‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 15 sur 127 · IDÉE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

IDÉE GÉNÉRALE

tant de démontrer que depuis Textrétnité inférieure de la inoHte épinière jusqu'à la couche extérieure des circonvolutions il n y a pas d'interruption complète entre les principaux amas de substance grise. Cette substance, formant une sorte d'axe aux deux moitiés symétriques du système cérébro-spinal et une enveloppe superficielle à ses principaux renflements encéphaliques, présente dans sa portion enveloppante et dans sa portion enveloppée des variations qui sont toujours en rapport avec celles qoe subissent les parties blanches elles-mêmes; et ces variations parallèles des deux substances qui composent l'axe nerveux cérébro-spinal , se combinent elles-mêmes avec celles que subissent les nerfs et les autres organes deJa vie animale. Avec des muscles plus nombreux et plus puissants, des organes de sensibilité plus actifs et plus étendus^ se développent desner& spinaux plus volumineux et, par contre, une moelle épinière plus renflée dans sa matière grise et, dans sa matière blanche, aux endroits où se rendent ces nerfs augmentés de volume.

Avec des instruments de vie animale plus compliqués et plus parfaits, et surtout avec un développement intellectuel plus élevé, coïncident l'agrandissement et la complication des parties intra-céphaliques du système nerveux : de sorte que l'accroissement de la partie spinale se trouve surtout en rapport avec le degré de la force musculaire, tandis que l'accroissement des pa^ lies encéphalique» coïncide avec la perfection des sensations les plus élevées et avec le degré de l'intelligence. Sous ce dernier rapport le cerveau de l'homme, bien compris, surpasse d'une distance énorme celui de tous les autres mammifères.

Il est généralement admis que le système nerveux encéphalorachidien ne participe pas par des variations correspondantes de son volume aux variations que peut subir le corps, en passant d'un développement musculaire considérable, et d'un embonpoint prononcé, à l'émaciation que produisent d'ordinaire les maladies chroniques. Cette assertion n'est pas fondée.

Il est facile de s'en assurer en comparant les cerveaux d'individus robustes et gras , morts d'une maladie aiguë ou vio-

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lente, avec les cerveaux de ceox qui succombent dans un état de marasme. Dans le premier cas , les circonvolutions du cerveau , les lamelles du cervelet , les tronçons pédonculaires , la protubérance annulaire et la moelle épiniëre elle-même offrent un volume et une rondeur de forme qu'on ne rencontre plus dans les cas do marasme. Alors, en effet, les circonvolutions cérébrales et les lamelles cérébelleuses rapetissées, laissent dans leurs intervalles des espaces plus considérables qu'occupe une sérosité plus abondante; les pédoncules, la protubérance et la moelle épinière offrent , avec un volume total amoindri , des surfaces plus accidentées. Ce sont, en un mot, des différences correspondantes à celles que présentent les membres eux-mêmes dans leurs extrêmes de développement et de maigreur. Un œil exercé ne s'y trompe pas.

Mais ces différences de forme et de volume ne sauraient suffire pour démontrer que la partie cranio-spinale du système nerveux contient plus ou moins de graisse suivant les degrés variables de l'embonpoint général. Une preuve directe est facile à acquérir en suspendant au milieu d un long vase rempli d'alcool l'encéphale et la moelle épinière d'un homme robuste et gras mort d'accident , et dans un autre vase de la même capacité l'encéphale et la moelle d'un homme mort dans le marasme : en deux ou trois jours toute la sur&ce de la moelle épinière et de l'encéphale du premier sujet est hérissée d'aiguilles de graisse cristallisées après leur extraction de la matière nerveuse; elles deviennent si abondantes qu'elles cachent entièrement les surfiices auxquelles elles sont attachées. Rien de pareil n'a lieu dans l'autre bocal , le système nerveux qu'il contient n'a cédé que de l'eau à la liqueur spiritueuse.

Le cerveau des cétacés , sous la peau desquels on trouve une couche de graisse si considérable, contient lui-même une si forte proportion de cette substance qu'il flotte dans l'eau (1). Le cerveau de Thomme et des autres mammifères toml)e au fond de

(I) Je me sui» a»arc «1« ce fiiil en dUiéquaiu avec M. de Dlainville, dans con bboratoiredo Jardmdlea Planlet, nn cenreaii de marsouin frais.

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ce liquide. Il ne faut donc pas dire avec Haller ...cumcerebntm solum fion pinguescat, L'encépiiale e^t pénétré de graiase et maigrit dans les mêmes circonstancëë que le reste du oerpi. Mais la graisse de l'encéphale est combinée d'une manière si in* time avec sa'substance, qu'elle ne forme jamais d'amas isolés et visibles en dehors de la matière nerveuse. Sa présenoe, en proportion un peu forte , donne des fornies plus riches , des contours plus arrondis à toutes les surfaces de Taxe nerveux. Son absence altère ces formes en les rendant plus pauvres et pins accidentées. Avec son al)sence coïncide également l*augment^tion de la sérosité libre dans les cavités intérieures et dann otUiS qui séparent les circonvolutions. On oliserve dans les mêuMS cimmstances un certain degré d'infiltraiion de la mbstanoe dk> même.

C'est souvent aux effets de ramaigrisseinent qu'il but attribuer l'aspect particulier au cerveau de quelques vieillards; mais on doit bien se garder de confondre l'amaigrissement des circoiH volutions , à quelque âge qu'on l'observe , avec l'atrophie aéniia ou morbide de ces mêmes parties. Le parallèle de ces différantes formes de dépérissement serait ici déplacé , on le trouv^ti dans la partie pathologique de cet ouvrage.

L'analyse chimique des matières nerveuses cranio-spinales a donné à Vauquelin : éau, 80.00; matière grasse blanche, 4,53; matière grasse rouge, 0,70; albumine, 7,C0; osnuiaoflie, 1,12; phosphore, 1.50; acides, aels et soufre, 5,15.

John a reconnu que la matière grise ne contient pM de phosphore. M. Chevreul a trouvé dans le sang une matière caractéristique de la substance nerveuse et Ta nommée oéfé* brinc.

Il résulte des recherches publiées par M. Couerbe, en 1834 {Ann, de chimie, n" de juin) , que le cerveau contient de l'eau, de l'albumine, des globules coagulés, une substance membrsr neuse soluble dans la potasse et des sels ; en outre de ces élé^ monts , plusieurs matières grassos qui sont la cholestérine , la cérébrote , la ct'phalote , Téléencéphol et la stéarocofiote. Châ«

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oune de ces quatre dernières matières grasses renfermait 2 à - 2,5 de phosphore et de soufre pour 100.

M. Frémy est arrivé à des résultats différents. Dans un mé« moire présenté à l'Institut en novembre 1840 , il établit que le oer\'eau est formé d^eau , d'une matière insoluble dans l'éther, qu'il désigne sous le nom de matière albumineuse, et d*une ma^ tière soluble dans Téther, qui n'est autre chose qu'un mélange d'acide cérébrique, d'oléine et de cholestériné ; plus, de très-faibles quantités d'acide oléique, d'adde margarique et de cérébrate de soude. J'ai préparé, dit œ chimiste, par le procédé de M. Couerbe, les corps quMl considère comme des substances pures , et j'ai reconnu que l'éléencéphol n'est autre chose qu'un nélange d'oléine et de cérébrate de soude ; la céphalote , un mélange d'oléine, de cérébrate de soude, plus des traces d'albu* mine; la stcaroconote , un mélange d'albumine et de cérébrale de soude.

M. Frémy établit en outre que, si on enlève, par l'éther, à la substance blanche les corps gras qu'elle contient, on obtient une masse qui ressemble en tous points k la substance grise.

M. Lassaigne était arrivé précédemment à des résultats analûgues.

Il reste à donner une analyse plus complète des deux substances, et leurs caractères distincts chez le nouveau-né, chez l'homme adulte et chez Je vieillard.

En eflet, les masses encéphaliques du nouveau -né sont loin d'offrir l'aspect qu'elles ont chez l'adulte; elles sont presque en totalité grisâtres, demi-transparentes, très-humides, et semblent aux organes parfaits ce qu'est à l'os le cartilage temporaire qui le précède. Dans Tembryon , un liquide précède la formation des organes; ce liquide, condensé par l'alcool, présente, suivant les places où on l'examine, des caractères qui le rapprochent de la substance fibreuse ou de la substance granuleuse dont le mélange compose l'axe nerveux des âges suivants. Ce serait ici le lieu de fournir les résultats des observations faites sur le système nerveux au moyen du microscope. C'est,

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