IA BASE ET IA VOUTE DU CRANE
se montre une saillie anguleuse de l’os pariétal. Cette saillie fait partie d’un des bords d’une gouttière qui s’étend depuis la partie la plus élevée et la plus postérieure du rocher jusqu’à la protubérance interne de l’occipital , terminaison médiane en arrière de la limite circulaire que nous étudions.
Il est inutile d’arrêter notre attention sur la force considérable de la protubérance interne de l’occipital et sur celle de la base du rocher. Quant à la portion de la gouttière étendue dans l’intervalle de ces deux parties si solides , il suffit de considérer le relief de ses bords et de constater l’opacité parfaite de la partie correspondante du crâne pour comprendre que c’est aussi une partie très-résistante.
Nous voyons donc sur ce trajet de la ceinture circulaire, sur laquelle se réunissent les circonférences de la voûte et delà base de l’intérieur du crâne, des épaississements osseux remarquables. Les principaux existent au niveau de la bosse nasale, de Tapophyse orbitaire externe, de l’angle sphénoïdal, du pariétal, de l’angle occipito-temporal du même os , enfin au niveau de la protubérance occipitale interne. C’en est assez sans doute pour être autorisé à conclure que cette limite circulaire interne qui sépare la base de la voûte du crâne est, comme la limite circulaire externe, remarquable par un excès d’épaisseur sensible, sur les parties qui la débordent en dessus et en dessous, et que, de plus, un grand nombre de renforts spéciaux existent sur son trajet. Cette simple remarque suffit pour démontrer que l’étude de cette circonférence interne n’est pas plus que l’externe l’étude d’une division arbitraire de la boîte crânienne. Il y a quelque chose de tellement spécial dans sa structure qu’elle constitue manifestement une partie distincte du mécanisme qui donne à l’enveloppe osseuse du cerveau la solidité que réclamait son usage.
Cette circonférence interne du crâne présente quatre divisions parfaitement naturelles : une antérieure, arrondie dans l’intervalle des extrémités des deux petites ailes du sphénoïde ; une postérieure, arrondie dans l’intervalle des deux rochers ; enfin
BASE DU CRANE A L INTERIEUR
deux latérales, intermédiaires aux limites des autres; et toutes ces limites, sur lesquelles se réunissent les divisions de la ceinture osseuse, sont intérieurement des crêtes ou des saillies anguleuses comme les limites extérieures des divisions correspondantes, constituant des bosses , des protubérances ou des apophyses remarquables par leur solidité. Chacune des divisions de la circonférence interne s’éloigne plus ou moins des divisions correspondantes de la circonférence interne ; l’antérieure et la postérieure sont divisées en dedans comme en dehors en deux parties symétriques' par la ligne médiane. L’antérieure s’étend plus loin en arrière que la division correspondant à l’extérieur. L’excès de son développement dans ce sens est mesuré par l’intervalle qui sépare la saillie correspondant à l’apophyse orbitaire externe de l’angle antérieur inférieur du pariétal.
Les divisions moyennes sont sur un plan beaucoup plus élevé pn dedans qu’en dehors ; l’intervalle de leur distance est mesuré par la hauteur de la portion verticale des grandes ailes du sphénoïde. Elles ont en longueur de moins que la section correspondante en dehors ce que la région antérieure a de plus; en avant et en arrière, la distance qui sépare le niveau de l’extrémité postérieure de la base de l’apophyse mastoïde. Nous verrons, à l’occasion de l’étude de la solidité et du mécanisme du crâne, ce que le défaut de correspondance parfaite de tous les renforts latéraux des circonférence interne et externe ajoute encore à la force de ces deux circonférences considérées comme réunies dans une seule et même ceinture ou fortification circulaire.
BASE DU CRANE A ^INTERIEUR
Circonscrite par la limite que nous venons d’examiner, la base du crâne présente à son centre un petit espace quadrilatère [voy. pi. 21, fig. 21, ) des angles duquel divergent vers la circonférence des rayonnements osseux qui découpent son aire en plu-
RASE DU CRANE A L'INTERIEUR
sieurs régions distinctes. Au nombre de deux de chaque côté, cés rayons laissent devant et derrière eux une région antérieure et une postérieure, et en comprennent une latérale dans leur intervalle. Deux rayonnements médians plus petits, l’un en avant, l’autre en arrière , subdivisent les régions antérieure et postérieure en deux moitiés symétriques. Chacune des surfaces du crâne que séparent ces rayons a reçu le nom de fosse , et , pour les distinguer les unes des autres, elles ont été nommées, d’après leur situation, antérieure, moyenne et postérieure ; ou, d’après les os qui les forment, frontale , occipitale , et enfin temporale , ou mieux sphénoïdo-temporale.
Examinons successivement le quadrilatère central , les rayonnements osseux et les surfaces qu’ils interceptent.
Formé par la partie supérieure du corps du sphénoïde, le quadrilatère central, d’une forme assez compliquée, a reçu des anciens le nom de selle turcique, et de Chaussier celui de fosse sus-sphénoïdale. Il représente un carré dont le côté a la longueur d’un ongle et dont la surface concave d’arrière en avant et presque droite transversalement est renflée dans ce sens au voisinage de son bord antérieur. Sur les limites de ce bord et de ce renflement s’élèvent deux lames osseuses qui, bientôt réunies en haut, complètent, par cette réunion, le trou du nerf optique. En arrière de ce trou existe une projection osseuse terminée par une pointe émoussée. Cette projection , nommée apophyse clinoïde antérieure, a deux bords : l’interne, court, émane de la lame osseuse postérieure du trou optique; l’interne, plus long, se prolonge obliquement en dessus, où il se continue avec l’arête du rayon latéral correspondant. Sur la limite postérieure du quadrilatère central s’élève, légèrement inclinée en avant, une lame osseuse quadrilatère elle- meme, plus étroite à sa base qu’à son bord supérieur. Les angles d’union de ce bord avec les deux bords latéraux présentent un rendement plus étendu d’avant en arrière que la lame qui le supporte. Ce rendement porte le nom d'apophyse clinoïde postérieure ; les bords latéraux de cette lame osseuse se combinent à angle droit avec l’arête du second rayon
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latéral. La face inférieure ou antérieure , assez fortement concave, fait partie delà fosse sus-s plïénoïd ale. Sa face supérieure ou postérieure , légèrement concave à la fois de haut en bas et de droite à gauche , se continue avec une gouttière médiane qui descend à l’entrée du trou occipital.
Ces rayons latéraux sont toujours plus forts que les surfaces qu’ils séparent , et font , dans l’intervalle de ces surfaces , une saillie oblique ou verticale, tandis que les aires des surfaces intermédiaires ont toujours la corde des courbes qu’elles décrivent dans une direction à peu près horizontale. Le rayon latéral antérieur correspond, dans son origine, à l’apophyse clinoïde antérieure; le postérieur, à la base de la lame osseuse qui supporte l’apophyse clinoïde postérieure. Le premier se porte au renfort osseux remarqué dans la circonférence interne du crâne , au niveau de l’angle antérieur inférieur du pariétal. Le bord libre de ce rayon est presque tranchant et légèrement concave en arrière. Il faut regarder comme le fortifiant en bas le bord antérieur de la grande aile du sphénoïde, qui en est séparé, au voisinage du corps du sphénoïde, par une ouverture allongée, oblique, qu’on nomme la fente sphénoïdale. Plus épais que le milieu de cette aile, ce bord se trouve placé comme un arc-boutant sous la petite aile et joint avec elle le renfort osseux de l’angle pariétal qui termine ce premier rayon. Son bord libre, très-mince, forme une projection anguleuse qui rentre dans l’intervalle des surfaces ou fosses qu’il sépare.
Le second rayon latéral , émané de la base de la lame osseuse qui supporte les apophyses clinoïdes postérieures , se porte obliquement en dehors et en arrière à la rencontre du renfort osseux signalé sur l’angle postérieur inférieur du pariétal. Il est constitué , dans toute son étendue, par l’éminence pyramidale connue sous le nom de rocher. L’arête supérieure du rocher forme le bord supérieur de ce rayon ; et les deux faces correspondantes du rocher, descendant, l'une dans la fosse moyenne, l’autre dans la fosse postérieure, mesurent, par leur écartement l’une de l’autre, l’épaisseur de ce second rayonnement. La solidité du rocher «
lïASK DU CRANE A L INTERIEUR.
est assez connue pour qu’il soit superflu d’en rien dire. Ces deux rayons 'aboutissent aux renforts osseux latéraux qui marquent les limites des principales sections de la circonférence du crâne.
On doit regarder encore comme un rayon émané du quadrilatère central l’apophyse crista galli, arcboutée en arrière sur une projection antérieure du corps du sphénoïde et aboutissant en avant à la base de la crête du frontal. Enfin les deux bords de l’apophyse basilaire de l’occipital , relevés et épaissis autour du trou occipital et réunis derrière lui dans la crête interne de cet os, qui finit à sa protubérance interne, constituent un dernier rayonnement osseux aboutissant en dedans aux angles postérieurs du quadrilatère central, en dehors à la protubérance interne de l’occipital.
Ces deux rayonnements médians, franchement verticaux dans une partie de leur longueur, séparent en deux moitiés symétriques les régions correspondantes de la base.
Ajoutons que la plupart des ouvertures visibles à l’intérieur de la base du crâne sont tellement disposées que leur axe, prolongé vers le centre et la circonférence, aboutit d’un côté au corps du sphénoïde et de l’autre à quelque renfort de sa circonférence. C’est un fait également vrai pour le trou occipital et l’espace quadrilatère, rempli par la lame criblée de l’ethmoïde , que pour la fente sphénoïdale, le trou ovale , l’ouverture interne du canal carotidien ; et on peut dire, comme règle générale, que les trous les plus grands et les plus importants sont formés dans la direction ou l’intervalle des rayonnements osseux les plus forts et des segments de la circonférence les plus solides , et trouvent dans cette circonstance la protection nécessaire aux parties qui les traversent. Le plus important de ces trous, sans contredit, le trou occipital , indépendamment du rayon osseux ouvert pour son passage, trouve dans l’enceinte que lui forment les rochers arcboutés sur les côtés de l’apophyse basilaire et du quadrilatère central , et dans la zone osseuse si forte des gouttières intermédiaires à sa base et à la protubérance occipitale , la protection puissante que réclamait la moelle allongée qui le traverse.
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Disons maintenant quelques mots des trois régions antérieure, moyenne ou latérale et postérieure que les rayons , aveo les régions correspondantes de la circonférence, comprennent dans leurs intervalles.
Elles ont été nommées fosses de la base du crâne, et distinguées par leur situation en antérieure, moyenne et postérieure, et par le nom des os qui les forment en frontales , sphénoïdo-temporales et occipitales. Situées sur trois plans différents, les fosses antérieure, moyenne et postérieure descendent dans l’ordre où je les nomme , formant ainsi trois degrés successifs que séparent les rayons latéraux ; les dernières sont distinguées par l’épithète d’inférieure, des fosses occipitales qui appartiennent à la voûte.
La région antérieure est divisée en deux moitiés symétriques par l’apophyse crista galli. Chacune de ses moitiés figure un triangle dont le bord interne antéro-postérieur est droit, l’antérieur et le postérieur sont concaves en arrière. On remarque dans sa surface une partie enfoncée formant un quadrilatère, allongée d’avant en arrière immédiatement en dehors de la base de l’apophyse crista galli. Cet espace quadrilatère, percé de trous nombreux, est nommé lame criblée de l’ethmoïde ; en dehors de cette lame s’élève une saillie hérissée de mamelons plus nombreux et plus prononcés que dans aucune autre région du crâne , et correspondant à la voûte orbitaire. Le tiers externe de la partie postérieure de cette voûte offre à considérer la partie interne de la fosse signalée au même niveau à la circonférence crânienne (u*oy.pl. 21, fig. 2, 6). Les deux tiers internes de la même partie postérieure de la voûte présentent la fine suture d’union des voûtes orbitaires avec le bord antérieur des petites ailes du sphénoïde. Enfin, la face supérieure de ces petites ailes elles-mêmes, toujours assez lisses , termine en arrière la région antérieure orbitaire ou frontale de la base du crâne [voy. pl. 21, fig. 2).
Les fosses moyennes ou temporales de la base du crâne , circonscrites par un triangle dont le sommet tronqué correspond aux côtés du corps du sphénoïde et dont la base concave n’est autre que la section latérale de la circonférence interne , s’enfoncent
BASE DU CRANE A l’ïNTÉrIEUR.
profondément au-dessous du contour de leur ouverture, se prolongeant assez en bas pour descendre au-dessous du niveau de la selle turcique et assez en avant pour être surmontées dans ce sens par le bord concave du rayon qui forme leur limite antérieure. En arrière, elles offrent une partie oblique qui n’est autre que la face antérieure du rocher lui-même.
A leur partie interne la plus antérieure on remarque, obliquement dirigée de bas en haut et en dehors, la fente sphénoïdale , et le long du bord externe de cette fente une fosse constante , oblongue , dont le grand diamètre s’élève obliquement de bas en haut et en dehors ( voy . pi. 21, fig. 2, 6). Cette fosse , la seule de tout l’intérieur du crâne qui réponde à une partie invariable des circonvolutions, loge la tubérosité temporale de la circonvolution de l’ourlet.
En dedans de la base de cette fosse , au-dessous de la fente sphénoïdale, on rencontre le trou rond, plus en arrière le trou ovale à grand diamètre oblique en arrière et en dehors ; en arrière et en dedans du trou ovale et sur un plan plus élevé, l’ouverture interne du canal carotidien ; à une ou deux lignes du trou ovale et dans le prolongement de son grand diamètre , le trou sphéno- épineux; auquel succède, en dehors et en avant, une impression vasculaire facile à suivre jusqu’au renfort de l’angle sphénoïdal du pariétal, tandis qu’une branche postérieure de cette même impression vasculaire , dirigée obliquement en dehors et en arrière, en contournant la partie correspondante de la base du rocher, se porte au renfort osseux formé sur l’angle postérieur inférieur du pariétal. En dehors de cette empreinte vasculaire , des éminences mamillaires des impressions digitales qui n’ont rien de constant et d’uniforme se rencontrent à la surface de cette fosse moyenne.
On y voit encore la suture temporo-sphénoïdale et , enfin , la suture d’union du bord supérieur de la grande aile du sphénoïde et de la portion écailleuse du temporal avec le bord correspondant du pariétal.
Les fosses postérieures du crâne sont comprises dans le trian-
VOUTE DU CRANE A LÏNTÉRIEUR
gle formé par l'arête supérieure du rocher, la partie delà circonférence crânienne intermédiaire à la base du rocher et à la protubérance interne de l’occipital , et , enfin , par le rayon médian étendu de la même protubérance à l’apophyse basilaire de l'occipital (voy. pl. 21, fig. 2).
L’ouverture du grand trou occipital creusée dans l’ouverture du rayon médian postérieur, les bords renflés et verticaux de ce trou , les trous condyliens internes creusés à l’intérieur de son contour font partie de la division médiane, qui partage en deux moitiés symétriques la région postérieure de la base du crâne. Il n’existe à signaler, entre les limites de chaque moitié de la région postérieure du crâne, qu’une large fosse échancrée dans le voisinage du trou occipital. Cette fosse occupe la partie postérieure de cette région, et , au-devant d’elle, dans l’intervalle qui sépare cette fosse du rocher , se trouve un prolongement de la gouttière intermédiaire à la protubérance occipitale et à la base du rocher , le grand trou caverneux, auquel aboutit cette gouttière ; au-devant de ce trou une autre gouttière plus petite correspondant au sinus pétreux, et, au-dessus de toutes ces parties, la face postérieure du rocher, percée du trou auditif interne.
VOUTE DU CRANE A i/lNTERIEUR.
La voûte du crâne, considérée à l’intérieur, peut être, comme extérieurement, divisée en une zone ou arche médiane et en parties ou parois latérales.
Les fosses correspondant aux bosses , prises pour limites des diverses régions de l’extérieur de cette zone médiane, serviront au même usage à l’intérieur. Quant aux limites respectives de la zone médiane et des parois latérales, elles ne sont pas aussi nettement tracées. 11 n’y a plus à l’intérieur de ligne temporale. La transparence plus grande des régions latérales les distingue, il est vrai, de la zone médiane, mais ne peut néan-
VOUTE DU CRANE A L INTÉRIEUR. 599
moins en tracer la limite d’une manière bien nette. On peut au besoin s’aider de la ligne d’enceinte extérieure de la fosse temporale pour fixer les bornes des parois correspondantes à l’intérieur et, quoique avec ces secours , il reste encore quelque indécision , il y a , nonobstant cette difficulté , de l’avantage à adopter pour l’étude de l’intérieur de la voûte des divisions conformes à celles de l’extérieur, et, si l’on manque ici de moyens parfaitement précis d’en tracer la circonscription si clairement dessinée à l’extérieur, c’est une preuve avec beaucoup d’autres du défaut de rapports parfaits entre le dedans et le dehors de l’enveloppe osseuse de l’encéphale.
Considérée dans son ensemble et à l’intérieur, la zone médiane de la voûte du crâne offre l’aspect d’une grande arche élargie en arrière. Cette arche n’est pas plus régulière en dedans qu’en dehors. Son profil offre le même nombre de brisures, qui correspondent pour chaque région à celles de l’extérieur. Les surfaces de chacune de ces divisions internes ne sont pas parfaitement parallèles à celles de l’extérieur : ainsi, par exemple, tandis qu’à l’extérieur la ligne médiane de la région inférieure du front, qui mesure la hauteur de la première région de la zone médiane, s’incurve en avant et en bas pour former la bosse nasale , la ligne correspondante à l’intérieur se recourbe en arrière, relevée en crête dans son milieu, pour descendre au contact de la base. L’intervalle de ces lignes écartées est occupé par les cavités qu’on a nommées sinus frontaux. La différence, pour être plus sensible sur la ligne médiane, ne cesse pas d’exister sur les côtés de cette même région ; que les sinus frontaux se prolongent beaucoup, peu, ou même qu’ils manquent , le parallélisme des lignes interne et externe n’existe jamais. La ligne externe s’infléchit en avant, fait une saillie plus ou moins prononcée dans l’arcade orbitaire * et au même niveau la ligne interne s’arrondit en arrière et marque toujours, par une courbe inverse à la précédente, le passage de la région frontale de ia voûte à la région orbitaire de la base du
crâne.
On remarque encore dans beaucoup d’autres parties des alté-
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rations considérables dans le parallélisme des faces interne et externe. 11 suffit de pratiquer quelques sections en différents sens pour acquérir la certitude de cette vérité; mais ces nouvelles différences ne sont pas les mêmes chez tous les sujets : nous y reviendrons en parlant de la solidité du crâne.
Considérée à l’intérieur, la zone médiane est divisée en deux moitiés latérales, en avant par une crête osseuse , mince, tranchante , qu’on nomme crête interne du frontal , en haut par une gouttière fort étroite dans son commencement, qui se voit au-dessus de la crête osseuse du frontal , et qui va s’élargissant en arrière jusqu’à la rencontre de la protubérance interne de l’occipital. Chaque moitié de cette zone médiane offre d’ailleurs quelques saillies onduleuses plus prononcées au bas de la région frontale que nulle part ailleurs , et en outre de chaque côté de la ligne médiane, en haut et en arrière, de nombreux orifices de trous vasculaires toujours assez petits.
On remarque encore en diverses parties des impressions vasculaires qui se ramifient constamment de bas en haut.
Voici d’ailleurs les particularités propres à chacune de ces régions : la première, comprise dans l’intervalle des fosses frontales et des voûtes orbitaires , est divisée en deux parties symétriques par la crête frontale. Marquée d’ondulations assez sensiblës , elle forme dans son ensemble une concavité toujours moins large, toujours moins haute que la surface extérieure à laquelle elle répond. La crête osseuse du frontal est généralement de la même hauteur que cette première région de la zone médiane de la voûte ; le centre des fosses frontales marque sur les côtés sa limite supérieure. La hauteur de cette région au niveau des fosses frontales ne dépasse jamais deux phalanges de l’index dans un crâne qui peut offrir à l’extérieur un quart de plus dans cette dimension que prolonge en bas l’arcade orbitaire. La fosse frontale n’est pas sur tous les sujets aussi bien figurée que la bosse correspondante ; on voit même assez souvent des saillies mamillaires très-prononcées correspondre au niveau de son centre. Les côtés de cette région ne sont pas non plus, à beaucoup près,
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déterminés avec la même exactitude que les côtés de la région antérieure qui lui correspond ; ses surfaces se continuent avec celles des parties voisines de la paroi latérale, sans autre limite précise que le renfort signalé dans la circonférence interne, au niveau de l’angle sphénoïdal du pariétal.
La seconde région de la zone médiane du crâne forme à l’intérieur comme à l’extérieur un grand quadrilatère dont les fosses frontales font la limite antérieure , et les fosses pariétales la limite postérieure. Une partie de la suture fronto-pariétale , la moitié antérieure de la suture sagittale existent dans cette région , comme dans la région extérieure correspondante, moins les dentelures qu’elles offrent à l’extérieur.
Une partie de la gouttière longitudinale s’y voit aussi , les impressions digitales et les éminences mamillaires y sont toujours peu sensibles; concave dans son ensemble , elle présente en avant des impressions vasculaires très-prononcées.
La troisième région, dont les limites sont les mêmes que celles de la région correspondante à l’extérieur, concave dans son ensemble , montre sur la ligne médiane la suite de la suture sagittale et de la gouttière correspondante de la suture lambdoïde sans dentelures intérieures.
Enfin la quatrième et dernière région présente à considérer les fosses occipitales supérieures , beaucoup plus prononcées que les fosses frontales et les pariétales; et en dehors de ces fosses, qui correspondent à un espace quadrilatère signalé à l’extérieur, rentre en dedans une surface osseuse contiguë au prolongement extérieur de la suture lambdoïde, et répondant comme elle au triangle à surface concave que nous avons signalé en dehors.
Les parois latérales de la voûte du crâne sont formées presque entièrement par la face interne de la portion du pariétal intermédiaire à la suture squameuse , et au niveau du milieu de la ligne qui circonscrit au dehors la fosse temporale. Cette portion du pariétal se distingue par sa transparence du reste de cet os. Au-devant de sa limite inférieure, qui se prolonge jusqu’à l’angle antérieur correspondant du pariétal , s’élève une saillie os-
VOUTE DU CRANE A L INTERIEUR
seuse qui fait suite aux apophyses d'ingrassias. Cette saillie osseuse, assez prononcée et assez large au contact de l’apophyse d’Ingrassias , s’élève obliquement en arrière et s’affaisse graduellement à mesure qu’elle avance dans la direction des fosses pariétales. Cette saillie dans sa partie la plus prononcée correspond à la fosse oblique signalée dans la fosse temporale externe. Au-devant de sa base existe toujours une fossette oblongue correspondant à la saillie de forme analogue remarquée au-devant de la fosse extérieure. Au voisinage de la même saillie interne et sur l’angle sphénoïdal du pariétal qui concourt à la former se montre une profonde impression vasculaire, comparée à la nervure d’une feuille de figuier, dont le tronc suit assez bien'la direction de la suture fronto-pariétale derrière laquelle il est situé , et dont les ramifications ascendantes vont se perdre sur la seconde région de la zone médiane.
Derrière la région écailleuse du temporal, dans l’angle rentrant formé par cette région et la base du rocher, s’articule l’angle postérieur inférieur du pariétal , avec cette importante circonstance qu’il offre une saillie analogue à la précédente; elle fait suite à l’arête supérieure du rocher, comme l’autre succède à l’arête formée par le bord tranchant des apophyses d’Ingrassias. Après avoir un peu monté obliquement en arrière , cette nouvelle saillie prend une direction presque horizontale et forme le bord supérieur de la gouttière qui sépare la voûte de la base du crâne derrière le rocher (voy. pl. 21, fig . 2 de 3 à 4).
Au-devant de cette saillie développée sur l’angle postérieur inférieur du pariétal, une empreinte vasculaire considérable à ramifications ascendantes existe sur les parois que nous étudions ; son tronc suit l’articulation du pariétal avec l’occipital, ses ramifications s’élèvent et se prolongent sur la troisième région de la zone médiane. Cette grande empreinte vasculaire émane d’un origine qu’on poursuit aisément jusqu’au trou sphéno-épineux. La saillie postérieur.1 des parois latérales, prolongée dans le triangle qui constitue les parties latérales de la quatrième région de la zone médiane, forme le bord supérieur de la gouttière pro-
VOUTE DU CRANE A L INTERIEUR
fonde du sinus caverneux ; elle correspond , dans toute son étendue , à la surface à facettes planes ou concaves , et enfin à la surface concave du triangle précité : comme la saillie antérieure correspond à la fosse plus prononcée , visible à la partie antérieure des fosses temporales.
Si nous voulons résumer les caractères distinctifs de ces parois latérales du crâne considéré à l’intérieur , nous trouvons dans leur milieu la partie inférieure transparente du pariétal bornée devant et en arrière par une saillie osseuse ; il faut ajouter que la suture écailleuse présente toujours entre ces deux saillies un épaississement de substance osseuse facile à juger par la plus grande transparence des parties situées au-dessus et au-dessous delà suture. Cet épaississement s’étend , en avant et en arrière, jusqu’aux saillies osseuses correspondantes. C’est donc comme un cintre osseux arcbouté sur ces deux saillies. Nous comprendrons plus loin ses usages. Il n’est pas inutile d’ajouter quelques mots sur les deux saillies osseuses de cette région : l’antérieure est dans quelques crânes très-longue et très-prononcée , dans d’autres elle est fort courte. Dans des crânes de nègres que j’ai sous les yeux elle empiète sur l’os frontal à son origine , et monte ensuite, près du bord antérieur de l’os pariétal, située devant la grande empreinte vasculaire précédemment signalée. Sur le crâne d’un aborigène de Californie, elle empiète aussi sur le frontal ; et l’empreinte vasculaire, divisée en deux grandes branches, a l’une de ses branches au-devant , l’autre derrière cette saillie. Dans plusieurs crânes que m’a donnés mon ami le docteur Grandchamp, et qu’il m’a dit provenir, suivant toute vraisemblance, de soldats russes morts à Paris en 1815, cette même saillie, prolongée plus en arrière et plus en bas, s’approche de la suture écailleuse, et laisse au-dessus d’elle la grande empreinte vasculaire signalée à l’angle antérieur inférieur de l’os pariétal.
Enfin, sur des crânes français , je la vois tantôt plus près de la suture fronto-pariétale , tantôt plus près de la suture écailleuse , tantôt devant , tantôt derrière l’empreinte vasculaire, tantôt au milieu de cette empreinte bifurquée ; mais aucun crâne européen
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jusqu’ici ne m’a montré une saillie avancée au même degré sur l’os frontal qu’elle l’est dans ceux du nègre et du Californien.
Quelles que soient, au reste, c *s différences, n’oublions pas que cette saillie correspond en dehors à l’enfoncement oblique de la fosse temporale; tandis qu’en dedans elle s’insinue à l’orifice de la scissure de Sylvius dans l’intervalle du lobe frontal et du lobe temporal du cerveau , et permet , par conséquent , d’apprécier , par sa situation , les limites correspondantes de ces deux lobes.
La saillie postérieure qui fait suite à la crête d’union des faces supérieure et postérieure du rocher offre, dans sa direction, des différences analogues à celles que présente la précédente , et qui les suivent assez bien.
Nous avons remarqué dans la base du crâne, de chaque côté , trois fosses séparées les unes des autres par les rayons osseux que forment latéralement l’apophyse d’Ingrassias en avant , le rocher en arrière.
Dans la circonférence du crâne, de chaque côté, trois courbes à concavité interne. Les limites de ces courbes se réunissent antérieurement, dans la saillie anguleuse rentrante de l’angle sphénoïdien du pariétal qui fait suite à l’apophyse d’Ingrassias; postérieurement, dans la saillie anguleuse rentrante de l’angle postérieur inférieur du pariétal qui fait suite à l’arête supérieure du rocher. Ces trois courbes, à concavité interne, de la circonférence , se trouvent donc dans le sens de la prolongation latérale des trois fosses de la base du crâne, comme les saillies osseuses qui les séparent sont des prolongements latéraux des rayons qui séparent les unes des autres les fosses de chaque moitié de la base du crâne.
A la voûte encore, nous trouvons trois fosses de chaque côté : la frontale , la pariétale et l’occipitale supérieure. Il est remarquable que ces trois fosses de la voûte forment le centre de trois régions qui ont pour limites transversales la suture frontopariétale et la suture lambdoïde , qui l’une et l’autre prennent naissance aux angles inférieurs du pariétal, qui continuent par leur saillie la séparation des fosses de la base du crâne, comme
les courbes concaves que ces saillies séparent continuent latéralement le développement des fosses de la base.
Les fosses de la voûte, séparées par des sutures qui succèdent aux saillies internes des angles inférieurs des pariétaux, se trouvent donc chacune dans le développement de chaque fosse de la base, comme les sutures fronto-pariétale et lambdoïde continuent les limites respectives de ces fosses.
Je me borne à signaler ici ce fait, nous en comprendrons plus tard toute l’importance.
Le mot solidité comporte deux sens différents.
Le premier désigne la quantité d’espace qu’occupe la matière d’un corps, abstraction faite de la force de résistance de cette matière. Dans le second, il s’agit de cette force elle-même.
Le crâne doit être étudié sous ce double rapport, et l’examen de sa solidité, en prenant ce mot dans le sens de masse, d’épaisseur, doit d’autant moins être séparé de celui de sa force de résistance que cette dernière qualité est , en général , en raison directe du volume et de l’abondance de la matière osseuse ; mais, de peur d’équivoque en employant le même mot tour à tour en deux sens différents, je me servirai de celui d’épaisseur lorsqu’il s’agira du premier sens du mot solidité , je ferai usage de ce mot lui-même lorsqu’il sera question de la. force de résistance.
L’épaisseur du crâne peut varier d’un sujet à un autre dans des proportions très-considérables. Ces différences tiennent quelquefois à l’influence du régime alimentaire. Mon ami, le docteur Hodgkin, m’a fait remarquer le peu d’épaisseur et l’extrême légèreté d’un assez grand nombre de crânes provenant de peuplades qui se nourrissent presque exclusivement de poisson. D’autres peuples présentent une épaisseur consid râble du crâne, sans qu’on trouve dans la nature des aliments do.. L ils usent des particularités suffisantes pour expliquer ces différences.
On sait parfaitement aussi qu’un grand nombre de crânes qui ont appartenu à des individus atteints de folies chroniques offrent un épaississement et une augmentation de consistance et de poids très-considérables. Dans d’autres cas, sans qu’on ait noté rien de particulier pendant la vie des sujets , on a trouvé les os du crâne d’une épaisseur considérable , tantôt avec augmentation, tantôt avec diminution de la consistance des os qui le composent. On trouve dans tous les musées des échantillons de ce genre.
Un des exemples les plus remarquables que je me rappelle est celui d’un crâne dont les riches proportions avaient fixé l’attention des observateurs pendant la vie du sujet, qui vint à mourir d’une fluxion de poitrine. Voulant briser circulairement ce crâne pour en extraire le cerveau, je vis avec surprise mon marteau pénétrer dans sa substance comme il eût pu faire dans celle des condyles du fémur d’un vieillard. Ce crâne avait au front plus d’un pouce d’épaisseur et, au lieu d’être brisé par éclats sous les coups de marteau, il se laissait crever par le bout de cet instrument, qui produisait une cavité parfaitement moulée sur sa forme : sa consistance avait donc perdu en même temps que son épaisseur était augmentée. On sait que chez d'autres sujets le crâne est d’une épaisseur fort inférieure à l’épaisseur moyenne, sans qu’aucune maladie signalée pendant la vie puisse rendre compte de cette particularité.
D’autres fois, comme dans les cas d’hydrocéphalies chroniques , par exemple , on conçoit parfaitement la cause de l’extrême minceur des os : ils ont été distendus outre mesure et ont perdu dans un sens ce qu’ils ont gagné dans l’autre. Mais ce n’est pas des exceptions liées à un état anormal ou morbide que je veux parler ici. Mon intention est, pour le moment, de signaler l’épaisseur moyenne normale du crâne dans ses diverses régions comparées entre elles.
A cet égard, la circonférence du crâne, sa voûte, sa base diffèrent et dans chacune de ces régions l’épaisseur varie suivant les places qu’on examine.
SOllDITÉ DU CRAÀE.
La région clans laquelle se rencontrent les extrêmes les plus opposés est la base : il suffit de mesurer la lame criblée de l’ethmoïde et la voûte orbitaire d’une part , le rocher de l’autre, pour faire ressortir la vérité de cette proposition.
La circonférence du crâne offre après la base les plus grandes inégalités d’un point à un autre de son contour; enfin la voûte est la partie la plus uniforme, quoique elle offre encore de grandes différences entre l’épaisseur de sa zone médiane et celle de ses parties latérales. Outre les différentes parties de chacune de ces divisions elles-mêmes , je vais examiner successivement les épaisseurs de diverses parties de la base de la circonférence et de la voûte crânienne. Cet examen devra porter à la fois sur l’extérieur et l’intérieur du crâne, puisque l'étude que nous faisons est précisément celle de l’intervalle variable qui sépare ces deux surfaces opposées.
Le quadrilatère central de la base est d’une grande épaisseur, si l’on considère l’intervalle de sa face externe et de sa face interne ; mais tout ce qui appartient au corps du sphénoïde dans ce quadrilatère est creux. L’épaisseur apparente est donc illusoire , et l’épaisseur réelle des lames qui forment les cavités nommées sinus sphénoïdaux est trop petite pour qu’il y ait de l’intérêt à en donner la mesure.
La partie postérieure de ce quadrilatère qui appartient à l’apophyse basilaire de l’occipitale est d’une épaisseur considérable, elle n’a pas moins de sept lignes de haut en bas au contact du corps du sphénoïde. Parmi les rayonnements osseux qui de ce quadrilatère central se portent au dedans comme au dehors à des points déterminés de la circonférence, le plus considérable, le rocher n’a pas moins de douze à quatorze lignes au niveau de sa base, qu’on l’examine de haut en bas ou d’avant en arrière. Dans son milieu cette mesure est réduite à dix lignes , elle n’est plus que de cinq à six à son sommet.
Le second rayonnement latéral, dont l’apophyse d’Ingrassias constitue la partie interne et ‘supérieure, offre quatre lignes dans l’intervalle des limites opposées de ses deux racines; l’épaisseur
de son extrémité externe à l’angle antérieur inférieur du pariétal est de cinq lignes. Si l'on tient compte du renfort que le bord antérieur de la grande aile du sphénoïde fournit à ce rayon, on lui trouve neuf lignes de hauteur dans son milieu avec une épaisseur de trois lignes à son bord inférieur visible au haut de la fente sphéno-maxillaire.
Le rayon médian antérieur, situé dans une direction verticale, est assez mince. Sa partie la plus épaisse est la base de l’apophyse crista galli. Quant au rayon médian postérieur, si l’on veut considérer l’apophyse basilaire de l’occipital comme son principe, on trouve qu’elle a d’épaisseur verticale sept lignes en haut , quatre à cinq dans son milieu , et deux à trois au-devant du trou occipital ; la même mesure dans le contour renflé de ce trou, excepté au niveau des condyles. La hauteur verticale est de neuf lignes à ce point. Les crêtes occipitales, qui succèdent en arrière à la circonférence renflée du trou occipital, sont séparées au niveau de la ligne courbe inférieure par un intervalle de quatre lignes d’épaisseur; cette épaisseur est presque double à la rencontre des protubérances occipitales interne et externe.
Parmi les surfaces ou fosses comprises entre ces rayons et les segments correspondants de la circonférence crânienne, l’antérieure et la postérieure, assez minces dans leur centre pour être transparentes, deviennent plus épaisses en approchant des rayons et surtout des segments de la circonférence crânienne qui leur correspond. Les fosses moyennes, au contraire, offrent dans leur centre, qui se trouve au niveau de la racine transverse de l’arcade zygomatique, une épaisseur de trois lignes , et deviennent transparentes en dehors au-dessous de la suture qui les limite.
La circonférence interne et la circonférence externe du crâne , ou , si l’on veut , la limite circulaire à laquelle aboutissent les circonférences de la base et de la voûte, considérées à l’intérieur et à l’ extérieur, sont loin de répondre au même plan transversal.
La partie antérieure de la circonférence interne est toujours plus élevée que la même partie de la circonférence externe. La différence de niveau est encore plus prononcée dans les parties latérales de ces circonférences; elle est mesurée par l’intervalle qui sépare le bord inférieur des régions temporales , en dehors , des parties supérieures de la suture écailleuse en dedans.
Il y a moins de différence dans les régions postérieures des deux circonférences; presque toujours l’interne est plus élevée que l’externe , il y a cependant des cas où c’est le contraire.
Quant aux épaisissements osseux signalés en divers points de ces deux circonférences et qui représentent des espèces de contreforts destinés à les consolider, ils ne se correspondent pas exacte aient du dedans au dehors.
Les renforts médians, intérieurs et extérieurs, sont toujours dans le même plan vertical , mais ils ne sont pas nécessairement dans le même plan horizontal. La base de la crête du frontal, qui forme à l’intérieur le renfort médian antérieur, est ordinairement à la même hauteur que la bosse nasale , mais en arrière la protubérance occipitale interne est toujours plus élevée que l’externe. Quant aux renforts latéraux, ils diffèrent de nombre et de niveau horizontal et vertical dans les deux circonférences.
Les renforts latéraux externes sont l’apophyse orbitaire externe , la base de l’apophyse zygomatique et la grosse apophyse mastoïde ; les internes sont une petite saillie correspondant à l’apophyse orbitaire externe et les deux saillies ou angles inférieurs du pariétal. Tous les renforts internes sont placés plus haut que les externes, et en outre celui qui appartient à l’angle du pariétal se trouve en dedans à distance à peu près égale de l’apophyse orbitaire externe et de la racine de l’apophyse zygomatique. 11 y a donc dans l’étendue des parties latérales de la circonférence du crâne qui sont plus minces qu’aucune autre partie de cette circonférence, et aussi de la voûte, des renforts osseux alternatifs au dedans et au dehors, les premiers plus élevés que les seconds.
La distance de la circonférence interne à l’externe dans les régions antérieure et postérieure, où elles se suivent assez bien pour qu’on prenne cette mesure, est toujours à peu près la même sur la ligne médiane en avant et en arrière , elle varie de six à douze lignes. Mais cette égalité de distance n’indique pas une même quantité de substance osseuse. En effet, dans l’intervalle de ces deux circonférences en avant sont creusés les sinus frontaux ; en arrière, au contraire, cet intervalle est plein d’une substance osseuse très-solide.
Dans la partie antérieure, l’intervalle des deux circonférences au niveau du milieu des arcades orbitaires est de quatre à cinq lignes avec des sinus assez grands. L’épaisseur correspondant au niveau de l’apophyse orbitaire externe est de huit à dix lignes; et, tandis que dans ses parties les plus simples la région latérale de cette circonférence n’excède pas deux à trois lignes, on en trouve quatre au renflement de l’angle antérieur du pariétal , à peu près autant au niveau de la racine trans verse de l’apophyse zygomatique et un peu plus ordinairement au niveau de l’angle postérieur du pariétal. Il faut ajouter que la base du rocher comprise dans l’intervalle des parties latérales des deux circonférences, le rayonnement latéral antérieur, qui occupe également cet intervalle , contribuent puissamment à fortifier cette partie.
La région postérieure des circonférences interne et externe est à peu près uniformément épaisse de quatre à cinq lignes. Cette dernière partie, appuyée par ses extrémités sur la base des deux rochers, est par elle-même la plus solide de toutes, indépendamment des renforts que lui fournissent le rayonnement médian postérieur et quelques petits rayonnements collatéraux variables.
Nous nous sommes jusqu’ici borné à signaler des faits faciles à reconnaître. Le résumé de nos remarques est qu’il existe à la base du crâne des rayons osseux plus solides que les surfaces qu’ils séparent; que ces rayons aboutissent aux points les plus solides de la circonférence, dont le contour considéré dans sa to-
talité surpasse en force les surfaces des différentes fosses basilaires. Voyons à présent ce que va nous offrir la voûte.
Dans toute son étendue la zone médiane de la voûte est toujours plus épaisse que les régions latérales. Cette différence est à peu près de moitié si bon se borne à comparer l’épaisseur moyenne de chacune de ces deux régions. La limite antérieure de cette zone médiane, ainsi que sa limite postérieure, présentent à leurs angles externes et sur la ligne médiane des renforts osseux précédemment signalés, sur lesquels est porté le grand
cintre osseux qui constitue cette zone médiane. Toutefois Lé-
paisseur de cette grande zone n’est pas uniforme dans toute son étendue.
En la considérant dans son milieu d’avant en arrière , on remarque dans toute la longueur de ce trajet un épaississement général de la substance osseuse que fortifient encore en dedans la crête du frontal et les deux bords saillants de la gouttière qui répond au sinus longitudinal supérieur.
A l’extérieur on remarque, de la bosse nasale au sommet de l’os du front, une saillie, légère chez le plus grand nombre de sujets, très-prononcée chez quelques-uns. Cette saillie, qui succède à la suture par laquelle dans l’enfance les deux moitiés de l’os du front sont unies, correspond au niveau de la crête frontale en bas, au commencement du sinus longitudinal en haut; elle ajoute sans doute à l’augmentation de solidité que ne peuvent manquer de procurer les renforts osseux intérieurs. Plus en arrière, et dans l’étendue de la suture sagittale, existe le plus souvent de chaque côté , une saillie longitudinale obtuse qui reproduit au dehors le
renfort que procurent en dedans les deux bords de la gouttière
du sinus longitudinal. Quant à la partie médiane de l’angle supérieur de l’occipital qui termine en arrière la ligne que nous étudions , il suffit de la comparer aux deux enfoncements latéraux formés par les fosses occipitales supérieures pour constater dans cette partie médiane, qui vient se terminer à la protubérance occipitale interne, un surcroît d’épaisseur et de force très-sensible. On remarque encore très- souvent au sommet de l’os fron-
ta! une bosse oblongue et qui ne correspond nullement à une fosse interne. On rencontre souvent une bosse du meme genre au niveau de l’intervalle des deux bosses pariétales. Ces bosses médianes n’ont pas de fosse qui leur corresponde à l’intérieur. On trouve souvent au contraire un épaississement intérieur au même niveau. Ce sont simplement encore des renforcements médians de la substance osseuse.
Voici donc d’avant en arrière le milieu de la zone médiane du crâne qui présente un excès d’épaisseur et de force très-sensible sur ses côtés. Ce cintre osseux médian , appuyé sur la protubérance occipitale en arrière , sur la bosse nasale et la base de la crête interne du frontal en avant, se combine par ses deux bases avec des points renforcés des deux segments les plus solides de la circonférence du crâne auxquels aboutissent d’un autre côté des rayons médians de la base, supérieurs en solidité aux surfaces voisines.
Voyons maintenant ce qu’on rencontre dans les côtés de la voûte du crâne. Les grands os qui concourent à former cette voûte offrent presque toujours un épaississement intérieur dans le voisinage de leurs bords , et ceux de ces bords qui se réunissent pour former les sutures transversales se trouvent ainsi fortifiés suivant la longueur de ces sutures. Dans les deux moitiés de la suture lambdoïde l’épaississement correspond presque toujours à la suture elle-même; dans la suture fronto-pariétale, au contraire , il arrive quelquefois que l’épaississement de la substance osseuse est , à quelque distance du lieu d’union des os , mais il suit toujours cependant la direction de la suture, et toujours, fait bien remarquable, ces renflements osseux qui longent la suture fronto-pariétale aboutissent par en bas dans la circonférence du crâne au voisinage du renflement qui constitue à l’intérieur l’angle inférieur antérieur du pariétal, et par en haut au niveau du renfort médian que nous avons signalé comme fréquent au sommet du frontal et dans la partie voisine des pariétaux.
Quant à l’épaississement transversal postérieur qui suit de
chaque côté la suture lambdoïde, il aboutit en bas au renflement interne de l’angle correspondant du pariétal, en haut au point de jonction de l’angle supérieur de l’occipital, à la suture lambdoïde, à une saillie interne toujours sensible au-dessus des bosses occipitales supérieures.
Voici donc deux renforcements latéraux remarquables qui s’appuient sur les parties les plus fortes du cintre osseux médian, par en haut, et par en bas sur les parties latérales les plus solides de la circonférence crânienne , continues elles-mêmes avec les rayonnements latéraux de la base si remarquables par leur so~
Ainsi se trouvent combinés avec les rayons latéraux ou médians de la base les renforts osseux latéraux et médians de la circonférence et de la voûte.
Qu’on n’oublie pas en suivant cette analyse que les renforts osseux que nous signalons dans la voûte existent dans des os plats limités par des surfaces concaves d’un côté, convexes de l’autre; qu’il ne faut pas par conséquent s’attendre à trouver dans les renforts que je signale des poutres osseuses détachées, mais de simples épaississements qui conservent toujours les caractères propres aux os dont ils font partie. Dans les crânes les plus minces les parties transparentes du frontal ou du pariétal sont toujours à quelque distance de leurs bords , et l’opacité constante de ces bords ou de leur voisinage correspond toujours aux renforts marginaux. Dans les cas où la partie médiane inférieure de l’os du front creusée de sinus considérables devient, par cela même, transparente, le cintre osseux médian se bifurque au-dessus deces sinus, et va, pardeux branches quelquefois saillantes à l’extérieur, se combiner avec la partie externe des arcades orbitaires, qui se terminent elles-mêmes dans l’apophyse orbitaire externe. Dans ces cas, ce cintre osseux, au lieu de correspondre à une seule base médiane, s’appuie en même temps sur les deux renflements externes de la région antérieure de la circonférence crânienne, c’est-à-dire les apophyses orbitaires externes.
Si j'ai pu faire comprendre jusqu’à présent que la base du