STRUCTURE DU GRAINE
crâne, ceinte par une circonférence fortifiée dans quatre points latéraux de son contour et dans ses limites médianes antérieure et' postérieure , présente, émanant du quadrilatère qui existe à son centre, six rayonnements osseux principaux qui se rendent tous aux points correspondants les plus forts de la circonférence; et que de ces mêmes points s’élèvent dans la voûte des arceaux osseux supérieurs en force aux parties intermédiaires comme les rayonnements de la base sont supérieurs aux surfaces qu’ils séparent, j’aurai rempli le but que je me proposais dans cette partie de mon travail.
STRUCTURE DU CRANE
Deux substances composent le crâne : l’une dite compacte , l’autre aréolaire. Ce n’est pas ici le lieu de décrire ces substances. Dans quelques parties la substance compacte domine , l’aréolaire dans d’autres ; plusieurs ont une structure mixte.
Les extrêmes les plus opposés de structure comme les extrêmes les plus opposés d’épaisseur se rencontrent à la base d’abord , à la circonférence ensuite , à la voûte en dernier lieu , et dans celle-ci les plus grandes différences existent entre les parties qui sont le plus rapprochées de la circonférence.
On rencontre à la base l’apophyse basilaire, dont la structure aréolaire est plus lâche que celle d’aucune partie de la circonférence et de la voûte ; et la substance du rocher, dont la densité surpasse celle de l’ivoire.
Les grandes cellules dont le sphénoïde, l’ethmoïde sont creusés ne sont, peut-être, que des exagérations du tissu aréolaire ; les voûtes orbitaires fournissent dans leur milieu de beaux échantillons de substance compacte, tandis qu’à la circonférence on retrouve encore des cellules dans la partie antérieure, des parties éburnées dans les régions latérales , des épaississements très-soli-
STRUCTURE DU CKANE.
des , mais d’une structure mixte, dans les apophyses orbitaires externes, les protubérances occipitales, etc. Quant à la voûte, ses parties les plus minces, voisines de la base dans les régions latérales, sont presque exclusivement composées de substance compacte toutes les fois qu’elles sont transparentes, et contiennent, au contraire, un mélange des deux substances, l’aréolaire étant toujours assez serrée dans ses parties opaques.
On comprend les raisons de ces différences en considérant les situations diverses de la base de la circonférence et de la voûte : la première , soustraite aux atteintes directes , n’avait besoin pour résister que d’un système solide dans son ensemble. Ses rayons si puissants , combinés aux parties les plus solides de la circonférence , assurent parfaitement ces résultats , et suffisent pour garantir efficacement les faibles surfaces qui les séparent.
La circonférence , plus exposée que la base , plus abritée que la voûte, présente dans ses parties exposées, c’est-à-dire en avant et en arrière , une force considérable et assez uniforme. Dans ses parties les plus protégées, c’est-à-dire sur les côtés, que recouvre le muscle temporal, une force inégale, procurée par des contreforts multipliés dans les parties les plus faibles.
La voûte , au contraire , partout exposée , devait être partout solide, et ses renforcements ne diffèrent que par un surcroît de force de leurs intervalles , très-forts eux -mêmes , ils servent d’ailleurs à transporter , si l’on peut ainsi dire , l’effort des violences qui peuvent atteindre la voûte sur les parties les plus résistantes de la circonférence et de la base.
Beaucoup des considérations qui précèdent démontrent combien peu fidèlement la surface extérieure du crâne traduit sa surface intérieure, et combien inexactement, dans plusieurs de ces régions , elle représente la surface extérieure du cerveau. L’épaisseur si variable des os du crâne rend en outre impossible l'appréciation exacte du volume du cerveau. Lorsqu’on examine en effet un grand nombre de crânes sciés en différents sens , et suivis avec la même attention dans leurs surfaces externes et dans
leurs surfaces internes , on trouve que , par suite de la grande épaisseur de la substance osseuse dans les uns et de la minceur extraordinaire des autres, il est impossible de dire pendant la vie quelque chose de satisfaisant sur le volume absolu du cerveau par la simple mesure du volume du crâne. Si bon ajoute aux seules difficultés résultant des épaisseurs variables de la substance osseuse celles qui naissent de la présence de sinus énormes dans quelques os frontaux et de leur absence presque totale dans d’autres, on signale une difficulté de plus ; cependant, comme on peut pendant la vie constater par la percussion l’étendue en hauteur et en largeur des sinus frontaux, leur présence ne me semble pas de nature à produire les mêmes chances d’erreur que la seule différence dans l’épaisseur des os d’un crâne à un autre. Je ne crois pas plus facile de déterminer avec rigueur le volume du cerveau par l’inspection du crâne que de fixer le volume des masses musculaires de la cuisse par la seule mensuration circulaire de cette partie du membre inférieur. Mais au moins si l’on reconnaît une fois que le volume du crâne ne peut fournir que des probabilités sur le volume du cerveau, peut-on déterminer jusqu’à quel point la forme du crâne exprime, dans sa voûte au moins, la forme de l’organe qu’il recouvre? et si l’on est conduit, par une étude sérieuse de cette question, à conclure que la forme du
crâne n’exprime la forme du cerveau que d’une manière géné-
raie , peut-on se flatter d’arriver à comprendre la cause productrice de quelques particularités observées dans la forme du crâne, de la formation , par exemple , des bosses constantes que nous avons signalées en différents points? Ce sont là deux questions à examiner avec soin . tout ce qu’on a voulu déduire des rapports de forme du crâne et du cerveau et delà signification des bosses suffit pour démontrer l’importance de leur solution.