‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 14 sur 127 · IDEE GENERALE · texte numérisé non relu

IDEE GENERALE

que latéralement et manquant tout à fait par- devant. Dans le crâne , des émanations considérables do la membrane fibreuse s'étendent en forme de cloisons dans les intervalles des principales divisions de l'encéphale. Dans le rachis, la dure-mère fournit des gaines aux nerfs qui se détachent de la moelle.

Une troisième membrane, plus dense, plus serrée que la piemère, moins épaisse, moins forte que la dure-mère, composée, dans toute son étendue de deux sacs distincts emboîtés Tan dans l'autre , tapisse , par l'un d'eux , la dure-mère à laquelle elle adhère étroitement, et revêt mollement, au moyen de Tautre, la pie-mère, qu'elle ne suit pas dans tous ses replis.

Cette dernière membrane appartient à l'ordre des séreuses. Sa ténuité , sa transparence l'ont fait comparer à une toile d'araignée et nommer, pour cette raison , arachnoïde.

Les deux surfaces libres de l'arachnoïde , lubréfiées de sérosité , correspondent l'une à l'autre dans toute leur étendue. La portion de cette membrane adhérente à la dure-mère ne peut en être séparée qu'avec effort. Celle qui correspond à la pie-mère laisse entre elles et les mailles de la membrane cellulo-vasculairé un espace assez considérable rempli d'un fluide transparent. Ce liquide , qu'on retrouve dans les cavités intérieures du cerveau , a été nommé , dans ces derniers temps , fluide encéphalo-rachidien. M. Magendie s'est efforcé d'en découvrir les propriétés, et lui a donné une importance physiologique difficile à démontrer. Son véritable usage me paraît être de concourir à la protection des organes par la couche qu'il forme à leur extérieur et par la masse qui remplit leurs cavités.

Enfin , au-dessus de toutes les membranes et de la couche de liquide qui viennent d'être indiquées , se trouve l'enveloppe la plus importante par sa solidité. Sa partie spinale, connue sous le nom d'épine , de rachis , de colonne vertébrale , protège la moelle ; la partie céphalique, appelée crâne, contient l'ensemble des masses nerveuses auxquelles s'applique spécialement le nom d'encéphale. Le crâne n'est lui-même qu'une modification de la colonne rachidienne adaptée aux modificatioiis qu'a subies h

partie intra-céphalique du système nerveux. Le mot rachi^crâne sera quelquefois employé dans la suite de ce travail pour désigner dans son ensemble l'enveloppe osseuse de la partie encéphalo-rachidienne du système nerveux. Les noms de crâne et de rachis conserveront d'ailleurs le sens qu'on leur donne habituellement.

Telle est l'indication sommaire des sujets sur lesquels vont porter nos premières études ; la composition du système nerveux nous occupera d'abord.

Composition du système nerveux cranio-spinaL

Ce système , quelque part qu'on l'examine , résulte de l'assemblage de deux substances principales , l'une blanche , l'autre grisâtre.

La blanche , appelée long-temps médullaire parce qu'elle est située , comme la moelle des os , dans une enveloppe osseuse , nommée aussi fibreuse à cause de sa structure , existe en plus grande proportion , et forme des masses plus considérables que la grise. D'une oooleur assez uniforme , elle n'a pas partout le même aspect : évidemment fasciculée dans quelques régions , elle l'est moins clairement dans d'autres. Partout, néanmoins, on la trouve composée de fibres , si l'on procède à son examen avec les précautions convenables.

Sa consistance médiocre, plus grande que celle de la substance grise, varie dans les différentes parties et chez les différents sajets ; elle est , en général , un peu élastique , un peu glutineuse , et , par places , d'une assez grande ténacité. La section de cette substance , toujours facile , exige néanmoins une pression plus forte dans les pédoncules , et surtout dans la protubérance, que dans les autres régions. Partout on peut se convaincre qu'elle s'opère plus aisément dans un sens que dans l'autre. La surface df s sections est d'un blanc plus pur dans la moelle que dans le cerveau. Dans cet organe , elle offre toujours un gr-and nombre de petits points rouges ; indices du sang contenu dans ses vaisseaux divisés. La déchirure de cette substance ne pro-

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duit , dans certains sens , que des ruptures irrégulières ; dans la sens de ses fibres , au contraire , elle permet quelquefois une séparation nette et lisse des couches filamenteuses qui la composent.

Par la coction dans Thuile bouillante, dans Teau saturée d'hydrochlorate de soude, par l'immersion prolongée dans Talcool , dans lacide muriatique affaibli , dans une solution de sublimé corrosif, la matière blanche acquiert une assez gr^de consistance. L'évidence des filaments dont elle est composée augmente en proportion ; on peut alors séparer avec facilité des cordons fibreux , des lames , des lamelles fibreuses , et jusqu'à des fibres d'une extrême ténuité.

Il n'est pas une place dans laquelle ces procédés ne démontrent la môme structure , et ces fibres , réunies en colonnes , en faisceaux , en membranes , en couches membranifomes , en lames , en lamelles , sont disposées de manière à se fiiire suite d'une extrémité à l'autre de l'axe nerveux » à la manière des nerfs et de leurs ramifications dans toutes les partial du corps.

Les productions terminales de la substanœ blanche , quelles que soient leurs formes diverses , semblent aboutir partout à la substance grise. Les racines nerveuses elles-mêmes pénètrent manifestement, par quelqu'une de leurs divisions, jusqu'à quelque amas de maiière grise.

Plongée dans l'eau , la matière blanche se gonfle , diminue de consistance , et prend une apparence pâteuse qui rend trèsdifficile l'appréciation de ses fibres. Une macération de peu de jours la résout en un fluide d'apparence de crème. Par la dessiccation , elle acquiert une demi-transparence cornée et perd aussi son aspect fibreux.

De nombreux vaisseaux pénètrent la substance blanche ; ils y sont en quantité moindre que dans la grise.

Celle-ci , qu'on a souvent appelée corticale , parce qu'elle forme une espèce d'écorce au cerveau et au cervelet, se rencontre aussi dans l'épaisseur de toutes les masses nerveuses craniospiiiales. Elle prés^te beaucoup de variétés de nuances dam les

différentes régions qu'elle occape. Grise ou cendrée aux surfaces encéphaliques, elle devient plus pâle dans quelques couches profondes , plus brune dans d'autres. Jaunâtre dans le cervelet » elle forme une couche presque noire dans les pédoncules céré* braux et des traînées rougeâtres dans la moelle épinière ; elle offre aussi de grandes différences dans ses dispositions. Repré* sentant une sorte de membrane à la surface des principaux or« ganes contenus dans le crâne , elle forme , dans leur intérieur, des masses de volume variable diversement configurées. Stra-» tjfiée en couches minces dans les pédoncules cérébraux , elle est semée en longues traînées dans la moelle épinière. La trans-* ition de la matière grise à la blanche est plus ou moins subite, suivant les endroits où on l'examine. Dans quelques places , ces deux substances semblent, au premier abord, brusquement séparées. Mais, malgré cette apparence, on peut démontrer par* tout qu'une proportion plus ou moins considérable de substance fibreuse pénètre ou traverse la substance grise ; il me paraît \s&me hors de doute que les traînées grises de la moelle épinière lont presque entièrement fibreuses.

En général , la substance grise est moins consistante , moins lisse que la blanche. Sa déchirure offre un aspect grenu. Par le séjour dans l'eau , elle pâlit, augmente de volume, et s'amollit promptement. En contact avec des acides , l'alcool , une solution ie sublimé , elle se resserre , s'endurcit et devient blanchâtre, ûesscchce , elle perd plus de son poids que la blanche , devient friable et pulvérulente. Elle contient partout beaucoup de vaisseaux. Dans ses amas les plus volumineux se trouvent les plus considérables de ces vaisseaux , dont le diamètre n'excède pas souvent un millimètre ; aux surfaces cérébrales et cérébelleuses, ils sont toujours d'une extrême ténuité, mais si multipliés^ qu'après une injection heureuse ils semblent former presqu'en entier les couches corticales.

Les différentes parties constituées par la matière grise ne sont pas continues les unes aux autres de la même manière que le sont celles que Serine la matière fibreuse ; il est possible pour*

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