‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 77 sur 138 · NERFS DU FAISCEAU LATERAL · texte numérisé non relu

NERFS DU FAISCEAU LATERAL

Tous les nerfs du faisceau latéral sont connus par des noms propres.

Nous n’aurons donc pas à comprendre dans une description générale une première famille de ces cordons nerveux ; le premier de ces nerfs qu’on puisse sans aucune espèce de doute rattacher au faisceau latéral de la moelle, est le nerf spinal ou accessoire de Wil lis (1). Son origine n’a été déterminée avec rigueur que depuis le temps où l’on a bien compris l’importance de savoir auquel des faisceaux de la moelle se rattachaient les origines des nerfs.

Les petits cordons nerveux dont la réunion constitue le nerf

(1) J’ai cru souvent rencontrer dans la région du renflement lombaire des nerfs très-fins naissant du faisceau latéral de la moelle, principalement au niveau de l’éminence olivaire figuré en O, pl. 1, fîg. 3. Ces filets s’unissaient bientôt à ceux qui sortaient du faisceau antérieur pour concourir avec eux dans la queue de cheval. Je n’ai pu multiplier assez mes recherches à eet égard pour arriver à la conviction qu’il existe réellement des nerfs latéraux au renflement lombaire de la moelle.

ORIGINES DES NERFS

spinal se séparent de la moelle épinière dans l’intervalle du ligament dentelé et de la ligne d’origine des nerfs du cordon postérieur. Cette région de la moelle est précisément celle que parcourt la portion du faisceau latéral qui procède du cervelet (voy. pl. ] , fig. 3, h, H, A, h cette fraction cérébelleuse du faisceau latéral dans toute son étendue ), et c’est d’elle que naissent tous les nerfs isolés dont la réunion doit constituer le spinal.

Accolé dans son principe à la moelle, le nerf spinal, qui tantôt commence au niveau de la cinquième , tantôt seulement au niveau de la troisième vertèbre cervicale , grossit de bas en haut par le concours successif de tous les filets qui se fondent dans son cordon; il s’écarte en même temps de plus en plus de la moelle épinière, et parvient enfin dans le trou déchiré postérieur, par lequel il sort du crâne.

Dans son cours intra-vertébral le nerf spinal s’anastomose ordinairement avec quelques-uns des nerfs du cordon postérieur.

Les nerfs dont le concours forme le cordon du spinal ou accessoire de Willis , sont les seuls connus qui naissent directement de la fraction cérébelleuse du cordon latéral de la moelle.

Les deux derniers nerfs que nous devons- signaler comme rattachés indirectement à ce cordon sont le nerf massétérin, considéré généralement comme une partie du nerf de la cinquième paire , et le pathétique.

Ce massétérin nous a paru naître de la partie antérieure de la région fasciculée du pédoncule cérébelleux. Cette région du pédoncule cérébelleux étant rattachée au faisceau antérieur et au faisceau latéral de la moelle , nous considérons le massétérin comme appartenant à la région pédonculaire qui se rattache au second de ces faisceaux (voy. pl. 13, fig. 3, //’, ce nerf massétérin prolongé par de petites dentelures dans la région fasciculée du pédoncule cérébelleux) dès qu’il est au contact du trijumeau, il raccompagne jusqu’à sa sortie du crâne.

Le pathétique, dernier nerf rattaché au cordon latéral , plonge par ses racines dans le faisceau fibreux étendu de la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux au cordon latéral avec

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lequel il s’unit clans la région qu’occupe l'éminence olivaire (voy. pl. 1, fig. 2, et fig. 4, en 4- 4-, le lieu d’origine du pathétique). Ce nerf très-grêle sort du crâne en dehors du moteur oculaire commun.

ENVELOPPES DU SYSTEME CERE BRO - SPiN A L.

Le système nerveux cérébro-spinal est d’une très-faible consistance. Réduit à lui-même, il ne saurait un instant conserver sa forme (1).

Qu’on le suppose exempt d’altération , dépouillé de ses membranes et replacé dans le crâne et le rachis qui l’ont contenu pendant la vie , sa masse vouée à l’influence de la pesanteur s’affaissera sur elle-même; ses reliefs naturels subiront l’empreinte des surfaces avec lesquelles elle sera mise en contact, et pourtant ces mêmes reliefs , qui se moulent maintenant sur les inégalités de la boîte osseuse , ont déterminé les enfoncements de la surface intérieure du crâne.

Quels sont donc les moyens employés par la nature pour que le cerveau conserve toute son ampleur dans la boîte solide qui le renferme, pour qu’il puisse surmonter, sans leur nuire, des nerfs volumineux que la moindre compression paralyse?

Comment comprendre que sa configuration soit invariable, non-seulement pendant la vie, lorsque, pénétré de mille vaisseaux dans lesquels le sang circule, il est soutenu par une sorte d’éréthisme vital , mais encore après la mort jusqu’au moment où la décomposition putride, séparant les éléments qui le composent, aura mis à sa place des fluides et des gaz?

Les procédés employés par la nature pour maintenir la forme du système nerveux sont simples autant qu’admirables.

(I) Un cerveau assez ferme pour conserver sa forme naturelle lorsqu’il est extrait du crâne est, par cela seul, un cerveau malade.

Elle a donné pour demeure au cerveau une enveloppe hermétiquement close. Elle a introduit avec le cerveau dans cette enveloppe un fluide qui remplit les ventricules , et revêt l’extérieur des organes.

Avec cela seul elle a pu faire que ce cerveau si flasque tendît à se renfler en sphéroïde, et fût à l’abri de froissements contre les parois de la boîte osseuse.

Mais il n’eût pas suffi de maintenir pleines d’eau les cavités cérébrales, de séparer par une couche de liquide la périphérie des hémisphères de la surface des parois osseuses : le cerveau n’eût pas été en sûreté par ces seuls secours; il eût pu vaciller, éprouver des froissements.

Nous allons voir par quels moyens il se trouve assujetti avec une telle prodigalité de précautions , qu’on a besoin de les bien comprendre pour comprendre aussi comment un organe, dont aucun autre n’égale la délicatesse de tissu , peut rester impassible au milieu des mouvements les plus actifs du corps, et qu’il faille, pour lui communiquer des commotions dangereuses, des chocs assez violents pour rompre les os eux-mêmes.

Le crâne, solide, en harmonie de forme avec le cerveau, constitue l’enveloppe la plus extérieure , doublé d’une membrane fibreuse qui fait corps avec lui. Cette doublure fibreuse du crâne , la dure-mère , produit sur la ligne médiane une cloison verticale incomplète , la grande faux , creusée de canaux vasculaires destinés à exporter le sang qui a circulé dans l’en' cénhale.

Cette grande faux sépare l’un de l’autre en haut les deux hémisphères du cerveau. Elle s’unit en bas et en arrière avec une autre cloison , émanée de la dure-mère, pour séparer le cervelet de la partie postérieure des hémisphères cérébraux ; cette cloison horizontale, la tente du cervelet , contient aussi dans son épaisseur des canaux veineux considérables.

A ces canaux vasculaires veineux , creusés dans la grande faux de la dure-mère et dans la tente du cervelet, viennent se rendre les veines qui rapportent le sang du cerveau.

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En beaucoup d’autres places encore, des veines qui partent de la surface du cerveau vont s’unir à des parties simplement pariétales de la dure-mère.

Toutes ces veines enveloppées de gaines membraneuses, en même temps qu’elles servent à la circulation du sang, forment les liens qui fixent le cerveau aux parois crâniennes.

Et ces liens ne sont pas distribués au hasard,, le plus grand nombre se trouvent entre la grande circonférence de l’hémisphère et la base de la grande faux de la dure-mère, et suspendent ainsi la partie la plus élevée du cerveau à la partie la plus élevée du crâne. D’autres liens vasculaires et membraneux considérables, les veines de Galien, la toile choroïdienne, et, je crois, aussi des ligaments fibreux qui s’y joignent , partent du bord libre de la tente du cervelet et vont s’unir dans les cavités ventriculaires aux parties basilaires de l’encéphale, et suspendent, pour ainsi dire, à part, cet étage inférieur de l’encéphale à la tente du cervelet, comme son étage supérieur a été suspendu à la base de la grande faux. Enfin des cordons isolés de même nature rattachent les côtés convexes de l’hémisphère aux parties latérales de la voûte osseuse.

Beaucoup de ces liens vasculaires , et particulièrement ceux que constituent les veines de Galien , se portent du cerveau à la doublure fibreuse de la boite crânienne avec une certaine obliquité en arrière. Les tuyaux membraneux qui enveloppent les nerfs , et avec eux les vaisseaux qui sortent par les trous de la base du crâne , ont une direction inverse et par conséquent agissent en sens inverse. Chacun de ces liens pris en particulier serait sans force, leur ensemble a toute la puissance convenable pour assujettir le cerveau déjà soutenu par son fluide , et d’ailleurs, arrêté de droite à gauche par la grande faux, qui ne peut permettre en cas de choc latéral qu’un hémisphère arrive au contact de son congénère , contenu par la tente du cervelet qui dans les secousses de haut en bas arrête l’extrémité postérieure de l’hémisphère, tandis que la voûte orbitaire prolongée par l’apophyse d’Ingrassias sépare son extrémité antérieure de celle

du lobe temporal et fournit, avec les parties voisines du crâne, une loge distincte à ces deux saillies du cerveau.

Un peu d’attention fera voir combien les liens vasculaires qui rattachent l’encéphale à son enveloppe osseuse sont merveilleusement disposés pour soutenir le cerveau. Tous les cordons vasculaires qui se portent de cet organe à la dure-mère sont des veines. Dégagées par les parties supérieures de l’hémisphère , ces veines représentent la suite des artères qui ont pénétré par sa base pour se ramifier en même temps à l’intérieur et à l’extérieur de chaque grand lobe.

Les parties membraneuses avec lesquelles se combinent les ramifications superficielles concourent aussi, par l’enveloppe qu’elles fournissent aux veines qui se rendent à la dure-mère, au soutien de la masse cérébrale. Ces membranes forment sac autour du cerveau , et ce sac , rattaché à la voûte du crâne, suspend l’organe en masse , tandis que les vaisseaux intrinsèques servent à soutenir pour ainsi dire une à une chacune des molécules de sa substance.

Tel est l’ensemble des moyens à l’aide desquels la matière très-molle du cerveau contenue dans une enveloppe très-dure , loin de s’affaisser par son propre poids contre les parties déclives de la boîte osseuse , se trouve soutenue, suspendue, équilibrée de la manière la plus parfaite. Maintenue à une distance à peu près égale de tous les points de la périphérie interne du crâne , elle ne pèse habituellement sur aucun. Et quand elle vient aies toucher, ce qui arrive indubitablement presqu’à chaque battement artériel , à chaque mouvement expiratoire , c’est par une locomotion dont l’élasticité des brides membraneuses et vascuiaires et l’intermédiaire d’une couche fluide préviennent toujours la violence.

M. Magendie, comme nous aurons occasion de le dire, a rappelé dans ces derniers temps l’attention des médecins sur le fluide cérébro-spinal, qu’d a étudié avec beaucoup de soin. Nous n adoptons pas toutes les opinions de M. Magendie sur ce fluide, mais nous partageons la pensée que le fluide cérébro-spi-

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nal concourt à protéger l’encéphale. Quant à l’usage que nous attribuons aux cordons vasculaires et membraneux qui unissent les hémisphères aux parois internes du crâne , il faut remonter jusqu’à Galien pour en retrouver des traces.

Dans une thèse d’un haut intérêt , soutenue , le 20 août 1841 , à la faculté de médecine de Paris, par M. Daremberg, ce médecin s’est proposé d’exposer les connaissances de Galien sur l’anatomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux.

Appréciateur éclairé des travaux de ce grand homme , M. Daremberg a mêlé ses éloges de quelques critiques , et l’une de ces critiques tombe précisément sur un passage dont je serais heureux de rétablir le sens en l’honneur de Galien.

“ Le crâne met le cerveau à l’abri des chocs extérieurs , la » dure-mère le défend du contact des os dans ses mouvements » d’élévation , et la pie-mère le protège du froissement de la » dure membrane. La dure-mère soutient en outre par ses replis » les diverses parties du cerveau , maintient les ventricules et les » canaux béants.

« Après avoir dit que la pie-mère , en rassemblant les vais- » seaux , les empêche de glisser sur la surface humide du cer- » veau, Galien ne craint pas d’ajouter que « la substance céré- » braie , ne pouvant se soutenir d’elle-même , s’affaisse aussitôt » qu’elle est dépouillée de la pie-mère , bien plus encore sur le » vivant que sur le cadavre, où l’évaporation des esprits durcit » la fibre nerveuse.

» Je lui demanderai avec Yésale, ajoute M. Daremberg, où il » a pu prendre une pareille idée du cerveau ; car enfin le cer- » veau le plus mou , celui du cochon , par exemple , ne l’est ja- » mais à ce degré, surtout sur le vivant. »

Si les considérations dans lesquelles nous sommes entré sont exactes, et nous ne pouvons nous empêcher de les croire entièrement fondées , on devra conclure autrement que M. Daremberg à l’égard de l’usage que Galien attribue à la pie-mère. Et , dans ce cas , il serait très- remarquable que l’attaque dirigée contre

Galien tiendrait à ce qu’on aurait cessé de comprendre aussi bien que lui les intentions de la nature.

Voici d’ailleurs le texte de Galien. La réflexion par laquelle il commence est digne d’attention.

« Porro unicum sæpe instrumentum multis actionibus sufficit : » ut videîicet tenuis meninx , quæ secundo persimilis cerebrum » stabilit ac tegit, vasaque ipsius omnia colligat. Sed in omnes *> etiam cerebri partes hæc membrana se insinuât, totum ipsum ** contexens , extendensque se usque ad ventrieulorum capacita- » tem. Est tamen et tegumentum cerebri crassa meninx autpo- » tius propugnaculum quoddam propulsandis oppressionibus cra- »> nii oppositum. Tenuis autem meninx naturale operimentum >• ejus existit. Nam crassa certe ab ipso est sejuncta, excidenti- » bus autem vasis cohærens. »

Déjà , dans un autre passage du livre vm De usu partium , duquel est tiré cet extrait , Galien a attribué aux vaisseaux et aux membranes de la moelle épinière les mêmes usages : « At » spinali medullæ munimento sunt circumpositæ vertebræ; vaso- » rum vero divisiones glandulæ replent. Membranæitem ac liga- » menta quædam muniunt simul prædicta et colligant. »

Dans le livre suivant , et comme pour justifier pleinement la pensée, «unicum sæpe instrumentum multis actionibus sufficit *> , Galien expose que les artères de la pie-mère servent à la sécrétion des esprits animaux. Il fait des rapprochements pleins d’intérêt entre les plexus vasculaires du cerveau et ceux des testicules. Ailleurs, il compare la pie-mère, avec laquelle il comprenait l’arachnoïde , à la seconde membrane du fœtus, séparée de son corps par une couche de fluide.

Nous n’étendrons pas davantage ces considérations; nous espérons qu’elles auront préparé à suivre avec plus d’intérêt la description des enveloppes du système cérébro-spinal.

Contenues les unes dans les autres , les diverses enveloppes qu’on appelle , en allant du cerveau au crâne , la pie-mère , l’arachnoïde, la dure-mère, et enfin le crâne lui-même ou le rachi-

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crâne , comme nous croyons devoir appeler l’enveloppe osseuse considérée dans toute son étendue , sont toutes rattachées les unes aux autres en même temps que la plus profonde , la piemère, adhère intimement aux surfaces cérébro-spinales.

D’ailleurs la pie-mère et l’arachnoïde cérébrale ne peuvent être séparées que par la pensée ou par artifice. Le crâne et la dure-mère sont unis si étroitement , qu’il faut recourir à la violence pour les disjoindre , et encore n’y peut-on parvenir entièrement.

Cela fait donc d’une part deux membranes réunies , confondues en un tégument immédiat pour les masses nerveuses ; et d’autre part deux enveloppes réunies, confondues, pour constituer la cavité dans laquelle sont logées ces masses. L’union des deux premières membranes , que nous considérons comme tégumentaires, avec les deux que nous considérons comme constituant le rachi-crâne, a lieu seulement par l’intermédiaire de canaux vasculaires et de gaines membraneuses.

Nous décrirons à paît en premier lieu les deux membranes tégumentaires du système nerveux, et à leur suite le fluide cérébro-spinal. Nous décrirons ensuite le crâne et la dure-mère. Q, liant au feuillet séreux qui tapisse cette dernière , nous n’en tiendrons pas compte comme d'une membrane distincte.

Que cette membrane existe réellement, comme l’ont cru Bichat et la plupart des anatomistes qui l’ont suivi; qu’elle n’existe pas en réalité, comme le soutient M. le professeur Velpeau, ce sera pour nous simplement la surface polie , la surface séreuse, de la face pariétale du rachi-crâne, une dépendance de la dure-mère ,

de l’arachnoïde appartient au tégument des masses nerveuses, constitue la surface libre de ce tégument.

On décrit ordinairement la pie-mère comme l’enveloppe immédiate du système cérébro-spinal dans toute son étendue , allongée en gaine autour de la moelle épinière ; elle est dilatée en une poche obronde autour du cervelet et de la protubérance , rétrécie autour du tronçon pédonculaire pour se renfler de nouveau

en une grande poche à deux compartiments, dans chacun desquels est contenu un hémisphère cérébral.

On signale en outre comme dépendances de la pie-mère des toiles et des plexus vasculaires placés dans le vestibule ventriculaire , et à l’orifice des ventricules cérébraux et du ventricule du cervelet. Ces parties de la pie-mère sont appelées toile choroïdienne , plexus choroïdes.

Considérer comme une même chose la tunique cellulo-fibreuse qui forme l’enveloppe immédiate de la moelle épinière, et ce réseau vasculaire si merveilleux qui se développe à la surface extérieure du cervelet et du cerveau en contact immédiat de la couche corticale, c’est confondre sous un même nom des textures trèsdissemblables.

L’enveloppe immédiate de la moelle est très-serrée, sans mailles, sans lacunes, sans vaisseaux innombrables. C’est une simple membrane cellulo-fibreuse. Les replis latéraux qu’elle forme et que leurs dentelures combinées avec la dure-mère ont fait nommer ligaments dentelés, montrent que le principal usage de cette gaine immédiate de la moelle est de la contenir et de la fixer.

La membrane qu’on rencontre au contact des surfaces corticales du cervelet et du cerveau consiste surtout en vaisseaux. Ces vaisseaux sont soutenus par une toile celluleuse qui rattache en même temps l’arachnoïde à la surface du cerveau. Partout où la couche corticale se creuse en anfractuosités ou en scissures, des appendices cellulaires , des appendices cellulo-vasculaires analogues pénètrent dans ces enfoncements. Il en est de même à l’entrée des ventricules cérébraux et cérébelleux.

Cet appareil cellulo-vasculaire , développé à la surface corticale du cervelet et du cerveau, prolongé dans les scissures et dans les plus petites divisions de la surface cérébelleuse, prolongé de même dans les scissures , dans les anfractuosités de la surface cérébrale, et jusque dans les cavités ventriculaires , diffère autant de l’enveloppe celluleuse de la moelle que la surface de cette moelle diffère des surfaces cérébrale et cérébelleuse, et des surfaces ventriculaires.

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Il est donc convenable de distinguer la membrane celluleuse qui forme l’enveloppe immédiate de toutes les surfaces franchement blanches de l’axe nerveux , et par conséquent de la moelle épinière, du réseau vasculaire ramifié à la surface de la couche corticale du cervelet et du cerveau , prolongé dans leurs scissures, dans leurs anfractuosités et sur les parties grises des cavités ventriculaires.

Rien n’empêche de reconnaître d’ailleurs que ces deux fractions si différentes de l’enveloppe immédiate du système nerveux cérébro-spinal s’unissent l’une à l’autre sur leurs limites réciproques; que la couche celluleuse prolonge sa trame amincie dans le réseau vasculaire qui constitue l’élément principal de la pie-mère cérébrale et cérébelleuse, et que ce même réseau vasculaire envoie quelques émanations dans l’enveloppe celluleuse du tronçon pédoncuîaire de la protubérance et de la moelle.

Toutefois on n’aurait pas interprété fidèlement la nature si l’on donnait à croire que l’élément celluleux qui soutient la piemère cérébrale et cérébelleuse est en grande partie le prolongement de l’enveloppe immédiate de la moelle : il n’en est pas ainsi. C’est surtout avec les liens celluleux qui rattachent l’arachnoïde encéphalique aux surfaces cérébrale et cérébelleuse que se combine le réseau vasculaire que forme la pie-mère. Et cette même arachnoïde, quand on la considère dans le rachis, ne tient à l’enveloppe intermédiaire de la moelle que par des liens celluleux très-rares et très-subtils.

On peut ne pas entrer dans tous ces détails quand on se livre à de simples considérations d’anatomie générale. Il faut plus de précision quand on étudie l’anatomie comme préliminaire à la physiologie et à la pathologie du système nerveux. En effet , c’est à la surface corticale du cervelet et du cerveau, dans cette trame cellulo-vasculaire unie à la fois à l’arachnoïde et à la surface cérébrale, que se passent une multitude de phénomènes pathologiques auxquels l’arachnoïde ne reste pas étrangère, auxquels ne peut manquer de participer la surface corticale des renflements encéphaliques.

C’est l’ élément vasculaire qui domine dans ces régions , c’est l’élément celluleux qui caractérise l’enveloppe immédiate de la moelle.

Au cerveau comme au cervelet, l’arachnoïde, la pie-mère, la couche corticale se tiennent étroitement. A la moelle, l’arachnoïde est largement séparée de la membrane celluleuse , et, quoiqu’elle s'y rattache par des filaments nombreux, la proportion de vaisseaux sanguins y est très-faible relativement à ce qu’elle est aux surfaces cérébrale et cérébelleuse.

Ce sont là des différences importantes caractéristiques, et qui prescrivent de décrire comme une membrane celluleuse l’enveloppe immédiate de la moelle , et de présenter la pie-mère cérébrale comme un réseau vasculaire soutenu par le tissu cellulaire qui unit l’arachnoïde au cerveau. Conduit par des vues analogues , M. le professeur Cruveilhier a décrit sous le nom de névrilème de la moelle son enveloppe immédiate , et il a réservé le nom de pie-mère à l’enveloppe vasculaire du cerveau.

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