ENVELOPPE CELLULEUSE IMMEDIATE DE LA MOELLE
D’une couleur vitreuse , transparente , d’une consistance trèsforte pour son peu d’épaisseur , cette membrane , noircie quelquefois par un dépôt de pigmentum au-devant de la moelle allongée, forme un tégument immédiat , très-juste, à toute l’étendue de la moelle épinière. Elle se prolonge par autant de manches ou de gaines distinctes sur tous les cordons nerveux unis à la moelle.
Par en bas , elle se termine en un faisceau ligamenteux appelé coecygien parce qu’il va s’attacher à la hase de l’os cocqyx. Dans toute sa longueur elle est pincée à droite et à gauche en un repli dentelé, dont les appendices aigus vont s’insérer à la paroi fibreuse de la cavité rachidienne. Ce repli et ses dentelures constituent le ligament dentelé.
11 occupe l’intervalle qui sépare les nerfs du faisceau posté-
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rieur de ceux de l’antérieur. Le nombre de ses dentelures est de vingt environ. La plus élevée s’attache à la dure-mère sur le contour du trou occipital , les autres se fixent dans l’intervalle des trous de conjugaison.
Le ligament dentelé ainsi que les gaines d’enveloppe des nerfs issus de la moelle épinière ne sont pas les seuls produits de la face extérieure de l’enveloppe immédiate de la moelle, beaucoup d’autres appendices très-fins s’en détachent et vont se fixer à la face correspondante de l’arachnoïde.
Par sa face adhérente à la moelle , la membrane cellulofibreuse qui forme son enveloppe immédiate produit aussi des appendices ; des deux principaux pénètrent , l’un dans la scissure antérieure, l’autre dans la scissure postérieure, le premier de ces appendices est beaucoup plus épais que le second, qu’on ne saurait voir sans précautions , ce qui l’a fait nier par plusieurs anatomistes. Ces deux appendices se dirigent vers les commissures antérieure et postérieure de la moelle et approchent ainsi de son axe. Un grand nombre d’autres appendices plus ténus encore convergent comme ces deux principaux des différents points de la périphérie de la moelle dans la direction de son axe, et s’unissent aux précédents , surtout à l’antérieur. Keuffel a démontré leur existence par l’action lente d’une solution alcaline qui détruit la substance nerveuse sans détruire l’enveloppe celluleuse. Sans le secours de réactifs on peut sur une moelle endurcie dans l’alcool démontrer par la dissection ces appendices de la membrane cellulo-fibreuse. On peut aussi les reconnaître par les procédés que nous avons indiqués en traitant de la structure de la moelle épinière.
Les fibres qui composent la tunique celluleuse immédiate de la moelle semblent longitudinales , à en juger, du moins, par la facilité avec laquelle elles se déchirent dans le sens de leur longueur.
Cette tunique de la moelle se prolonge en s’amincissant sur la moelle allongée , la protubérance et le tronçon pédonculaire.
Sur les bords du calamus , deux prolongements de cette mem-
DÛ SYSTÈME CÉrÉbUO-SPIXAL.
brane celluleuse se portent à la rencontre l’un de l’autre sur la ligne médiane, et c’est dans une ouverture circulaire qu’ils offrent près de la pointe du calamus, qu’il faut voir la communication la plus directe de la cavité du ventricule cérébelleux avec Fespace sous- arachnoïdien correspondant. Nous reviendrons sur cette ouverture , nommée dans ces derniers temps trou de Magendie.
La tunique celluleuse immédiate de la moelle cesse par degrés pour faire place aux plexus choroïdes du cervelet , c’est-à dire à la véritable pie-mère.
C’est de la même manière , mais seulement avec des gradations plus ménagées, que les prolongements de cette tunique celluleuse , amincis sur la protubérance et sur le tronçon pédoncu laire du cerveau , font place à la membrane vasculaire combinée avec la couche corticale du cervelet et du cerveau , et à laquelle nous conserverons le nom de pie-mère quand nous la suivrons à la surface des circonvolutions , le nom de toile choroïdienne et de plexus choroïdes quand nous examinerons ses prolongements dans le vestibule ventriculaire et à l’orifice des ventricules latéraux.