antérieur on inférieur, dans le moyen, des éléments fibreux de cette région fasciculée, épuisée presque entièrement vers le sommet de la pyramide.
en dehors , procède immédiatement de l’arête centripète du faisceau postérieur du tronçon pédonculaire.
Nous avons poursuivi précédemment cette arête jusqu’au niveau de la commissure antérieure et du chiasma des nerfs optiques (voy. pi. 3, fig. 1, et pl. 18, fig. 1).
Si l’on dégage avec précaution le nerf optique , à partir de son chiasma, et qu’on enlève avec lui la substance striée grise qui , sous le nom de tuber cinereum , se porte du chiasma de ce nerf sur l’arête centripète du faisceau postérieur ; si d’ailleurs on détache dans toute sa longueur , de dedans en dehors , le tractus optique , il devient très-facile de suivre les fibres qui composent l’arête médiane du faisceau postérieur jusqu’au niveau du bord interne de l’espace perforé [voy. pl. 20 , fig. 2 , 3,4, 7. P, P, P, P). Parvenu à ce point , le prolongement de l’arête médiane du faisceau postérieur subit une brusque courbure (tw/.pl. 20 , fig. 7 P) , à la suite de laquelle il appartient à la surface de l’espace perforé , qu’il parcourt sans interruption de son bord interne à son bord externe , occupant à peu près le milieu de l’intervalle qui sépare le bord antérieur du bord postérieur de cette région.
Sur les deux bords opposés de cette couche médiane du faisceau postérieur , prolongé dans l’espace perforé , se fixent, en arrière, les racines grises du nerf optique ; en avant, des radicules nombreuses de l’olfactif. Ces dernières se trouvent entremêlées avec de petites productions divergentes émanées de la bande médiane elle-même , et qui se portent dans la partie voisine du corps strié, dont la présence près de la surface du bord antérieur de l’espace perforé se trouve signalée par une teinte grise, ainsi qu'il a été dit dans une partie précédentè de cet ouvrage.
C’est aussi dans les intervalles de ces productions divergentes qui se portent au corps strié , s’entremêlant avec des radicules de l’olfactif, que répondent les trous ovalaires, dont le grand axe , oblique en avanl et en dehors , contraste avec la direction franchement transversale ou légèrement oblique en dehors et en arrière des trous alignés sur la largeur de la diagonale blanche
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qui procède en grande partie du faisceau postérieur du tronçon pédonculaire.
Voici donc un premier élément de la partie fondamentale du noyau cérébral fourni parle brusque détour en dehors de l’arête centripète du faisceau postérieur.
Maintenant , si Ton prolonge avec soin du côté de l’espace perforé la séparation du faisceau postérieur et du faisceau moyen , si manifeste à la partie interne du tronçon pédonculaire [voy . pi. 3 , fig. 1 : C U , faisceau postérieur ; P, faisceau moyen ; M , éminence mamillaire insérée dans l’intervalle de ces deux faisceaux) , on parvient aisément à démontrer que ce faisceau moyen lui-même , cheminant parallèlement au faisceau postérieur , se détourne , comme ce dernier , dans la substance de l’espace perforé. Mais , tandis que le postérieur occupe la surface de cet espace , formant son milieu de droite à gauche; tandis que les émanations du nerf optique et de l’olfactif , combinées avec ses bords antérieur et postérieur , complètent cette surface , le prolongement du faisceau moyen dans l’espace perforé occupe une situation plus profonde [voy. pl. 20 , fig. 2 , 3 , 4 , 7 : M, M, M,M, prolongement du faisceau moyen dans la substance de l’espace perforé).
Il faut , pour mettre à découvert cette partie du faisceau moyen du tronçon pédonculaire prolongée dans la région de l’espace perforé , soulever le tractus optique et exciser avec ce tractus les racines grises qui vont s’attacher au bord postérieur du prolongement du faisceau postérieur , à la surface de l’espace perforé.
Comme la bande superficielle que le faisceau postérieur envoie dans l’espace perforé ( voy. pl. 20, fig. 3, P. P’.) , la bande fibreuse plus profonde qui procède du faisceau moyen parcourt la région de l’espace perforé dans toute son étendue de dedans en dehors. Elle ne finit même pas sur le bord externe du quadrilatère. Nous verrons plusieurs productions de cette couche du faisceau moyen pénétrer la base de la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet , comme nous voyons d’ailleurs les pro-
longements de la bande superficielle issue du faisceau postérieur se prolonger dans les parties superficielles de cette même tubérosité (voy. pl. 20 , fig. 2 : T, la bande du faisceau postérieur ; T\ celle du faisceau moyen coupée dans la base de la tubérosité temporale ; voy. également fig. 4 , même planche : B , le lieu de la tubérosité temporale auquel accèdent les prolongements externes de la bande fibreuse issue du faisceau postérieur).
On trouve encore dans la région de l’espace perforé , plus profondément que le prolongement du faisceau moyen , un noyau jaunâtre (voy. pl. 20 , fig. 3, O) que nous regardons comme le cotylédon extra- ventriculaire de la couche optique. On le découvre en enlevant le tractus optique , et avec lui ses radicules grises , dont grand nombre s'attachent précisément à ce cotylédon de la couche optique.
Ce cotylédon de la couche optique , prolongé en avant sous la bande issue du faisceau moyen (1) , ne dépasse pas en arrière le milieu de l’épaisseur du tractus optique. On voit de nombreuses fibrilles émanées de sa limite postérieure plonger dans l'intervalle des faisceaux de la région fasciculée du pédoncule. Nous retrouverons plus tard ces émanations fibreuses.
Aux limites externe et interne de ce même cotylédon se rendent des prolongements recourbés des bords interne et externe de la région fasciculée du pédoncule.
Enfin , si l’on enlève successivement la diagonale blanche du quadrilatère perforé , émanée du faisceau postérieur ; la bande sous-jacente , émanée du faisceau moyen , on trouve sous cette dernière la commissure antérieure, au contact de laquelle se trouve , en arrière , le cotylédon extra-ventriculaire de la couche optique ; en avant , le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié.
Les bandes émanées du faisceau postérieur et du faisceau moyen comblent, entre ces deux cotylédons, ^intervalle qui les
(l) Nous supposons qu’on examine le cerveau posé sur sa convexité, sa base regar riant en l’air.
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sépare et complètent avec eux une sorte de canal que remplit le cylindre de la commissure antérieure.
On peut encore découvrir cette commissure antérieure en l’attaquant par l’ablation des parties superficielles antérieures de l’espace perforé et laissant intact le traclus optique (voy. pl. 20, fig. 1 : A, commissure antérieure).
11 ne s’agit pas d’en faire ici l’examen approfondi. Nous devions démontrer d’abord que plusieurs éléments du tronçon pédonculaire du cerveau se détournent brusquement en dehors lorsqu’ils passent dans le segment de cône pédonculaire : nous avons fourni la preuve de cette vérité en suivant , retournés dans la région de l’espace perforé , des prolongements du faisceau postérieur et des prolongements du faisceau moyen.
Nous avons dû signaler la réunion des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié , celle de la commissure antérieure avec les prolongements des faisceaux moyen et postérieur dans la région de l’espace perforé. Nous ne devons pas, pour le moment, viser à de plus grandes précisions ; et , pour que l’étude prématurée des détails ne nuise pas à la conception de l’ensemble, nous allons nous occuper de décomposer en quelques grands fragments la masse entière du noyau cérébral.
La manière la plus instructive de procéder à cette décomposition sommaire me paraît être d’isoler d’abord de la face extraventriculaire de l’éventail fibreux qui succède à la région fasciculée du tronçon pédonculaire la masse commune du quadrilatère perforé et des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié.
Le mécanisme de cette préparation est assez facile. On doit commencer , sur une pièce intacte , par couper transversalement le traclus optique en deux places. La première de ces incisions doit être faite au contact du chiasma, pénétrer jusqu’au bord interne de la région fasciculée et comprendre toute la longueur de 1 arête interne de 1 espace perforé. La seconde incision doit partir du bord externe de la région fasciculée , séparer le tractus
optique de la couche du même nom et se prolonger en avant et en dehors en suivant le contour de l’angle rentrant formé par l’union de la base de la tubérosité temporale avec le bord externe du quadrilatère perforé. Cela fait, il convient d’insinuer l’extrémité d’une sonde dans l’intervalle du tractus optique et de la région fasciculée du pédoncule. En poussant graduellement cet instrument , il faut s’appliquer à le maintenir au contact des prolongements de la région fasciculée. De cette manière, on détache graduellement en un seul morceau la région de l’espace perforé avec les cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié, de la face externe de l’éventail fibreux qui fait suite à la région fasciculée du pédoncule.
Cette première partie de la préparation n’est terminée que lorsque , parvenu sur les limites de la base du tronçon pédonculaire , on a détaché, suivant toute l’étendue de la circonférence de cette base , la saillie centrale des faces latérales du noyau.
On voit alors clairement que toute la surface extérieure de la masse séparée se compose du tractus optique, de l’espace perforé , des racines de l’olfactif, et de la saillie centrale des faces latérales. Le quadrilatère perforé décrit de dedans en dedors une courbe à convexité antérieure externe , et c’est de cette convexité que rayonnent vers la circonférence de la base du segment de cône pédonculaire les fibres de la couche fibreuse qui revêt la saillie centrale des faces latérales du noyan.
Si l’on considère maintenant la face profonde de cette masse , détachée de l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule, on trouve dans son aspect beaucoup d’analogie avec ce que présente sa face externe. On voit immédiatement au-devant du segment du tractus optique , qui forme sa limite en bas et en arrière , les parties profondes de la région de l’espace perforé , offrant une direction générale conforme à celle des parties superficielles de cet espace, conforme, si l’on veut, à la direction du tractus optique. Puis de la convexité de cette région divergent vers tous les points de la circonférence de la base du segment de cône des rayonnements parallèles à ceux qu’on a remarqués à la
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surface externe. Ces directions parallèles des deux surfaces opposées de la masse commune des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié , combinés avec la région de l’espace perforé , sont chose facile à reconnaître , et il importe beaucoup de bien saisir ce qu’il y a de caractéristique dans cet ensemble.
La masse commune des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié rappelle assez bien par sa forme celle d’un cotylédon de haricot ; sa circonférence entière est divisée en deux régions de grandeur inégale : l’une , très-grande , arrondie en ellipse, suit le contour de l’insula; l’autre, très-petite, figure dans le contour de cette ellipse une échancrure tenant au quadrilatère perforé. Cette échancrure sera , si l’on veut , l’ombilic du cotylédon ; et ce sera de la convexité des parties de l’espace perforé qui adhèrent à cet ombilic que rayonneront vers tous les points de la grande circonférence toutes les parties qui composent la masse commune des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié.
Telle est dans son ensemble la disposition des éléments de la masse commune de la région de l’espace perforé et des cotylédons extra- ventriculaires de la couche optique et du corps strié ; et cette disposition1, dans ce qu’elle a de général, est la même à la surface superficielle et à la surface profonde de cette masse. Ces deux surfaces offrent d’ailleurs des différences considérables dans leur aspect; l’extérieure est plus homogène , la surface profonde l’est moins. De plus, la couche externe montre, en dehors de la surface de l’espace perforé, une membrane fibreuse blanche de médiocre épaisseur, qu’on peut facilement enlever comme une peau de la surface extérieure du cotylédon de matière grise qu’elle recouvre , et cette masse grise constitue exclusivement le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié. Nous avons fait voir précédemment que celui de la couche optique occupe une situation profonde dans la région de l’espace perforé. Lorsqu’on a enlevé cette coque fibreuse, rayonnante, extérieure au cotylédon extra-ventriculaire du corps strié , on voit a nu la surface
grise du cotylédon lui-même , remarquable par les gouttières vasculaires creusées à sa surface, et ces gouttières , comme les fibres de la coque externe , rayonnent de l’ombilic du cotylédon vers sa grande circonférence. Indépendamment de ces rayonne» ments vasculaires , qui partent d’une des lignes de trous qui caractérisent l'espace perforé, on voit à travers la matière grise des fibres blanches qui ont la même direction divergente.
Quant à la face profonde des cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié , elle présente de son ombilic à sa grande circonférence une succession de zones de plus en plus grandes inscrites les unes dans les autres , passant par des nuances ménagées de la couleur chamois-blanchâtre de la couche optique , à celle du gris caractéristique du corps strié. La limite de chacune de ces zones est formée par des tractus blancs décrivant des courbes à convexité antérieure , recevant par leur concavité les fibres rayonnantes issues de la partie la plus reculée de cette masse , émettant par leur convexité les fibres qui doivent rayonner à la zone 'suivante ; et ainsi successivement jusqu’à la grande circonférence du cotylédon.
La plus grande abondance , le rapprochement le plus intime des fibres se trouvent, avec leur couleur la plus claire du côté du tractus optique , dans la zone la plus petite. La plus grande rareté des fibres blanches , le plus grand écartement des rayons auxquels elles appartiennent se trouvent, avec la couleur la plus foncée , dans la zone la plus grande , qui forme la circonférence basilaire du segment de cône ; et dans l’intervalle de ces deux zones extrêmes on en compte quatre autres , c’est-à-dire qu’il y en a six en tout. Cette face profonde tenait étroitement à la surface externe de l’éventail fibreux de la région fasciculée : on n’a pu la séparer que par violence. Au contraire, la couche fibreuse superficielle externe se détache comme un tégument de la surface correspondante des noyaux gris.
Si l’on entame la masse de ces cotylédons extra-ventriculaires, on voit que toutes les parties qui la composent tiennent étroitement les unes aux autres et résultent d’un mélange en propor- T. 1. 26
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tions inégales, suivant les places, de matière grise et de matière blanche. On constate sans peine le passage de parties amincies de ces masses à travers les rayons de l’éventail fibreux , auquel elles adhèrent.
Telle est la première idée à prendre de la disposition des éléments constitutifs des cotylédons extra- ventriculaires. Une couche fibreuse rayonnante, continue à la surface de l’espace perforé, leur forme une sorte de tégument externe. Toutes les fibres, toutes les couches fibreuses , blanches , jaunes ou grises , qui composent cette coque extérieure et la masse qu’elle revêt rayonnent de leur ombilic commun , confondu avec la substance de l’espace perforé , vers la circonférence de la base du segment de cône , parallèlement à l’éventail fibreux de la région fasciculée. Chemin faisant , beaucoup de ces rayonnements se fixent sur les faisceaux de cet éventail , d’autres traversent leurs intervalles pour se porter du côté des cotylédons ventriculaires de la couche optique et du corps strié.
Nous avons fait voir d’où procèdent ces couches fibreuses de la surface de l’espace perforé. Ce sont des couches détournées de l’arête centripète du faisceau postérieur de la moelle , devenu supérieur dans le tronçon pédonculaire. C’est donc aux prolongements de ce faisceau que se trouvent rattachés les cotylédons extra-ventriculaires de la couche optique et du corps strié.
Passons maintenant à l’examen de l’éventail fibreux , qui succède à la région fasciculée du pédoncule. La face inférieure externe de cet éventail fibreux a été mise à découvert par la séparation des parties précédemment examinées.
A la suite d’un brusque changement dans la direction de la surface libre de la région fasciculée du pédoncule , cet éventail fibreux se manifeste disposé comme une queue de paon à demi ouverte. Figurant par conséquent un segment de cône creux , radié du sommet à sa base , le sommet de ce cône creux s’articule avec l’extrémité antérieure externe de la région fasciculée du pédoncule, suivant un angle d’environ quarante-cinq degrés. Sa base, dirigée en dehors , atteint dans son contour la circonférence
elliptique de l’insula. C’était précisément dans la concavité de ce cône creux qu’était logée la masse commune de la région de l’espace perforé et des cotylédons extra-ventriculaires. Le cotylédon extra-ventriculaire de la couche optique remplissait le sommet du cône ; le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié occupait sa base ; la surface de l’espace perforé , passant du bord interne au bord externe du segment de cône, de son côté le plus court , achevait de clore son sommet et s’étendait jusqu’à la partie inférieure de sa base. C’est de cette partie inférieure de la base que rayonne la coque extérieure d’enveloppe du cotylédon du corps strié. La circonférence de cette coque se combine dans toute son étendue avec celle de la base du segment de cône creux que figure l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule.
Quant à la périphérie du côté convexe de cet éventail fibreux , elle reste revêtue par la masse des cotylédons ventriculaires de la couche optique et du corps strié. Nous n’examinerons pas encore cette périphérie du côté convexe ; nous n’en parlons que pour bien fixer les rapports de la surface concave, que nous devons maintenant étudier.
Deux régions différentes par leur aspect se dessinent à la surface concave du segment de cône creux figuré par l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule.
Ce sont deux zones inscrites l’une dans l’autre ; la plus petite répond au sommet du cône , la plus grande à sa base. A la plus petite correspond le cotylédon extra-ventriculaire de la couche optique, à la plus grande le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié. La ligne de démarcation de ces deux zones est suivie par la commissure antérieure qui la touche. D’ailleurs , la plus petite zone de l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule offre une surface blanche unie. Les fibres qui la composent sont assez étroitement serrées, et cependant on peut constater le passage dans leurs intervalles de plusieurs productions fibreuses délicates, émanées du cotylédon extra-ventriculaire de la couche optique. La plus grande zone de la face concave de
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l’éventail fibreux de la région fasciculée forme la base du segment de cône. Plus large en avant, plus rétrécie en arrière, elle répond au cotylédon extra-ventriculaire du corps strié, séparé de celui de la couche optique par le cylindre fibreux de la commissure antérieure. Dans la zone basilaire le caractère fasciculé, radié , est on ne peut plus fortement accusé. Ses rayons se détachent en divergeant de la courbe qui limite l’autre zone. Ecartés les uns des autres , ces rayons sont toujours plus grêles du côté qui regarde le sommet du cône , et l’on voit à l’œil nu, et mieux encore avec le secours des loupes, le nombre des fibres qui composent ces faisceaux augmenter avec leur volume à mesure qu’ils approchent de la base du cône qu’ils dessinent par leurs extrémités juxta-posées. La surface formée par tous ces rayons de la zone basilaire offre de nombreuses inégalités. On en comprend la cause en se rappelant que ce n’est que par arrachement que le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié en a été séparé , et qu’en même temps des fragments de cette masse grise traversaient les intervalles des rayons de cette zone.
Tel est l’aspect de la face concave du segment de cône creux que figure l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule.
Essayons maintenant de connaître sa face convexe.
On peut aisément séparer , au moyen de l’extrémité d’une sonde, la région fasciculée du tronçon pédonculaire de la partie correspondante du faisceau moyen ; nous avons vu ce dernier faisceau former, dans le tronçon pédonculaire , une tête de massue enclavée dans l’intervalle du faisceau postérieur et de la région fasciculée, séparée de cette dernière parla couche noire de Sæmmering. Il est donc facile, en suivant dans l’épaisseur du tronçon pédonculaire la couche noire de Sœmmering , de séparer le faisceau moyen de la région fasciculée. La netteté des surfaces désunies dans cette séparation montre clairement qu’on suit des divisions naturelles. Une incision transversale de la région fasciculée du pédoncule dans sa longueur donne la plus grande facilité pour écarter librement l’éventail fibreux de cette région des parties correspondantes du faisceau moyen.
La séparation de l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule s’opère facilement dans toute l’étendue du cotylédon ventriculaire de la couche optique. Mais aussitôt qu’on arrive au niveau du cotylédon ventriculaire du corps strié , on ne peut pousser la séparation plus loin sans déchirer les parties. Il convient donc de s’arrêter à la rencontre de la courbe limitrophe du corps strié et de la couche optique. Et cette limite si nettement tracée du côté ventriculaire par la bande demi-circulaire , n’est pas moins sensible sur l’autre face, où elle répond à la commissure antérieure. En considérant jusqu’à cette limite la surface de l’éventail fibreux de la région fasciculée du pédoncule qui regarde le cotylédon ventriculaire de la couche optique, on trouve dans son ensemble un aspect fasciculé plus prononcé que dans la région correspondante de la face opposée, et cependant moins accusé que celui de cette face concave dans la région occupée par le corps strié. Tout près de son lieu d’insertion au tronçon pédonculaire , on remarque une petite amande d’un gris jaunâtre, placée transversalement au-devant de la couche noire de Sœmmering (voy. pl. 3, fig. 4 en O, le lieu qu’occupe cette amande). C’est au-devant de cette amande que se développent les rayonnements de cette face.
Toutefois, ces rayons fibreux ne se détachent pas de l’amande jaunâtre au-devant de laquelle ils divergent. Ils font suite aux faisceaux de la région fasciculée. On voit , au contraire , des fibres disposées en couches minces , issues de la face profonde de l’amande , s’insinuer entre les rayons de la région fasciculée du pédoncule , les traverser de part en part et reparaître en bas audessus du tractus optique, avec les racines grises duquel elles se combinent dans le noyau extra* ventriculaire de la couche optique.
Le faisceau moyen de la région fasciculée présente à considérer aussi sur la marge antérieure de son renflement, en tête de massue, un prolongement rayonnant, mince, interposé à la face supérieure de l’évantail fibreux de la région fasciculée et à la face correspondance des rayonnements du faisceau supérieur auxquels
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reste attaché le cotylédon ventriculaire de la couche optique. Cet éventail du faisceau moyen, beaucoup plus mince que celui de la région fasciculée du pédoncule, reste situé dans l’intervalle de ce dernier et d’une autre couche rayonnante plus profonde , plus élevée, que surmonte le cotylédon ventriculaire de la couche optique , et ne dépasse pas , à la face inférieure de ce dernier , la limite qui le sépare du cotylédon ventriculaire du corps strié.
Nous ne saurions , toutefois , nous contenter d’une indication aussi sommaire relativement à la disposition de l’éventail fibreux émané du faisceau moyen. Il faut dire quelque chose des différences qui existent entre la manière dont cette émanation rayonnante du faisceau moyen se combine avec le renflement de ce faisceau situé dans le tronçon pédonculaire , et la manière dont l’éventail fibreux de la région fasciculée succède à cette région.
Dans la région fasciculée, tous les faisceaux qui la composent manifestent déjà dans le tronçon pédonculaire leur disposition divergente du côté du cerveau. Il suffit que cette disposition augmente dans le segment de cône qui succède au tronçon pédonculaire pour que l’éventail fibreux soit formé.
Les choses se passent autrement dans le faisceau moyen du tronçon pédonculaire. Nous avons fait voir ( pl. 3, fig. 3 en O ) des fibres , ou mieux des couches fibreuses de ce faisceau qui se portent, d’arrière en avant et en dedans, vers la ligne médiane , tandis que les faisceaux de la région fasciculée se portent d’arrière en avant et en dehors, préludant déjà, par leur divergence de la ligne médiane , à la formation de l’éventail fibreux qui leur succède.
Comme on le voit par cette différence que présentent dans la longueur du tronçon pédonculaire les faisceaux de la région fasciculée et ceux qui composent le faisceau moyen, il est impossible que le prolongement divergent de ce dernier dans le noyau cérébral résulte du. même mécanisme que le prolongement correspondant de la région fasciculée.
C’est de la convexité des fibres les plus externes et les plus
élevées du renflement du faisceau moyen dans le tronçon pédonculaire, que naissent les productions fibreuses destinées à rayonner dans l’éventail fibreux que ce faisceau moyen fournit au noyau cérébral. Elles ne sont donc plus le prolongement simple des fibres dirigées d’arrière en avant vers la ligne médiane, ce sont des branches divergentes issues de la convexité antérieure externe du corps de ce faisceau, et ce sont surtout ses parties supérieures externes qui produisent ces branches.
Cette différence bien établie, nous allons nous occuper de poursuivre , dans le noyau cérébral , les prolongements du faisceau supérieur du tronçon pédonculaire qui fait suite lui-même au faisceau postérieur de 1a. moelle épinière.
Lorsqu’on a séparé , comme nous l’avons décrit précédemment, les rayonnements du faisceau inférieur et ceux du faisceau moyen , il suffit d’exciser ces rayonnements au niveau de la limite externe de la couche optique pour mettre à découvert la face inférieure extraventriculaire du faisceau postérieur dans toute son étendue , depuis le milieu du tronçon pédonculaire jusqu’au niveau des limites excentriques de la couche optique. La face supérieure ventriculaire de cette nouvelle couche rayonnante se trouve enveloppée par le cotylédon ventriculaire de la couche optique, et derrière ce cotylédon par les tubercules quadrijumeaux.
On a dû remarquer, dans le cours des préparations employées pour découvrir cette couche profonde du faisceau postérieur , qu’elle était traversée , derrière les tubercules quadrijumeaux , par un faisceau considérable descendant du cervelet dans le faisceau moyen du tronçon pédonculaire. On trouve des productions analogues , mais moins considérables , qui descendent des tubercules quadrijumeaux et de la couche optique dans ce faisceau moyen.
Tous ces passages de trousseaux fibreux du cervelet , des tubercules quadrijumeaux, du cotylédon ventriculaire, delà couche optique dans le faisceau moyen, érail lent la surface inférieure du faisceau supérieur du pédoncule; il ne faut donc pas s’attendre
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à lui trouver l’aspect régulier qu’ont présenté les rayonnements de la région fasciculée.
Ce faisceau postérieur se rapproche d’ailleurs du faisceau moyen, en ce que les fibres les plus externes qui lui appartiennent dans le tronçon pédonculaire s’incurvent de dehors en dedans vers la ligne médiane , avant de produire les rayonnements qui appartiennent au noyau cérébral. Ces fibres, unies à leurs congénères sur la ligne médiane , forment par cette anastomose la commissure visible à la partie médiane supérieure de l’aqueduc de Sylvius, et de chaque côté de laquelle se renflent les tubercules quadrijumeaux. La terminaison antérieure de cette commissure forme , sur la limite antérieure des tubercules quadrijumeaux , un bourrelet auquel on a donné le nom de commissure postérieure du cerveau.
C’est de chaque côté de cette commissure postérieure que rayonnent en avant et en dehors, sous le cotylédon ventriculaire de la couche optique , les prolongements profonds du faisceau postérieur dans l’épaisseur du noyau cérébral.
La face profonde des rayonnements du faisceau postérieur dans le noj^au cérébral , découverte par l’élimination successive des masses extra-ventriculaires et des productions rayonnantes des faisceaux inférieur et moyen du tronçon pédonculaire , n’est mise à nu que dans l’étendue du cotylédon ventriculaire de la couche optique. Sous le cotylédon ventriculaire du corps strié , elle reste confondue avec les prolongements correspondants des faisceaux inférieur et moyen.
Pour ce qui est de la face ventriculaire de l’éventail fibreux du faisceau postérieur , on ne saurait acquérir une idée juste des connexions existantes entre elle et les cotylédons ventriculaires de la couche optique et du corps strié, par le simple arrachement de ces cotylédons. Tout ce qu’on peut déduire de cette manœuvre expéditive, c’est la disposition rayonnante des parties découvertes par l’enlèvement des cotylédons ventriculaires. D’ailleurs, les surfaces de ces rayonnements sont tellement déchirées, qu’on ne peut conclure rien de précis de leur examen.
Pour bien faire l’anatomie de ces parties , il convient de ne jamais perdre de vue l’arête centripète du faisceau postérieur suivie précédemment jusqu’au contact de la commissure antérieure. Nous avons vu déjà une émanation recourbée de cette arête médiane du faisceau postérieur se détourner en bas et en dehors dans les parties superficielles du quadrilatère perforé et se combiner avec une partie concave de la circonférence du cotylédon extra-ventriculaire du corps strié.
Nous allons retrouver une disposition semblable du côté des cotylédons ventriculaires.
Celui de la couche optique, celui du corps strié, indépendamment des adhérences qu’ils peuvent avoir avec les rayonnements profonds du faisceau postérieur , sont attachés par leurs parties visibles à la surface des ventricules à de fortes branches superficielles issues de l’arête médiane du faisceau postérieur, et c’est une circonstance digne d’attention que la bandelette demi-circulaire, une de ces branches à laquelle est attaché le corps strié, naisse, comme celle qui s’est détournée dans la surface de l’espace perforé, de l’arête médiane du faisceau postérieur tout près de la commissure antérieure (voy. pl. 20, fig. 7, A), et se termine au contact du crochet de la tubérosité temporale, sur la limite externe de ce même espace perforé. Il n’est pas moins remarquable qu’un autre faisceau très-considérable , par le moyen duquel l’angle antérieur de la couche optique est fortement attaché à cette même arête du faisceau postérieur, naisse également de l’arête médiane du faisceau postérieur, tout près de la commissure antérieure et au niveau du bord interne de l’espace perforé. Nous trouverons d’autres branches analogues émanées de l’arête médiane du faisceau postérieur et combinées avec la couche optique. Il en existe aussi pour les tubercules quadrijumeaux ; et , quel que puisse être le lieu précis où chacune de ces branches se détache de l’arête médiane du faisceau postérieur , nous les verrons toujours se terminer sur la limite externe de l’espace perforé , soit qu’elles concourent dans le tractus optique , soit qu’elles se juxta-posent seulement à ce cylindre nerveux. Mais dans aucune de ces bran-
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clies nous ne trouverons de caractères aussi nets , aussi tranchés que dans la bandelette demi-circulaire. C’est pourquoi nous allons d’abord décrire celle-ci, comme type, en quelque sorte, des productions analogues que nous devons signaler après elle.
La bandelette demi-circulaire se détache de l’arête médiane du faisceau postérieur juste au niveau du lieu où nous avons vu cette arête se détourner dans la région de l’espace perforé. La commissure antérieure traverse à son origine la bandelette demicirculaire. On pourrait dire qu’au contact de cette commissure antérieure l’arête médiane du faisceau postérieur se bifurque , qu’une de ses branches , descendante , se détourne dans l’espace perforé , que l’autre branche , ascendante , se recourbe dans le ventricule.
A peine séparée de l’arête médiane du faisceau postérieur , la bandelette demi-circulaire s’élève dans le ventricule , décrivant la belle courbe qui sépare le corps strié de la couche optique. Elle contourne avec eux le passage de la région frontale à la région temporale du ventricule et va se terminer entre le tractus optique et le crochet de la tubérosité temporale , tout près du bord externe du quadrilatère perforé. On peut suivre dans la substance du quadrilatère des prolongements de la bandelette demicirculaire combinés avec les dépendances de la branche descendante du faisceau postérieur , qui appartient à la surface de l’espace perforé. Le meilleur moyen de bien voir le cercle entier que forme cette bandelette demi -circulaire en se prolongeant dans l’espace perforé, est, après l’avoir soulevée, de percer de part en part le noyau cérébral tout autour de la couche optique, et d’extraire entièrement cette dernière. On voit alors, en regardant par le côté externe du noyau cérébral , que cette bandelette demi-circulaire constitue un faisceau fibreux plus considérable qu’on ne peut le croire en l’examinant du côté du ventricule, et que ce faisceau , continué dans l’espace perforé , décrit un cercle complet. Si l’on veut étudier la bandelette demi -circulaire du côté du ventricule , il Lut se rappeler qu’elle est recouverte par
la bandelette cornée qui unit les surfaces voisines du corps strié et de la couche optique.
Si l’on rompt avec un stylet la bandelette cornée , il devient très-facile de soulever ensuite d’arrière en avant la bandelette demi-circulaire en écartant son arête tranchante , collée contre la couche optique ; et , si l’on pousse un peu loin cet écartement (voy. pl. 20, fig. 7), on voit que , séparée de la couche optique, à laquelle elle n’était qu’accolée , cette bandelette demi-circulaire forme l’arête du bord concave du cotylédon ventriculaire du corps strié dans toute son étendue. Toute la substance grise du cotylédon ventriculaire du corps strié se développe en dehors de cette arête , conservant avec elle des adhérences intimes. C’est , comme on le voit , quelque chose de très-analogue au mode d’union du cotylédon extra-ventriculaire du corps strié avec la branche du faisceau postérieur qui occupe la surface de l’espace perforé. La masse grise intra-ventriculaire du corps strié se décompose d’ailleurs assez facilement en petites couches ou lanières qui, dans les régions amincies de ce corps, se détachent des parties les plus profondes et les plus externes de la bandelette demicirculaire , s’en écartent obliquement en arrière , et passent successivement dans les intervalles des faisceaux de l’éventail fibreux , auquel le cotylédon ventriculaire du corps strié adhère , et vont, à travers ces faisceaux fibreux, dans le cotylédon extraventriculaire du corps strié (voy. pl. 20 , fig. 6 .
Dans les parties antérieures du ventricule latéral la masse grise du corps strié étant beaucoup plus volumineuse , on ne sépare pas aussi facilement les unes des autres les couches de substance grise qui la composent ; mais on voit manifestement que le volume de la bandelette demi-circulaire est en cet endroit proportionné à celui du renflement gris , et que des émanations de cette bandelette , convergentes du côté de l’arête médiane du faisceau postérieur, divergentes du côté de la grosse extrémité du corps strié, rayonnent dans ce corps et vont se confondre avec les rayons , plus profonds , issus du bord convexe de la couche optique (voy. pl. 20, fig. 7).
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Et sur ces rayons fibreux , divergents , qui forment en quelque sorte la base du cotylédon ventriculaire , s’élèvent , plus ou moins perpendiculairement , d’innombrables fibrilles blanches qui pénètrent tous les points de la matière grise. L’on voit de plus , à travers les rayons fibreux profonds , passer des couches amincies de substance grise et fibreuse à la fois qui relient le cotylédon ventriculaire à celui qui répond au dehors des ventricules. On pourrait comparer la bandelette demi-circulaire à une espèce de tendon ou d’aponévrose fortement attachée à l’arête médiane du faisceau postérieur ; et la substance grise du corps strié , disposée en couches pénétrées de fibrilles blanches , à une masse musculaire dont tous les éléments se rattachent à ce tendon ou à ses dépendances. Le cotylédon extra-ventriculaire est facile à décomposer en couches grises et fibreuses en même temps, situées en général dans un plan à peu près vertical , rayonnant toutes de l’ombilic du cotylédon vers sa base; et dans chacune des couches qui le composent on voit des fibrilles blanches qui se portent perpendiculairement aux rayons de l’éventail fibreux de la région fasciculée , tandis que d’autres couches passent dans les intervalles de ces rayons au cotylédon ventriculaire ; et dans ce cotylédon extra- ventriculaire , comme dans celui du ventricule , on voit des fibres blanches qui forment les moyens d’attache de toutes les couches qui le composent avec les rayons des éventails fibreux , desquels elles procèdent et auxquels elles se portent.
Pour achever de se former une idée de la structure de la masse du corps strié considérée dans sa totalité , il faut le diviser dans toute son épaisseur, en partant de l’ombilic du cotylédon extraventriculaire pour ne finir qu’à la rencontre de la bandelette demi-circulaire. Cette séparation est facile en suivant avec précaution , au moyen d’un stylet mousse , l’intervalle des couches dont les bords externes correspondent à l’enveloppe de la saillie centrale des faces latérales. La surface découverte par ce partage figure une feuille. Le rayon qui la parcourt dans son milieu représente sa nervure principale , et de chaque côté de cette
nervure partent de nombreuses fibrilles perdues dans la substance grise ; tandis que d’autres fibres rattachent en bas cette substance grise à la branche descendante du faisceau postérieur dans l’espace perforé, en haut à la bandelette demi -circulaire.
Si l’on répète ces divisions un grand nombre de fois , on voit que la masse entière du corps strié résulte de l’assemblage de ces feuilles, de ces couches juxta- posées , partant toutes par une extrémité de leur contour, de l’ombilic répondant à l’espace perforé, et se terminant toutes d’ailleurs, par l’autre extrémité de leur contour, à la convexité de la bandelette demi-circulaire.
Dans la substance même des cotylédons , tout près de leurs limites excentriques , naissent d’autres productions fibreuses qui se portent hors de la partie fondamentale du noyau cérébral. Nous devons nous borner à indiquer pour le moment ces productions , destinées au corps calleux ; mais , avant d’abandonner l’étude de la masse totale du corps strié , il nous semble utile de faire une dejmière remarque. Les limites de ce corps , du côté du pédoncule , sont : en dehors des ventricules , la surface de l’espace perforé ; en dedans du ventricule , la bandelette demicirculaire, et cette bandelette, par son origine , tient à la branche du faisceau postérieur qui se détourne dans l’espace perforé ; par sa terminaison elle se rattache à cette même branche sur la limite externe du quadrilatère.
L’ensemble de la bandelette demi-circulaire et de la branche du faisceau postérieur qui parcourt de dedans en dehors la surface de l’espace perforé figure donc un cercle complet , ou du moins une anse irrégulièrement circulaire sans interruption dans son contour.
Comparons cette anse à la circonvolution de l’ourlet, composée comme elle de deux régions : l’une petite, formant la marge du quadrilatère du côté du cerveau et en même temps la limite du cerveau de ce côté du noyau cérébral ; l’autre très-grande , partant du bord interne de l’espace perforé pour se terminer à son
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bord externe après avoir parcouru toute la circonférence des par^ lies médianes du noyau cérébral et formé encore de ce côté du noyau la limite de l’hémisphère.
On voit sans doute déjà quelque analogie entre les branches du faisceau postérieur inscrites sur les limites du corps strié du côté du pédoncule et la circonvolution de l’ourlet inscrite sur les limites du cerveau du côté du noyau cérébral. De part et d’autre c’est une anse complète , irrégulièrement circulaire , divisée en deux parties, une petite appartenant dans les deux cas au quadrilatère perforé , et une grande formant la limite concentrique du corps qui lui succède et rattachée aux bords de l’espace perforé. La bandelette demi -circulaire est tout aussi réellement l’ourlet terminal du corps strié du côté du pédoncule que la circonvolution de l’ourlet est l’ourlet terminal de la substance de l’hémisphère du côté du noyau cérébral.
Si, d’ailleurs, nous avons pu faire comprendre comment toutes les couches de matière grise qui composent la masse entière du corps strié, divergent comme d’un centre de son ombilic fixé à l’espace perforé pour finir par se rattacher après avoir parcouru toute la circonférence transversale du corps strié sur la bandelette demi -circulaire son ourlet ventriculaire, nous devons voir dans cette disposition une reproduction, en petit , delà disposition que certaines circonvolutions nous ont offerte. Nous avons vu celles du troisième et celles du quatrième ordre rayonner les unes à la suite des autres d’un centre commun , le sommet de l’insula, qui répond à l’espèce d'ombilic auquel se rattache le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié ; diverger de ce centre vers les parties les plus excentriques de l’hémisphère et finir par se rabattre sur le flanc centrifuge de la grande région de la circonvolution de l’ourlet.
Cette circonvolution du premier ordre, représentant pour l 'hémisphère le cercle auquel est attachée par son bord concentrique la masse entière du corps strié, les couches rayonnantes du corps strié représentent les circonvolutions de troisième et quatrième ordre de l’hémisphère , il n’y a que les circonvolutions de
Dr TA PARTIE FONDAMENTALE DU NOYAU CEREBRAL. A 1 5
deuxième ordre dont nous ne voyons pas encore la représentation dans la masse du corps strié.
Serait-ce forcer l’analogie que de considérer le cercle qui suit le bord excentrique du cotylé ion ventriculaire du corps strié, comme l’analogue de notre grande circonvolution du second ordre, et de voir dans un cercle du même genre , mais plus petit et dont nous n’avons pas encore parlé , situé sur la limite excentrique des cotylédons extra-ventriculaires, l’analogue de notre seconde circonvolution de second ordre?
Nous trouverions de cette manière dans la masse du corps strié et dans ses dépendances un diminutif de l'hémisphère; toutes les dispositions essentielles seraient communes.
Une semblable analogie nous a paru présenter trop d’intérêt pour que nous ne la fissions pas remarquer. Nous devrons y revenir en jetant un coup d’œil sur le système nerveux cérébrospinal des animaux vertébrés.
Occupons-nous maintenant des branches circulaires au moyen desquelles le cotylédon ventriculaire de la couche optique est rattaché à l’arête médiane du faisceau postérieur.
Quelques-unes de ces productions dépendantes du cotylédon ventriculaire de la couche optique ne se rattachent pas aussi directement que 1a. bandelette demi- circulaire à l’arête médiane du faisceau postérieur. A cette catégorie appartient la coque fibreuse superficielle blanchâtre qui revêt la surface de la couche optique dans le ventricule latéral.
La plupart des fibres de cette coque superficielle rayonnent en divergeant de l’extrémité par laquelle la couche optique se rattache au tractus du même nom , vers la courbe sur laquelle finit, du côté de la ligne médiane, la convexité de la couche optique et où commence la partie plane de cette couche qui forme la paroi latérale du troisième ventricule. A cette courbe de séparation de la face convexe et de la face plane de la couche optique répond, comme nous l’avons dit en son lieu , le tractus blanc qui décrit un arc de cercle étendu de la commissure postérieure ou de la glande pinéale à la commissure antérieure.
STRUCTURE
Si l’on pouvait considérer ce tractus blanc comme un dédoublement de l’arête médiane du faisceau postérieur, les fibres qui du tractus optique divergent vers la convexité de cet arc fibreux blanc seraient dans les mêmes conditions que la bandelette demicirculaire. Si cette manière de voir répugne, on ne peut du moins se refuser à reconnaître que ce tractus blanc aboutit par ses deux extrémités à l’arête médiane du faiseau postérieur, et rattache indirectement à cette arête les fibres qui composent la coque superficielle de la couche optique. Mais nous allons voir d’autres éléments fibreux de la couche optique rattachés plus directement à l’arête médiane du faisceau postérieur.
Les fibres les plus excentriques de la couche optique forment un gros faisceau qui suit exactement le même trajet que la bandelette demi-circulaire; et qui, rassemblées en un trousseau remarquable à l’angle antérieur de la couche optique, se fixent audessous de cet angle à l’arête centripète du faisceau postérieur [voy. pl. 20 , fig. 7, O).
L’insertion de ce faisceau considérable de la couche optique àl’arête médiane du faisceau postérieur s’opère au contact et en arrière du lieu d’insertion delà bandelette demi-circulaire du corps strié, par conséquent au niveau du bord interne de l’espace perforé. Ce faisceau d’insertion de l’angle antérieur de la couche optique est si puissant, qu’on ne peut se refuser à voir en lui le moyen principal d'union du cotylédon ventriculaire de la couche optique à barète médiane du faisceau postérieur. On peut le suivre parallèlement à la bandelette demi-circulaire jusqu’au tractus optique ; on peut voir des fibres émises dans son trajet traverser les intervalles des rayons fibreux des éventails sous-jacents ; enfin ce sont à tous égards les mêmes conditions essentielles que celles offertes par la bandelette demi-circulaire , et c’est aussi la même structure fibreuse franchement blanche.
C’est ici le lieu de remarquer, que, dans la position naturelle des parties , ce faisceau circulaire excentrique de la couche optique est surmonté par l’arête concentrique du corps strié. Cette arête du corps strié recouvre le bord convexe de la couche opti-
que comme par imbrication. On trouve quelque chose d’analogue sur la limite réciproque de la couche optique et des tubercules quadrijumeaux.
Le bord postérieur de la couche est formée de couches fibreuses qui du tractus optique se portent à l’arête médiane du faisceau postérieur, tout près du pilier de la glande pinéale. Ces couches fibreuses arquées du bord postérieur de la couche optique sont moins franchement blanches que celles qui suivent son bord ex centrique.
Leur caractère n’en est pas pour cela moins conforme à celui des branches précédemment signalées comme moyens d’union du tractus optique ou du bord externe de l’espace perforé avec l’arête médiane du faisceau postérieur.
Voici donc déjà deux éléments distincts dans la composition du cotylédon ventriculaire de la couche optique ; profondément des rajmnnements du faisceau postérieur qui du contact des tubercules quadrijumeaux divergent vers la limite excentrique de la couche optique; superficiellement, et sur les bords antérieurs et postérieurs , des arcs fibreux qui se portent du tractus optique à l’arête médiane du faisceau postérieur.
Entre ces deux éléments que leur disposition contraire fait rayonner les uns de l’arête médiane et du contact des tubercules quadrijumeaux sur la limite circulaire excentrique de la couche optique , tandis que les autres rayonnent en divergeant du tractus optique à l’arête médiane du faisceau postérieur, se trouvent obliquement placées les couches intrinsèques du cotylédon ventriculaire de la couche optique.
Toutes ces couches intrinsèques rattachent ainsi les arcs fibreux superficiels aux rayonnements de l’éventail profond.
Pénétrées de fibres blanches très-nombreuses , ces couches intrinsèques d’une couleur jaunâtre se portent les unes sur les rayons profonds des divers éventails pédonculaires avec lesquels elles se combinent ; d’autres traversent les intervalles de ces rayons pour aller s’unir de l’autre côté de l’éventail fibreux avec le cotylédon extra- ventriculaire.
Tj I.
STRUCTURE
C’est, en un mot, une distribution tout à fait analogue à celle que nous avons décrite dans le corps strié ; et pour cette raison nous nous bornerons à la rappeler ici sans la retracer dans tous ses détails. Nous devons mentionner que dans le sein de ces parties intrinsèques de la couche optique on découvre à peu de distance de son angle antérieur un faisceau qui , par en haut , va se perdre dans les couches superficielles et qui par en bas et en arrière se porte dans le tubercule mamillaire où il subit un repli brusque avec torsion. La convexité de ce repli se montre en bas (voy. pl. 20, fig. 4 H-) derrière le tuber cinereum et constitue le tubercule mamillaire. Après cette réflexion du faisceau blanc que nous faisons naître dans les couches superficielles antérieures de la couche optique , il se prolonge en avant et en haut dans l’épaisseur de la matière grise striée qui , du chiasma des nerfs optiques , se porte à l’arête médiane du faisceau postérieur. Enfin ce faisceau blanc se dégage derrière la commissure antérieure pour former la branche postérieure du pilier antérieur de la voûte. Une ramification de ce faisceau se porte directement du tubercule mamillaire dans l’espace perforé ( voy. pl. 20, fig. 4 P).
La structure des tubercules quadrijumeaux est fort analogue à celle du cotylédon ventriculaire de la couche optique. Profondément ces tubercules reposent sur les fibres du faisceau postérieur marchant vers les couches optiques.
Au niveau de ces tubercules , les arêtes centripètes du faisceau postérieur qui suivent les parois de l’aqueduc de Sylvius s’anastomosent d’un côté à l’autre sur la ligne médiane et avec eux les tubercules quadrijumeaux. Des branches issues de l’anastomose médiane du faisceau postérieur déterminent les limites postérieures de chaque tubercule et se portent obliquement vers le tractus optique renflées, avant de l’atteindre, parles deux tubercules géniculés. Une couche fibreuse superficielle plus prononcée sur les tubercules antérieurs , plus fine sur les postérieurs, s'unit à ces branches d’union de l’arête centripète du faisceau postérieur avec le tractus optique. La substance grise intrinsèque des tubercules quadrijumeaux est d’ailleurs disposée en couches juxta-
posées qui s’étendent des couches superficielles, aux parties profondes du faisceau postérieur.
Il faut remarquer d’ailleurs que de ces quatre masses grises ajoutées les unes au devant des autres dans chaque moitié des systèmes nerveux encéphaliques , le tubercule quadrijumeau postérieur, l'antérieur, la couche optique et le corps strié, l’antérieure surmonte celle qui vient immédiatement derrière; la seconde surmonte la troisième; celle-ci la quatrième; c’est malgré les différences de volume de toutes ces parties une imbrication successive des unes sur les autres , et c’est toujours pour chacune de ces masses son bord postérieur qui surmonte le bord antérieur de celle qui lui succède en arrière , et le bord postérieur est toujours une branche recourbée issue de l’arête centripète du faisceau postérieur.
Toutes ces branches du faisceau postérieur, réunies par leurs extrémités excentriques dans le tractus optique et les parties voisines de l’espace perforé , divergent de ce point commun de concours dans toute la longueur de l’arête médiane du faisceau postérieur ; c’est en deux régions distinctes que les connexions de ces branches avec l’arête médiane s’opèrent principalement. La première est le bord interne du quadrilatère perforé où la bandelette demi-circulaire et le faisceau excentrique de la couche optique se réunissent au contact de la commissure antérieure,, des piliers antérieurs de la voûte , et de la branche descendante du faisceau postérieur qui parcourt de dedans en dehors le quadrilatère perforé.
La seconde région est celle de la commissure postérieure où les bords postérieurs des couches optiques s’unissent avec cette commissure elle-même, à laquelle se rattachent en arrière les faisceaux courbes qui se rendent des tubercules quadrijumeaux au tractus optique. On peut démontrer l’imbrication successive de tous ces renflements en soulevant, avec un stylet mousse, l’arête postérieure de chacun d’eux, comme nous avons soulevé la bandelette demi -circulaire (fig. 7, pl. 20). Mais avant d’opérer ce décollement , il faut rompre une membrane dont la ban-
d20 STRUCTURE DE LA PARTIE FONDAMENTALE, ETC.
delette cornée n’est qu’une dépendance un peu renflée. Cette membrane revêt uniformément toutes les surfaces ventriculaires et se continue d’ailleurs sur les tubercules quadrijumeaux, sur le tronçon pédoncnlaire où nous l’avons disséquée (pl. 5, fig. 9, B). Au passage du tubercule quadrijumeau antérieur à la couche optique, on voit cette couche blanche traversée de fibres superficielles qui divergent du bord du tubercule dans la coque superficielle de la couche optique.
Si nous avons été assez heureux pour faire saillir au milieu de tous ces détails les caractères essentiels de la structure des divers éléments réunis dans la partie fondamentale du noyau cérébral , on doit voir que deux ordres de parties bien distinctes sont réunies dans cette masse. On y trouve d’abord les éventails fibreux disposés en cônes creux, emboîtés les uns dans les autres, qui succèdent aux faisceaux pédoncuîaires ; en second lieu , on rencontre dans la concavité de cône que décrivent ces éventails et sur leur convexité des masses grises , corps strié et couche optique, divisées en cotylédons extra-ventriculaires contenus dans la concavité du cône, et en cotylédons ventriculaires enroulés sur la périphérie extérieure de ce même cône. Ces masses grises sont composées de couches juxta-posées. Par leurs parties profondes , ces couches s’unissent aux rayons des éventails fibreux, communiquent d’ illeurs les unes avec les autres à travers les intervalles de ces rayons.
Par leurs parties superficielles, ces mêmes cotylédons sont constamment rattachés par leur bord concentrique à des branches fibreuses issues de l’arête médiane du faisceau postérieur. Ces branches du faisceau postérieur étant fort courtes dans l’espace perforé , fort longues dans les ventricules , les couches qui composent les masses grises du corps strié et de la couche optique , rayonnent en divergeant de la petite branche ou de l’espace perforé à la grande ou bandelette demi-circulaire pour le corps strié, faisceaux ventriculaires analogues pour la couche optique.
Il faut ajouter que , dans le cotylédon ventriculaire de la couche optique, naissent près de sa marge excentrique des faisceaux