ORIGINES DU NERF OPTIQUE
Le nerf optique , le premier des nerfs cérébraux du côté du pédoncule cérébral , se rattache par des prolongements radiculaires , internes et supérieurs , à l’arête médiane du faisceau postérieur de la moelle (voy. pl. 18, fig. 1, L, G ), qui semble se porter directement dans la partie supérieure de ce nerf.
Par un prolongement radiculaire externe considérable, connu sous le nom de tractus optique , le nerf optique se rattache aux
tubercules quadrijumeaux, mais surtout au cotylédon ventriculaire de la couche optique, rattaché lui-même , comme nous l’avons dit ailleurs, au faisceau postérieur de la moelle. Le tractus optique se prolonge dans la coque superficielle de ce cotylédon, et forme ainsi la surface de la région correspondante du ventricule.
Nous sommes convaincu , par de nombreuses dissections , que toute la surface fibreuse du cotylédon ventriculaire de la couche optique est rattachée au tractus optique, qu’elle forme, par conséquent , en parlant le langage figuré en usage , la racine principale du tractus, et par suite du nerf optique.
Chez le mouton , la membrane fibreuse rayonnante , d’un blanc argenté , par laquelle le tractus optique se prolonge à la surface du cotylédon ventriculaire de la couche optique, aboutit à un faisceau saillant situé sur la limite antérieure de la paire antérieure des tubercules quadrijumeaux ; et ce faisceau, sur lequel concourent les fibres de la couche superficielle de la couche optique, va s’attacher à l’arête médiane du faisceau postérieur de la moelle, derrière la glande pinéale. Nous avons dit ailleurs quelles sont chez l’homme les connexions de la couche superficielle de la couche optique avec le faisceau postérieur.
C’est au passage du tractus optique dans la coque superficielle de la couche du même nom que se rencontre le corpus geniculatum externum. Une branche du tractus optique interne, et postérieure à celle qui par le corpus geniculatum externum communique avec la couche optique , se porte dans le corpus geniculatum externum , et, par ce corps, communique avec les tubercules quadrijumeaux, surtout avec le postérieur; l’antérieur se rattache à la coque superficielle de la couche optique , ce qui ne l’empêche pas de recevoir aussi directement quelques émanations du tractus optique. Ainsi , le tractus optique , racine fibreuse principale du nerf optique , s’épanouit à la surface ventriculaire de la couche optique, à la surface des tubercules quadrijumeaux, et, par l’intermédiaire de ces différentes parties , se rattache à
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l’arête médiane du faisceau postérieur, comme nous l’avons exposé en traitant de la structure de la partie fondamentale du noyau cérébral.
Nous avons aussi parlé , dans un autre lieu , d5une petite membrane nerveuse émanée du tractus optique au niveau du crochet de la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet (voy. pl. 18, fig*. 2, Y). Nous avons comparé cette membrane émise par le nerf optique à une membrane semblable dépendante des racines de l’auditif, et par laquelle le nerf de Faudition communique avec un lobule voisin du cervelet. L’expansion au moyen de laquelle le nerf auditif tapisse le ventricule cérébelleux , ne montre-t-elle pas aussi une analogie bien frappante avec celle par laquelle le tractus optique forme la surface de la couche optique et des tubercules quadrijumeaux \ Disons , pour résumer ce qui se rapporte aux relations du tractus optique , racine blanche principale du nerf de la vision , que la surface de la couche optique, celle des tubercules quadrijumeaux, procèdent de ce tractus ; que la bandelette demi-circulaire reçoit aussi des fibres qui en dépendent ; enfin , que le tractus optique est en communication avec la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet, par une petite expansion membraneuse blanche qui se continue avec la couche blanche superficielle de la membrane corticale. Cette petite émanation membraneuse du tractus optique communique également avec le corps frangé (1).
Les racines grises du nerf optique occupent la partie supérieure de la commissure que les tractus optiques forment en venant s’unir d’un côté à l’autre sur la ligne médiane. C’est au niveau de cette ligne que le plus grand nombre de ces racines grises se rencontrent. Les unes, se portant en arrière dans la masse du tuber cinereum , vont se fixer sur le faisceau qui , des
(1) M. Serres a décrit celle petite membrane de communication du tractus optique avec la tubérosité temporale , comme une valvule du fond de la région temporale du ventricule, (f^oy. Serres, Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes des animaux vertébrés , t n, p. 465.)
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éminences mamillaires se porte dans le pilier antérieur de la voûte, et sur l’arête médiane du faisceau postérieur.
L’autre fraction des racines grises de l’optique est située audessus et au-devant du chiasma. Réunies dans la lame grise , ce sont ces racines grises antérieures qui laissent entre elles et la substance fibreuse du chiasma, un intervalle creux qui fait partie du troisième ventricule.
Les racines grises postérieures ont été signalées par plusieurs auteurs.
Quant aux antérieures, c’est àVicq-d’Azyr, si je ne me trompe, qu’il faut rapporter l’honneur de les avoir, le premier, décrites et figurées. On les voit dans la planche XXI de son grand ouvrage; voici ce qu’il en dit dans l’explication de cétte planche, u Je les ai appelées dans les Mémoires de l’Académie des sciences, année 17S1, lame grise de la jonction des nerfs optiques (la
cloison pulpeuse du troisième ventricule) Cette lame grise
et molle s’étend des environs de la commissure antérieure vers
les nerfs optiques Elle est composée de stries qui se dirigent
obliquement de bas en haut : les stries les plus externes se dirigent en dehors. La portion de cette lame qui adhère aux nerfs optiques a de la consistance , et on y remarque des filets trèsdistincts, qui se confondent avec le tissu de ces nerfs, dont on doit les regarder comme une origine particulière . Cette membrane est très-déliée : elle est demi-transparente. On aperçoit une cavité au travers de son tissu , et lorsque cette lame est rompue on voit entre la commissure antérieure et les nerfs optiques une ouverture qui mène au troisième ventricule. » (Vicq-d’ Azyr, Traité d’anatomie, in-folio, page 72.)
Ces racines grises des nerfs optiques ont été négligées par tous les anatomistes depuis Vicq-d’Azyr. — Nous les avons mentionnées maintes fois déjà, en parlant du quadrilatère perforé derrière la diagonale blanche, duquel elles forment une région grise plus large en dedans qu’en dehors ; nous en avons parlé également en traitant du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire. Nous avons vu ces racines se fixer sur les origines des faisceaux de ce T. T. 33
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cercle qu'on appelle piliers antérieurs de la voûte. Enfin nous les avons fait figurer (pl. 6 en a à). L’on voit dans cette figure leur prolongement aminci à la face supérieure du nerf optique luimême.
Si nous ajoutons qu'une couche blanche mince, qu’on peut suivre dans les parties blanches du nerf optique, revêt, du côté de l’espace perforé, la surface de ces racines grises, et se prolonge, au dehors de l’espace perforé, dans la couche superficielle des circonvolutions, nous aurons terminé ce que nous croyons utile d’exposer par rapport à ces racines grises.
Ajoutons , pour terminer la description des racines de l’optique, que des parties adhérentes du tractus optique se détachent en grand nombre, de petites lames fibreuses d’une couleur jaunâtre, dont les unes se rendent au cotylédon extraventriculaire delà couche optique, tandis que d’autres, traversant les faisceaux de la région fasciculée du pédoncule , vont , au-dessus de cette région, s’unir à cette petite amande de couleur jaunâtre que nous avons signalée en décrivant la région supérieure de l’éventail fibreux qui succède à la région fasciculée du tronçon pédonculaire.