‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 70 sur 138 · NERFS CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

NERFS CÉRÉBRAUX

Au nombre de deux paires, comme les nerfs du cervelet , les nerfs cérébraux sont désignés par les noms propres d’optique et d’olfactif.

Plusieurs points d’analogie existent entre ces deux paires de nerfs ; ce qui est appliquable à l’une, comme définition générale, peut également s’appliquer à l’autre.

Et si l’on devait , en partant du sens du mot lobe olfactif, séparer sa description de celle des cordons nerveux , on pourrait s’appuyer de raisons semblables pour en séparer également le nerf optique , et le présenter aussi comme un lobe particulier.

En effet , les raisons sur lesquelles on s’est fondé pour contester à l’olfactif la qualité de nerf et le présenter comme un lobe cérébral sont : qu’il contient à la fois dans sa composition de la substance grise et de la substance blanche , et que chez un grand nombre de mammifères le cylindre qu’il représente , pouvant acquérir un volume considérable, est creusé par un prolongement du ventricule latéral.

Il y a, dans le nerf optique comme dans l’olfactif, association de substance grise et de substance blanche , quoique la première de ces substances s’y trouve en proportion moindre que dans l’olfactif.

La substance grise du nerf optique , prolongée à la partie supérieure de ce cordon nerveux jusqu’au voisinage du trou par lequel il s’engage dans l’orbite , s’étale du côté du noyau cérébral

en une membrane divergente qui s’anastomose d’un côté à l’autre, sur la ligne médiane, dans ce que l’on appelle la lame grise. Un enfoncement anguleux du ventricule plonge entre cette racine grise du nerf optique et son chiasma. Il y a donc aussi pénétration d’un appendice ventriculaire dans la base de l’optique.

De sorte que les raisons qui seraient bonnes pour justifier le nom de lobe olfactif seraient également favorables pour autoriser à nommer lobe optique le nerf de la vision.

Je ne veux pas nier, d’ailleurs , qu’à côté de ces analogies entre l’optique et l’o’factif , on ne puisse signaler des différences tranchées, telles, par exemple, que la présence, à l’extrémité ethmoïdale de l’olfactif, d’un corps bulbeux , duquel se détachent les filets nerveux qui vont donner à la membrane pituitaire son aptitude olfactive. Mais, ces différences , on les rencontre de l’olfactif à l’optique , comme de chacun de ces deux nerfs à l’acoustique au trijumeau.

Elles sont propres à justifier une proposition de Gall , développée de la manière la plus puissante par M. de Blainville, que chaque nerf des sensations spéciales a quelque chose de spécial dans sa structure ; mais elles ne peuvent faire que l’olfactif ne soit pas aux mêmes titres que l’optique un nerf, c’est-à-dire un conducteur intermédiaire à un organe de sensation spéciale et à l’encéphale.

Quant aux caractères anatomiques qui distinguent F optique et l’olfactif de tous les autres nerfs , nous ne les regarderons pas comme des preuves que l’optique et l’olfactif ne sont pas des nerfs , nous les signalerons comme des caractères distinctifs des nerfs cérébraux.

En conséquence , nous définirons les nerfs cérébraux des appendices cylindroïdes de matière nerveuse grise et blanche , rattachés à la fois à la substance du cerveau et aux prolongements cérébraux du faisceau postérieur de la moelle , et prolongés , l’un dans le globe de l’œil , l’autre dans la membrane pituitaire.

La terminaison de l’un de ces nerfs dans l’œil , les ramifications de l’autre dans la membrane pituitaire, diffèrent beaucoup

ORIGINES DES NERFS

des ramifications périphériques des nerfs ordinaires. Ces différences dans les ramifications périphériques des nerfs cérébraux s’ajoutent aux différences signalées dans leurs portions extracrâniennes pour justifier la proposition de Gall ; elles ne sauraient infirmer la nature de nerfs spéciaux, que nous reconnaissons dans l’optique et l’olfactif.

Ces deux nerfs ont, à quelques égards, de l’analogie avec les deux nerfs cérébelleux. Nous avons exposé comment ces derniers communiquent avec les parois du quatrième ventricule ; et nous voyons déjà, par les considérations précédentes , qu'il en est de même par rapport aux nerfs cérébraux. La base de l’un d’eux, l’optique , est toujours pénétrée par un prolongement du troisième ventricule, ce sont les racines grises antérieures qui forment sur la ligne médiane la clôture de ce ventricule. Quant à l’olfactif, qui semble chez l’homme adulte plus étranger aux cavités ventriculaires , nous ferons voir qu’un prolongement notable de ses racines se confond avec la cloison demi-transparente, indépendamment d’autres connexions, reconnues par beaucoup d’anatomistes , avec divers éléments du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire. D’ailleurs, l’olfactif de l’homme lui-même a été creusé à une époque de la vie fœtale, d’un prolongement du ventricule latéral. Ce prolongement est semblable à celui qui, chez beaucoup de mammifères, persiste dans l’état adulte.

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