‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 73 sur 138 · DES NERFS OLFACTIFS · texte numérisé non relu

DES NERFS OLFACTIFS

On a vu, par ce que nous avons dit en commençant l’étude des nerfs cérébraux , que les olfactifs ont donne lieu à beaucoup de controverses. Quelques savants leur contestant le caractère de nerfs ont cru mieux faire de leur donner un nom insignifiant, tel que celui de caroncules mamillaires ; d’autres retrouvant dans ces appendices tous les caractères de la structure du cerveau, les ont considérés comme un lobe particulier de h encéphale qu’ils ont appelé lobe olfactif.

Nous reconnaissons ce que les appendices olfactifs offrent de spécial dans leur structure.

Nous reconnaissons qu’ils diffèrent notablement des nerfs ordinaires de la moelle; mais tout ce qu’ils offrent de caractéristique, nous l’avons retrouvé dans les nerfs optiques, seulement, dans des proportions différentes.suivant les animaux. Nous avons cru que les particularités de structure offertes par les nerfs optiques et les olfactifs pouvaient être présentées comme les caractères distinctifs des nerfs cérébraux.

C’est donc seulement après avoir donné des nerfs cérébraux une définition qui indique ce qu’ils ont de commun avec les autres

ORIGINES DES NERFS

nerfs et ce qu’ils ont de spécial, que nous abordons la description de l’olfactif considéré comme un nerf cérébral.

Dans une très-bonne thèse (1) , présentée à la faculté de Paris , le 18 décembre 1837, M. le docteur Joseph Pressât a donné un historique détaillé de l’anatomie du nerf olfactif. Il passe en revue, dans une première classe, les auteurs qui ne regardent pas comme nerfs les prolongements olfactifs du cerveau : dans une seconde, ceux qui les admettent au nombre des nerfs. L’épigraphe de cette thèse, empruntée à Schneider, a été choisie avec bonheur par rapport à certaines controverses renouvelées de nos jours : » Nunc illucl diligentiores naturæ exquirunt , an » nervi qui de dura méningé oriuntur plus quam il li qui de ter - >* tio pari nascuntur valeant ad odorandumî »

L’observation du cas d’absence du nerf olfactif qui a donné lieu à cette thèse , rapprochée avec discernement d’autres cas analogues et des données de l’expérimentation sur les animaux, n’a pas laissé M. Pressât dans le doute sur la question de savoir quel est le véritable nerf de l’olfaction. Nous ne suivrons pas ici M. Pressât dans l’étude de la question physiologique. Mais nous profiterons beaucoup de la partie anatomique de son ouvrage.

M. le docteur Pressât a bien voulu mettre à notre disposition le cerveau dans lequel manquait cette paire de nerfs; nous tâcherons de l’utiliser dans le cours de ce travail.

Peu de questions relatives à l’origine des nerfs ont donné lieu â un plus grand nombre d’opinions divergentes que celle des origines de l'olfactif.

Voici comment M. le docteur Pressât résume ses recherches multipliées sur ce point d’anatomie :

» Avant Varole on ne connaissait point les filets d’origine

» il indique deux filets nécessaires.

» Sœmmerringle premier décrit la racine grise et Scarpa vient » ensuite démontrer la petite éminence cendrée qui lui donne « naissance.

(1) Observation sur un cas cVabsence du nerf olfactif.

ORIGINES DES NEUFS

•» De grandes discussions s’élèvent sur le point du cerveau d’où » partent les racines médullaires du nerf.

» Yarole les fait naître du cerveau près du trou auditif, en- •> tre le lobe antérieur et le lobe moyen;

» Picolhomini , du quatrième ventricule et des corps striés ;

» Jean Riolan, des piliers postérieurs de la voûte qui retourne » vers la base du cerveau ;

» Ridley, des cuisses de la moelle allongée ;

»* Winslow, Chaussier, des corps striés;

» Sœmmering , des cuisses du cerveau ;

» Gall , Bichat, et la plupart des modernes du cerveau même.

» Sœmmerring , Gall , Cuvier, Serres réfutent et rejetten » l’origine des corps striés.

» Malacarne le premier émet l’opinion de connexion du nerf »» olfactif avec la radiation externe de la commissure anté- » rieure.

» Metzger, Rolando, Treviranus adoptent cette opinion; le der~ » nier ajoute un rapport avec la corne d’Ammon.

» Meckel dit que la connexion avec la commissure antérieure » établit une grande analogie entre les nerfs olfactifs et les op- » tiques.

»* Bailly nie la commissure des nerfs olfactifs chez l’homme , » mais l’admet chez les animaux.

* M. Serres enseigne que le filet externe correspond toujours » a la proéminence latérale du lobe de l’hippocampe , dont il est » la continuation en dehors , et que ce rapport est à peine visible >* chez l’homme.

» Desmoulins n’admet chez l’homme que la connexion avec <> les circonvolutions postérieures de la base du lobe antérieur : »il prétend, centre Tréviranus , qu’d n’y a aucun rapport di- ” rect entre la proportion de l’hippocampe et celle de la racine » externe.

» M. Breschet cite des observations dans lesquelles les deux » filets blanchâtres se dirigeaient en arrière vers la moelle épi- *» nière , et il en conclut que les nerfs olfactifs , existant dans des

ORIGINES DES NERFS

» enfants privés de cerveau ne tirent pas leur origine de cette -* partie de l’encéphale ni des corps striés.

•» M. Lelut établit une relation entre le lobule de l’hippocampe » et les racines du nerf olfactif.

» Carus n’admet pas de commissure entre les nerfs olfactifs *> chez l’homme.

» M. Cruveilhier enseigne qu’un grand nombre de racines « blanches profondes lui ont paru provenir de la commissure an- » téricure , et nullement des corps striés. [1 nie le rapport avec » la corne d’Ammon indiquée par Tréviranus. »

Telles sont les indications fournies par le résumé de M. le docteur Pressât. On voit, par là, combien d’opinions divergentes partagent les anatomistes sur la question de l’origine des olfactifs.

Nous avons toujours regardé comme un point d’une importance capitale, de poursuivre dans l’encéphale ce qu’on appelle les racines, les origines de l’olfactif. Nos recherches , à cet égard, nous ont amené à la conviction que ces racines communiquent avec presque toutes les parties que les auteurs dont nous venons de citer les opinions , ont considérées isolément ou bien en nombre plus ou moins réduit comme combinées avec l’olfactif.

D’abord, il est indubitable que le nerf olfactif .prend naissance ou se prolonge dans la couche corticale des circonvolutions.

Sa forme n’est pas exactement celle d’un prisme triangulaire, auquel on est dans l’habitude de le comparer. Il existe à la face inférieure de ce prisme, du côté de l’espace perforé , une cannelure qui s’évase sur la marge antérieure du quadrilatère et prélude ainsi à la bifurcation du corps du nerf, dont une moitié se continue en dehors avec la partie adhérente de la circonvolution de l’ourlet, tandis que la moitié externe se détourne en dedans vers l’origine de la région verticale de cette meme circonvolution.

En même temps que cette cannelure se prononce à la face inférieure de la base de l’olfactif, l’arête opposée à cette cannelure, cette arête qui répond à l’anfractuosité que longe ce nerf,

OH I (j INES DIS NEUFS.

se prononce davantage et se réfléchit de bas en haut en une éminence pyramidale située dans le fond de l'infructuosité.

C’est cette émin nce pyramidale de substance grise dont le sommet se continue dans l’arête supérieure de l’olfactif qu’on nomme, depuis Sœmmerring, racine grise de l’olfactif.

Il est juste de signaler cette sorte de racine grise, mais il n’est pas exact de la donner comme la seule partie grise qui , de la surface du cerveau , se prolonge dans l’olfactif, puisque , ainsi que nous venons de le dire , on voit la base de ce nerf cannelée à sa face inférieure , et en grande partie grise dans chacun des bords de cette cannelure se réfléchir sur chacun de ces bords dans deux régions différentes de la circonvolution de l’ourlet.

Le nerf olfactif se détache de la couche corticale du cerveau sur la marge antérieure du quadrilatère perforé ; tout ce qui l’entoure est de la substance grise, et toute cette substance grise se prolonge en s’atrophiant dans ce nerf. Une région de cette substance grise se soulève en pyramide et se continue surtout avec l’arête supérieur du prisme que figure l’olfactif. Voici tout le privilège de cette éminence qu’on appelle la racine grise antérieure. La substance grise de la circonvolution de l’ourlet ne se continue pas moins évidemment que la racine grise de Sœmmering dans le corps du nerf olfactif.

Aux surfaces libres des deux portions de la circonvolution de l’ourlet qui se continuent dans l’olfactif, ressortent par leur couleur blanche des tractus blancs qu’on est dans l’usage d’appeler racines blanches de l’olfactif. Ces tractus blancs se prolongent, l’un en dedans, racine interne, l’autre en dehors, racine externe, à la surface de la portion de la circonvolution de l’ourlet adhérente à la marge du quadrilatère perforé.

Cette racine externe parallèle dans son cours à la direction du tractus optique (voy. pl. 6) semble se terminer dans l’angle rentrant, que forme avec la partie adhérente de la circonvolution de l’ourlet , la tubérosité temporale de la même circonvolution. On voit quelquefois ce tractus blanc de la racine externe subdivisé en plusieurs tractus secondaires qui se rapprochent de la marge

ORIGINES DES NERFS

du quadrilatère affectant la même direction à peu près que le tractus principal. Ce tractus externe se continue surtout avec l’arête externe inférieure du corps de l’olfactif. De son arête interne se détache un tractus analogue au précédent , toujours plus tôt rapproché de la marge quadrilatère et qui se continue à la fois sur l’arête interne de ce quadrilatère et dans l’origine du ruban fibreux de l’ourlet issu en partie de cette région. Entre ce tractus interne et le tractus externe décrits comme les racines blanches de l’olfactif, on voit souvent plusieurs autres tractus plus fins qui , de la base du nerf, divergent vers la marge antérieure de l’espace perforé , et se combinent avec la couche la plus superficielle blanche de ce quadrilatère.

Telles sont les origines superficielles du nerf olfactif visibles sans aucune autre préparation que l’ablation des membranes et le soulèvement du cordon nerveux , lorsqu’il s’agit d’examiner sa racine grise antérieure.

Nous allons maintenant rechercher ce que sont les connexions profondes de l’olfactif.

S’il se continue à l’extérieur du cerveau avec la couche corticale, il se continue avec les parois ventriculaires de la manière la plus évidente chez les animaux , où il offre une cavité centrale on communication directe avec le ventricule. Et chez l’homme lui même, quoique la cavité ventriculaire soit oblitérée dès l'époque de la naissance , des connexions évidentes persistent entre les prolongements radiculaires de l’olfactif et certaines parties des parois du ventricule. Il communique encore avec le ruban fibreux de l’ourlet, avec les parties antérieures de la marge du quadrilatère perforé , avec le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié, avec les parties extérieures et le noyau gris de la tubérosité temporale, avec les extrémités du corps godronné de la corne d’Ammon et du corps frangé, rattachées à cette tubérosité temporale, c’est-à-dire, avec cet ensemble que nous avons décrit comme la terminaison du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire. Et il est remarquable , que les connexions qu’il présente aussi par ses racines internes avec certaines parties ventriculaires, ont

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lieu précisément entre lui et l’ensemble de faisceaux et de membranes que nous avons présentés comme formant l’origine de ce même cerc’e fibreux de l’orifice du ventricule latéral.

Enfin, le nerf olfactif se rattache encore par ses prolongements radiculaires avec la commissure antérieure chez l’homme. Cette connexion ne peut être chez l’homme aussi saillante que chez les animaux à volumineux olfactif. Elle est chez l’homme réduite aux proportions de l’olfactif lui-même, mais elle existe.

Il nous paraît , comme à Meckel , que cette connexion de l’olfactif avec la commissure antérieure établit une grande analogie entre la paire des olfactifs et celle des optiques.

De si nombreuses connexions ne doivent pas étonner de la part d’un nerf que sa structure , jointe à son volume considérable chez la plupart des animaux , ont fait considérer comme un lobe cérébral. Qu’un lobe cérébral dans lequel se prolonge le ventricule cérébral se trouve rattaché à toutes les parties extérieures , intérieures et profondes de l’hémisphère dont il est la continuation directe, cela est tout simple; que ce même lobe, réduit comme il l’est chez l’homme, aux proportions les plus infimes, conserve , nonobstant cette réduction , des connexions avec les mêmes parties , l’analogie invite à le croire : mais le peu de volume des parties rend la démonstration plus difficile.

Voici les procédés au moyen desquels il me semble le plus facile d’arriver à la démonstration de ces connexions radiculaires de l’olfactif. Je suppose qu’on l’étudie sur une pièce bien choisie et long-temps suspendue dans l’alcool. Il faut respecter toutes les connexions superficielles de l’olfactif, avec la marge de l’espace perforé, et pénétrer dans la substance cérébrale à quelque distance en dehors des tractus blancs qu’on présente comme les racines interne et externe du nerf qui nous occupe.

En éliminant graduellement, par une tranchée parallèle à la direction des tractus blancs superficiels, la substance corticale de la circonvolution de l’ourlet , on arrive bientôt dans la base même de l’olfactif, et l’on voit, après avoir séparé avec précaution la racine grise de Sœmmerring, que l’intérieur de la base de l oi-

origines des neufs.

factif est une substance fibreuse dépendante du cercle fibreux de l’ourlet, avec lequel elle se continue en dedans et en dehors (toy, pi. 20, fig. 1, C, r r, /). Cette substance fibreuse du ruban de l’ourlet présente, dans la base même de l’olfactif, une saillie anguleuse figurant le sommet d’un accent circonflexe : de ce sommet, on voit des fibres se prolonger dans le corps de l’olfactif; tandis que, de chaque côté, ces mêmes fibres se contournent, les unes en dedans , les autres en dehors , sur la marge de l’espace perforé.

Les prolongements externes de ces fibres se rendent dans la

partie adhérente du ruban fibreux de l’ourlet ; les prolongements internes se portent dans l’origine de la région verticale du même ruban fibreux.

C’est par une dissection de ce genre que Rolando , sans aucun doute , reconnaissant les communications radiculaires de l’olfactif avec le cintre fibreux de la marge externe de l’espace perforé , s’était trouvé conduit à proposer le nom d’arc olfactif pour désigner ce cintre fibreux.

Il faut enlever petit à petit , de dehors en dedans , le plus grand nombre des couches fibreuses de la partie adhérente de l’ourlet, et se rapprocher de plus en plus , de cette manière , de la marge du quadrilatère , sans entamer les connexions superficielles de l’olfactif et de ses tractus blancs avec cette marge. On ne tarde

pas à voir, en suivant cette marche, qu’un grand nombre de fibres , toujours continues à la base de l’olfactif , se prolongent par des ramifications divergentes dans la petite concavité de la couche d’enveloppe du cotylédon extra- ventriculaire du corps strié (voy. pl. 20, fig. 1,5, cette couche d’enveloppe r r} quelques-unes de ces radicules de l’olfactif). Si l’on prolonge la préparation du côté de la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet , on voit que , depuis i’olfactif jusque dans l’intérieur de cette tubérosité , les choses se passent toujours d’une manière semblable , c’est-à-dire que des fibres cintrées , engagées par un bout dans la base de l’olfactif , émettent de leur convexité des fibrilles qui se rendent successivement dans la couche rayonnante

ORIGINES DES IV EUES

extérieure au cotylédon extra-ventriculaire du corps strié , et enfin dans le noyau gris contenu dans la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet.

Lorsqu’on a pratiqué la préparation que nous venons de décrire, qu’on a bien vu tout ce qu’elle permet de constater, il convient de procéder par une autre voie sur la même pièce. Il faut s’occuper de disséquer la commissure antérieure , comme nous l’avons fait (pl. 20, fig. 5); à mesure qu’on isole le cylindre de cette commissure , on voit des fibres qui s’en détachent se porter de place en place à travers le cotylédon extra- ventriculaire du corps strié, dans quelques-unes des radicules r r C de l’olfactif, et l’on reconnaît en même temps, avec certitude, que beaucoup de ces fibrilles radiculaires de l’olfactif se combinent avec l’ombilic du cotylédon extra-ventriculaire du corps strié. On voit encore, à mesure qu’on avance dans la préparation de la commissure antérieure, et qu’on élimine petit à petit le cotylédon extra-ventriculaire du corps strié , qu’un grand nombre de radicules de l’olfactif rayonnent dans l’intervalle de ces deux tractus blancs de la partie grise antérieure du quadrilatère, et se rattachent à la branche du faisceau postérieur détournée dans cet espace.

Dans la préparation figurée pl. 20, fig. 5, toute la surface du quadrilatère est conservée ; on la peut examiner par transparence, et c’est dans cet examen qu’il est surtout commode d’observer la combinaison de ces racines postérieures de l’olfactif avec la surface de l’espace perforé , avec sa diagonale blanche que nous avons vue doublée par une branche émanée du faisceau postérieur de la moelle.

A coup sûr, toutes ces observations sont délicates chez l’homme, ce n’est pas un cordon nerveux gros comme une plume que l’on peut voir déserter la commissure antérieure pour se porter dans l’olfactif. Cet envoi, si volumineux de la commissure à l’olfactif, on l’observe dans les grands mammifères. Dans quelques petits , comme chez le lapin, le faisceau que la commissure antérieure donne à l’olfactif n’a guère moins de volume que le corps de l’olfactif de l'homme. On conçoit que chez ce dernier toutes les

connexions que nous avons décrites doivent avoir des proportions fort petites. Le peu de volume des parties n’empêche pas néanmoins que tout ce que nous avons décrit ne soit susceptible d’être clairement démontré.

Telles sont les connexions radiculaires de l’olfactif avec les différentes parties intrinsèques de l’hémisphère et du noyau cérébral.

Il me reste à parler d’autres connexions , celles qui ont lieu avec des parties ventriculaires , et particulièrement avec le cerc’e fibreux de l’orifice de ces cavités.

Nous avons eu souvent occasion de dire que le ventricule latéral se prolonge chez beaucoup d’animaux dans l’olfactif, que ce même ventricule se prolonge dans l’olfactif humain durant le cours de la vie fœtale.

Comment ont lieu chez les animaux , chez les fœtus humains ces communications? quelles sont chez l’homme adulte les connexions de l’olfactif avec les ventricules?

Chez les animaux , le mouton , par exemple , et chez le fœtus humain de quatre à cinq mois , suivant Sœmmerring , on ne voit pas l’angle d’union du cotylédon ventriculaire du corps strié avec la cloison transparente, à la hauteur qu’il présente chez l’homme adulte. (Voy. pl. 13, fig. 1, et pl. 14, fig. 2, ce lieu d’union de la cloison transparente avec le corps strié.)

Nous savons par l’étude que nous avons faite du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire , dont la cloison fait partie , qu’une fraction importante de ses faisceaux d’origine, ceux qui forment le bord concave et une partie du bord convexe de la cloison, commence dans l’espace perforé.

Dans les animaux et chez le fœtus humain , c’est le principe de ce cercle décollé en quelque sorte du cotylédon ventriculaire du corps strié qui permet le prolongement du ventricule dans l’olfactif, et chez l’homme adulte, lorsqu’on poursuit d’avant en arrière la séparation des prolongements fibreux de l’olfactif figurés en 1 dans la pl. lre de la pl. 20, on reconnaît, à n’en pouvoir douter, que des racines de l’olfactif se portent du bord

ORIGINES DES NERFS

interne de l’espace perforé dans la cloison transparente qui succède à ce bord. De sorte que, de ce côté, l’olfactif entre en connexion avec l’origine du cercle fibreux de l’orifice ventriculaire , comme il y entre d’un autre côté avec la terminaison du même cercle dans la tubérosité temporale avec laquelle s’unissent le corps frangé , la grosse extrémité de la corne d’Ammon , etc.

Et il est bien remarquable que chez plusieurs animaux, le mouton , par exemple , la substance grise de l’olfactif se prolonge dans l’épaisseur des piliers antérieurs de la voûte, et donne de cette manière, au commencement du cercle ventriculaire, l’apparence qu’il ne présente chez l’homme qu’à sa fin , dans ce qu’on appelle la corne d’Ammon.

De toutes ces considérations , nous croyons pouvoir conclure que l’olfactif, nerf cérébral, se rattache à la substance grise des circonvolutions , au cercle fibreux de l’ourlet , au cercle fibreux de l’orifice ventriculaire , à la surface de l’espace perforé , à la branche du faisceau postérieur détournée dans cet espace , au cotylédon extra-ventriculaire du corps strié, et à la couche fibreuse qui l’enveloppe, enfin à la commissure antérieure.

Ses connexions avec la tubérosité temporale, tant dans la surface que dans la profondeur de cette tubérosité , le mettent en communication avec les parties qui terminent le cercle fibreux de l’orifice ventriculaire, comme ses connexions avec la cloison et la branche antérieure du pilier antérieur de la voûte le mettent en communicat'on avec le principe du même cercle fibreux (1).

(1) Je dois à l'obligeante coopération de M. Caben , interne des hôpitaux, la traduction de quelques passages d’un ouvrage allemand de Sœmmering , intitulé : De l'orcjane de l’âme. Kœnigsberg, 1796.

Voici ce que dit Sœmmering sur les connexions des nerfs avec les ventricules :

§ 14, p. 16. « L’origine réelle des nerfs est en rapport, dans des points constants , fixes, bien déterminés, avec la sérosité des ventricules.»

§ 16, p. 18. « 11 est généralement reconnu et admis par le3 physiologistes que le nerf acoustique présente son origine réelle au plancher inférieur du quatrième ventricule. »

§ 16, p. 20. « Il est certain, en outre, que les racines de ce nerf sont en contact avec le liquide ventri -nia ire. »

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